jeudi 27 mars 2008
Talents Blogs : La relève de la littérature trentenaire est là !
Internet et littérature #1127 rss
On a vu, il y a quelques temps, que les auteurs de la littérature "nouvelle génération" avaient un peu vieilli. Phénomène bien naturel mais il est temps de trouver un nouveau vivier de plumes sensibles ! Après vous avoir présenté la bobo parisienne, Satinella ou encore Samo, voici 4 jeunes plumes, 4 voix au masculin, 4 blogueurs qui expriment avec justesse leurs doutes, leurs joies, leurs attentes, leur quotidien et bien sûr leur vie amoureuse parfois tumultueuse, parfois douloureuse... Entre Nicolas Fargues, Nicolas Rey ou encore Jérôme Attal avec une pointe de Frédéric Beigbeder influences qu'ils revendiquent d'ailleurs pour certains : Messieurs les éditeurs, à vos contrats ! Ou tout simplement pour le plaisir de lecture et des mots...
Si vous êtes un lecteur assidu et attentif du Buzz littéraire, vous avez sans doute déjà croisé sa plume au détour des commentaires.
Toujours spirituel, usant de l'(auto)dérision avec style et ne pratiquant pas l'"auto-promo" lourde, ce jeune garçon est un wanna-be comme on aimerait en voir plus souvent. Un fervent lecteur avant tout qui se bouge pour fédérer les jeunes talents autour de sa revue littéraire en ligne "Noir et blanc"Mais c'est aussi et surtout une plume alerte, avec un ton bien à lui, qui oscille entre la fragilité, la luxure, le glamour (toujours rose mais parfois trash !) et surtout un romantisme touchant (saupoudré d'une pointe de cynisme).
Un amoureux de la chair et des jolies filles pour qui il est prêt à tout, tout en cultivant un goût prononcé pour le luxe et le cognac !
Olivia Michel nous apprend également, par le biais de son communiqué de presse, que le blogueur (ainsi que d'autres plumes du web) fait partie du collectif d'auteurs de sa nouvelle revue érotico-littéraire "Stupre" (couverture ci-dessus). Une écriture qui demande encore à être maîtrisée mais un auteur à suivre de près !
Extrait choisi :
"La chair est facile et la ville remplie d’êtres désincarnés, des fentes de frêles femelles m’encerclent et pour le bonheur, on me demande de m’y insérer.
Simple fait banal fait machinalement, on dit non en souriant.
Sentimentalement, je devrais m’adresser à un psychiatre pour enfant, un thérapeute pour mômes, eux seuls peuvent gérer mon cas.
Ils se mettront en groupe, feront une thèse devant tant d’idiotie, un enfant encore ébahi devant la superficialité.
(...) Travailler pour se payer des beaux vêtements, le reste est inchangé mais plus joli.
Elle trouve que mes plafonds sont trop hauts, une autre aussi, cela, elles tournent la tête et quand elles sont polies, disent merci.
L’éphémère s’évapore et l’on comprend alors que l’on lutte pour des souvenirs.
On se trouve légendaire.
Un jour quelqu’un devra raconter tout cela. Je le ferais.
Un beau vendredi soir.
Addition salée comme le goût de ma peur que j’insère loin dans sa chatte.
J’ai plus soif, en prononçant le s.
Dormir, se coller entre ses cuisses, elle ne sent pas ma peur.
Les femmes me terrorisent, sont des magiciennes horribles.
J’ai peur.
Quelqu’un."
Phrases glanées :
"C’est une fille engagée, mais démagogique, qui recycle tout même les idées. Elle croit en beaucoup de choses mais très peu en moi."
"Tout ce qu’il faut a une femme pour faire l’amour avec sa bouche, c’est beaucoup d’enthousiasme et encore plus de salive."
"C’est beau de rire pendant qu’on fait l’amour, le rire est l’acte sexuel le plus intime."
"J’ai compensé le manque d’endorphine fourni par le sexe en dépensant de l’argent.
La société de compensation profitait de mon malaise et moi, je m’en réjouissais.
A défaut de lécher des chattes, je laissais glisser les billets."
"Une femme trop raisonnable est triste comme une bibliothèque sans livres."
"Tomber amoureux protège des maladies du foie. Ne plus l'être le détruit."
Lire le blog de Génération rose
"Marc" (ou Dund) sur Addikted.net: une plume fougueuse et fébrile (lui, il peut se rhabiller là...)
C'est une plume junior qui s'exprime sur ce blog connu de quelques happy-few et qui se décrit comme "un blog à confession catholique" (sic!).
A peine âgé de 22 ans, ce jeune étudiant écrit avec une intensité, une spontanéité et une certaine violence qui vous rendra en effet "addikted" à sa prose. Les filles, le sexe, la pornographie (un peu à la Joe Matt), son père, ses amis, le RER, les SMS, les tchats sur MSN, ses cours d'infographie mais aussi l'avenir qui se dessine petit à petit et sa voie qu'il essaie de tracer. C'est une sorte de blog initiatique d'un enfant terrible qui s'écrit ici chaque semaine et qui n'oublie pas de faire sourire avec son humour corrosif et son sens de la formule (encore un lecteur de Beigbeder, tiens ça ne nous étonne pas !). A lire plus particulièrement les mois de décembre 07/janvier 08.
Extraits choisis :
"Je gagne peu à peu la bataille de l'amour. On a passé notre matinée à se battre : Frustration sexuelle. Elle m'a collé sa Converse sur le visage et je me suis mouché dans ses cheveux. L'après midi, elle a dessiné sur mes genoux. Sur une feuille, assise sur mes genoux. Ne pouvait pas passer cinq minutes sans me toucher. En fait, elle a juste un manque énorme d'affection, et ce manque je l'ai toujours comblé. C'est en train de cesser.
Non je mens, ça ne cesse pas du tout. Mais j'essaye de rendre à 50% ce qu'elle me donne. C'est un long calcul l'amour. Ce soir elle va me biper quatre fois, et moi deux fois. Peut être juste une. C'est juste un principe : Donner moins pour obtenir plus.
Donner moins pour obtenir plus. Ça me fait penser à un truc ça. Encore une formule de merde."
"Il y a cette blonde de quarante ans, environ, je la vois souvent. Elle est fausse. Sa blondeur. Ses cheveux sont toujours placés au millimètre. Même ses poupées, petites, elle ne les coiffait pas aussi bien : Elle fait cela avec une minutie coupable. J'aimerais être son amant. Chaque fois que je la vois sur le quai, je reste à proximité, avec l'envie de lui dire qu'elle est belle. Je pense à l'enfant qui le dit à sa mère : Avec maladresse. Elle est petite. Elle se met toujours sur la pointe des pieds et lève le cou en l'air en cherchant des yeux. On ne sait jamais ce qu'elle cherche. C'est un geste de petite blonde ça, depuis tout petit je les regarde, elles font toujours ça : Se grandir. Même les fausses. Elle cherche toujours, là. Sûrement moi, car elle s'est arrêtée maintenant que nos yeux se sont croisés. Non, ce n'est pas moi, elle a une copine, une autre fausse blonde, elle n'était pas là ce matin."
Phrases glanées :
"Parfois je me dis que j'aurais dû faire un BEP, un truc directement professionnel. Pour les "impatients". Dans l'éducation nationale, on les appelle les "cas sociaux". Le problème c'est qu'à l'Onisep, quand ils voient que tu es intelligent, ils te disent d'aller t'enfermer dans un lycée et de tomber amoureux des filles en attendant le bac."
"A Rome, à douze ans, les jeunes garçons devenaient des hommes. Il y a cent ans, à douze ans, ils allaient au charbon. En 2008, ils invitent les filles à danser un slow. Des trois, c'est peut-être le plus difficile."
"Il ne cherche pas le débat mon père, il ne cherche pas à imposer son avis. Non mon père, il cherche juste à contredire tout le monde. C'est ce qui le sanctifie : La contradiction. (...) Je suis un garçon unique dans le sens où j'assume ma sensibilité et mes larmes, a-t-elle dit aujourd'hui. J'ai répondu : ouais. C'est super simple d'assumer ma sensibilité, il suffit que je parle de Papa et les larmes montent aux yeux. Des larmes de toutes les couleurs : Tristesse, joie, haine, amour, absence, omniprésence."
"Je n'aime pas gagner en amour, moi. Toute ma vie j'ai cultivé la loose..."
Lire le blog d'Addikted.net
Bulbe (Gaspard Walter) sous titré "Chroniques égocentriques d'un jeune-homme sans histoires"C'est un blog mystérieux et très envoûtant que ce tout jeune blog. Gaspard pourrait être une sorte de petit frère d'une autre blogueuse et écrivain, Nathalie Cachin et pour reprendre la jolie expression de David Abiker à son propos, on a aussi l'impression "d'avoir une pluie fine qui tombe sur le visage" à la lecture de ses mots tout en pudeur et émotion. Entre la Thaïlande et Paris, on y croise des filles avec un je ne sais quoi de durassien, des soirées où l'on commande une vodka-sprite "à emporter" ou encore des "je t'aime" qui n'arrivent pas à se dire... En quelques textes courts avec un sens inné de la chute, il démontre un vrai talent pour capter les non-dits, la fragilité, l'ambiguité de certains instants. Quelque chose se passe. On appelle ça la séduction... L'auteur propose aussi une nouvelle complète à télécharger, intitulée "Rose". Un seul regret : le nombre trop restreint de textes à lire !
Extrait choisi :
"S’il avait plu, j'aurais pu cacher mes larmes. Mais il faisait beau et elle a posé une main sur mon épaule et m'a dit "je t'aime" froidement sans le penser. Je lui ai dit "je t'emmerde" et elle a souri et c'était plus dur que tout le reste. Quand elle est partie, j'ai regardé le sol longtemps, j'ai attendu de disparaître et puis, comme ça ne venait pas, je suis rentré chez moi.
J'ai lancé Lou Reed aussi fort que possible. J'ai bouché toutes mes fenêtres avec des sacs poubelles, j'ai allumé des bougies. J'allais vivre comme ça, loin du monde, loin des gens.
C'était l'apogée de ma révolte.
Finalement j'ai eu peur de foutre le feu, peur de déranger mes voisins, alors j'ai coupé la musique et laissé entrer la lumière. J'ai mis un plat de macaroni au micro-onde que j'ai mangé en regardant les infos. Je ne me suis pas senti mieux. Le téléphone a sonné une première fois à vingt et une heure puis huit fois ensuite, c'est à dire qu'il a bien fallu que je décroche."
Autre extrait (nouvelle "Rose") :
"– Vous auriez l'heure ?
Je n'ai pas l'heure, je n'ai pas de feu ni de cigarette, je ne danse pas non plus. Je pense que de là vient mon célibat. Mon incapacité à répondre de façon positive aux questions du sexe féminin." (...)
"Elle croise les jambes, sa jupe lutte, se tend puis s'abandonne et découvre un genou, un bout de cuisse.
Mon imagination dessine le reste. Il y a dans cette situations des hectolitres de frustration. Elle est belle à en être insupportable."
Lire le blog "Bulbe"
Et aussi :
"Le portrait de Dorian le magnifique" : les souffrances du jeune Dorian (blog dont la mise est jour est désormais aléatoire)
C'est peut-être le pionnier de cette sélection puisque le blog de Dorian existe depuis juin 2005. Il cite avec bonheur Paul Morand, Haffid Hagoun, Nicolas Rey ou encore Alfred de Musset, Boris Vian, Oscar Wilde bien sûr et même Daniel Darc... De sa vie, il ne raconte que l'essentiel : son amour de la littérature, des jeunes femmes, de la beauté et de la grâce. Derrière ces mots c'est souvent la souffrance qui prédomine, celle de la "torture de l'amour impossible", les dérives, les peurs, les obsessions que l'on ne peut chasser. De nombreuses fulgurances comme des soleils noirs dans cette prose douloureuse et très poétique.
Phrases glanées :
"Un songe rose noirci par son quotidien, usé par la fadeur terrestre."
"Les corps se frôlent sans politesse, oublions la délicatesse."
"Je cours la tête pleine d'étoiles fuyantes..."
"On avance,petit pas après petit pas, sur la corde de nos soupirs,sur la pointe de nos peut être."
"Ce style de fille elle te détourne, c’est une arracheuse de quotidien. Une terroriste des pulsions, elle utilise des armes non répertoriées par la convention de Genève."
Extrait choisi (Décembre m’a mis la fièvre...):
"Un besoin de rester tout en dedans avec pas beaucoup envie de grand-chose. Fermeture de mes petites fenêtres.
Se rouler en boule tout à l’intérieur de la moiteur de ses souvenirs déchirés.
Je me suis mis à écouter mon silence.Le clapotis de mes vagues noires.
Ce chant aigre doux qui berce mes désillusions d’enfant gâté. Pas vraiment, plus vraiment le goût à l’agitation.
Condenser, se concentrer sur l’essence du moi.
Aller à la moelle pour en tirer le nécessaire, pour lécher et se gaver d’émois.
(...)
Et cette sale impression de dérapage incontrôlé. Ma vie je la conduis sans permis. J’ai raté le code et on m’a mis une Ferrari dans les pattes.
Eternel enfant mal bercé.
Je passe décembre comme d’autre passe le bac.Pas de révision,à l'arrache avec panache.
Envie de murmures, de souffles chauds, de mots colorés au goût vanille susurrés."
Lire le blog de "Dorian le magnifique"






1. Le vendredi 28 mars 2008 à 16:57, par Olivia Michel
2. Le vendredi 28 mars 2008 à 17:23, par Tonton Ferdinand
3. Le vendredi 28 mars 2008 à 17:49, par yann frat
4. Le vendredi 28 mars 2008 à 18:35, par E
5. Le vendredi 28 mars 2008 à 19:46, par Alexandra
6. Le vendredi 28 mars 2008 à 23:49, par laurence biava
7. Le samedi 29 mars 2008 à 15:26, par Marc
8. Le dimanche 30 mars 2008 à 01:50, par secondflore
9. Le dimanche 30 mars 2008 à 02:06, par Gaspard
10. Le dimanche 30 mars 2008 à 21:33, par Hypoholic
11. Le lundi 31 mars 2008 à 12:02, par Alexandra
12. Le lundi 31 mars 2008 à 14:31, par secondflore
13. Le mardi 1 avril 2008 à 12:28, par Alexandra
14. Le mercredi 2 avril 2008 à 13:05, par Olivia Michel
15. Le mercredi 2 avril 2008 à 13:12, par Alexandra
16. Le mercredi 2 avril 2008 à 18:54, par Gaspard
17. Le jeudi 3 avril 2008 à 12:23, par Alexandra
18. Le jeudi 3 avril 2008 à 14:00, par Olivia Michel
19. Le jeudi 3 avril 2008 à 16:02, par Gaspard
20. Le jeudi 3 avril 2008 à 23:11, par Brg
21. Le lundi 7 avril 2008 à 12:21, par Alexandra
22. Le lundi 7 avril 2008 à 14:47, par Maxence
23. Le mardi 8 avril 2008 à 02:45, par Marc
24. Le mardi 8 avril 2008 à 02:49, par Marc
25. Le mardi 8 avril 2008 à 05:29, par Elisa
26. Le mardi 8 avril 2008 à 12:34, par Alexandra
27. Le mardi 8 avril 2008 à 12:55, par gaspard
28. Le mardi 8 avril 2008 à 15:04, par Hypoholic
29. Le mardi 8 avril 2008 à 15:13, par Brg
30. Le mercredi 9 avril 2008 à 12:34, par Alexandra
31. Le mercredi 9 avril 2008 à 13:09, par Maxence
32. Le samedi 12 avril 2008 à 18:26, par Maxence
33. Le lundi 14 avril 2008 à 17:25, par Jeff
34. Le dimanche 19 avril 2009 à 16:35, par laurette73
35. Le vendredi 10 juillet 2009 à 16:52, par Brutus
36. Le lundi 27 juillet 2009 à 11:58, par stavro