Buzz Littéraire
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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

jeudi 29 juin 2006

Frédéric Beigbeder repose sa casquette d'éditeur... et régle ses comptes !

Toujours dans le dernier numéro de Lire de juillet 2006, la chronique de Frédéric Beigbeder, intitulée "Plaidoyer pour les éditeurs", attire l'attention puisqu'il y annonce son départ de Flammarion, après 3 années passées : "Je viens de quitter Flammarion car je n'arrivais plus à écrire." Et ce faisant, dresse un portrait au vitriol des relations auteurs-éditeurs. Ces derniers seraient selon lui "des saints". "Jamais je n'ai vu une telle patience, une telle abnégation aussi peu récompensée.", déplore t'il... Lire la suite

Les "recommandations" de livres pour l'été s'annoncent

Lire "sous le soleil exactement" face à la grande bleue ça a quand même plus de classe qu'un métro blafard nauséabond. Quels sont donc les heureux élus qui nous accompagneront sous le parasol ? Le magazine Transfuge dont nous parlions récemment publie son premier hors-série dédié aux 150 romans étrangers incontournables. De son côté l'Académie Goncourt vient de publier sa "liste d'été", qui comprend 14 romans. Lire la suite

Internet : péril ou chance pour les auteurs ? Les axiomes de François Bon dans La Quinzaine littéraire

Suite à l'article "(Vu sur) Internet : Nouvel eldorado de la promo des livres ?", citons en complément l'article de François Bon, écrivain pionnier sur Internet (créateur du site remue.net et de tierlivre.net), qui livrait 20 axiomes sur le rapport entre Internet et le livre dans le journal La Quinzaine littéraire à l'occasion d'un numéro anniversaire fêtant ses 40 ans d'existence (n° 919 du 16 au 31 mars 2006). Il analyse avec lucidité, les conséquences d'Internet sur la création littéraire... Lire la suite

mercredi 28 juin 2006

Un nouvel éditeur de littérature contemporaine bien frappée : Bernard Pascuito

Cet ancien des Editions Rivages, publie, dans la maison qu'il vient de créer, une sélection pointue d'écrivains américains, de Schulberg à Scott Fitzgerald. Portrait : Lire la suite

Le sablier de Sofia Guellaty : Something's got to give

Ecrire un roman sur une jeune femme qui s'ennuie, une jeune femme qui attend que "quelque chose" se passe, que "quelque chose" arrive : il fallait oser. Oser écrire le vide, la solitude, le rêve, sans ennuyer son lecteur. Le pari était risqué mais Sofia Guellaty, jeune auteure de 22 ans, réussit, comme par magie, dans son premier roman à créer une histoire aérienne, poétique et sensuelle autour de son héroïne à mi-chemin entre Marilyn et Sue perdue dans Manhattan. Les rêveries de cette promeneuse solitaire sont un petit bonheur... Lire la suite

L'art d'écrire selon Violette Leduc (extrait de "L'affamée")

« Assise à ma table, j’essaie d’écrire. Pendant que j’essaie, je me délivre laborieusement et innocemment de mon incapacité d’écrire bien. Ma plume grince. Je gémis avec elle. Nous gémissons pour rien. Nous formons ensemble des mots inutiles. J’ai honte d’infliger ce travail à ce petit objet capable. Pendant que je m’efforce, je trace la voie à mes impossibilités et je les oublie. Ce paragraphe les représente. Je ressemble à une personne qui se croit puissante quand elle lance de la poussière en l’air. Cette poussière retombe sur sa chevelure. Mes impossibilités retombent sur cette page. Plus je m’efforce, plus je crois que je travaille bien, plus je m’égare, plus je me drogue avec mon effort. Capables et incapables d’écrire, nous suons de la même sueur. L’effort est un faux frère. » (extrait de "L’affamée")

mardi 27 juin 2006

Le Diable s'habille en Prada : best-seller "chick-lit" sur grand écran

Avec son titre sulfureux au parfum de scandale, ce roman (voir chronique), emblématique de la chick-lit (voire "bitch-lit" !) new-yorkaise, de Lauren Weisberger (ancienne assistante de l'éditrice Anna Wintour du fameux magazine de mode Vogue), publié en 2004 à l'âge de 25 ans, vendu à 315 000 exemplaires en France et traduit dans 27 pays, continue de faire parler de lui avec son adaptation au cinéma. Le teaser (ci-dessous) plutôt efficace, donne un avant-goût du film qui sortira fin juin aux Etats-Unis et en octobre en France. Lire la suite

"J'aime beaucoup ce que vous faites" : plus qu'une revue, un objet littéraire...et affectif

Mardi soir dernier (le 20 juin) se tenait à la librairie du Palais de Tokyo à Paris, le lancement du second numéro de la revue littéraire "J'aime beaucoup ce que vous faites". J'ai eu quelques mauvaises expériences avec les revues littéraires mais son titre et sa couverture épurée m'ont donné envie d'en savoir plus... Et puis tous les prétextes sont bons pour aller à la librairie du Palais de Tokyo ! Ce bi-annuel, diffusé à 1000 exemplaires, lancé en octobre 2005 se propose d'explorer les coulisses de l'écriture, les "chantiers" de l’écrivain, l’avant-texte , le fragment..., à travers des créations très conceptuelles d'auteurs mais aussi d'artistes plasticiens. En une phrase "montrer le texte comme forme plastique". Rencontre avec les fondateurs Christian Alandete et Agnès Violeau : Lire la suite

Nouveau design BUZZ...littéraire

Le Buzz littéraire a 4 mois et... troque son design provisoire pour un plus personnel et visible sur tous les navigateurs, avec encore quelques hics (à pardonner bien sûr). Lire la suite

"La plaisanterie" de Milan Kundera, Itinéraire d'un enfant déchu

Achevé en 1965, La plaisanterie est le premier roman de Milan Kundera alors âgé de 36 ans. Publié en Tchécoslovaquie en 1967, il coïncide avec les prémices du « printemps de Prague », tentative de libéralisation sévèrement réprimée par l'U.R.S.S. en août 1968. Parce qu’il prend pour cadre le régime de son pays, ce roman a été perçu comme un livre essentiellement politique. Ce que Kundera a démenti en le qualifiant « d’histoire d’amour », unique sentiment résistant à la désillusion de l’Histoire. Plus précisément, il apparaît comme un roman sur la trahison, la méprise entraînant la haine et l’esprit de vengeance : l’ironie du sort qui nous joue de bien cruelles plaisanteries, fausse et ruine une destinée. C’est aussi le roman d’une vie qui s’effondre, une vie dévastée, le livre d’un destin contrarié et d’un idéal qui n’a pas tenu ses promesses... Un roman qui résonne d’un rire grinçant et qui contient déjà en essence certains thèmes majeurs de l’œuvre à venir de Kundera. Il ne possède néanmoins pas la force et la richesse de « L’insoutenable légèreté de l’être » ou encore de « Risibles amours » (des nouvelles rédigées avant La plaisanterie en 1963). Sous son titre ironique, c’est l’un de ses romans les plus noirs également… Lire la suite

mardi 20 juin 2006

Amours de jeunesse : "Vie et mort de la jeune fille blonde" de Philippe Jaenada en poche et "Une histoire qui sent la colle Cléopâtre"...

Qui n'a jamais idéalisé un amour de jeunesse, de lycée, de collège ou même d'école primaire..., cette parenthèse enchantée de l'adolescence, de l'enfance ? Puis des années plus tard, eu la curiosité de savoir ce qu'"il" ou "elle" était devenue ?
La génération des trentenaires (70's/80's) est devenue championne de la nostalgie avec le phénomène "gloubiboulga", versant triste de la vague adulescente ou encore la multiplication de ces sites qui permettent de retrouver nos "copains d'avant", publiée en janvier 2007 aux Editions Delcourt.
Loin de tout cela Philippe Jaenada a pourtant écrit un bel hommage à cette nostalgie sentimentale qui peut s'emparer de nous, adulte à 30 ou 40 ans, comme le narrateur de "Vie et mort de la jeune fille blonde". De son côté un jeune blogueur (Kek) remporte un vif succès en racontant sous la forme d'un roman graphique en ligne, la recherche de son amour d'enfance "du CM1", sous une forme très émouvante. Lire la suite

lundi 19 juin 2006

Après la BD, Ego comme X lance ses deux premiers romans... toujours à la première personne

L'éditeur Ego comme X, bien connu des adeptes de la BD intimiste a adopté depuis ses débuts, en 1994, un positionnement original basé sur l'autobiographie (les récits de vie). Parmi ses oeuvres phare, le journal intime de Fabrice Neaud écrit en temps réel (en 4 tomes, vendus à près de 30 000 exemplaires), L'épinard de Yukiko (10 000 ex), L'homme sans talent (10 000 ex) ou encore récemment le très charnel "Mon bel amour" de Frédéric Poincelet... Signe particulier : l’exploration "égotique" du quotidien et l'introspection. Son directeur Loïc Néhou souhaite désormais revenir à ses premières amours : la littérature. Ce grand lecteur de Calaferte, Matzneff, Camus ou encore Marc Edouard Nabe..., lancera à la rentrée littéraire 2006 deux romans, toujours à la première personne. Une soirée littéraire était organisée vendredi 16 juin au Centre National du Livre à Paris afin de découvrir leurs premières pages. Retour en vidéos des lectures données par les auteurs Lionel Tran (Sida mental) et Virgine Cady (L’illusionniste). Deux trentenaires aux styles et thématiques radicalement différents :
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samedi 17 juin 2006

Un début prometteur de Nicolas Rey : Portrait de l'artiste en adolescent...

"T'es amoureux parce que c'est ton état naturel d'être amoureux, parce que tu n'as trouvé que cette formule pour te faire un peu moins chier." Comme d'habitude, les hommes sont fatigués, accablés, noyés dans leur déchéance. Comme d'habitude les femmes sont leurs canots de secours, qui tentent envers et contre tout de ramener à la surface leurs épaves trop lourdes. Comme d'habitude, on ne s'endort pas sans lexomil ou valium comme "toutes les personnes qui ont un passé". Et puis aussi beaucoup de fuite éthylique, de "corps qui s'enfoncent", de remords aussi et de lâcheté bien sûr. Bienvenue dans le troisième roman de Nicolas Rey. Lire la suite

Découragement existientiel : Extrait de "Néfertiti dans un champ de canne à sucre" de Philippe Jaenada

Extrait choisi par la blogueuse Satinella qui commente : "Ce texte reflète exactement ce que j'ai ressenti à certains moments : une impression de désœuvrement, de vanité, une profonde lassitude qui me fore et que personne ne peut emplir. Je m'ennuie. Je manque de tout. J'aurais besoin de folie, de mouvement, d'inédit, de violence, d'intense, d'amour, de mots, de gestes, d'imprévu, de vie en somme, mais je m'ennuie tant que j'ai presque la sensation d'être déjà morte. Même écrire me semble dérisoire. Je n'ai rien à dire. Rien. Et c'est dans ces moments-là que l'on perçoit combien l'on est seule, seule à en crever. " Lire la suite

vendredi 16 juin 2006

Polocoktail Party de Dorota Maslowska : un "Holden Caulfield" anti-ruskoff, halluciné et...très attachant

On approche ce livre avec beaucoup d'a-prioris, liés au "phénomène de star littéraire" de son auteur : très jeune (lycéenne de 19 ans au moment de l'écriture), livre écrit en un mois (toujours se méfier des "records"), une jolie blonde genre lolita un peu trash, les comparaisons dythirambiques (Céline, Gombrowicz...), les thèmes racoleurs (sexe, défonce aux amphétamines et discothèques...) et un style à couper au couteau... Ce brûlot réserve en réalité une bonne surprise et rappelle le chef d'oeuvre de Salinger "L'attrape coeurs" dans une version anti-ruskoff et hallucinogène. Sous la forme originale d'un monologue intérieur, Maslowska alterne avec une étonnante dextérité les moments de désespoir, de rage et de candeur de son narrateur... Et parvient à se glisser avec une remarquable justesse dans la peau d'un jeune banlieusard du littoral de la Baltique. Un exercie de haute voltige relevé haut la main ! Lire la suite

Clumsy de Jeffrey Brown : Découverte amoureuse tendre et maladroite...

Publié en janvier dernier, Clumsy (en français : malhabile, maladroit) a été acclamé par la critique, les fans de BD indépendante mais aussi les maîtres du genre tels que Chris Ware, James Kochalka ou Daniel Clowes... Pourtant l'ouvrage, fort original, a de quoi dérouter par son réalisme minimaliste mais toujours pudique de la relation amoureuse à distance d'un jeune couple américain. Ecrit à l'âge de 25 ans par Jeffrey Brown, cet album autobiographique, dans la veine d'un "I never liked you" de Chester Brown, a d'abord été autopublié avant d'attirer l'attention d'un éditeur face à l'engouement des lecteurs. Lire la suite

jeudi 15 juin 2006

L'esprit Matzneff et les jeunes auteurs

Dans les années 80, Gabriel Matzneff s'est fait le chantre des "amours mineures". L'écrivain sulfureux était alors l'invité de tous les plateaux TV et prestigieuses émissions littéraires pour faire leur apologie et leur éloge. Démon pédophile (ou "philopède" comme il le fait dire à l'un de ses personnages), honteusement en liberté, immoral et pervers pour certains. Insolent magnifique, grand écrivain érudit, expert de littérature latine et fin analyste géopolitique pour d'autres. Aujourd'hui encore, son aura subversive touche (influence ?) de nombreux jeunes auteurs qui le citent régulièrement comme référence. Lire la suite

"Mon bel amour" de Frédéric Poincelet : Variations graphiques sur l'intimité des couples

Tout le monde en parle (et chante ses louanges)... Des "Inrocks" au journal "Le Monde" en passant par Télérama, "Chronicart", "A nous Paris" et presque tous les magazines spécialisés de la BD... De qui ? De Frédéric Poincelet pardi ! Et de son dernier album "Mon bel amour". Révélant ainsi cet auteur, plébiscité depuis de nombreuses années par la scène graphique underground, au grand public. Ce graphiste-illustrateur, connu pour ses esquisses à la fois nerveuses et angoissantes, tour à tour crues ou poétiques et ses dessins hachurés, annotés ou ultraréalistes (voir sa série "Le périodique" et surtout son Essai sur le sentimentalisme), a beaucoup travaillé autour des thèmes qui l'obsèdent : le sacrifice, la douleur, l’amour ou encore les apparences. Avec "Mon bel amour", il livre une étonnante radioscopie de la fragilité du couple, toute en délicatesse et subtilité... Lire la suite

La disparition de l'abandon corporel : Extrait de Plateforme de Michel Houellebecq

L'écrivain Michel Houellebecq a su disséquer comme personne la tragédie du désir occidental, la misère sexuelle et les frustrations qui en découlent. Dans son ouvrage Plateforme, qui traite notamment du tourisme sexuel, il analyse les causes de cette "crise des corps", qui selon lui rend incontournable le sexe vénal... Lire la suite

Auteurs on line : la déferlante continue !

A peine le billet (Vu sur) Internet : le nouvel eldorado de la promo des livres ? publié, qu'un nouveau communiqué de presse nous parvient, annonçant l'ouverture d'un nouveau site "Face à l'auteur". De quoi s'agit il ? D'un cyber-lieu qui se propose de favoriser des rencontres entre lecteurs et auteurs "célèbres ou en passe de l'être" est-il précisé sur la page d'accueil. Et lorsqu'on clique sur la liste des auteurs, qui retrouve t'on ?
Thomas Clément, décidément partout et grand pape du marketing. Attention à l'overdose toutefois... Lire la suite

mercredi 14 juin 2006

Les revues littéraires alternatives vous regardent de haut

Cette chronique a été rédigée en octobre 2003, à la suite d'une visite sur le 13e salon de la revue à Paris. Il faudra l'actualiser en novembre prochain : qui sait l'ambiance a peut-être changé... ? Les kiosques de presse débordent déjà mais ils sont loin d'être les seuls réservoirs de revues ! Les circuits alternatifs donnaient de la voix en ce week-end d'octobre 2003 à l'Espace des Blancs Manteaux pour le 13e Salon de la Revue. Objectif : se faire connaître du grand public et surtout tenter de leur faire sortir leur porte-monnaie ! Lire la suite

(Vu sur) Internet : nouvel eldorado de la promo des livres ?

Après le site d'auteur personnel ou officiel, le blog d'auteur, voici venu le site de livre. Entièrement dédié à la sortie d'un livre, il présente à la façon de la bande annonce d'un film, le "pitch" du livre et sert de teasing. En d'autres termes, il tente de donner envie de lire ledit roman grâce à des moyens très proches de ceux utilisés par le cinéma. Aux Etats-Unis, ce sont même des animations multimédias spécifiques qui sont conçues pour assurer la promo des livres sur le Net. Verrons-nous bientôt des mentions "Vu sur Internet" apparaître sur la jaquette des livres ? Lire la suite

Vincent Ravalec, Philippe Jaenada, Nicolas Rey, François Bégaudeau racontent leur meilleur souvenir foot...

Le magazine Epok, l'hebdo gratuit de la Fnac, a sorti il y a quelques semaines dans son numéro du 19 au 25 mai un "100% foot". on y trouve un intéressant dossier sur les confidences d'écrivains (mais aussi d'acteurs, de chanteurs ou de politique…) sur leurs meilleurs souvenirs de coupe du Monde

Dans ces pages, on apprend par exemple que Vincent Ravalec, le génial auteur de "Les clés du bonheur" et d '"Un pur moment de rock'n roll", et "pas grand fan de foot" raconte par exemple une rencontre à laquelle il a participé peu avant la Coupe du monde de 1998 : un match entre journalistes et écrivains. "Les journalistes étaient tous des types surentraînés venant de TF1, L'Equipe… Les écrivains eux étaient plutôt de pauvres choses tabagiques ! Il n'y avait que les auteurs de BD, Bilal et Margerin pour élever le niveau. Quant à lui, c'était la troisième fois qu'il tapait dans un ballon. Un souvenir épuisant selon lui…

François Bégaudeau, ex footballeur lui même (il a écrit "Jouer juste" sur ce thème), est plus connaisseur. Il revient sur la défaite de la demi-finale France/Allemagne de 1986. Un match qui n'est pas resté dans les mémoires, regrette t'il.
Match médiocre perdu sur une toile du gardien Joël Bats : "A la fin je me suis retrouvé à la fenêtre de ma chambre. J'étais comme un jeune romantique qui écrit son poème au milieu des ruines. J'avais 15 ans et c'était ma coupe du monde la plus lucide, puisque j'étais assez jeune pour m'emballer et assez vieux pour conscientiser."
Il a ensuite reporté son amour sur le FC Nantes.

Philippe Jaenada confie qu'il aurait volontiers joué à la place de l'avant-centre s'il avait dû choisir "parce qu'on ne court pas beaucoup, on tire souvent et quand on marque, c'est la gloire !" Son meilleur souvenir, comme de nombreux français, est celui de la fameuse coupe du monde de 1998. "Je me suis retrouvé à hurler sur les Champs Elysées, parmi des centaines de forcenés hilares (pendant que ma femme se faisait grimper par un pilote de chasse). " se souvient-il avec l'art du détail. Et d'ajouter "Maintenant si une voyante me prédisait : "Le mois prochain, tu vas danser en pagne à l'Olympia sur une musique de Francis Cabrel", ça ne m'étonnerait pas plus que ça."

Maxime Chattam, le romancier à succès de "thrillers français à l'américaine", se souvient plus particulièrement des matchs contre le Brésil. Le premier concerne le match du siècle, le quart de finale de 1986 entre la France et le Brésil (victoire des Bleus aux penalties). éJ'avais 10 ans. J'hurlais tout seul, debout sur le canapé. Subitement j'ai pris conscience que le foot ne relevait pas seulement du plaisir, mais de l'ambition, du défi psychologique."

Et enfin Nicolas Rey, grand amateur de foot également cite lui la fameuse demi-finale perdue contre l'Allemagne en 1982. "J'avais 9 ans et j'ai vu ce match extraordinaire chez moi à Vernon. A cette époque les français n'étaient pas du tout favoris, on les appelait "la bleusaille". Et puis toute la magie de la rencontre brisée d'un coup par Schumacher, les Français qui veulent se mettre en grève, Hidalgo leur disant de continuer. Et Bossis qui manque le dernier but. Quelle injustice ! C'est facile de réussir une belle victoire, c'est plus dur de réussir une belle défaite. Et celle-là a été l'une des plus formidables de l'histoire, un acte fondateur pour ma génération."

mardi 13 juin 2006

Vodka-Cola d'Irina Denejkina : petites anarchies amoureuses, éthyliques et concerts de rock...à la russe !

Que l'on soit sous le ciel de Saint Petersbourg, de Paris, Londres ou New-York, les choses ne sont finalement pas si différentes quand on a 12, 17 ou 20 ans... On zone, on se cherche, on se goûte, on se touche, on tâtonne on hésite, on doute, on éclate et on gamberge surtout... Beaucoup ! Les adolescents d'Irina Denejkina, étudiante en journalisme russe né en 1981 (et encore au lycée lorsqu'elle écrit ses récits) sont comme les autres : à la fois insouciants et rebelles, cruels et fragiles. Des garçons et des filles qui se croisent, s'entremêlent, se déchirent, s'écorchent, s'embrasent... De petits instants de grâce à l'aube des nuits blanches, autour d'une bière, de cigarettes que l'on fume pensif en essayant de se remémorer les évènements de la veille, aux premiers désirs-dépits amoureux rythmés de paroles rock... Qualifiée par la presse de "porte-parole de la génération post-Perestroïka" et de "chef de file de la littérature Pop en Russie", la jeune fille (repérée sur Internet et traduite dans 14 langues) possède, sans conteste, une voix entêtante et un art pour croquer l'ambiguité des relations et des sentiments... Et les rendre universels. Lire la suite

"Ivre du vin perdu" par Gabriel Matzneff : Pladoyer pour le souvenir amoureux

Quatrième roman de Gabriel Matzneff, publié en 1981, Ivre du vin perdu, dont le magistral titre est inspiré d'un poème de Catherine Pozzy,est un vibrant hommage et plaidoyer pour le souvenir et la mémoire amoureuse, à travers la voix de Nil Kolytcheff (double de l'auteur) qui reste hanté par sa grande passion amoureuse "Angiolina-Diabolina". Adolescente de 15 ans, à la fois femme fatale et tyrannique, "rose sauvage" et "tendre démon". Il s'élève ainsi contre "l'ostentatoire oubli de l'inoubliable" et le "génie amnésique des femmes" tout en reprenant ses thèmes chers, ses "idées fixes" comme il les appelle et qu'il chérit : la voluptuosité des "moins de 16 ans", la toute puissance de l'amour charnel, ses conquêtes multiples aux portes des lycées, l'éphémérité des sentiments, le mysticisme (religion orthodoxe), son obsession du "rester jeune" (par la diététique), ou encore la hantise du temps qui passe... Du jardin du Luxembourg à la piscine Deligny, ses terrains de chasse favoris... En dépit de l'abjectitude des pages consacrées au tourisme sexuel sur les enfants à Manille ("les plaisirs mercenaires", "la secte philopède" selon l'expression de l'auteur), ce roman, que Matzneff considère comme son plus accompli, confine souvent au sublime. En particulier lors des pages où il se remémore ses amours fous passés, "sa ferveur non pareille éprouvée pour cette Enfant ultime". Lire la suite

dimanche 11 juin 2006

Gabriel Matzneff et son obsession des "Moins de 16 ans"

Au total on doit à Gabriel Matzneff huit romans, (dont le plus beau serait "Ivre du vin perdu"), ses célèbres carnets noirs c'est à dire les 10 tomes de ses journaux intimes (dont "La Passion Francesca" qui lui a inspiré également des poèmes) dans lesquels ils relatent ses passions volcaniques avec ses très jeunes amantes et 12 essais. Parmi ces derniers, le très controversé "Les moins de 16 ans" est à l'origine de sa "réputation de débauché, de pervers et de diable", selon ses propres termes.
Dans cet ouvrage publié pour la première fois en 1974*, (resté longtemps introuvable en librairie et ré-édité récemment en 2005 par les éditions Léo Scheer), il dépeint et explicite, avec beaucoup de lyrisme, son "idée fixe", son "obsession" : les moins de 16 ans, filles ou garçons. Les "gosses", "les momichons et les momichonnes", comme il les surnomme "affectueusement", forment à eux seuls un sexe à part entière, estime-t-il. Lire la suite

vendredi 9 juin 2006

"Appel du pied" de Wataya Risa, Des cornichons au chocolat version japonaise

"La solitude me sonne dans la tête. Un son de clochette très aigu, à me casser les oreilles." Voici les premières phrases de ce (déjà !) 2e roman d'une toute jeune japonaise âgée de 19 ans, et qui dit avoir 6 mois à les écrire. Vendu à plus d'un million d'exemplaires au Japon, il a été récompensé en 2003 du prix Akutagawa (en même tant qu'Hitomi Kanehara et quelques années après leur aîné, Murakami Ryu pour "Bleu presque transparent" autre teen-fiction), également jeunes lauréats de l’Akutagawa), l'équivalent de notre Goncourt au Japon, après avoir remporté à dix-sept ans, le prix Bungei en 2001, pour son premier roman, "Install", écrit pendant ses vacances scolaires. Ce roman dessine un (auto ?)portrait sensible et intimiste de l'adolescence et des années lycée vues du côté des laissés pour compte, "les exclus" de la classe, les "ijime" selon le terme japonais qui désigne les élèves mis à l’écart ou/et victimes de brimades dans une classe. Ecrit pendant sa deuxième année de fac (à la très prestigieuse Université Waseda), elle décrit la solitude, la difficulté de s'intégrer, la souffrance qui en résulte mais explore aussi les thèmes de l'amitié, de l'individualisme ou encore l'incommunicabilité... Lire la suite

jeudi 8 juin 2006

La beauté japonaise vue par Amélie Nothomb (extrait de "Stupeur et tremblements")

Dans son huitième roman "Stupeur et tremblements", paru en 1999 et grand prix de l'Académie française, la célèbre romancière belge Amélie Nothomb raconte son terrible stage dans une grande entreprise japonaise qui prend la forme d'un véritable exercice d'humiliation infligée notamment par sa belle supérieure hiérarchique qui la fascine. L'occasion pour la jeune femme d'analyser la beauté nippone dans un pays qui brime encore ses femmes avec un certain sexisme... Lire la suite

mercredi 7 juin 2006

Buzz littéraire invité sur Europe 1...

Vous vous intéressez à la littérature des trentenaires mais aussi au cinéma des trentenaires, à leur auteurs-compositeurs récompensés en masse aux dernières victoires de la musique... ? Ou au contraire vous en avez ras le bol d'entendre ou de lire les états d'âme des "trentenaires", une génération dont on entend beaucoup parler ces derniers temps et célébrée par une certaine presse ?

Alors peut-être serez vous intéressé par l'émission "Génération Europe 1" sur la radio du même nom bien sûr, diffusée ce soir à 23h jusqu'à 00h00, animée par Nicolas Charbonneau et Astrid Bard, dernière émission de l'année.

J'ai eu l'honneur de représenter le Buzz littéraire au cours de ce débat pour le volet littérature aux côtés de la piquante Delphine Peras, journaliste pour le magazine Lire (et co-auteur notamment du dossier "Spécial filles" dont nous avons reparlé au cours de l'émission). Lire la suite

"Shangai Baby" de Weihui, Errances urbaines et amoureuses d'une Anaïs Nin chinoise (+ adaptation ciné)

Sensation littéraire de la rentrée littéraire de 1999, « Shangai Baby » est l’œuvre de Wei-hui, alors jeune diplômée de littérature de l'université shanghaïenne de Fudan et écrit à l’âge de 25 ans. Souvent rapprochée de sa consœur, Mian Mian auteur de « Les bonbons chinois » (qui l'a d'ailleurs accusée de plagiat), on la dit appartenir à cette génération des Belles Femmes Ecrivains (les « Meinu Zoujia ») qui "n'hésite pas à aborder avec une grande liberté les sujets jadis tabous, notamment la sexualité". Scandaleuse, provocatrice, sulfureuse, pornographique... et même censurée (jugée comme « un ouvrage vulgaire de bas niveau, décrivant des vies dissolues, parsemé de passages obscènes, qui propage des idées nihilistes et une conception de la vie vulgaire et décadente, esclave de la culture étrangère » selon les termes de l'organe de presse officiel, la China News Agency) ! Tels sont les qualificatifs racoleurs qui ont accablé la jeune femme à la sortie de son roman qui auront au moins eu le mérite, à défaut d'être justifiés, de propulser le roman sur le devant de la scène littéraire. Publié dans 45 pays et traduit dans 34 langues, il est désormais un livre culte. Au-delà de ces étiquettes, c’est un magnifique roman, au charme envoûtant, sur le Shangaï moderne des années 90, sur la jeunesse, l’amour, la fureur de vivre, le désir ou encore la création, que livre cette jeune femme « qui fait ce qu’elle veut et dit ce qu’elle pense ». Une autofiction menée avec grâce, sensualité et inventivité : Lire la suite

lundi 5 juin 2006

Lolita Pille poursuit sa carrière de scénariste en adaptant U.V de Serge Joncour

Il semble que la romancière Lolita Pille (auteur de "Hell" et "Bubble Gum") entame une nouvelle carrière de scénariste. Après l'adaptation de son propre roman Hell, cette année, qui a donné lieu à une version cinématographique mitigée, avec Bruno Chiche, elle vient d'adapter avec le cinéaste Gilles Paquet-Brenner (à qui l'on doit "Les Jolies choses" et le polar marseillais Gomez & Tavarès), le livre U.V de Serge Joncour (aux éditions Le dilettante, avril 2005) qui donnera un film du même nom, avec à l'affiche Jacques Dutronc, Laura Smet, Anne Caillon et Pascal Elbé. Ils viennent d'entamer le tournage, à la station balnéaire de Ramatuelle, sur la Côte d'Azur. Lire la suite

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