"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)

Anticipation, satire, thrillers

Les livres qui anticipent les évolutions de nos sociétés et/ou dénoncent ses dérives : du consumérisme extrême à la désintégration familiale en passant par le totalitarisme, l’idiotie moderne et postmoderne, les manipulations marketing, les nouvelles technologies ou l'aliénation bureaucratique... Ici et ailleurs...

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mardi 10 janvier 2012

"Les visages" de Jesse Kellerman : "Ce qui m’intéresse, c’est de prendre des structures conventionnelles et de les moderniser."

Troisième roman de ce trentenaire new-yorkais également auteur de pièces de théâtre, fils des célèbres auteurs de polars à succès, Jonathan et Faye Kellerman, « Les visages » est le polar qui aura buzzé en 2010 et 2011 (sorti en « mini poche » en 2011 dans la collection Point deux). Outre-atlantique, il est élu « meilleur thriller de l’année » par le New York Times et par The Guardian, tandis qu’en France, il est resté 40 semaines dans la liste des meilleures ventes et s’est écoulé à près de 370 000 exemplaires, couronné de quelques prix (Elle, Points…). Au dos de la couverture, on peut y lire un blurb d’Harlan Coben et des éloges le qualifiant de « styliste hors pair » ou le comparant notamment au Mystic River de Dennis Lehane. Alors que l’auteur publie un deuxième roman en France (« A la folie », jugé moins réussi), retour sur ce thriller d’un nouveau genre. Est-il vraiment le « chef d’œuvre » annoncé… ?

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mardi 6 décembre 2011

"Le maître du haut château" de Philip K.Dick : "La vérité, se disait-elle. Aussi terrible que la mort."

Ecrit en 1962 et fruit de sept années de recherche, « Le maître du haut château » est le neuvième roman de Philip K Dick. Couronné du prestigieux prix Hugo (SF), c’est le roman qui lui apportera une plus large reconnaissance et lui ouvrira la voie vers le succès. Ridley Scott vient d’ailleurs de s’en emparer pour produire une mini-série de quatre épisodes pour la BBC1 au sujet duquel il disait : « He is the master of creating worlds which not only spark the imagination, but offer deeper commentary on the human condition ». Fruit d’un meting-pot d’inspirations et d’expériences du moment de l’écrivain, l’ouvrage peut dérouter malgré son pitch alléchant. En effet quel rapport peut-il bien y avoir entre le régime nazi, la fabrication de bijoux fantaisie, une boutique d’art artisanal et la divination asiatique ? Pas grand-chose a priori, mais l’écrivain parvient, malgré tout à réunir ces ingrédients disparates dans une uchronie qui ne tient pourtant pas toutes ses promesses… :

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mardi 22 novembre 2011

"Le couperet" de Donald Westlake : "Les PDG et les actionnaires sont l'ennemi mais ils ne sont pas le problème."

27e roman du prolifique maître du roman noir américain héritier du "hard boiled" (Hammett, Chandler, Burnett, McCoy...), Donald Westlake, et presque l'un de ces derniers, "Le couperet" occupe aussi une place à part dans sa bibliographie. Considéré comme l'un de ses meilleurs et adapté au ciné par Costa-Gavras en 2005 (avec José Garcia dans le rôle titre), il sort un peu de la veine "polar humoristique" (sa marque de fabrique avec ses séries Dortmunder et Parker, deux cambrioleurs aux aventures rocambolesques) même si l'humour (glacial et sarcastique) reste présent en arrière-plan. En s'attaquant au problème du chômage, à la suite de la vague de "downsizing" (compression du personnel) dans l'Amérique des années 90, la critique sociale d'un monde tourné uniquement vers le profit domine. Quelques années après American psycho (1991) et avant la vague des romans des années 2000 sur la crise économique, le capitalisme triomphant, l'obsession de la performance au détriment de l'humain ou encore de l'exploitation..., Westlake aborde le sujet sous un angle particulièrement original et frappant, d'une façon plus profonde qu'il n'en a l'air à première vue :

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lundi 14 novembre 2011

"Blade runner" de Philip K. Dick : "C’est le fondement de la vie : avoir à violer sa propre identité."

Alors que la société de production de Warner Bros (Alcon Entertainment) vient de racheter les droits de préquels et séquels (un remake étant interdit) du célèbre film Blade Runner (qui occulte, au passage, de nombreuses facettes du livre pour le réduire à "la chasse aux androïdes" façon cop movie...), réalisé en 1982 par Ridley Scott (avec Harrison Ford dans le rôle titre, le réalisateur de 74 ans prépare aussi un "Blade runner 2" selon une interview du WSJ de nov 2011), le livre de Philip K Dick dont il est adapté reste un indétrônable de la science fiction et de la littérature de façon générale. Publié en 1968 (1 an avant Ubik), originellement intitulé "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?", il interroge plus particulièrement le genre humain et la notion d’identité. Plutôt pessimiste, le livre a pourtant été écrit dans un contexte où tout souriait à l’auteur comme il a pu l’expliquer mais c’est le monde extérieur froid qui l’a inspiré : « À ce moment-là, j'opposais la chaleur de Nancy [sa femme] et la froideur des gens que j'avais connus auparavant. Je commençais à élaborer ma théorie de l'humain contre l'androïde, cet humanoïde bipède qui n'est pas d'essence humaine. Nancy m'avait révélé pour la première fois quel pouvait être le portrait d'un être humain vrai : tendre, aimant, vulnérable. Et je commençais donc à opposer cela à la façon dont j'avais grandi et été élevé. ». Ce roman reflète aussi les préoccupations de l'époque (la menace de la guerre nucléaire, la chasse aux sorcières, le totalitarisme…) et s'inspire aussi du test du mathématicien Turing (intelligence artificielle) en 1950 qui passionna Dick :

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jeudi 29 septembre 2011

"Ubik" de Philip K. Dick : "Le monde entier est-il contenu en moi ? Est-il englobé par mon corps ?"

Alors que Michel Gondry planche sur une adaptation ciné du roman qui pourrait sortir en 2014, le roman culte de la science fiction n’en finit pas de passionner et de soulever des débats*. Ecrit en 1966, classé en 2005 parmi les 100 meilleurs romans écrits en anglais depuis 1923 par le magazine Time, le critique Lev Grossman l’a qualifié d’« histoire d'horreur existentielle profondément troublante, un cauchemar dont vous ne serez jamais sûr de vous être réveillé. ». Si le livre a pu accéder au « sésame » de la littérature générale, c’est que derrière le « décorum futuriste », Dick s’attache à décrire (et dénoncer) les dérives de notre société contemporaine mais touche aussi à l’existentiel voire au métaphysique. Bien avant "99 francs" et "Mad men", il s'attaque plus particulièrement à la publicité et concentre les obsessions de l’auteur : manipulation de la pensée, déformation du réel, schizophrénie, mort..., sans jamais se départir de son humour décalé. Mais une question demeure : qu’est-ce qu’Ubik ?...

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lundi 1 août 2011

La série Wilt de Tom Sharpe : une bonne lecture de plage !

Maître de la comédie satirique british, héritier d'Evelyn Waugh ou encore de PG Wodehouse, Tom Sharpe est salué, comme ses cadets Jonathan Coe ou David Lodge et dans une moindre mesure Douglas Adams, pour sa plume acérée qui "ésharpe" joyeusement la société anglaise thatcheriénne puis blairienne. Sa marque de fabrique ? Les situations quelque peu abracadabrantes voire absurdes... Ce trublion des lettres britanniques a connu le succès avec sa série des Wilt (qui demeure sa plus belle réussite à ce jour) et plus particulièrement son tome 1 paru en 1976 : "Comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis". Le titre donne immédiatement le ton: celui de la franche gaudriole qui ne l'empêche pas de brocarder les mœurs de l'époque, celle des seventies et de la libération sexuelle ou encore le milieu scolaire, la bureaucratie, l'industrie ou les services de police stupides... :

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vendredi 11 mars 2011

"Le monde selon Garp" de John Irving : C'est l'histoire d'un story-teller...

Publié en 1978 en France, lauréat du National Book Award après trois premiers romans passés relativement inaperçus, « Le Monde selon Garp » révéla John Irving au grand public et inaugura une série de best-sellers (« L’Hôtel New-Hampshire », « L’œuvre de Dieu, la part du Diable » ou encore « Un prière pour Owen »). Dans ce roman culte des années 80, le célèbre story-teller, grand lecteur de Dickens passé par les cours de creative writing de l’Iowa, pose les jalons de ce qui fera son succès : des romans tragicomiques foisonnants sur plusieurs décennies, où le loufoque côtoie l'introspection et les réflexions de société, et où s’enchaînent les péripéties rocambolesques servies par une galerie de personnages hauts en couleurs. Le destin hors du commun de Garp, tel un Forrest Gump d'avant l'heure, adapté au cinéma en 1983 avec Robin Williams dans le rôle titre, aura ainsi enthousiasmé toute une génération de lecteurs restés fidèles à l’auteur, malgré quelques romans récents jugés plus décevants. Retour sur les raisons de son succès :

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mercredi 2 mars 2011

"Auprès de moi toujours" de Kazuo Ishiguro (et présentation de l'adaptation ciné)

Kazuo Ishiguro, « écrivain britannique japonais » comme il se qualifie, doit sa renommée à son roman phare "Les vestiges du jour", Booker Prize en 1989 adapté par Jame Ivory, cette histoire d’amour platonique et contemplative d’avant guerre, toute en retenue et pudeur, entre une gouvernante et un majordome dans un vieux manoir anglais où l’ordre régne… L’écrivain est reconnu pour exceller à créer des univers et instaurer des atmosphères prenantes où affleurent nostalgie, réminiscences et mélancolie flottante. C’est ce qui lui a aussi valu le grand succès de son dernier roman, "Auprès de moi toujours" ("Never let me go" en VO), paru en 2006 en France et sortant au cinéma le 5 mars 2011 (avec Keira Knightley en photo ci-contre, présentation ci-dessous). Les superlatifs ont plu sur l’ouvrage tant du côté de la presse que des lecteurs : « une narration d’une stupéfiante limpidité et fluidité », « un beau voyage », « un mystère latent captivant », des pages qui se tournent avec « frénésie », « l’épaisseur psychologique des protagonistes » ou encore « ses réflexions riches sur la condition humaine »… Entre le campus novel et le récit d’anticipation, il nous entraîne, par flashs-back, dans le quotidien de jeunes élèves d’une mystérieuse école anglaise. Pourtant, on pourra aussi s’ennuyer à sa lecture à la fois lourde et creuse…

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lundi 24 janvier 2011

"La confrérie des mutilés" de Brian Evenson : "Chair ou vérité ? Qu’est-ce qui compte le plus ?"

Publié dans la célèbre collection « Lot 49 » dirigée notamment par Claro (dont l’ambition est de « publier les écrivains d’aujourd’hui qui (…) bouleversent la donne du langage et l’équilibre chimiquement instable de la narration » et qui aura, entre autres, révélé en France Richard Powers, William Gass ou Vollmann…), Brian Evenson (également prof de « creative writing » et traducteur du français -Gailly, Claro…-) s’inscrit dans la lignée des « enfants terribles » de la nouvelle littérature américaine à la fois transgenre, paranoïaque, trash et déjantée (de Cooper à Bret Easton Ellis, Chuck Palahniuk jusqu’à Danielewski également poulain du Lot 49…). Remarqué tout d’abord par son recueil de nouvelles « Contagion » puis son roman « Inversion », cet ancien Mormon (répudié par sa communauté en raison de ses livres jugés amoraux) est hanté par l'oppression religieuse, la violence spirituelle, psychologique et sociale, la lutte entre le bien et le mal mais aussi la schizophrénie. C’est avec « La confrérie des mutilés », son 4e opus qu’il s’impose plus particulièrement lors de la rentrée littéraire de septembre 2008 (sorti en poche fin 2010). Entre le polar gothique, le roman d’horreur et la farce philosophique, ce roman a alimenté le buzz sur les blogs qui l’ont successivement comparé à Kafka, Borges, Jim Thompson ou encore Tarantino... :

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lundi 1 novembre 2010

"L'homme qui voulait vivre sa vie" de Douglas Kennedy : "Lorsqu'on efface entièrement l'ardoise, qu'est-ce qu'on obtient ? La liberté. L'existence, délivrée de tout..."

Deuxième roman de Douglas Kennedy, publié en 1997, "L’Homme qui voulait vivre sa vie" s’inscrit dans la droite lignée du premier (« Cul de Sac », republié en 2008 sous le titre « Piège nuptial »). Ce thriller psychologique reprend en effet la thématique chère à l’auteur : comment une vie peut basculer en un instant et changer du tout au tout. L'histoire d'un homme qui veut changer de vie et surtout reprendre sa liberté. Brodant sur le désormais classique « blues du businessman qui aurait voulu être un artiste » sur fond d’american dream et de banlieue consumériste étriquée, le roi du page-turner compose une histoire à rebondissements servie par son sens de la formule percutante. A l’occasion de son adaptation au cinéma (le 3 novembre avec Romain Duris et Marina Foïs, voir ci-dessous), retour sur ce livre devenu culte :

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mardi 12 octobre 2010

« La revanche d’un solitaire » (The social network) de Ben Mezrich : Histoire d’une « killer application »

Sexe, millions de dollars, trahison, scandale…, l’histoire de la création et du créateur (Mark Zuckerberg) de Facebook réunit tous les ingrédients d’une histoire palpitante ! Nick Mc Donnel en 2008 l’avait d’ailleurs déjà esquissé dans « Guerre à Harvard » en évoquant son ex camarade de promo. Ben Mezrich, auteur de livres documentaires (dont l’un déjà adapté sous le titre de « Las Vegas 21 »), s’en ait aussi saisi pour tenter de retracer cette épopée et dessiner le portrait de l’intrigant étudiant. Adapté par Fincher, le film sera à l’affiche le 13 octobre 2010. Entre campus, geek et business novel... « La revanche d’un solitaire » (« The accidental billionnaires en VO) nous entraîne dans les coulisses de cette aventure incroyable qui sait se faire haletante dans ses rivalités et rebondissements. Et nous dévoile au passage les univers d’Harvard jusqu’à la Silicon Valley… Un récit intéressant qui suscite quelques réflexions sur le nouveau rêve américain :

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mardi 14 septembre 2010

"La Brève et Merveilleuse Vie d'Oscar Wao" de Junot Díaz : " (...) je ne crois pas aux malédictions. Je crois que seule la vie existe."

Paru en 2008, le premier roman de l'écrivain dominico-américain, Junot Diaz né en 1968 (par ailleurs prof de creative writing à New-York), après un recueil remarqué de nouvelles « Los boys » publié en 1996, a connu un buzz retentissant tant côté lecteurs que médias. On acclame sa « prose bouillonnante épique et hilarante » sa « tchache débridée qui met le feu à la langue » ou encore son « explosion verbale étourdissante ». Lauréat du National Book Critics Circle Award et du prix Pulitzer, tout juste sorti en poche chez 10/18, ce roman foisonnant mêle plus ou moins habilement récit intimiste et satire politique à travers l’histoire d’une famille dominicaine immigrée dans le New-Jersey. Et plus particulièrement son dernier rejeton, le fameux Oscar qui donne son nom au roman. A la fois roman d’initiation décalée et saga historico-générationnelle matinée de réalisme magique, « La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao » est un curieux mélange d’influences et de style qui finit, malgré ses défauts, par emporter son lecteur… :

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lundi 7 juin 2010

"Et je t'emmène" de Niccolo Ammaniti, nouvelle génération italienne entre Bret Easton Ellis et Chuck Palahniuk

« Et je t’emmène », troisième opus (après notamment un excellent recueil de nouvelles « Dernier réveillon » dont l’une a été adaptée avec Monica Bellucci) paru en 2001 n’est pas encore le roman de la consécration pour Niccolo Ammaniti, jeune auteur italien assimilé à ses débuts au courant « Cannibale » en Italie (la nouvelle génération littéraire qui rompt avec l’académisme et introduit une langue moderne et « sanguine », nourrie de pop culture et assez décriée dans les années 90), traduit aujourd'hui dans une trentaine de langues. Riche en rebondissements et personnages hauts en couleurs aussi grinçants que cocasses, il est pourtant remarquablement construit. Il préfigure le grand succès de son roman suivant en 2002, « Je n’ai pas peur » (prix Viareggio) puis de « Comme Dieu le veut » (prix Strega, où son pessimisme social se radicalise), en mettant en scène la cruauté des enfants et du monde en général, la violence des milieux déshérités où les plus faibles et les plus doux sont toujours victimes des fortes têtes… En filigrane, il dresse aussi le portrait de l’Italie profonde, de ses bleds paumés, aborde la –douloureuse- fin de l’enfance, la perte brutale de l'innocence, la fin des rêves et des illusions sous le soleil assassin où ce ne sont pas les plus gentils ni l'amour qui gagnent…

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lundi 24 mai 2010

"J'ai fait HEC et je m'en excuse" (F.Noiville), "On vous rappellera..." (S.Talneau), "Je suis morte et je n'ai rien appris" (S.Colleter) : radiographie de l'élite côté campus

La critique du monde du travail et de l'entreprise est devenue un classique avec quelques romans et essais polémiques emblématiques. Mais les "racines du mal" sont peut-être à débusquer en amont, là où se formatent les esprits des managers de demain. Les prestigieuses écoles, de HEC aux prépas scientifiques, sont ainsi passées au crible par les jeunes auteurs pour leur enseignement ou leurs pratiques pas toujours très saines... Et lorsque l'on sort de ces "usines à produire de l'élite", les promesses d'avenir brillant ne sont pas toujours tenues sur un marché de l'emploi morose pour les jeunes diplômé(e)s... Décryptage de quelques désillusions scolaires modernes :

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mardi 16 mars 2010

"Dune" de Franck Herbert : "Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit"

Alors qu'il doit faire l’objet d’un remake (après son adaptation -décriée- par Lynch en 1984), le cycle de Dune, classique incontournable (et indétrônable) de la science-fiction, de l'américain Franck Herbert, publié dans les années 60, âge d'or du genre continue de passionner les lecteurs, qui le (re)lisent régulièrement. D'autant que certaines de ses thématiques (à connotation écologique) sont plus que jamais d'actualité. Mais comment ce roman phare de "space (ou "planet" pour les puristes)-opéra" (sous-genre de la SF axé sur les grandes aventures épiques et autres batailles intergalactiques entre le Bien et le Mal... dont le film "Star Wars" est le plus connu) a-t-il pu dépasser son lectorat naturel de "geeks" pour s'imposer comme une référence littéraire à part entière (même si souvent apparentée aux ados) ? A son sujet Stéphane Audeguy, un jeune auteur français commentait : "Dune est un livre-monde. J'aime les ouvrages qui traitent de questions encyclopédiques et philosophiques, la civilisation, l'équilibre écologique, la puissance, l'individu... Autre motif de fascination : ses monstres et ses mutants."

La première raison de cette fascination reste la richesse de l'univers imaginé par Herbert (inspiré d'un article sur les dunes de sable de la ville de Florence en Oregon), ses paysages grandioses et personnages singuliers aux rites et pouvoirs étranges qui s'affrontent, entre batailles et complots... A cela s'ajoutent les nombreuses interprétations qui font rage quant aux allégories, morales, messages politiques ou religieux, et autres mythes véhiculés par le récit. "Dune ouvre une épopée grandiose qui s'étend à travers le temps et l'espace. La SF n'est ici qu'un cadre à une réflexion très poussée sur les pulsions humaines, un cadre de toute beauté et développé comme nulle part ailleurs. Une œuvre universelle et intemporelle." commentait un internaute à son sujet. Retour sur son premier tome qui reste le plus emblématique de la série (qui en compte 7) : .

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