mercredi 30 mai 2007
mardi 29 mai 2007
La Nausée de Jean-Paul Sartre, précurseur du roman « dépressif » ?
On a beaucoup parlé (et on s’est beaucoup plaint) ces dernières années du « roman dépressif » français, avec comme bouc émissaire préféré un certain Michel Houellebecq… Pourtant à la relecture d’un classique s’il en est tel que « La nausée »*, le premier (et célébrissime) roman de Jean-Paul Sartre, publié en 1938 et écrit pendant ses années de professorat au Havre, on réalise que ces critiques contemporaines pourraient tout aussi bien s’appliquer à ce désormais grand auteur incontesté (mais aussi à un « Voyage au bout de la nuit » de Céline, roman ayant d’ailleurs profondément marqué Sartre et dont un extrait est cité en exergue). D’ailleurs à l’époque, bien qu’acclamé par la critique, Sartre avait aussi essuyé des attaques comme celles d’avoir écrit un roman qui « pue son professeur de philosophie »…La nausée c’est un autre mot pour le spleen baudelairien, un étrange désespoir et malaise face à l’existence, une « crise existentielle » qui oscille entre dégoût, folie, conscience profonde de soi et tentation de nihilisme, entre pulsion de mort et urgence d’exister. C’est cette expérience intérieure, « cette aventure » de l’ordinaire, de la banalité aussi psychologique que philosophique que nous raconte le héros de la nausée, Roquentin, ancêtre des héros trentenaires (dits) « dépressifs » d’aujourd’hui et du roman désenchanté… Lire la suite
samedi 26 mai 2007
Frédéric Beigbeder : A votre avis ?
Je me permets de solliciter vos lumières si vous avez une petite minute : Comment expliquez-vous les raisons du succès de Frédéric Beigbeder et quelle place/influence occupe-t-il dans la nouvelle génération littéraire ?
Cette question m'a été posée par un journaliste (du Nouvel Observateur) dans le cadre d'une enquête qu'il prépare et avant d'y répondre j'aurais voulu avoir votre avis si cela vous inspire bien sûr... Que vous appréciez ou non cet auteur : n'hésitez pas ! Un grand merci à vous. Alexandra. vendredi 25 mai 2007
"Les lois de l’attraction" de Bret Easton Ellis, Les affinités électives version campus novel
Anticipation, polémique et satire sociale
Arnaud Cathrine : Entre cicatrices d'enfance et désespoir élégant... (1)
Arnaud Cathrine, 33 ans (né en 1974), fait figure de chef de file de ce courant de "jeunes auteurs impressionistes", aux côtés d'Olivier Adam avec lequel il partage un éditeur ("L'école des loisirs" pour qui il a écrit une dizaine de livres pour enfants et adolescents).
Apparu sur la scène littéraire en 1998 à l'âge de 24 ans, avec un premier roman hallucinant "Journal d'un coeur sec", un huis-clos éprouvant sur la peur et l'abandon de deux orphelins en pleine guerre civile, il faisait déjà entendre une voix singulière, à la fois distante et tenue. Huit romans plus tard, un scénario ("Le Passager" récemment sorti au cinéma, adapté de son roman "La Route de Midland"...), la mise en paroles de titres de Florent Marchet ou de Claire Diterzi (il se destinait initialement à une carrière musicale), cet ancien élève de Khâgnes, a tracé son sillon et imposé son style épuré, à la fois fluide et acéré : Lire la suite "Sweet home" d'Arnaud Cathrine (sortie poche) : Entre cicatrices d'enfance et désespoir élégant... (2)
mardi 22 mai 2007
Courrier des lectrices : Joan Didion et Guillaume Dustan
Sibylle a ENFIN (je plaisante !) commencé à trier les e-mails du Buzz littéraire, après un repos bien mérité, et me fais suivre deux intéressantes demande et remarque de deux lectrices.
A ce sujet, j'aimerais à nouveau solliciter vos avis. La première porte sur Guillaume Dustan et la seconde sur Joan Didion donc si vous êtes un(e) connaisseur(se) de l'un ou l'autre, n'hésitez pas ! Un grand merci à vous. Alexandra Lire la suite lundi 21 mai 2007
Des éditeurs pas comme les autres : Rencontre avec Mathias et François Richard, fondateurs des "Caméras animales"
Suite à la présentation de l'excellent recueil "Raison Basse" publié par les énigmatiques Caméras animales, le Buzz littéraire a voulu explorer les coulisses du "plateau" en interviewant ceux qui se tiennent derrière les caméras :
Mathias et François Richard. Ces deux trentenaires passionnés, basés à Tours (!) et à Montreuil, ont fait l'incroyable pari de créer une maison d'édition iconoclaste qui publie et défend une littérature alternative voire "déviante" selon leurs propres termes, et fait la part elle aux talents littéraires venus du Net (la "net écriture") ou encore aux voix marginales qui renouvellent les "modèles littéraires connus et mortifères"... Une littérature de création en somme. Un projet ambitieux et généreux qui tente aussi de renouer avec l'esprit collectif de la littérature d'antan même si aujourd'hui comme le remarquent, à juste titre, les fondateurs : l'individualisme extrême rend difficile les travaux communautaires... Découvrez leur vision et leur approche de la littérature "nouvelle génération" particulièrement oxygénante et loin des petites jérémiades habituelles ! Lire la suite vendredi 18 mai 2007
"Voyage au bout de la nuit" de Louis Ferdinand Céline : « Il n’y avait que de l’angoisse étincelante »
« Voyage au bout de la nuit » c’est un voyage au cœur de l’Homme, de l’humanité, dans toute son absurdité et son horreur, quand elle se met en guerre ou quand la haine de l’Autre prend le dessus. Un voyage où planent la mort et la folie, prêtes à surgir et vous assaillir à tout instant.Ce premier roman paru en 1932, dans l’entre deux guerres, a marqué l'histoire de la littérature. Et suscité scandale et polémiques par l'emploi d’une langue orale (qu’il a été l’un des premiers à introduire dans les « belles lettres » au grand dam du milieu littéraire bourgeois) et la dénonciation d'une société abrutissant et humiliant l'homme. Louis Ferdinand Céline (de son vrai nom Destouches) se révèle ici un formidable portraitiste des caractères, des relations humaines, des hiérarchies stupides militaires, des valeurs faussées, de la lâcheté, de l’orgueil mal placé, des croyances, des doctrines ou du « bourrage de crâne » pour mieux asservir les âmes et les corps que l’on envoie à l’abattoir afin de « verser son sang pour la patrie ». Dans ce chef d’œuvre, il autopsie les mécanismes qui conduisent les hommes à se monter les uns contre les autres, à s’attaquer et se détruire au nom de pseudo causes dites « héroïques », au nom d’une morale factice ou encore par égoïsme ou désœuvrement… Une œuvre majeure sur « la déroute de vivre » qui a influencé tout le genre romanesque des anti-héros à tendance nihiliste qui a suivi et trouve un écho dans la jeune littérature actuelle qu’elle soit française ou anglo-saxonne. Lire la suite
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mercredi 16 mai 2007
Les auteurs se présentent : "Romanesque 2.0" d'Olivier Las Vergnas
Olivier Las Vergnas, directeur de la Cité des métiers à la Cité des sciences nous a écrit (avant les élections) pour vous présenter son premier roman, à la fois politique fiction et policier, intitulé "Romanesque 2.0", publié chez Le passager clandestin, une toute jeune maison d’édition qui se qualifie "d'indépendante, curieuse, parfois polémique, toujours engagée et citoyenne". Il imagine un logiciel révolutionnaire d’aide à l’écriture avec lequel n’importe qui peut devenir romancier en une nuit. Un thème qui n'est pas sans rappeler celui du roman de Philippe Vasset intitulé "Exemplaire de démonstration".
Mais parole à l'auteur : "Sans doute ne devrais-je pas me lancer dans la publication d'un premier roman à mon âge (voir mon site perso à http://enviedesavoir.org)... D'autant que j'ai déjà concrétisé plusieurs "créations", comme "Les nuits des étoiles" tous les étés, "les Cités des métiers" à La Villette et ailleurs dans le monde, des séries documentaires TV, comme "Le temps des souris"... J'aurai dû en rester là et ne pas m'exposer plus encore, surtout dans un monde aussi difficile à pénétrer que celui de l'édition romanesque. Lire la suite 3 avis -
vendredi 11 mai 2007
La télé (réalité) ne cesse d'inspirer les auteurs : A mater ou à zapper ? ("Torturez l'artiste !" de Joey Goebel, "L’œil de Caine" de Patrick Bauwen, "Cent mètres carrés" de François Henninger)
Anticipation, polémique et satire sociale
C'est à croire qu'il n'y a pas de salut hors la télévision ou la fameuse "industrie du divertissement" (l'entertainment américain) dans l'imaginaire des auteurs. Il ne se passe plus un mois sans qu'un roman ne sorte sur ce thème, quelque peu rabattu... Nous avions eu droit à la rentrée de septembre 2006 à une flopée d'ouvrages dans les coulisses du show biz avec notamment "Le script" de Rick Moody, "J'habite dans la télévision" de Chloé Delaume ou encore "A l'estomac" de Chuck Palahniuk...
Précédemment Nicolas Fargues s'était aussi penché indirectement sur ce petit monde avec "One man show" ou encore Louis Lanher avec "Un pur roman". Le plus réussi reste peut-être l'initiative de Tonino Benacquista avec "Saga" qui raconte le fabuleux destin de scénaristes foireux parvenant à écrire, contre toute attente, une série à succès au synopsis débridé. Récemment ce ne sont pas moins de 4 romans (dont Le reniement de Patrick Treboc d'Harold Cobert) qui s'attaquent, une fois de plus, à la satire des médias et jeux de télé-réalité. Stop ou encore ? Lire la suite 7 avis -
"Cosmofobia" de Lucia Etxebarria et sortie en poche d'"Un miracle en équilibre"
Littérature trentenaires & urbaine
La tumultueuse auteur espagnole, du poignant Amour, prozac et autres curiosités", best-seller international et roman devenu culte, Lucia Etxebarria, est de retour dans les librairies en ce printemps avec un nouvel opus "Cosmofobia", qui vient nous donner des nouvelles du ventre bouillonnant de Madrid, celui des prostituées, serveuses de bars branchés, petites vendeuses de fringues, téléopératrices ou encore de la faune dorée des actrices et journalistes... Si vous ne connaissez pas encore cette auteur, on pourrait la comparer à une sorte de
Virginie Despentes madrilène. Et c'est la France qu'elle a choisie pour lancer son 7ème roman en exclusivité mondiale, aux éditions Héloïse d'Ormesson.
Cosmofobia est un roman polyphonique, une comédie humaine labyrinthique, bouillonnante et assez engagée, qui nous entraîne dans le Madrid moderne, gangrené par la peur, la phobie de l'Autre et de la différence, où chacun se débat et tente de s'en sortir, entre petits jobs précaires et relation amoureuse incertaine. Des thèmes qui ne manqueront pas de rappeler l'actualité de ce côté-ci de la frontière pyrénéenne... L'auteur était présente, avec son éditrice Héloïse d'Ormession lors d'une rencontre à la librairie Violette and co (photo ci-contre). L'occasion de recueillir quelques mots au sujet de leur collaboration (vidéo à voir dans Buzz + )... Lire la suite lundi 7 mai 2007
"Merde à la dictature du Vrai roman" par Guillaume Dustan (extrait de "Nicolas Pages")
Interview d'Arno Bertina - "Anima Motrix" et "Une année en France" / Salon du livre 2007 (3/6)
Suite de notre tour des stands à la rencontre des jeunes auteurs sur le Salon du livre 2007 :A côté de Joy Sorman, Arno Bertina patiente. Il attend l’arrivée d’Oliver Rohe et François Begaudeau pour la dédicace collective d’Une année en France (Gallimard). Mais devant le jeune romancier s’alignent également des exemplaires d’Anima Motrix (2006, Verticales). Âgé de 32 ans, l’auteur a déjà à son actif sept publications, dont deux ouvrages collectifs, et collabore à des revues comme Inculte (à noter que François Begaudeau et Oliver Rohe, entre autre, y participent également). Pensionnaire à la Villa Médicis (2004-2005) il déclare « on a travaillé comme des fous, c’était génial ». Car, qu’on se le dise Arno Bertina est un acharné du clavier et orfèvre des mots, de la syntaxe et des fugues narratives. Lire la suite
L'étranger d'Albert Camus, « De toute façon on est toujours un peu fautif »... (2/2)
Appel aux lecteurs/lectrices de "King Kong Théorie" de Virginie Despentes
Le magazine belge féministe axelle édité par le groupe "
Vie féminine" souhaiterait recueillir vos réactions et témoignages suite à la lecture du manifeste de Virginie Despentes : King Kong Théorie.
Si vous souhaitez partager et faire connaître votre opinion, veuillez contacter la journaliste Charlotte Vincent joignable sur son e-mail : kloutz (@) wanadoo.frA propos du magazine axelle : Société, vie quotidienne, culture, droits, psycho, politique, cinéma, santé, musique, littérature… Chaque mois, Axelle ouvre ses pages à des femmes d'ici ou d'ailleurs, connues ou inconnues, et se penche sur les petites et grandes choses qui font la vie des femmes aujourd'hui. Avec, en filigrane, l'envie de changer le monde… Car, ici et ailleurs, les femmes sont trop souvent encore victimes d'inégalités et d'injustices. En leur donnant la parole, loin des clichés et des stéréotypes, axelle participe à la construction d'une société où l'égalité entre hommes et femmes deviendra enfin réalité.
vendredi 4 mai 2007
L'entreprise, le travail et les "prometteurs" vus par l'écrivain Yann Moix (extrait n°3 d'Anissa Corto)
"Avoir trente ans" par Yann Moix (extrait n°2 d'Anissa Corto)
Les "mecs", ces rivales insupportables (extrait d'Anissa Corto de Yann Moix)
jeudi 3 mai 2007







