mardi 21 novembre 2006
Virée au salon du premier roman de Draveil et remise du prix du 1e roman
Les prix récompensant les premiers romans sont nombreux comme nous l'évoquions récemment.
A Draveil (Essonne), les 18 et 19 novembre derniers, on célébrait aussi ces primo-romanciers à l'occasion de la 5ème édition du Salon du Premier Roman. A l’honneur les romanciers qui accèdent pour la première fois à la publication, tous styles et âges confondus. 55 écrivains étaient réunis au théâtre Cardwell de cette ville de banlieue parisienne. Anne-Laure Bovéron, journaliste littéraire pour le magazine Muze et nouvelle collaboratrice du Buzz littéraire, s'est glissée parmi l'assemblée et nous livre son petit compte-rendu de cet évènement un peu à part :Voilà cinq ans que la mairie de Draveil a tourné les projecteurs vers celles et ceux qui ont brillamment franchit, dans l’année, le seuil des maisons d’édition. 35 d’entre elles ont présenté ce week-end leurs jeunes auteurs au prix du premier roman. Les dites « petites » maisons d’édition de province et des pays francophones (un auteur belge concourrait) côtoient ainsi les géants du livre qui ont pignon sur rue dans le Quartier Latin parisien. Un seul impératif, écrire un roman (certains écrivains présents ont déjà publié des essais ou des nouvelles), et en français.
De la science fiction du plus jeune auteur (Jeffrey Drouet, 15 ans) aux romans d’amours passionnels ou aux policiers, la diversité est assurée. Patrick Cauvin (alias Claude Klotz), invité d’honneur, s’est fait porte voix de la décision finale des 39 habitants de Draveil et des environs. Ils ont lu, depuis avril, tous les romans en lice pour finalement s’accorder sur « Carnets de déroute » de Michel Monnereau aux éditions de la Table Ronde (une filiale de Gallimard). Après s’être essayé aux poèmes, aux comédies, l’auteur se jette à l’eau avec le journal intime d’un quinqua au chômage. "A tourner dans mon deux-pièces comme un chômeur en cage, je me suis rencontré trois fois dans le miroir ovale qui me vient de maman, puis l'ai retourné contre le mur. Entre les injonctions des Assedic, l'ennui qui croît, les amours qui s'absentent, les petits boulots qui se raréfient, un homme, la cinquantaine, ancien soixante-huitard, entame la rédaction de son journal intime. Sans emploi depuis plusieurs mois, il y dit le temps qui passe, le regard des autres, l'esseulement, l'errance. Avec un humour grinçant et dans une langue acérée, voici le roman d'une dérive et la chronique d'une génération, celle des baby-boomers, comblée puis laminée.", selon son éditeur. Les deux prix « coups de cœur » reviennent à Paul Desalmand pour « Le pilon » (Dorval Editions) et Claire Tristan avec « Mada » (aux éditions L’aube).
Le salon commence à se faire connaître dans la bulle littéraire. Certes, comme l’accès aux étals des librairies, se rendre à Draveil n’est pas une mince affaire. Ligne de RER, de bus, il faut être armé de plans et de patience avant de pouvoir pénétrer dans le théâtre rougeoyant ! Mais la particularité du prix vaut le détour. Outre la convivialité et une aura de respect inébranlable qui pousse les visiteurs à seulement effleurer les livres du bout des doigts avant de s’adresser timidement aux auteurs tout aussi peu rompus à l’exercice de la promotion de leurs travails, c’est la composition du jury.
Loin des débats sur les prix de la rentrée, les enjeux commerciaux et financiers, la coordinatrice du salon de Draveil, Dominique Renonciat, souligne l’intérêt d’un jury de passionnés. Mieux, la condition sine qua non de ce prix : aucun professionnel n’intervient dans l’élection du lauréat. Lors du deuxième salon les débats entre jurés (alors constitué de personnalités de l’édition et d’amateurs) avaient inquiété les organisateurs. Sur le tapis traînait l’éventualité, ou tout du moins, la question, de récompenser en 2004 une « grande » maison d’édition puisque l’année précédente, une « petite » avait été mise sur le devant de la scène. La polémique autour de l’attribution des prix, le Fémina dernièrement avec l’affaire Madeleine Chapsal, pour ne citer que celui-ci n’atteint pas encore la périphérie parisienne. Le prestige de l’éditeur n’entre ici pas en ligne de compte. Les petits arrangements sont priés de ne pas s’immiscer dans les délibérés. Place nette à la qualité et à l’originalité de l’histoire, du style pour accéder aux prix (3000 euros). Tels sont les critères revendiqués par le jury. Qu’on se le dise ! [Texte et photos : Anne-Laure Bovéron ]






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