vendredi 29 juin 2007
Paperblog veut devenir le "Reuters" des blogs (littéraires et autres...)
Internet et littérature - A propos de Buzz littéraire
Début juin, votre dévoué Buzz littéraire recevait une demande originale de la part d'un nouveau site en cours de création : Paperblog (alors en accès privé, version béta).
Son principe ? Proposer une sorte de "revue de blogs" des meilleurs articles de la blogosphère dans différentes thématiques dont celle des livres (rubrique "Culture"). Créé par Nicolas Verdier, diplômé de l'ESCEM en 2006 et soutenu par Oseo, ex Anvar, il souhaite inaugurer un nouveau type d’agence de presse, sorte de « Reuters des blogs » dont la mission serait de repérer, d'organiser et de valoriser les contenus des blogs.
"Nous souhaitons que toujours plus de lecteurs puissent découvrir et lire toujours plus d’articles de qualité." est-il indiqué sur le site.
On pense au logiciel Netvibes qui permet lui aussi d'agréger les "flux RSS" de son choix et de composer ainsi sa propre revue de blogs personnalisée ou encore aux annuaires de type Technorati.
La différence est qu'ici une équipe sillonne en permanence la toile pour dénicher de nouveaux blogs susceptibles d'intéresser les internautes.
Ce qui tend à le rapprocher davantage d'un système de type Wikio.fr qui dispose aussi d'une section Littérature ou encore de la rubrique "Blogs de lecteurs" de Zazieweb (et en version plus simplifiée : la Buzz list !). Lire la suite 9 avis -




De part et d'autre, on entend, lit ou reçoit les complaintes voire cris de détresse des auteurs wanna-be désespérant de trouver éditeur à leurs précieuses pages !
Cet acharnement peut parfois étonner quelque peu. Le plus important n'est-il pas de trouver des lecteurs ? Certes, me direz-vous mais sans éditeur comment faire ?
Le fameux dilemme de l'oeuf et de la poule ! Pourtant, aujourd'hui il serait -presque possible- de s'affranchir des éditeurs qui ne sont plus les seuls sésames pour être lu.
Quatrième étape haute en couleurs de nos rencontres avec les auteurs du Salon du livre dernier à Paris, avec le nouveau visage de Vincent Ravalec. Avec "
Qui n'a pas entendu parler de "Podium", le grand succès de Yann Moix paru en 2002 et adapté au cinéma (par lui-même) en 2004 avec force matracage médiatique ? Vu de l'extérieur, l'ensemble laisse redouter la grosse comédie de boulevard à grosses ficelles commerciales. De plus, "une histoire de sosies de Claude François" n'est pas forcément très attrayante... Pourtant lorsqu'on a lu les précédents opus de Monsieur Moix ("Jubilations vers le ciel" , "Les cimetières sont des champs de fleurs" et surtout l'excellent "Anissa Corto"), on ne peut qu'avoir envie de vaincre ses réticences et préjugés. Et en effet, l'effort s'avère payant ! Sans être un chef d'oeuvre, "Podium" est un roman bourré d'énergie et d'inventivité qui explore sous ses apparences burlesques et parfois un peu excessives, les thèmes de l'identité, du fanatisme, des rêves d'enfance et de la nostalgie (déjà présents dans ses précédents romans), du rapport entre la création artistique, l'imitation et le pastiche, les obsessions ou encore l'amitié au masculin... Foisonnant et audacieux !
En février dernier le journaliste David Abiker, animateur de l'émission Blog à part sur France Inter, chroniqueur de l'émission "
Si vous ne connaissez pas encore cet auteur-dessinateur québecois, chef de file de la nouvelle BD intimiste canadienne aux côtés de Seth (qui signe d'ailleurs sa post-face) et Chester Brown et que vous affectionnez les anti-héros, virtuoses de la loose et du pathétisme quotidien, alors jetez-vous sur le roman graphique de Joe Matt : "Strip-tease" ! Comme son nom l'indique l'auteur, alors fraîchement sorti des Beaux-Arts et coloriste sur la série Grendel de Matt Wagner, s'y met à nu (et en scène), avec une force d'autodérision jubilatoire. Paru initialement chez Drawn & Quaterly sous le titre de "Peep Show, the Cartoon Diary of Joe Matt", traduit par Charles Berberian et republié aux éditions du Seuil en 2004 par Vincent Bernière (dont la suite "The poor Bastard" est parue en 2001 aux Humanoïdes associés), cette série de comics passent au crible tous ses petits défauts, travers et autres penchants honteux... Il nous raconte sa vie : celle d'un jeune trentenaire qui tente de percer dans la bande dessinée malgré sa grande paresse, ses déboires amoureux, ses manies débiles de grand adulescent, son addiction à la pornographie ou encore ses souvenirs truculents à la fac ou autres jobs d'été rocambolesques... Avec un sens graphique incroyable et un humour qui cultive l'absurde il livre là, plus qu'un banal journal intime, un vrai petit manuel générationnel hilarant et très attachant !
http://www.myspace.com/josephmatt
Présentés ou évoqués il y a quelques temps, voici une petite sélection des sorties poches récentes. Plus d'excuses pour ne pas les découvrir !
Roman d'adolescence avec
Que faire quand votre boîte vous insupporte et que vous sentez la rupture de contrat proche ? Ecrire un livre pardi !
Frédéric Beigbeder a inauguré la tendance avec brio en 2000 avec son caustique et drôlatique
"Là où d'autres proposent des oeuvres, je ne prétends pas autre chose que de montrer mon esprit", écrit Artaud, "le poète maudit", en préambule de "L'ombilic des Limbes".
Et posant cela, il dit toute l'essence de son oeuvre et de ses poèmes. Anarchie, désordre, délire et surtout quête de lui-même, de l'esprit et de la réalité hantent ses pages et ses mots. L'impossible harmonie entre son corps et sa pensée et la difficulté à trouver le sens de l'être le conduiront à être interné pendant 9 ans en hôpital psychiatrique (notamment à Rodez où il subit les électrochocs dans les années 40).
Le magazine Standard nous fait suivre le sommaire alléchant de son nouveau numéro "Spécial Anticipation" : Eté 2037 Numéro 100.
Puisque l’avenir appartient à celui qui a la plus longue mémoire, Standard Magazine, la revue culture & mode prévue par Friedrich Nietzsche, fait briller sa boule de cristal. Au générique : Le post-humain On a tous à y gagner ; Sean Lennon "Prédictions inédites et cerveaux infinis", "Fémis Le cinéma d’après sans lunettes 3D",", Céline Minard "Le dernier homme sur Terre est une femme" ; Algérie Soleil vert pour toute l’Europe ? ; Philippe Jaenada envisage demain comme Bergson; Bizot & Moreira Anticipez la nouvelle ère médiatique en jogging ; J. G. Ballard nous envoie un fax ; Alain Robbe-Grillet Immortel ! ; Alan Vega Du punk centriste ? ; Eddy Mitchell Trente-trois heures sur la Lune ; Catastrophe évitée L’astéroïde Apophis dévié par nos blouses blanches.
Nous fêtions dimanche dernier nos mamans. La maman, la mère : ce personnage, cette icône, hautement littéraire et romanesque, a inspiré et inspire de nombreux auteurs d'hier et d'aujourd'hui.
Hommage ou réglement de compte, mère chérie ou honnie, envahissante, absente ou dévouée, elle déchaîne les passions et hante les imaginaires honteux, reconnaissant, culpabilisant ou nostalgique des écrivains. De toute les générations et époques, ils ont tenté d'écrire leur relation ou "non relation" avec celle qui leur a donné la vie, en puisant dans le vif de leur enfance. Quelle importance en effet elle tient dans notre vie ! Déterminante sans doute.
Une maman est celle qui vous donne votre premier livre, vous ouvre vos premières pages et vous fait découvrir un monde peuplé de géants, d'ogres, de renard rusé, de petit garçon en bois avalé par un cachalot (vous vous demanderez longtemps "comment c'est d'être dans le ventre d'un cachalot"), de chocolaterie, de montagne ou d'haricot magique... C'est une maman qui vous donnera un jour sa bibliothèque rose et verte, dont les chapitres jaunis vous tiendront éveillée si tard la nuit que votre grand-mère aura peur que vous ne vous "abîmiez les yeux". C'est une maman qui vous donne ce goût, cette imagination là, qui a cette patience de lire à voix haute, avec le ton, de suivre avec son doigt les lignes que vous déchiffrez, très vite, naturellement (alors que vous pleurerez toutes les larmes de votre corps pour faire vos additions...).
Le dernier mot de Falaises est « lumineux ». Et c’est peut-être cet adjectif qu’il faut garder pour décrire le cinquième roman, en lice pour le Goncourt 2005, d’Olivier Adam, cet écrivain à part à la sensibilité écorchée.
Une lumière violente, âpre, tout en claire-obscure qui déchire les nuits « noires et profondes comme le monde », parvient à se faufiler à travers l’ombre des falaises qui « se découpent dans le tissus du ciel »… Une lumière, celle de la vie qui continue d’avoir le dessus malgré la tragédie, l’acharnement du destin, le manque et le chagrin. Olivier Adam, 31 ans, retourne sur les lieux de son enfance ravagée par le suicide de sa mère et déroule en flash back cette jeunesse qui a fait l’homme, le père et l’écrivain qu’il est aujourd’hui.
En convoquant tous les thèmes qui n’ont cessé de façonner son œuvre, la perte/disparition d’un proche (« La messe anniversaire », « Je vais bien ne t’en fais pas »), l’adolescence difficile (« On ira voir la mer »), la mère déséquilibrée et fragile (« Sous la pluie »), qu’il transcende ici, il signe un véritable chef d’œuvre…


