jeudi 29 novembre 2007
"Caissière no future", les tribulations d'une caissière bac +5 littéraire : un nouveau blook en perspective ? (mise à jour juin 2008)
Après le cadre sup', l'infirmier, la policière et le collégien, verra-t-on bientôt une caissière rejoindre, dans les rayons des librairies, les premiers "blooks" (blog-book) français publiés ? Repérée à la une du site OverBlog (également hébergeur de Brad-Pitt Deuchfal récemment édité), une blogueuse de 28 ans crée le buzz, sur son blog Caissière no future, depuis avril 2007 en racontant les petites anecdotes qui peuplent son quotidien d'"hôtesse de caisse" : entre client impoli, colérique, mesquin ou carrément crade ! Le supermarché est en effet un terrain romanesque de premier choix avec des personnages croustillants. Le cinéma s'est d'ailleurs à multiples reprises approprié son esthétique très pop ("Cashback" de Sean Ellis extrapolation de son excellent court-métrage sur l'ennui et le fantasme des petites mains des grandes surfaces, le mitigé "The good girl" avec Jenifer Aniston dans le rôle d'une caissière qui rêve d'un autre avenir en illustration ci-contre, ou encore l'hilarant "Riens du tout" de Klapisch sur les coulisses d'un grand magasin en pleine modernisation...). Bref le décor est en effet prometteur d'autant que l'on connaît encore mal son envers et sa réalité vue du côté de ses "acteurs" qui nous supportent avec un sourire... parfois crispé... Lire la suite 17 avis -



La "valeur travail" était au coeur de la campagne présidentielle avec le fameux slogan "Travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy, elle s'avère aussi au coeur de l'inspiration des auteurs ces derniers mois et même le sujet de philo du bac de la série ES (économique et social) de 2007 s'y est intéressé avec la délicate question : « Que gagnons-nous à travailler ? ».
Il y a deux peuples qui vivent ensemble, sans vraiment se voir. Il y a le peuple des heures de pointe et le peuple des heures creuses. Il y a le peuple qui a le temps et celui qui court après. Il y a le peuple qui a les moyens et celui qui s'en donne. Il y a le peuple qui part au soleil et celui qui en profite sur place. Il y a le peuple actif et le peuple créa(c)tif. Il y a le peuple qui vit sous les néons des faux plafonds et celui qui a décidé de voir la lumière du jour. Un matin ou peut-être un soir (un lundi assurément), j'ai décidé de voir le jour. J'ai décidé de ne plus vendre mes journées, mes semaines, ma vie mais uniquement mon travail, pour le strict nécessaire alimentaire.
Que j'arrêterai de la "perdre" cette vie en voulant la "gagner". Peut-être pour la première fois depuis que j'ai l'âge de m'asseoir à une table, d'abord pupitre puis bureau...
Le "roman de bureau" selon l'expression consacrée est devenu un genre à part entière en France depuis les succès de "99 francs" de Frédéric Beigbeder, d'"Extension du domaine de la lutte" de Michel Houellebecq ou même du "Stupeur et tremblements" d'Amélie Nothomb. L'an passé, en 2006 c'était "Marge brute" de Laurent Quintreaux qui attirait l'attention ou encore le très bon "Les actifs corporels" de Bernard Mourad (qui vient de sortir en poche).
C'est en effet un excellent sujet romanesque souvent très noir : une mine de désillusions, d'hypocrisie, de vide intellectuel, d'aliénation et de comédie sociale assez insupportable en particulier quand on a l'âme littéraire ou artistique... Des "violences en milieu tempéré" qui attisent l'inspiration des écrivains (et scénaristes), racontant le martyre du malheureux pion, rouage qui doit subir le rouleau compresseur de sa culture (d'entreprise), ses rites et ses codes obligés et autres non-sens parfois kafkaiens qui abondent. Bref l'entreprise vue du rayon littéraire rime souvent avec enfer ! En cette rentrée littéraire de septembre 2007, auteurs français et anglo-saxons s'attaquent de nouveau au monde du travail et à la précarité... Panorama :
Poursuivant ma petite investigation sur la publication du blog de Brad-Pitt Deuchfalh (oui c'est bien confirmé cette fois !), j’ai donc contacté son très sympathique et blogophile (!) éditeur Franck Tirlot (photo ci contre, à gauche), qui a accepté de répondre à quelques questions par téléphone sur cette aventure éditoriale qui attire toute la curiosité des lecteurs. Elle marque une première chez M6 plutôt habitué à l’édition de livres pratiques mais qui s’intéresse aujourd’hui à d’autres domaines dont la fiction.
Avis aux écrivains wanna-be !
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