Buzz Littéraire
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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

jeudi 31 janvier 2008

Anna Gavalda boycotte la presse pour son nouveau roman (03/08)

De plus en plus d'écrivains commencent à refuser de jouer le jeu (cirque ?) de la promo médias, face à des journalistes qui s'intéressent plus à leur vie privée, leurs cheveux..., ou à leurs réactions sur des phénomènes de société/politique, la météo..., sans réellement s'intéresser à leur travail littéraire. On se souvient par exemple de Frédéric Beigbeder qui, pour la sortie d'"Au secours... pardon" avait refusé tout passage TV et accepté seulement les interviews longues, permettant de réellement développer sa pensée et ses réponses, déplorant les journaux qui pratiquent l’interview express de type « trois questions à » dont le rendu ne reflète pas la pensée de l’auteur. Lucia Etxebarria faisait le même constat en déplorant qu'en Espagne les journalistes ne s'intéressaient jamais à ses livres mais plutôt à son image sulfureuse.

Anna Gavalda en a également assez de prendre la pose et de se mettre en avant alors que c'est son livre qu'elle souhaite avant tout offrir au public. (A noter qu'elle avait tout de même accepter, exceptionnellement une interview -assez flottante du reste- sur France Inter l'été dernier pour évoquer en avant- première ses nouveaux personnages).
Elle a donc décidé de ne pas rencontrer les journalistes pour la sortie de son prochain roman "La consolante" (l'histoire d'un homme architecte quadra, qui entreprend un long travail de deuil après avoir appris incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, tiré à 200 000 exemplaires). Elle répondra seulement par mail aux questions portant sur son roman et sur son écriture.
Elle s’en explique dans une lettre :

« Avant j’étais jeune et docile, je ne savais pas dire non et voulais faire plaisir à tout le monde, écrit Anna Gavalda. J’acceptais les demandes des photographes et répondais aux interviews alors même que je détestais cela, prendre la pose. Aujourd’hui, je suis vieille et revêche et voudrais n’en faire qu’à ma petite tête (de linotte?), c’est-à-dire continuer d’écrire, mais le plus discrètement possible. Ai-je tort, ai-je raison, je l’ignore, seulement je viens de passer deux ans (trois en comptant les rêveries préliminaires) dans la peau d’un homme qui, pour se réconcilier avec lui-même, décide de prendre le risque de (se) décevoir et me dis qu’il serait bon d’en prendre de la graine. Et puis j’ai toujours pensé que mes personnages avaient des vies plus intéressantes que la mienne...
Les malveillants diront « Elle se la pète », les bienveillants penseront « Elle a de la chance... ».
La chance, ou la faiblesse, de croire que ses personnages justement, sauront bien se défendre tout seuls...
Vieille, revêche et écervelée.
Voilà pour le cru 2008.
Mais attentive cependant.
Assez attentive pour répondre à toutes les interrogations que pourrait éveiller chez vous la lecture de ce nouveau roman.
Sachez donc que je me tiendrai de l’autre côté de l’écran et répliquerai de mon mieux pour me faire pardonner mon “manque de visibilité”...
Bien à vous,


A. G. »

mercredi 30 janvier 2008

Régis Jauffret rend hommage à l'écrivain Louis Calaferte

Dans un entretien (hélas trop bref) au Nouvel Observateur Régis Jauffret s'exprime sur sa relation et ses rencontres avec l'auteur de Septentrion qu'il a rencontré chez Denoël (l'éditeur qui a publié ses premiers romans) en 1985 :

Son œuvre vous a-t-elle marqué, influencé d'une manière ou d'une autre? En retenez-vous un livre particulièrement ?
R. Jauffret. - Je ne sais pas si son œuvre m'a influencé, j'étais déjà vieux en ce temps-là. 30 ans! À cet âge, un écrivain sait déjà plus ou moins où il va. Mais j'avais aimé «l'Incarnation». Un livre assez courageux, vu le sujet. «Septentrion», aussi, car c'est un livre très long, qui a le temps de devenir une sorte d'ami pour celui qui le lit.

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Technikart lance la 3e édition du concours "Manuscrits"

Après lecture des fictions, romans et recueils de nouvelles, envoyés par les lecteurs de Technikart, le grand gagnant aura l’opportunité de rencontrer la rédaction de Technikart et être lu lors du salon du livre sur le stand de Technikart, au mois de mars.

Mais aussi, pourquoi pas être publié tels que certains lauréats du concours 2006, qui a vu naître notamment La ville sans regard de Mathieu Bernardi, publié au printemps 2008 aux EDITIONS JC LATTES ou encore Le Cadeau de Karine Granier-Deferre publié en novembre 2007 aux EDITIONS PASCUITO.

Cette année, le jury sera présidé par Eric NAULLEAU (éditeur, écrivain et chroniqueur) et composé de :
- Léa STEPHANT (attachée de presse chez Gilles Paris)
- Minh TRAN HUY (rédactrice en chef adjointe au « Magazine littéraire » et romancière)
- Émilie COLOMBANI (journaliste à Technikart et éditrice au Seuil)
- Mathieu TERENCE (romancier et éditeur chez Melville)
- Mathieu BENARDI (lauréat de l’opération Manuscrits 2006)


Les manuscrits sont à envoyer avant le 10 février à :
TECHNIKART
CONCOURS MANUSCRITS 2008
2 rue de la Roquette
Passage du cheval blanc
75011 PARIS. Contact : Juliette PICANDET 01 43 14 36 07 jpicandet@technikart.com

"Les habitants" de Mano (Hachette Littérature), Le cauchemar climatisé et sécuritaire des villes de Mickey

A l'occasion d'une interview pour un autre support, j'ai été amenée à lire le troisième roman d'un jeune auteur de 33 ans encore méconnu (à tort ou à raison ? je vous en laisserais seul(e) juge) : "Les habitants" de Mano (de son vrai nom Manolis Mavropoulos). Publié dans la collection "La Fouine" (créée en 2003/2004) chez Hachette Littérature (qui a entre autres édité l'excellent "Do you like your job ?" de Charles Guérin Surville ou encore la best-seller Faïza Guène auteur de "Kiffe-kiffe demain"), il s'inscrit dans cette lignée de romans enracinés "dans la réalité du monde d'aujourd'hui", "une littérature réaliste, sociale et documentaire, dans la lignée des grands romanciers du XIXe siècle français, mais aussi des auteurs russes comme Dostoïevski", "une manière littéraire de rendre sensible les enjeux de l'époque", comme l'expliquent ses éditeurs et fondateurs Charles Pépin et Guillaume Allary. Une ligne éditoriale qui ne peut que faire envie même si il est parfois difficile de faire preuve d'originalité comme le démontre ce roman de Mano... Lire la suite

mercredi 23 janvier 2008

"Beau rôle" de Nicolas Fargues : One man speech (1e et 2e partie)

Après le grand succès de "J'étais derrière toi" et de "One man Show"), Beau rôle suscite d'ores et déjà l'engouement (déjà en ré-impression). Roman d'époque sur les différentes notions de la différence (le métissage...), l'identité masculine, les femmes ou encore les vanités... Hommage à l'auteur comparé par notre lectrice enthousiaste à Kundera, Modiano ou Bruckner : Lire la suite

mardi 22 janvier 2008

(L'ex) Madame Frédéric Beigbeder raconte ses souvenirs...

Le magazine Lire nous annonce la parution d'un premier roman "Les femmes préfèrent les monstres" d'une certaine Delphine Vallette, 40 ans. Un nom qui nous rappelle la dédicace en forme d'haïku, du recueil de "Nouvelles sous ecstasy" : "Pour Delphine / Nom de famille Vallette / Qui vit rue Mazarine / Au numéro trente-sept" de l'écrivain. Lire la suite

lundi 21 janvier 2008

"Les trophées de Constance & autres objets de désir" par Nathalie Cachin : Du blog de "la parisienne" à l'édition

L'actualité des blooks est riche ces derniers mois ! Une nouvelle blogueuse (Nathalie), cadre en entreprise (et joueuse de tennis !) fort discrète, accède à son tour au sésame de l'édition avec un recueil de nouvelles ciselées, sensibles et féminines à l'image de son blog : "Les trophées de Constance & autres objets de désir". "Mes petites histoires, je les visualise, ce sont des scènes de films qui n’existent que dans ma tête, je n’ai plus qu’à raconter ce que je vois.", explique-t-elle sur son blog. Elle y raconte les hommes qui traversent la vie de son héroïne citadine et célibataire. "Je m’attache aux détails, je les suis du regard, je m’accroche à leurs yeux, à leurs gestes, à leur corps, à leur démarche, à leur peau… Non, je ne m’accroche pas, je les aime libres. Je les croise, je me mets, l'espace d'un instant, d'une heure, d'une nuit, à leurs côtés, parfois je ne les touche même pas vraiment, je les effleure, je les frôle. Je ne leur cours pas après, je ne les vampe pas. Ils surgissent dans ma vie quand je ne les attends pas et ils y jettent le trouble. Ces frôlements font trembler l’eau calme de ma vie de célibataire, puis ils disparaissent." Une écriture et un univers qui rappellent un peu Anna Rozen, Héléna Villovitch ou une nouvelle "conversation amoureuse" (d'Alice Ferney). Découverte sur son blog par David Abiker (qui lui écrit poétiquement : « il y a une pluie fine qui tombe sur le visage quand on vous lit »), son "aventure" éditoriale de blogueuse est assez atypique. L'auteur et son "découvreur" - presque coach parfois ! David Abiker donc- ont accepté de répondre à quelques questions du Buzz littéraire : Lire la suite

mercredi 16 janvier 2008

"Bonjour tristesse" de Françoise Sagan, influence de la littérature nouvelle génération ?

On ne cesse de pronostiquer des nouvelles « Françoise Sagan », tandis que Frédéric Beigbeder* chante ses louanges dés qu’il le peut et regrette qu’elle ne soit pas enseignée à l’école. Mais à quoi est réellement dû le succès de cet « adorable petit monstre » (expression de François Mauriac), de cette reine du "drame bourgeois" ? Pourquoi son premier roman « Bonjour tristesse » publié en 1954 à l’âge de 19 ans a-t-il été un best-seller et connu un retentissement international (les américains la surnommaient alors « Mademoiselle Tristesse») au point d’être adapté en 1958 par Otto Preminger himself (un film tombé dans l’oubli assez rapidement du reste). En relisant aujourd’hui ce petit livre, on peut tout de même se demander ce qu’avait « d’extraordinaire » cette prose sans prétention ou sinon « de plus ». La fascination pour son personnage de jeune fille puis de femme libérée et insolente, à la fois émouvante et mondaine, aimant faire la fête à Saint Tropez ou dans les caves de St Germain des près ou rouler à toute vitesse dans son Aston Martin, a beaucoup contribué à sa notoriété. Plus que son œuvre à proprement parler ? Sa vie particulièrement romanesque fera en tout cas l’objet (au printemps 2008 sur France 2) d’un téléfilm de Diane Kurys avec Sylvie Testud (incroyablement ressemblante) dans le rôle de l’écrivain qui sortira ensuite au cinéma sous le titre « Sagan ». Par ailleurs, deux nouvelles biographies/témoignages sur sa vie viennent aussi d'être publiés en cette rentrée 2008 ("Un amour de Sagan" d'Annick Geille et "Sagan à toute allure" de Marie-Dominique Lelièvre). L’occasion de revenir sur ce roman phare de sa jeunesse : Lire la suite

mercredi 9 janvier 2008

Tendance "détournement littéraire" : "Madman Bovary" (Claro), "Le degré suprême de la tendresse" (H.Marienské), La Fontaine revu par D.Foenkinos, F.Bégaudeau..., "Et si c'était niais", Y. Moix

Les écrivains seraient-ils en panne d'inspiration ? C'est la question que l'on pourrait se poser face au ras-de-marée (oui c'est peut être un peu exagéré mais quand même !) de détournements littéraires : remake, pastiche, parodie ou "remix", qui sont publiés ces derniers temps (il faut aimer...). C'est Pascal Fioretto qui a ouvert le bal lors de la rentrée de septembre 2007 avec son caustique (annonce-t-il) "Et si c'était niais" qui a connu un buzz non négligeable. Le principe ? Ecrire en 11 chapitres une histoire en forme d'enquête policière loufoque, menée par 11 plumes françaises différentes parmi les plus célèbres, que l'on reconnaît aisément derrière leur pseudo : Denis-Henri Lévy (Barbès Vertigo), Christine Anxiot (Pourquoi moi ?), Fred Wargas (Tais-toi si tu veux parler), Marc Levis® (Et si c’était niais ?), Mélanie Notlong (Hygiène du tube (et tout le tremblement)), Pascal Servan (Ils ont touché à mes glaïeuls (Journal, tome XXII)) , Bernard Werbeux (Des fourmis et des anges), Anna Galvauda (Quelqu’un m’attend, c’est tout), Frédéric Beisbéger (64 %)... De l'avis d'une lectrice conquise, c'est le Werbeux et le Levis qui seraient les plus réussis (remarquez c'était pas bien difficile...). Lire la suite

jeudi 3 janvier 2008

Les blogueuses BD attirent les éditeurs ! (Pénélope Bagieu et "Le blog d'une grosse" de Miss Gally)

Si les "blooks" fleurissent, il ne faut pas oublier que les "blogs BD" connaissent eux-aussi de beaux prolongements dans le monde de l'édition (à l'image de "Lovely Goretta" publié en 2006 ou encore d'"Une histoire qui sent la colle Cléopâtre" de Kek sorti en 2007) Commençons cette nouvelle année en images avec la découverte de deux dessinatrices (stars de la blogosphère !) qui connaissent, en cette année 2008 la "consécration de l'édition" : "Pénélope Jolicoeur" et "Cathy" ("Le blog d'une grosse"). Lire la suite

"Maria avec et sans rien" ("Play it as it lays") de Joan Didion, L'envers du décor

Le nom de Joan Didion a été très présent en cette rentrée littéraire de septembre 2007, notamment à travers la publication de son dernier roman "L'année de la pensée magique", lauréat du "National Book Award" qui retrace sa lutte pour surmonter le décès soudain de son mari, le romancier et scénariste John Gregory Dunne avec qui elle formait un couple phare de la vie culturelle américaine et interroge ainsi la fin sèche et tragique de l'existence.
Née en 1934 (à Sacramento), Joan Didion n'est pas tout à fait une "jeune écrivain" et pourtant... son oeuvre a influencé toute une génération d'auteurs qui font la littérature moderne américaine : Bret Easton Ellis, Jay Mc Inerney, Donna Tartt ou encore Nick McDonnel la portent aux nues notamment pour son deuxième roman paru en 1970 : "Play it as it lays" qui vient d'être retraduit en français sous le titre "Maria avec et sans rien" aux éditions Robert Laffont (collection "Pavillons poche"). C'est l'occasion de (re)découvrir ce fameux roman-culte, qui cultive une certaine esthétique du désastre existenciel sur fond de cote ouest américaine et de faune artistique superficielle et désoeuvrée, à travers le portrait de Maria, une actrice de seconde zone, trentenaire à la dérive... Lire la suite

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