Buzz Littéraire
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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

mercredi 25 avril 2007

"La maison de Claudine" de Colette, "Tout est encore devant mes yeux, le jardin aux murs chauds, les dernières cerises sombres pendues à l'arbre..."

La Maison de Claudine, publié en 1922, bien après sa célèbre série dite des « Claudine » qui retraçait ses années d’apprentissage d’écolière puis de femme mariée avant de divorcer, ne constitue donc pas un prolongement de ses précédents romans à succès. Simple clin d’œil (probablement à but commercial), il se présente sous la forme d’un recueil de 35 chapitres indépendants les uns des autres, proches de micro-nouvelles. Des instantanés de vie, de souvenirs de son enfance, sa mère Sido, son père malicieux « Le capitaine Colette » mais aussi sa fille « Bel-Gazou », sa maison natale de Saint Sauveur et d’une galerie de personnages secondaires humains ou bestiaire pittoresque d’un passé riche et coloré aux mille senteurs qu’elle ressuscite sous nos yeux charmés une fois de plus par la plume voluptueuse de « Minet chéri ». Un de ses plus beaux livres : Lire la suite

mardi 24 avril 2007

"Nous ne sommes pas les docteurs, nous sommes la maladie", extrait de "Nihil Inc" par Sylvain Courtoux (in "Raison Basse")

Un extrait de l'excellent recueil collectif "Raison Basse" qui sera présenté très prochainement sur le Buzz littéraire au sujet d'une mystérieuse organisation "Nihil Inc" qui vise à faire "fructifier votre capital-destruction" : "On commence par rêver au surhomme et on finit par étaler sa merde sur les murs de sa chambre". Prophétique ? Lire la suite

lundi 23 avril 2007

Interview d'Ariel Kenig - "Quitter la France" / Salon du livre 2007 (2/6)

Rendez-vous sur le stand des éditions de Denoël à la rencontre d'Ariel Kenig, un jeune auteur de 23 ans qui a déjà publié les très remarqués "Camping Atlantic" (2005, Denoël) et "La pause" (2006, Denoël). Avec "Quitter la France" (paru le 29 mars), il approfondit encore son travail littéraire sur le thème de l’imbrication du social et de l’intime. Dans ses deux premiers ouvrages, il était question de l’ennui des adolescents, des relations fraternelles, de la révolte de la jeunesse, contre le monde du travail (et notamment du travail en usine), contre un certain formatage de l’identité en raison de ses origines, de son lieu de vie, de son héritage familial. A travers cet essai pamphlétaire virulent, il tente d’analyser ce qu’il reste du sentiment d’être français, "sous le forme d'une lettre de rupture amoureuse à notre pays" et signe du même coup ce qu'il qualifie d'un "acte personnel de désobéissance civile". Lire la suite

dimanche 22 avril 2007

"La douceur" de Christophe Honoré, Les amants (et enfants) criminels

Dans ce deuxième roman paru en 1999 (après l'Infamille paru en 1997 ), Christophe Honoré revient sur les terres de l'enfance aux portes de l’adolescence à travers notamment la première expérience amoureuse homosexuelle. Expérience absolue et fatale... Christophe Honoré est connu pour évoquer des sujets difficiles qui lui tiennent à cœur: l'enfance et l'adolescence, les liens entre frères, le suicide, l'homosexualité ou encore les secrets de famille. Il est réputé pour ne pas craindre de choquer ou d'explorer de nouvelles voies en littérature. Taxé de "trash" voire de "glauque" parce qu'il ose utiliser un langage sexuel parfois cru et explicite et mettre en scène certains tabous. Son titre "La douceur" semble être l'autre nom de la douleur à sa lecture : à seulement une lettre d'écart elles se chevauchent en permanence dans le roman de Christophe Honoré à tel point qu'on ne sait plus très bien les distinguer. "La douleur qui fascine et le plaisir qui tue", ce vers de Baudelaire pourrait très bien être l'exergue de cette histoire hors norme qui mêle intimement le mal à la beauté. Dialogues butés, phrases fracturées ou hallucinées, "La douceur" nous entraîne au bout de l'horreur et de la passion. Lire la suite

vendredi 20 avril 2007

Interview de Joy Sorman - "Du bruit" / Salon du livre 2007 (1/6)

A l"occasion du salon du livre qui s'est tenu en mars dernier à Paris, le Buzz littéraire est parti à la rencontre de quelques auteurs représentatifs de "la littérature nouvelle génération". Première à avoir répondu à quelques questions rapides entre deux dédicaces : Joy Sorman dont nous vous présentions deux extraits de son dernier opus "Du bruit" : Une grande brune arrive sur le stand bondé de Gallimard. Casque de moto rouge, manteau avec un col en fourrure et sac noir à paillettes, Joy Sorman entre en scène. Après Boys, Boys Boys, qui a reçu en 2005 le prix de Flore, son dernier roman "Du bruit", nous plonge dans les années NTM...

Buzz littéraire : Comment vous est venue l’idée, l’envie d’écrire sur le groupe de rap NTM ? Y a-t-il une continuité avec votre premier roman, une sorte de tentative de dépeindre une femme autre, nouvelle, dégagée des stéréotypes ?

Joy Sorman : Je m’intéresse beaucoup à l’oralité dans la littérature. Et j’ai voulu creuser cette question grâce à la musique. Et d’autre part, j’aime beaucoup NTM. Est-ce choquant qu’une femme écoute NTM ?! Je ne me sens nullement prisonnière d’une identité féminine stigmatisée. Bien sûr, il est encore plus ou moins question de la virilité féminine. Mais je ne suis pas en lutte contre une image particulière de la femme et la continuité avec "Boys, Boys, Boys" n’était pas recherchée. Lire la suite

jeudi 19 avril 2007

Quelle lecture pour les candidats à la présidentielle ?

Si vous hésitez encore, les livres lus par nos candidats à la présidentielle pourront peut-être vous aider à les départager et à prendre la décision ultime. L'hebdomadaire « Le Point » s'est penché sur leur chevet... parfois caricatural ou plus surprenant. Lire la suite

lundi 16 avril 2007

"Nicolas Pages" de Guillaume Dustan, Pop(pers) littérature et radiographie de l'identité homo

Inconstant, insolent, indécent, trash, anticonformiste, provocateur... autant de qualificatifs employés pour désigner cet enfant terrible des lettres parisiennes : Guillaume Dustan. Tout en s’autoproclamant « l’écrivain l’plus doué d’sa générosité », il déplorait amèrement son manque de visibilité dans les médias. Du moins dans « ceux qui comptent », répétait-il. Mais Guillaume Dustan, décédé à l’âge de 40 ans en 2004 d’une intoxication médicamenteuse, a-t-il été réellement un "oublié des médias" ? Beaucoup d’auteurs contemporains auraient sans doute aimé bénéficié de l’attention qu’il a reçue... Et du bouche à oreille entre lecteurs qui continue de faire connaître son oeuvre. Mais l’homme, écorché, énarque ayant abandonné la magistrature après avoir appris sa séropositivité, cultive sa soif de pouvoir et de reconnaissance qui s’exprime d’ailleurs dans ses livres. Une soif liée à la discrimination homosexuelle subie avec plus ou moins de violence tout au long de sa vie et de ses anciens complexes. Personnalité controversée pour ses prises de position sur le sexe à risque (en 2000 il est la cible d'une polémique contre Act' Up après avoir déclaré que "la capote, ça ne sert plus à rien" et pour défendre le bareback, relations sans préservatif) ou la drogue, il ose parler, sans faux-semblant, de sexualité, de désir et de fantasme homosexuels, inaugurant par là-même une "littérature gay" (étiquette qu'il revendique) non plus douloureuse ou honteuse mais épicurienne et joyeuse sans pour autant verser dans l’idéalisme. Il crée même aux éditions Balland une éphémère collection de littérature gay et lesbienne : "Le Rayon gay". Avec sa langue minimaliste, hyper-réaliste et nerveuse, l'auteur a sinon inventé tout du moins renouvelé l'écriture et apporté ainsi une voix singulière à la littérature française. "Venant de Warhol, de Duras, de Céline, il a expérimenté et inventé des formes. Des formes littéraires, des formes de vie, des formes où littérature et vie s'entremêlent." , analysent les spécialistes de son travail.
A travers ses livres (huit au total), tous basés sur sa propre vie, il n’aura de cesse de défendre ce qu’il nomme la « culture gay » et ses modes de vie. Ses trois premiers opus (dont « Dans ma chambre »-1996 et « Je sors ce soir » -1997) relataient assez crûment ses « épopées noctambulo-pornographiques ». Une seconde période s’ouvre ensuite avec notamment la publication de "Nicolas Pages" en 1999 qui sera récompensé du Prix de Flore et Génie divin en 2001. Il livre ici une analyse très riche qui embrasse les aspects socio-culturels mais aussi politiques, toujours à travers son expérience : "Je fais du militantisme homo avec ces livres, mais aussi du militantisme en faveur d'une forme de vie underground", revendiquait-il. Pourtant son discours et ses idées dépassent largement la communauté gay pour toucher tous les lecteurs quelque soit leur appartenance sexuelle : Lire la suite

Talent blog : Une belle plume entre Djian et Murakami...

Découverte d'un blog remarquable créé en février dernier par un jeune parisien, Samo, fervent lecteur de Gary ou de Sartre, sous-titré "Confessions, états d'âmes et blablas d'un parisien" via le blog de la Bobo parisienne. Une plume d'une sensibilité et d'une justesse inouïes, un style sobre, aérien, feutré et magnétique, une grâce, une vraie voix qui vous embarque immédiatement, entre Carver, Selby, Djian, Houellebecq et Haruki Murakami (oui, rien que ça !). Lire la suite

vendredi 13 avril 2007

L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder, Anti-traité de l'amour moderne... "Flirting with disaster"...

Troisième roman (et dernier volet de la trilogie dont Marc Marronnier est le principal protagoniste) de Frédéric Beigbeder après le succès relatif (mais néanmoins très honorable pour un jeune auteur) de ces deux premiers opus ("Mémoires d'un jeune-homme dérangé" et "Vacances dans le coma"), c'est avec "L'amour dure trois ans", que Frédéric Beigbeder impose en 1997, alors âgé de 27 ans, "ses aphorismes trash mâtinés de romantisme fleur bleue" selon l'expression du magazine Lire ou encore son "cynisme à l'eau de rose" selon sa propre expression. Derrière une fausse simplicité et une apparente superficialité, il revisite sous une forme inédite le thème éternel de la rencontre amoureuse, du mariage et des ruptures. Et signe du même coup l'un de ses romans les plus réussis (jusqu'à présent). Un petit condensé frais, réjouissant, à l'humour mordant, sur le couple moderne et l'impossibilité de l'amour longue durée pour les enfants du divorce et de la génération zapping... Lire la suite

"L'amant de Lady Chatterley" de D.H Lawrence : La revanche du phallus

D.H. Lawrence a écrit trois versions de L'amant de Lady Chatterley. Le roman connu sous ce titre en est la troisième; celle considérée comme définitive par Lawrence et qu'il fit éditer à compte d'auteur, en mars 1928, quelques mois avant sa mort. Sa méthode d’écriture est assez prodigieuse. En effet, il s’agit de trois livres bien distincts, écrits à plusieurs mois d’intervalle les uns des autres, afin de laisser mûrir son projet. Ils ont tous été ré-écrits en toute autonomie, avec une trame commune et des variations. Aucun passage n’est strictement similaire, aucun dialogue semblable. Les quatre personnages centraux du roman – Lady Chatterley et Clifford son mari, le garde-chasse (qui change de nom selon les versions) et Mrs Bolton, la garde-malade de Clifford – fluctuent aussi beaucoup (leurs nom, origine sociale -en particulier celle du garde chasse-, psychologie et leurs rapports).
Ce n’est qu’en 1960 que le livre est enfin publié en Angleterre après un procès pour obscénité des éditeurs Penguin Books (qui permit ensuite une plus grande liberté d’expression) « L’amant de Lady Chatterley », adapté au cinéma par Pascale Ferran (d’après « Lady Chatterley et l’homme des bois », César du meilleur film 2007) est une superbe ode à l’amour charnel porté par l’évocation poétique et lyrique de la campagne anglaise des Midlands. C’est aussi une réflexion sur les rapports hommes/femmes doublée d’un hommage et éloge, de la sexualité et du corps, mais aussi et surtout du phallus tout puissant et prioritaire dans la jouissance des femmes … Lire la suite

Extraits choisis de "Du bruit" (sur le groupe NTM) de Joy Sorman : "AU XXe siècle on inventa le flow..." & "La belle langue française jetée dans le coffre d'une grosse bagnole américaine - vitres fumées..."

Comme présenté précédemment, le nouvel opus de Joy Sorman, prix de Flore 2005 pour "Boys, boys, boys", "Du bruit", raconte sa passion pour le groupe de rap NTM, le pouvoir quasi-hypnotique de leurs paroles et de leur son, "de leur débit et de leur flow acéré" sur elle depuis leurs premiers concerts furieux à Mantes la jolie jusqu'au Zénith ou encore le choc de l'album "Paris sous les bombes" à la fin des années 80. Elle y analyse aussi la portée politique et littéraire de leurs textes tout en rendant un hommage sans réserve à son "idole" JoeyStarr, un "mélange de speed et de flegme", "énervé et fluide, hargneux et souple, ultrarapide et amorti, agressif et malléable." Pour vous faire une idée un peu plus précise de cet ouvrage porté par le verbe nerveux de l'auteur aux raccourcis parfois néanmoins simplistes, avant de vous présenter prochainement une interview de Joy Sorman réalisée sur le Salon du livre à Paris en mars dernier, voici un extrait choisi qui aborde le phrasé rap et l'influence de cette "langue" à part entière sur l'auteur : Lire la suite

jeudi 12 avril 2007

99 francs / 14,99 € de Frédéric Beigbeder ou l'homme qui ne voulait plus vendre son âme...

Environ 400 000 exemplaires vendus en France, près de 30 traductions dans le monde (Etats-unis, Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie, Hollande, Croatie, Roumanie, Serbie, Chine, Ukraine, Bulgarie, Slovénie, Finlande, Corée, Tchéquie, Grèce, Portugal...), des fans de Paris à Sofia... : 99 francs, paru en 2000 (écrit entre 1997 et 2000, lorsque Frédéric Beigbeder travaillait comme créatif dans l'agence de publicité Young & Rubicam), et rebaptisé depuis 2002 en "14,99€", est incontestablement devenu culte. Et les explications des grincheux selon lesquelles il s'agirait d'une histoire de copinage, d'effet de mode, de plagiat d'un obscure auteur québécois (Marc Gendron) ou d'une pâle copie de Bret Eston Ellis, n'y pourront rien y changer. Il faut oublier le chroniqueur mondain, l'animateur TV, le people dans "Voici" ou dans "Gala", l'image du dandy fêtard et opportuniste pour se concentrer sur l'essentiel : ses mots, son style et son art inimitable pour nous raconter avec un humour décapant les dessous des grandes agences de publicité parisiennes ! Inventif, corrosif, déjanté, cette dénonciation "un pied dedans, un pied dehors" du coeur du système consumériste, éblouit à chaque relecture. Près de 6 ans après, le livre est en effet toujours aussi savoureux, drôlissime, inattendu et percutant. Et bientôt le film (qui devrait sortir au 2e semestre 2007 selon Pathé Distribution)... Lire la suite

mardi 10 avril 2007

Les auteurs se présentent : "Shoot again" de Vincent Bernière

Vincent Bernière est journaliste (Technikart, Beaux Arts, France Culture, Double), éditeur de BD pour les éditions du Seuil, et créateur du magazine "Bang", Shoot again est son premier roman inspiré de ses années universitaires baignées par le son des Dirk Polak, Polyphonic Size, Wall of Voodoo, Lili, Drop, Tuxedomoon... et surtout l'enfer de la drogue : sa descente désespérée dans un univers de plus en plus autiste où plus rien n’existait sinon la musique. "Un procès-verbal glaçant et fascinant", selon son éditeur les éditions du Panama. Il vous livre sa tribune libre originale sous forme d'une mini-nouvelle qui vous plonge, avec humour, aux prémices de cette aventure : Lire la suite

Lectures et influences littéraires de Yann Moix

Divers entretiens fournissent des renseignements intéressants sur les références littéraires de l'écrivain et réalisateur Yann Moix ("Podium", "Anissa Corto"...), grand lecteur de Spirou à Charles Péguy ! De son enfance à l'âge adulte en passant par son adolescence, il revient sur les grands auteurs qui l'ont marqué, lui qui dit "fonctionner par admiration". Et livre quelques commentaires, plutôt sévères, sur ses confrères écrivains contemporains et la littérature moderne française : Lire la suite

Solidarité illetrisme : Opération Cultura/Croix rouge

Plus de 2,3 millions de personnes, soit 9 % de la population âgée de 18 à 65 ans, souffrent d’illettrisme en France. Une opération en faveur de la lutte contre l’illettrisme est organisée par l'enseigne culturelle "Cultura" en partenariat avec la Croix-Rouge française et ses 160 délégations locales qui, tout au long de l’année, luttent contre l’illettrisme. Du 28 mars au 29 avril 2007, cette vaste opération consistera à mobiliser petits et grands en les conviant à échanger leurs livres déjà lus contre des bons d’achat dans l’un des 34 magasins Cultura. Lire la suite

"Anissa Corto" de Yann Moix, La science amoureuse des femmes

On connaît Yann Moix principalement comme l'auteur de "Podium", son livre à succès sur le monde des sosies et de Claude François en particulier, adapté au cinéma avec Benoît Poelvoorde. Un comédie dite "commerciale" qui creuse le sillon du "ringard" et du "lourd", n'hésitant pas à revendiquer même un certain mauvais goût. De quoi faire naître quelques préjugés et oublier que son auteur est avant tout doué d'une plume ciselée à la sensibilité rare. Son troisième roman, Anissa Corto, qui l'avait déjà fait connaître du grand public en 2000, fait partie de ses meilleurs livres, l'un de ses plus "violents" selon ses propres termes, écrit en trois ans, dans la droite lignée de ses deux précédents "Jubilations vers le ciel" et "Les cimetières sont des champs de fleurs" (qui forment une trilogie sur l'amour fou : un de leurs chapitres respectifs reprend d'ailleurs à chaque fois le titre du roman précédent). Et à bien y réfléchir, il n'est pas finalement pas si antithétique aux mésaventures de Bernard Frédéric (dit Nanard), le héros de Podium. Il cultive aussi, dans un autre genre, le thème de la nostalgie, la solitude, la vie par procuration et d'un romantisme extrême qui tourne à la névrose : des obsessions récurrentes de l'auteur qu'il décrit avec virtuosité. S'il est vrai que le roman pêche un peu par sa construction bancale et ses longueurs, la superbe de sa langue et de son style envoûte le lecteur au point de pardonner ses digressions et fausses pistes qui ne convergent pas forcément ou difficilement... Anissa Corto c'est à la fois le portrait d'un homme, un trentenaire, qui ne parvient pas à guérir de son enfance et de ses chimères tout en livrant une ode éblouissante et déchirante aux femmes et à la difficulté d'aimer. De 1972 à nos jours... Lire la suite

lundi 9 avril 2007

"Les cimetières sont des champs de fleurs" de Yann Moix, Requiem pour les femmes adorées et honnies...

Après le coup d'éclat de son premier roman "Jubilations vers le ciel" (qui est aussi le titre de son dernier chapitre et tisse ainsi la filiation avec le premier en vue de sa trilogie sur l'amour fou qui s'achèvera avec son troisième roman "Anissa Corto"), prix Goncourt du premier roman, Yann Moix âgé alors de 29 ans confirme son talent lyrique et sa verve littéraire avec un deuxième roman publié en 1999; Un roman d'amour noir et vénéneux hanté par la mort, les femmes et le culte des souvenirs. Un roman violent et parfois excessif, écrit selon ses dires "à l’époque d'une relation-cauchemar avec une femme qui avait déjà un gosse" et qui aurait alors servi d'exutoire ("Je me suis entièrement défoulé dans le livre, comme dans un pamphlet"). Il ajoute qu'il a mis un mois pour l'écrire tandis qu'il passera trois ans pour "Anissa Corto" (son roman suivant). Si l'auteur renie ( "Je ne l’aime pas, ce livre, sans le regretter. Je le vois comme une tache de pisse sur le canapé : soit on frotte comme un malade et on pilonne le bouquin, soit on met quelque chose par-dessus") aujourd'hui ce roman qu'il qualifie de "livre d’adolescent", le lecteur attentif y trouvera néanmoins des pages magnifiques et des éléments pour comprendre l'oeuvre et l'évolution de cet auteur complexe et obsessionnel. Lire la suite

jeudi 5 avril 2007

Le nouveau roman "Au secours pardon" de Frédéric Beigbeder prévu pour juin ! (et adaptation musicale de "Nouvelles sous ecstasy")

Suite à l'interview qu'il avait donné au Courrier de Russie, dévoilant qu'il préparait un roman ayant pour cadre Moscou, Frédéric Beigbeder annonce dans le Figaro littéraire la parution de son nouveau roman, "Au secours pardon", qui sera la suite de 99 francs. On y retrouvera l'ex publicitaire Octave (qui devrait bientôt être interprété sur grand écran par Jean Dujardin), âgé désormais de 40 ans, propulsé cadre dans une multinationale de cosmétique nommée "L’Idéal"… Sa mission ? Caster le mannequin qui deviendra l'égérie de la marque et part donc en Russie pour dénicher l'oiseau rare. En fait de top-modèle, il fait la connaissance d'un pope à qui il entreprend de se confesser... Lire la suite

2e appel à textes de la revue "En attendant l'or'

Antoine Dole et Olivia Michel co-créateurs de la revue littéraire "En attendant l'or", le rendez-vous de la scène littéraire alternative, présentée précédemment, prépare actuellement le volume n°2 et vous propose à nouveau de participer sur un thème original. Bonne inspiration ! Lire la suite

Les auteurs se présentent : "Le Reniement de Patrick Treboc" par Harold Cobert

Harold Cobert vient de publier un étonnant roman entre thriller et réflexion générationnelle qui ne manquera pas de piquer votre curiosité. Il vous livre sa tribune libre et partage ainsi sa vision de la littérature dite des trentenaires avec une analyse qui n'est pas étrangère à celle développée précédemment en ces lieux... A noter que l'auteur sera ravi de vous rencontrer demain (23 mars) au Salon du livre, de 17h30 à 19h, pour une séance de dédicaces au stand Lattès. Mais laissons la parole à l'auteur : "Bonjour à toute la communauté du Buzz littéraire. Je suis né en 1974, à Bordeaux, j’appartiens à cette étrange catégorie que sont les trentenaires. Le Reniement de Patrick Treboc est mon premier roman. Il met en scène un trentenaire, Patrick Treboc, qui est devenu malgré lui un petit prof dans un petit lycée technique d’une banlieue de province. Plus jeune, il rêvait d’écrire, mais, monté à Paris, il s’est fait balader de faux espoirs en désillusions. Jusqu’au moment où un trio influent l’avait pris sous son aile avant de lui fermer toutes les portes qu’il avait réussi à entrouvrir. Lire la suite

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