"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)

Humeurs et autres curiosités littéraires

Des questions et des bouts de réponses sur le petit monde merveilleux des livres, de l'écriture et de l'édition...

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jeudi 30 août 2012

Qui écrira le "roman choc" de la rentrée littéraire ?

La rentrée littéraire vient de débarquer dans les médias et divers noms reviennent en boucle comme chaque année. Je ne suis pas fan de l'évènement qui ressemble plus à un déboulement, mais je m'intéresse bien sûr à ce qui émerge, à ce qui s'écrit. Et j'avoue que la première réflexion qui me vient est une certaine "tendance" (le terme est sans doute un peu exagéré mais à défaut je l'utilise) au toujours plus trash, au toujours plus provocateur, dérangeant, insoutenable et malsain. Inceste, pédophilie, viol, éloge du crime et de l'extrémisme... Comme si les auteurs cédaient à la tentation d'écrits toujours plus choc pour mieux se démarquer, se faire remarquer par la polémique ou en choquant l'opinion... ?

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jeudi 24 mai 2012

De la domination des machines : Regard sur la science-fiction de P.K. Dick à Franck Herbert jusqu'à nos jours...

Si la science-fiction peut être notamment définie comme l’art d’imaginer un futur possible pour l’humanité, elle s’appuie souvent sur tout un folklore de machines et de technologies merveilleuses ou effrayantes, censées symboliser l’évolution de la civilisation. En un mot : du « progrès ». « La science fiction traite de l’avenir, en particulier d’un avenir où la science aura progressé par rapport à ce qu’elle est aujourd’hui » fait ainsi dire K. Dick à l’un de ses personnages dans Le maître du haut château.

De Philip K.Dick à Franck Herbert, deux maîtres incontournables du genre dans les années 50-60 (coïncidant avec l’apparition des premiers ordinateurs, avant que ne se développe le cyberpunk dans les années 80 autour des réseaux informatiques avec W.Gibson pour chef de file), un thème se retrouve : la peur voire la haine des machines susceptibles d’asservir l’Homme… A l’aune de notre quotidien moderne, fait de technologie de plus en plus sophistiquée, que penser de leurs « avertissements » du siècle dernier… ?

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mercredi 25 avril 2012

Pourquoi votre manuscrit a-t-il été refusé (ou risque de l'être) par les éditeurs ? (Les conseils d'une lectrice d'édition : Capucine Roche)

lectrice-edition-manuscrit-editeurs.jpg Capucine Roche est lectrice d'édition professionnelle, journaliste et auteur du guide "Comment se faire éditer ?". Exerçant en indépendante depuis 2010, elle s'est donné pour mission d'aider les aspirants écrivains à comprendre les raisons du refus de leur manuscrit (ou à l'améliorer avant envoi), en leur donnant un avis argumenté. Buzz littéraire l'accueille pour une série de chroniques sur le thème de l'édition et des manuscrits. Pour débuter, une question que beaucoup se posent : quelles sont les raisons du refus d'un éditeur ou quelles sont les erreurs fréquentes à éviter avant d'envoyer son oeuvre...

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mardi 17 avril 2012

Rétrograde, réalisme populiste, puritaniste : les polémiques littéraires en 2012...

Le monde littéraire a toujours fluctué au gré de polémiques et débats : depuis la querelle des anciens et des modernes en passant par celle des réalistes contre les romantiques ou parnassiens... En 2007, un manifeste appelait à une "littérature-monde" ouverte sur le monde et l'imaginaire.polemique-litterature-realisme-populisme-retrograde.jpg En 2012, de nouvelles polémiques ont agité récemment le petit monde littéraire par presse interposée, de Charles Dantzig à Michel Crépu en passant par Frédéric Beigbeder, etc :

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mercredi 4 avril 2012

La guerre contre les « couillidés » : de Virginie Despentes à Chloé Delaume et Véronique Ovaldé…

« Un couillidé » : c’est le surnom imaginé par Chloé Delaume, jamais à court de néologismes pour désigner les hommes dans son dernier opus « Une femme avec personne dedans », déjà usité dans son premier roman « Les mouflettes d’Atropos ». Cette fatigue des hommes voire ce dégoût ou colère, du moins de certains hommes – les salauds-, se ressent étrangement chez plusieurs romancières contemporaines ces dernières années :

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lundi 20 février 2012

De Gervaise Macquart à Mallaury Nataf : même combat ?

J’ai eu le plaisir de redécouvrir récemment l’un des plus célèbres tomes de la saga des Rougon-Macquart d’Emile Zola : l’Assommoir. J’avais gardé le très mauvais souvenir scolaire d’une œuvre misérabiliste et plombante mais j’ai retrouvé un roman foisonnant, plein de vie et même d’une effervescence joyeuse souvent, même si la fatalité finira par abattre froidement son héroïne.

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lundi 30 janvier 2012

« Les jeunes écrivains sont-ils si cons ? » (se demande le magazine Transfuge)

Je lisais le dernier numéro de janvier 2012 du magazine littéraire Transfuge, essentiellement pour l’interview de Chloé Delaume (qui persiste et signe dans son dogme de ne pas être divertie par la littérature : "On n’a pas le droit, quand on veut faire quelque chose d’inscrit dans l’époque, d’être dans le divertissement, divertir étant détourner de ce qui occupe. Des romanciers qui font des aventures, il y en aura toujours mais ceux qui savent faire ne peuvent pas se contenter d’utiliser l’esthétisme pour être ce miroir au long du chemin. Il faudrait leur couper la tête." Rien que ça ! ) venant de publier « Une femme avec personne dedans » (titre très bon, en espérant que j’y trouverai quelque chose de plus intéressant que son interview quand je le lirai…), lorsque je suis tombée sur une « enquête » à l’élégant titre : « Les jeunes écrivains sont-ils si cons ? ». Sympathique marronnier s'il en est... article-jeunes-ecrivains2.jpg

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jeudi 1 septembre 2011

"Premier bilan après l'apocalypse" : Où je juge les jugements littéraires de Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder reprend sa casquette de passeur de livres en publiant en cette rentrée littéraire 2011 une anthologie de ses 100 romans favoris: "un hit parade" comme le qualifie la 4e de couv'. Jouant sur l'idée que les livres sont menacés avec l'arrivée du numérique (et qui donne lieu à une préface régressiste et ennuyeuse sur le sujet, recyclé d'une de ses chroniques pour le magazine Lire : "Fahrenheit 451"), il nous présente donc les livres qu'il souhaite "sauver" de "l'apocalypse", au XXIe siècle. Voila pour le concept (on n'a pas été publicitaire pour rien hein ! :-).
Dans le texte, cela donne des petites chroniques légères (que son ami Yann Moix, d'ailleurs référencé dans son ouvrage qualifiait, dans une interview sur France Inter, de "critiques bâclées sans fond", "drôles et brillantes mais pas profondes", et vlan !), comme l'auteur en a le secret, agrémenté de souvenirs personnels de lecteurs (qui pourront plaire ou bien agacer c'est selon votre empathie à l'auteur) et de quelques analyses parfois bien vues. Romans cultes ou plus confidentiels voire controversés, d'hier et d'aujourd'hui, je me suis amusée à comparer mes perceptions aux siennes :

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lundi 18 juillet 2011

"Home-writing" : quand les écrivains se font décorateurs... (autour de Moravia, Tanizaki, Anais Nin, Sagan, Colette...)

Ayant récemment déménagé, j'ai beaucoup compulsé de catalogues et magazines déco histoire de trouver un peu d'inspiration. En regardant leurs photos, l'imagination vagabonde... : on peut parfois se raconter toute une histoire rien qu'à la vue d'un salon, d'une chambre ou même d'un fauteuil... Certains romanciers, que j'affectionne en général, l'ont bien compris et décrivent avec minutie les intérieurs de leurs personnages qui reflètent leurs personnalités, enrichissent leurs psychologies, tout comme la façon dont les personnages occupent et utilisent cet espace. A l'instar du "nature-writing", on pourrait peut-être ici parler de "home-writing" ?! :-)
De l'appartement ultra-design et siglé de l'Upper East Side du glacial Patrick Bateman dans American psycho ou dans un tout autre genre les vieux châteaux venteux et inquiétants des Hauts de Hurle-Vent aux vastes cheminées et escaliers grinçants !
Ces décors jouent un rôle à part entière dans l'intrigue.

A tel point que l'on visualise et que l'on s'y projette parfaitement : du style, des détails jusqu'à la disposition des meubles et bibelots, l'éclairage, les couleurs ou même la géométrie des pièces et leur agencement. Ces descriptions contribuent grandement à installer l'atmosphère d'un livre et nous immerge dans l'univers des héros :

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mercredi 18 mai 2011

Affaire DSK : Le "bûcher des vanités" du "Démon" tombé en "Disgrâce"...

Difficile de ne pas parler de l'affaire qui obsède l'actualité du moment, l'affaire DSK, les images de son audience qui tournent en boucle sur tous les médias, à commencer par Internet, les gros plans impudiques et inquisiteurs sur son visage au gris bronzé et ridé, ses lèvres anorexiques crispées, ses yeux vitreux qui courent de son avocat à la juge, comme si la caméra ou l'objectif des photographes tentait d'y lire, d'y débusquer ce qui s'est réellement passé dans cette suite du Sofitel samedi dernier. Et surtout pourquoi... ? J'avoue une fascination assez malsaine pour ce procès dont je ne peux m'empêcher de suivre chaque minute dés qu'une nouvelle actu surgit sur le Net. Qui, comme tout grand procès agit comme révélateur de notre société et de ses failles. Comme plusieurs blogs littéraires (cf : Aymeric Patricot qui évoquait le déni de la violence faite aux femmes qu'il a cherché à aborder dans ses romans), j'ai tendance à rapprocher cette "histoire" (qui ne manquera pas d'être récupérée par les scénaristes ou écrivains) de mon imaginaire littéraire, et je constate aussi que sur la toile on évoque plusieurs grands livres pour tenter de mieux comprendre peut-être ce nouveau "séisme" qui nous secoue actuellement :

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jeudi 17 février 2011

Top 10 : Mes plus beaux livres d’amour...

Il y a quelques jours, nous fêtions la saint Valentin, l’occasion de s'attarder sur l’un des plus beaux genres littéraires, si ce n’est peut-être le premier ! : le roman d’amour (même s'il est aujourd'hui assez méprisé finalement je trouve). Le sentiment, exalté, déçu ou encore contrarié aura donné lieu aux plus belles pages de la littérature. Alors que l’an dernier je m’interrogeais sur l'écriture du roman d’amour contemporain (« Peut-on encore écrire une histoire d’amour ? »), je vais tenter aujourd’hui de dresser une petite liste des livres d’amour, d’hier et d’aujourd’hui, qui m’ont le plus marqué(e) et surtout fait rêver. Car pour moi, une « belle histoire d’amour », au sens romantique du terme, c’est d’abord l’émotion, l’intensité (sentimentale), une sorte d’enchantement qu’elle peut susciter en nous et une certaine idéalisation en filigrane.

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lundi 31 janvier 2011

Le plagiat littéraire existe-t-il ? (autour d’"Axolotl Roadkill" d'Helene Hegemann)

Pas une semaine ne passe, sans qu’un nouveau scandale de plagiat littéraire ne soit déclaré. Le dernier en date concernant ce pauvre PPDA qui les accumule ces temps-ci… Si cette affaire peut faire sourire (une ancienne maîtresse l’accuse d’avoir utilisé ses lettres d’amour, apparemment écrites avec les pieds, après l’en avoir a priori autorisé avant leur rupture…), celle concernant Michel Houellebecq et Wikipédia était moins risible, démontrant la stupidité de quelques intégristes incapable de différencier une simple information de type encyclopédique d’une oeuvre littéraire, sans parler du « plagiat psychique » que nous inventait Camille Laurens à l’encontre de sa consœur Darrieussecq en 2007. Même George Orwell a eu droit à son accusation, 60 ans plus tard : on lui reprochait ainsi d’avoir emprunté son intrigue et ses personnages à un ouvrage russe des années 1920, intitulé «Nous autres» d’un obscure Ievgueni Zamiatine. En cette rentrée littéraire de janvier 2011, paraît en France la traduction d’un premier roman, Axolotl Roadkill signée d’une jeune allemande de 17 ans, Hélène Hegemann, ayant défrayé la chronique pour son (soi-disant) talent, son jeune âge, mais aussi et surtout pour ses multiples emprunts à d’autres auteurs, dont fait nouveau : à un blogueur. A l’heure d’Internet, cette dernière, pur produit de la génération Facebook, estime que l’écriture est une démarche consistant à mixer différentes sources jusqu’à créer une nouvelle œuvre à partir de ce « mix » d’influences… :

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mardi 21 décembre 2010

Souvenirs de lectures d'enfance et regard sur la nouvelle princesse "cool"...

Je regardais, mécontente, dans le métro les affiches du nouveau long-métrage de Disney, Raiponce, représentant une princesse en forme de super-héros transbahutant sur son dos un prince apeuré, ligoté à l'aide de sa chevelure extra-longue. Cette image ne me plaisait guère et je me disais que tout ce que j'avais aimé, petite fille, dans le monde des princesses disparaissait avec cette nouvelle représentation se voulant "cool" et "moderne", de la femme forte, alter-ego de l'homme, du prince en l'occurrence. Féminisme oblige.

C'est même une tendance de fond : il paraît que les princesses se font chevaliers... Alors que la littérature dite "jeunesse" fait débat (accusée de n’être qu'un « concept marketing » ou même de « l’appartheid » !) et que Flammarion publie une anthologie des « 1001 livres d’enfants qu’il faut avoir lus pour grandir »), je vous invite à retomber en enfance en retrouvant nos livres d'antan... :

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lundi 8 novembre 2010

Blondes... MAIS écrivains : De Marilyn Monroe ("Fragments") à Nelly Arcan ("A ciel ouvert")

Contre toute attente, l'auteur phare de cette rentrée littéraire 2010 aura peut-être été celle dont on ne soupçonnait même pas qu'elle sache tenir un stylo : Marilyn Monroe ! On s'arrache ses "Fragments" de poésie, de lettres et autres bribes intimes posthumes. Et tout le monde de s'étonner, de s'exclamer : "La plus belle femme du monde était aussi intelligente".
L'incompatibilité d'un quelconque talent ou au moins sensibilité intellectuel(le), littéraire et de la beauté, du sex-appeal (surtout féminin): un préjugé toujours bien ancré dans les mentalités, même 50 ans plus tard... Pourtant une idiote n'aurait pas pu avoir la carrière de Marilyn, quelle que soit sa plastique. Autre blonde, autre suicide -au même âge : 36 ans-, celui de Nelly Arcan , l'an dernier, en septembre 2009. Elle n'était pas actrice mais bien écrivain même si elle aura dû batailler pour en obtenir la reconnaissance. Trop belle, trop photogénique... Le poids écrasant du physique était justement au centre de son œuvre qu'elle n'a eu de cesse de décrire avec virtuosité, n'ayant jamais de mots assez forts pour condamner cette "cage" ou cette "burqa de chair" dans laquelle elle périssait, mais qu'elle cultivait aussi paradoxalement. Tentons de rapprocher ces deux icônes blondes, d'autant que la seconde évoquait la première dans son avant-dernier roman "A ciel ouvert" :

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mardi 19 octobre 2010

L’influence de Jean-Paul Sartre sur la nouvelle génération littéraire ? (et avis sur Sartre romancier : L'âge de raison...)

Dans son dernier roman, La carte et le territoire, Michel Houellebecq s’amuse à qualifier Frédéric Beigbeder de Jean-Paul Sartre des années 2010. La comparaison peut paraître saugrenue… Si l’auteur d’Un roman français a en effet revendiqué l’influence des Mots pour l’écriture de son roman autobiographique, il n’y a pas grand-chose en commun entre les deux hommes, ni d’un point de vue littéraire ni d’un point de vue idéologique.

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