lundi 2 octobre 2006
Festival America : Rencontre avec la nouvelle génération littéraire américaine
La littérature mondiale contemporaine nourrit un complexe d'infériorité à l'égard de la littérature américaine qui serait la seule encore capable d'innover, d'imaginer ou de raconter des histoires dignes de ce nom...
Qu'il s'agisse d'un fantasme ou d'une réalité, le traditionnel salon du livre ne suffisait en tout cas plus à présenter sa richesse et à satisfaire les inconditionnels. Depuis 2002, existe donc un "Festical America" qui lui est entièrement dédié ! Une excellente initiative qui permet de rencontrer des "stars" de la scène littéraire contemporaine Outre-Atlantique et de s'imprégner le temps d'un week-end de l'énergie et de l'ébullition de ces écrivains aux personnalités et univers très variés.
A l'honneur cette année : les secrets de famille (avec des auteurs comme Daniel Wallace ou Lee Gowan...) la relation aux père et à la mère (avec Eddy Harris ou encore Richard McCann...), le poids de l'histoire (avec en principe Jonhatan Safran Foer...), la féminité avec Mélissa Bank ou encore l'adolescence avec Benjamin Kunkel... L'occasion aussi de découvrir les nouvelles voix canadiennes. Nous sommes allés faire un petit tour :Une bonne idée qui a permis par exemple de confronter Robert Lalonde au jeune Benjamin Kunkel ou encore le jeune phénomène littéraire canadien Craig Davidson à son maître Chuck Palahniuk avec qui il partage un univers commun.
Seuls regrets, les entretiens menés manquaient parfois d'interactivité entre les intervenants et restaient assez "scolaires" (chaque auteur présentait son livre à tour de rôle, sans vraiment réagir à leurs propos respectifs et indépendamment du thème censé être débattu...).
Grosse déception : l'absence de Jonhatan Safran Foer (damned !), arrivé le vendredi à Paris et reparti aussitôt à New-York pour cause de bébé fiston malade (selon la version officielle) ! Le devoir de père avant tout... Mais quelle claque en particulier pour les visiteurs venus parfois de province pour l'entendre... Heureusement Benjamin Kunkel était bien là lui, fidèle à l'image que l'on pouvait avoir de lui : le charme et le charisme à la new-yorkaise. Dommage j'ai moins aimé son premier roman "Indécision", pourtant salué de tous. Une anglophone me confiait que la traduction française aurait quelque peu nui à l'humour et à la légèreté qui habitent l'ouvrage original...

Benjamin Kunkel, Nancy Lee, Melissa Bank, Sheila Heti
Cet auteur, d'à peine 30 ans et à la personnalité étonnante, est notamment le chouchou de Bret Easton Ellis (« Ces formidables nouvelles sont les meilleures que j'aie lues depuis bien longtemps. Il y a là matière à une douzaine de romans... Croyez-moi, vous n'avez jamais rien lu de tel ! » se serait-il exclamé selon son éditeur), Thom Jones ou encore Chuck Palahniuk (il restitue leurs commentaires sur son blog). Ce dernier l'a d'ailleurs retrouvé au cours du très attendu café littéraire "Le choc des mots" en compagnie de Guillermo Arriaga (le scénariste mexicain de "20 grammes" notamment).

Craig Davidson, Chuck Palahniuk et Adrienne Miller
Nous retrouvons par la suite notre cher ami Landry devant le club presse pour "Ze" évènement de la journée : la conférence "L'Amérique en question" avec deux grandes dames des lettres américaines : Nancy Huston et Margareth Atwood, mais l'entrée nous est refusée pour cause de salle comble. O rage et désespoir...
Nous allons donc ronger notre frein dans la superbe salle de conférence de l'hôtel de ville...
Peu de temps après je découvre avec curiosité la fameuse Adrienne Miller, comparée à Jonathan Franzen, dont on a pas -encore- beaucoup entendu parler dans les critiques françaises, auteur d'un premier roman "Fergus" (la satire du milieu manipulateur et hypocrite de l'art contemporain à travers une incroyable et excentrique famille dans l'Ohio), et ex-rédac chef des pages littéraires du mythique Esquire. Intéressante et sobre. Son roman semble très sophistiqué.
En fin d'après-midi arrive enfin la récompense avec le débat tant attendu "Le choc des mots" où intervenait Chuck Palahniuk (voir la petite vidéo de sa dédicace originale et l'article sur son dernier opus "A l'estomac") qui fut parfait : drôlissime, brillant et d'une humilité touchante. Un grand. Un très grand. Il m'a réellement passionnée... et impressionnée. Craig Davidson l'était tout autant se comparant à une "petite souris" face à "ce lion de la littérature" (en français s'il vous plaît !). Une des nouvelles son recueil "Un goût de rouille et d'os" mettant en scène un sex-addict ("Frictions") est d'ailleurs un hommages direct au roman Choke, a t'il confié.
Autre très bonne idée du festival : la projection de films adaptés de grands romans américains contemporains (comme "Big Fish", "Tout est illuminé" ou "Fight Club" justement) suivi d'une discussion avec l'auteur et/ou le scénariste.
De quoi y passer tout son week-end si l'on voulait... Rendez-vous l'année prochaine !
Voir aussi : les vidéos des auteurs lors des moments forts du Festival dans la rubrique "Buzz+"
Lire le résumé "off" du Festival vu par un des auteurs : Craig Davidson (sur son blog)







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2. Le lundi 2 octobre 2006 à 16:13, par maT
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5. Le mardi 3 octobre 2006 à 12:29, par Alexandra
6. Le mercredi 4 octobre 2006 à 10:31, par Christophe Greuet
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