"Je lus pour la première fois le roman que j’allais le plus relire – plus de cent fois –, Les Jeunes Filles de Montherlant. Cette lecture jubilatoire me confirma dans l’idée qu’il fallait tout devenir, sauf une femme. J’étais sur la bonne voie, puisque j’étais un cancrelat", déclarait Amélie Nothomb. De son côté Frédéric Beigbeder rend hommage à ce brûlot épistolaire dans son panthéon personnel, comme "un pamphlet contre le sentiment amoureux et l'amour bourgeois". Montherlant, contemporain de Camus, Sartre ou encore Céline (qui le surnommait "Buste-à-pattes" en raison de son style guindé) ne jouit pas pour autant de la même célébrité posthume. L'aristocrate est même jugé démodé, de "réac poussiéreux", bien qu'il ait fait son entrée à la pléiade de son vivant. Ce qui est regrettable ! Immense succès et scandale (dont Simone de Beauvoir s’est faite la plus célèbre critique*) de 1936, ce cinquième roman de Montherlant est le premier tome d’un cycle de 4 (suivi de "Pitié pour les femmes", "Le Démon du bien" et "Les Lépreuses"). A travers la figure de la "groupie", il dessine le portrait d'une certaine féminité et masculinité, de la misère affective et du drame d'aimer sans retour. Avant Bridget Jones ou Clémence Picot, il y avait donc "les jeunes filles", terribles et magnifiques :



Après 4 ans d’âpres négociations, l’adaptation (à la photographie envoûtante et prometteuse…) du premier succès du célèbre écrivain japonais sort sur nos écrans en ce mois de mai 2011 sous la caméra du français d'origine vietnamienne, Tran Anh Hung ("L'Odeur de la papaye verte", "A la verticale de l'été"). Et une BO signée Jonny Greenwood, le guitariste de Radiohead s’il vous plaît !
Le livre qui a propulsé l'auteur sur le devant de la scène internationale (paru en 1987 au Japon et vendu à plus de 4 millions et demi, et 8 millions si l’on compte les éditions poche, exemplaires, traduit dans 36 langues) et qui fait écho à son beau conte sur le désir et la nostalgie 
Publié en 1990, « Fanfan » est le 3e roman d’Alexandre Jardin, écrivain précoce qui n’avait alors que 25 ans. Tout juste auréolé du prix du premier roman pour « Bille en tête » et jeune diplômé de sciences-po, il est finalement l’un des précurseurs non avoués de ces héros bobos à mi chemin entre Peter-Pan et le prince charmant, qui ont ensuite fleuri dans les romans de
Il aura fallu attendre presque 5 ans pour que le fameux recueil de Miss Martin sorte en poche (mai 2008), aux éditions Pocket !
L'occasion de découvrir enfin ce qui se cachait derrière sa "scandaleuse"
C’est en 2003 qu’a été publié sous forme de livre (traduit en 2005, aux éditions Albin Michel en France) le blog de la chinoise Mu Zimei (de son vrai nom Li Li). Aboutissement du succès phénoménal rencontré par le journal intime en ligne de l’auteur, une chroniqueuse cantonaise de 25 ans, diplômée de philosophie. Elle y confie ses aventures sexuelles multiples et rencontre un buzz sans précédent lorsqu’elle évoque sa relation avec une star locale de la musique (marié). La ruée médiatique aidant, elle devient un phénomène de société, censurée comme il se doit par le gouvernement. Nympho, exhib’, une traînée ou au contraire une femme libre voire une égérie féministe favorisant « l’éveil social de la chine post-maoïste »… : on a tout entendu pour la qualifier. Mais ce « Journal sexuel d’une jeune chinoise sur le Net » (traduction un peu racoleuse du titre original « Lettres d’amour posthume ») ne doit pas être réduit au simple « récit de ses galipettes amoureuses ».
En 1988 (on fête ses 20 ans cette année !), déboule sur le devant de la scène littéraire une petite jeune femme de 32 ans brune et incandescente avec un court et fulgurant roman au titre sanguinaire : "Le boucher". Publié sous un pseudonyme (qu’elle conservera ensuite) emprunté d’une nouvelle de Julio Cortazar ("La Lointaine, Journal d’Alina Reyes") et écrit en une semaine pour participer à un concours de littérature érotique – alors qu'elle était étudiante à Bordeaux, - elle défraie la chronique et s'impose d'emblée comme l’un des plus importants auteurs contemporains de littérature érotique (même si cette étiquette lui semble réductrice comme elle le commentait :"Que le flacon s’appelle pornographie, polar, science-fiction, littérature générale ou autre, aucune importance si l’alcool qu’il nous donne à boire est de qualité."). Provocante et inattendue, Alina Reyes livre ici un roman en forme de conte allégorique, celui de l'initiation sexuelle d'un petit chaperon rouge sensuel aux prises avec un loup qui a tout de l'ogre...
Comme tout(e) fan qui se respecte, il est indispensable de découvrir le fameux petit livre de la journaliste Candace Bushnell ayant inspiré les scénaristes de HBO pour la géniale série "Sex and the city". Le livre est désormais disponible en collection poche. Toute crainte de mauvaise littérature chick litt' est vite balayée ! Même si on ne retrouve pas exactement le mythique quatuor des copines new-yorkaises, l'ambiance et le ton sont bien là. Et c'est finalement l'essentiel. Candace Bushnell (photo ci-contre), alors journaliste branchée au New-York Observer (dont Carrie serait l'alter-ego), a un véritable don pour la réplique qui fait mal et l'aphorisme bien senti. Impitoyable, snob, sarcastique mais finalement fragile et touchante, elle parvient à livrer un portrait attachant de ces new-yorkaises blondes brillantes et sexy "en petite robe noire", qui rêvent d'une bague à leur doigt dans cette cité où sont exacerbés le désir et le désespoir... Bret Easton Ellis, qui pourrait être un cousin, ne s'y est pas trompé en saluant son talent pour « saisir la vérité qui tue »...





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