Buzz Littéraire
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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

mercredi 25 juin 2008

Le concept de "livre pour l'été"

Vous êtes nombreux chaque année à rechercher des "conseils-de-livres-pour-l'été", à l'approche des départs en vacances. Un mystérieux concept à part entière que "le livre pour l'été". Celui qui vous accompagnera sur votre serviette de plage ou votre transat... Mais quels sont donc les critères pour être l'heureux élu ? Existe-t-il une sociologie du livre de l'été comme les seins nus sur la plage étudiés par Jean-Claude Kaufman dans son essai "Corps de femmes, regards d'hommes" ? Et puis d'abord c'est quoi un "livre pour l'été" ? Voici quelques non-réponses à ces questions cruciales et bien entendu quelques "conseils-de-livres-pour-l'été", vous vous en doutez... Lire la suite

lundi 23 juin 2008

Les conseils de lecture d'été 2008 de l'Académie Goncourt

Comme chaque année et en attendant la première sélection pour le Goncourt 2008 prévue le 2 septembre, l’Académie s'occupe de nos lectures d'été. Elle a publié mardi 3 juin ses « propositions de lecture » de quinze romans ou essais pour l'été. Cette liste, précise l’Académie, « n'est en aucune façon une sélection pour le Prix Goncourt ».

Carole Achache : La plage de Trouville (Stock)
Jean-Marie Borzeix : Jeudi saint (Stock)
Jacques Chessex : Pardon mère (Grasset)
Quentin Debray : Le moment magique (Le Rocher)
Jérôme Garcin : Son excellence, monsieur mon ami (Gallimard)
Antoni Casas Ros : Le Théorème d'Almodovar (Gallimard)
Annie Ernaux : Les années (Gallimard)
Jennifer Lesieur : Jack London (Tallandier)
Marie-Dominique Lelièvre : Sagan à toute allure (Denoël)
Virginie Linhart : Le jour où mon père s'est tu (Seuil)
Jean-Yves Masson : Ultimes vérités sur la mort d'un nageur (Verdier)
Boualem Sansal : Le village de l'Allemand (Gallimard)
Guy Scarpetta : La Guimard (Gallimard)
Chantal Thomas : Café de la mémoire (Seuil)
Denis Tillinac : Dictionnaire amoureux de la France (Plon)

A lire également le billet : Le concept de "livre pour l'été"

Balades littéraires audio pour l'été avec Virginie Ledoyen, Paul Auster, Karin Viard ou encore Joey Starr...

Avec un peu de retard, il est temps de vous présenter quelques initiatives intéressantes mêlant littérature, jeu et mise en scène...
Au retour de la belle saison, il vous sera peut-être sympathique de découvrir quelques hauts lieux de Paris, dont notamment Saint Germain des prés, guidés par la voix envoûtante de Virginie Ledoyen, mais encore Pigalle avec Lou Doillon ou encore Le Marais avec Isild Le Besco...
C'est le français Stéphane Crasneanscki, expatrié aux Etats-Unis qui a imaginé ces guides touristiques beaucoup plus originaux qu’un guide du Routard pour révéler l’âme des quartiers mythiques : de Paris à New-York (dont la visite de Ground Zero par Paul Auster…). Pendant près d’une heure, vous devenez le héros(ïne) d’un scénario original, porté par les voix des comédiennes, où se mêlent jeux de piste poétiques, clins d’œil ludiques et références cinématographique ou littéraire… Et même une bande originale d’ambiance (jazz, cabaret…) !

Balades sonores (audio tours, 12 $) à télécharger sur www.soundwalk.com et à écouter sur baladeur MP3.

L'été sera chaud avec les extraits (d'une dizaine de minutes) de grands textes érotiques lus par des personnalités proposés sur la médiathèque du site Second sexe : "La littérature française recèle de trésors licencieux : tous les plus grands auteurs (Musset, Dumas, Mirabeau, Vian, etc…) se sont livrés à l’exercice de la littérature dite érotique, souvent plutôt pornographique. Nous avons sélectionné les meilleurs passages de certains d’entre eux, et avons demandé aux personnalités les plus excitantes de notre époque, comme Karin Viard ("Gamiani ou deux nuits d'excès", la voix la plus téléchargée par les internautes) ou Joey Starr ("Les 11 000 Verges" d'Apollinaire) en passant par Philippe Starck ("La Philosophie dans le Boudoir" de Sade), de vous les lire. Découvrez ici une forme unique de jouissance à télécharger."
Un service de "sextos", avec des extraits de grands textes à envoyer à soi ou à l'autre est également proposer "pour pimenter la journée".
Parmi les dernières recrues on trouve Axelle Laffont qui lit "Mémoires d'une chanteuse allemande - Wilhelmine Schroeder-Devrient"

Bonne écoute !

vendredi 20 juin 2008

"Véronica" de Mary Gaitskill, Misère et splendeur du New-York des 80's

Encore méconnue en France l'américaine Mary Gaitskill faisait partie de la désormais mythique bande du "Brat Pack", la nouvelle «génération perdue» chouchoutée par les agents et les éditeurs. Un groupuscule de romanciers et de nouvellistes précoces (dont les chefs de file ne sont autres que Jay McInerney et Bret Easton Ellis ou encore Donna Tartt), jouant de leur insolence blasée et portant un regard acéré sur leur époque et leur univers croisant sans complexe cocaïne, rock'n'roll, réalisme urbain et romantisme. Chaudement saluée aux Etats-Unis par la critique, son 1e roman "Veronica" (après un recueil de nouvelles "Mauvaise conduite" traduit en 1989) a été classé par le New York Times parmi les cinq meilleurs livres de fiction de 2005, et sélectionné cette même année pour le National Book Award. Dans un style minimaliste et lumineux, elle y dresse le portrait douloureux et émouvant de deux femmes, Alison Owen, atteinte d'hépatite à l'âge de 50 ans, qui se retourne sur son passé, sa vie de bohème et ses rêves de paillettes, avant de croiser Véronica Ross, autre oiseau de nuit excentrique et sidaique, qui a choisi de vivre sa marginalité en toute liberté. Derrière leur désinvolture, se dessinent progressivement les fêlures tandis que resurgit toute une époque clinquante du New-York des années 80... Lire la suite

mercredi 18 juin 2008

"Sex and the city" (le film) : la dernière émission qui fait vendre des livres ?

Régulièrement, éditeurs, auteurs et critiques littéraires se demandent quelle émission fait (encore) vendre des livres ?
Ne cherchez plus ! C'est dans le film "Sex and the city", adaptation de la série TV et du livre éponyme qu'il faut apparaître pour faire exploser les demandes en librairie comme en témoigne cette anecdote rapportée par le site ActuaLitté : l'ouvrage "Love Letters of Great Men" que Carrie lit avec son futur mari M.Big, pour préparer ses vœux et qui recense les plus belles lettres d'amour écrites par de grands hommes, de Napoléon à Beethoven, aurait déclenché une foule de demandes auprès des libraires comme en témoigne Richard Davies de Abebooks.com à l’Agence Press. Pas de chance : l'ouvrage est lui aussi fictif ! Ou comment faire de la promo littéraire au cinéma...

La call-girl ne fait pas toujours recette... (autour du "Journal intime d'une call girl", série TV adaptée du roman adapté du blog "Belle de jour")

Depuis quelques semaines, la chaîne Téva diffuse les premiers épisodes de la nouvelle série anglaise "Journal intime d'une call girl" ("Secret diary of a call girl" en VO). Voulant surfer a priori sur le succès de "Sex and the city", cette série est adaptée du roman "Journal intime d'une call-girl" ("The ultimate adventures of a London call girl", traduit aux éditions First en 2005) adaptée du blog de la londonienne "Belle de jour". Une bien belle carrière pour ce qui n'était au début qu'un simple blog destiné à s'amuser ("I've never lived my life to a plan aside from enjoying myself and have (for the most part) enjoyed doing this." a déclaré la blogueuse à la presse britannique qui l'accusait de jouer un personnage)... Lire la suite

vendredi 13 juin 2008

"Le petit grain de café argenté" de Guillaume Tavard, Survivre à Londres au pays des "Mcjobs"...

"Les tribulations d'une caissière", le livre adapté du blog d'Anna Sam, livre les coulisses de son expérience de caissière. Il y a quelques années déjà, un autre jeune auteur révélait, lui, les dessous des "mcjobs" d'outre-Manche... Le nom de Guillaume Tavard ne sera pas inconnu aux fidèles lecteurs de la revue littéraire "Décapage" où il tient une chronique "Vous avez un nouveau message". Jean-Baptiste Gendarme ne tarit pas d'éloges à son sujet (il commentait en ces termes son premier roman : "En refermant le livre (...), on sait désormais que Guillaume Tavard a de l’humour (son récit en regorge), qu’il a du recul sur sa vie (l’histoire en témoigne), et, enfin, qu’il a du talent (son premier roman est une véritable réussite)" et guette d'ailleurs avec impatience son deuxième roman, après ce premier opus qui a su se faire remarquer lors de sa publication en 2003 aux éditions Le dilettante. Philippe Jaenada fait partie aussi des férus de la plume de ce jeune auteur dont le style et l'humour désinvolte faussement candide entretient en effet des filiations certaines avec le premier. A travers les mésaventures d'un jeune français fraîchement débarqué à Londres et embrigadé un peu par hasard dans un job de chaîne de restauration rapide, il décrit le désenchantement, la solitude mais aussi la difficulté de trouver sa voie dans une société en forme de rouleau-compresseur pour les doux rêveurs... Un roman générationnel qui décrit notre époque avec une ironie douce-amère et un humour incisif mâtiné de tendresse. Lire la suite

jeudi 12 juin 2008

Françoise Sagan, plus mondaine qu'écrivain, ne convainc pas la critique au ciné

"Pauvre Sagan !", tel est le titre du billet d'humeur signé Nelly Kaprièlian dans le dernier numéro des Inrockuptibles qui livre sa déception à la vue du film tant attendu de Diane Kurys sur le "charmant petit monstre" interprété par une Sylvie Testud plus ressemblante que nature. La critique littéraire déplore notamment l'absence de fond, d'épaisseur artistique du personnage qu'était Sagan, avant d'être une femme frivole, légère aimant conduire des bolides et boire des vodkas dans des cocktails mondains...

De son talent d'écrivain, de sa sensibilité littéraire, il semblerait que la réalisatrice ne retienne rien, si ce n'est quelques vagues allusions au fait "qu'elle n'arrive pas à écrire", rapporte Kaprièlian dépitée. C'est "une Françoise Sagan de folklore pour musée Grévin", résume-t-ele.
Il est vrai que faire exister le talent littéraire, l'art d'écrire, l'inspiration, à l'écran n'est pas chose aisée mais, rappelle-t-elle les cinéastes américains y sont pourtant arrivés. Et de citer en particulier le biopic sur "Truman Capote" qui retrace l'écriture de son célèbre roman "De sang froid". Elle rappelle au passage que les éditions Julliard ont eu la bonne idée de ré-éditer bon nombre de ses oeuvres, un peu tombées en désuétude.

Le critique ciné des Inrocks, Jean-Baptiste Morain, analyse, lui, le film, avec autant d'amertume :
"(...) Diane Kurys, comme beaucoup de gens, semble considérer que la littérature est l’art de la formule. D’où cette pénible voix off qui nous gratifie à l’occasion (sans qu’on sache pourquoi) de quelques citations mal choisies de Sagan, suites de consternantes idées reçues sur la vie, l’amour, la mort, la solitude, la littérature, la coiffure… Mais l’écrivain Sagan n’est pas là, pas dans ses bons mots justement, mais dans ses creux, ses moments faibles, dans le mouvement parfois maladroit de la langue, dans ses soi-disant fautes de français, dans ce repli des mots où se dit l’indicible. Sagan, sans charme, sans sexualité (on la voit vivre avec des femmes et épouser des hommes, mais jamais coucher avec qui que ce soit), sans intelligence, sans style, qu’est-ce, sinon une marionnette maquillée comme un carré d’as ?"

De son côté Télérama, plus indulgent, fait un constat assez similaire :
"Connaît-on mieux Sagan au terme de ce portrait parcellaire mais bien senti ? Pas sûr. Diane Kurys s'attarde trop sur sa déchéance, et on ne sent pas toujours, malgré une voix off « verbatim », la grandeur de l'écrivain qu'elle fut. Il faut croire, pour reprendre le slogan-alibi (piqué à Oscar Wilde) de tant de biographies d'artistes, que sa vie était sa plus grande oeuvre..."

La réalisatrice expliquait comment elle a travaillé son portrait de l'auteur d'Aimez-vous Brahms: "J'ai voulu la montrer dans son ambiguïté, à la fois proche, humaine et totalement imprévisible. Je n'ai pas cherché à la rendre meilleure qu'elle n'était, j'ai seulement voulu la rendre vraie, en essayant de m'approcher au plus près. Elle était généreuse, passionnée, passionnante et elle pouvait être un monstre d'égoïsme, elle était lâche aussi, parfois. Faire le portrait de quelqu'un, c'est aussi faire un portrait de soi-même."

Lire la chronique de "Bonjour tristesse" de Françoise Sagan

Régis Jauffret, version rock (et nouveau roman "Lacrimosa" /rentrée littéraire 2008)

Folantin, "jauffretologue" reconnu et renommé, comme il l'a démontré dans ses commentaires ici bas, nous signale la page Myspace de Régis Jauffret "Régis Jauffret et ses nègres" où l'auteur de Microfictions donne de la voix à ses textes ("Petite salope", "Le supplice de Tantale" - la plus réussie- et "Vivre ensemble") en les chantant-récitant sur des riffs rock, tour à tour nonchalant, énervé, voire déjanté.
Une nouvelle expérience, après son site vidéo, fidèle à son univers à la fois noir, cynique et barré.

A découvrir sur sa page Myspace
et sur cette vidéo (passage dans l'émission de Frédéric Taddéi, "Ce soir ou jamais", le 22 avril dernier où il interprète sous les yeux d'un François Hollande impassible, "Petite salope") :


Le texte de "Le supplice de Tantale" :
La jeunesse est un faux-semblant. La vieillesse vous grignote dès l’enfance. A la naissance, les bébés ont la tête des vieux qu’ils seront un jour. Ils débarquent avec le poids des siècles, de l’évolution des espèces. Ils ont toujours su qu’ils étaient une excroissance du passé, une presqu’île du continent des dinosaures, des crocodiles qui ont survécu aux cataclysmes, aux glaciations, aux raz de marée bouillants comme la poix.
- Je vous offre mes emmerdements.
- Merci.
L’harmonieuse mélodie des rapports humains. L’hypocrisie, la politesse, alors qu’on aurait bien envie de vous voir mort pour prendre le laideron qui pend à votre bras et claquer votre fric à la roulette du casino Palavas-les-Flots. Je vous salue, je vous dévore. Je t’aime, meurs dans mon lit pour me prouver que je t’ai baisée comme un ours et que j’ai empalé ton cœur avec mon sexe d’un coup de riens magnifique.
- En tant que femme, je suis sentimentale.
- Oui, comme une carpe.
Les femmes sont des hommes à qui on a coupé les couilles pour en faire une paire de seins. La bite, elles s’en servent de tuyau pour arroser leurs hortensias. Les maris prennent leur appareil génital pour une charrue, ils creusent leur sillon du soc de leur gland. La France agraire, les semailles, la moisson, le remembrement, les paysans chaque soir enfoncés dans leur bol de soupe. Pétain, la collaboration. L’agriculture crapuleuse, et l’industrie qui pétrit la farine, et livre par trains entiers des biscuits insipides aux troupes nazies massées devant Stalingrad. Ouvriers et paysans attirés comme des mouches par les dictatures. Intellectuels patrons de camps, artistes kapos, et les chanteurs de cabaret qui hurlent Heili heilo. Heili heilo.
- Votre écriture pleine de haine.
- Oui.
La haine radiographie, scintigraphie, scanne. Qui hait, voit. Qui aime, rêve et s’endort du sommeil des lâches. La haine sacrée, noblesse des peuples réduits à l’esclavage, haine des révoltés, des enfants humiliés, des habitants des villes bombardées, haine des prisonniers, des torturés, des hommes alignés à l’aube, haine salvatrice, haine sursaut de la vie. La juste haine de cette jeunesse née au milieu des tours, dans l’impasse, enfance dans l’étau des chambres surpeuplées, l’âge adulte accueillant comme le supplice de Tantale.
- La haine est une espérance, et que le sang coule à flots, comme la bière, le vin chaud.

A noter que l'auteur publiera à la rentrée littéraire de septembre 2008, chez Gallimard, un nouveau roman très intime "Lacrimosa", dans lequel un homme s’adresse à la femme qu’il a aimé, et qui s’est récemment suicidée. Il lira ce texte du 5 eu 30 décembre au Théâtre du rond-point. Deux mois avant, il se livrera à une autre performance scénique : l’adaptation de son labyrinthique Microfictions (qui vient de sortir en poche, voir ci-contre), interprété par 100 comédiens pendant les 8 heures de la Nuit blanche parisienne (le 4 octobre). (source : Culture Café)

Présentation de "Lacrimosa" :
Il paraît aussi que maintenant tu me vouvoies comme une passante. Je suis devenue si lointaine? Et de quel droit me donnes-tu un nom de gâteau? Il l’appelle «Chère Charlotte». Elle dit: «Mon pauvre amour». Le ton est douloureux. En fait, un des deux interlocuteurs manque. Celle qui répond au nom de Charlotte n’appartient plus au monde des vivants. Aussi celui qui s’adresse à elle est-il en quelque sorte obligé de faire les questions et les réponses. Car Charlotte a bien existé. Elle a mis fin à ses jours, il y a un peu plus d’un an. Régis Jauffret, auteur et acteur de ce Lacrimosa qu’il interprète seul sur scène, s’adresse ainsi à celle qui a disparu. En tant que romancier, il n’a pu s’empêcher d’imaginer des répliques venues d’outre-tombe. Lui qui s’est toujours défendu d’écrire des récits autobiographiques a pris une fois encore le détour de la fiction. S’agissant de traiter un sujet aussi intime, il lui a fallu quand même en passer par cette affabulation. Histoire d’entendre une fois encore la voix de l’absente. Ou de lui donner la parole au-delà de la mort. Rien d’étonnant alors s’il a souhaité – n’étant pas comédien – interpréter en personne sur les planches les deux protagonistes de ce dialogue. Le théâtre n’est-il pas le lieu où l’on fait parler les morts?

mercredi 11 juin 2008

"Bartleby" d'Herman Melville, De l'art de ne pas (préférer) travailler...

"Je ne veux pas travailler" chantait Edith Piaf, Bartleby, Bartleby, lui, scribe de profession ("gratte-papier" comme le surnomme le narrateur, son employeur), répète en boucle "J'aimerais mieux pas" ou "Je préférerais pas" (selon les traductions qui déclenchent les passions des puristes) quand son patron lui demande de bien vouloir effectuer telle ou telle tâche. D'un ton égal et parfaitement serein, comme si cela était le plus naturel et le plus normal du monde. Une forme inédite de rebéllion qui avance masquée, de "résistance passive" qui jette le trouble dans cet univers administratif bien calibré. C'est en substance ce que nous raconte Herman Melville, célèbre romancier américain du XIXe siècle (auteur notamment de "Moby Dick"), dans ce court récit tragicomique écrit en 1853. Plébiscité par de nombreux écrivains et philosophes de Maurice Blanchot à Georges Bataille en passant par Michel Foucault, Gilles Deleuze, Daniel Pennac (qui la considère comme "la plus belle nouvelle du monde") jusqu'à Jonathan Littell pour sa dimension allégorique proche d'un Kafka ou d'un Gontcharov ("Oblomov"), ce texte a suscité de multiples interprétations et extrapolations. Une nouvelle en forme de fable qui explore également les thèmes existentiels de ses romans d’aventures transposés, ici dans le quotidien presque trivial, d'un simple employé de bureau... Lire la suite

vendredi 6 juin 2008

Interview d'Anna Sam : Comment transposer un blog "Caissière no futur" en livre "Les tribulations d'une caissière" (éditions Stock) ?

Souvenez-vous, nous vous avions présenté en novembre dernier le blog de la "Caissière no futur", les anecdotes in situ d'une jeune caissière en activité qui témoignait sur son blog (à succès !) des réalités humaines de son métier mais aussi de sa condition de jeune diplômée (titulaire d'une DEA de Lettres) déclassée (même si son but n'était pas de le dénoncer). Depuis sa notoriété n'a cessé de grandir grâce à une forte médiatisation (plusieurs passages TV notamment) jusqu'à attirer l'attention d'un éditeur, les éditions Stock, qui publient ce mois-ci le livre ("document") tiré de son blog. "Bienvenue dans l'univers fascinant des grandes surfaces, ce haut lieu de consommation" : Pour une fois, passez de l'autre côté de la barrière et découvrez le petit monde du supermarché à travers les yeux d'une caissière." promet le pitch. Un nouveau blook (blog-book) français donc selon l'expression consacrée dont Anna Sam, l'auteur, a gentiment accepté de nous dévoiler les coulisses d'écriture : Lire la suite

mercredi 4 juin 2008

Frédéric Beigbeder donne un premier avis sur "La possibilité d'une île", le film de Michel Houellebecq

"La possibilité d'une île", le film au parcours mouvementé de Michel Houellebecq, adapté de son dernier roman éponyme, n'a pas été sélectionné à Cannes mais Frédéric Beigbeder a pu assister à sa projection en avant-première, il livre un premier avis sibyllin (est-ce vraiment un compliment ?) sur cette réalisation de science fiction qu'il qualifie d'OVNI ("Objet Visuel Non Identifié), "un film étrange, planant, complètement barré, lent, parfois décousu, minéral, en tout cas différent de tout ce qui existe et très éloigné du livre dont il est tiré". Le mystère demeure sur ce film qui devrait sortir sur grand écran en octobre 2008... Lire la suite

mardi 3 juin 2008

Interview de David Foenkinos (dernier roman : Qui se souvient de David Foenkinos ?), Salon du livre 5/6

Suite de nos entretiens avec les auteurs à l'occasion du Salon du livre 2008 avec un entretien éclair avec le sémillant David Foenkinos. Effervescence sur le stand Au Diable Vauvert, lors de la nocturne du 18 mars. Il est aux alentours de 20.00. C'est là que David Foenkinos m'a donné rendez vous pour répondre à mes questions. Même si l'auteur de "Qui se souvient de David Foenkinos ?" (son dernier et septième roman paru à la rentrée littéraire de septembre 2007, sorte d'anti-autobiographie sur le mode parodique, sa marque de fabrique, mais néanmoins plus grave que ses précédents opus, où il s'imagine en écrivain raté à 40 ans, retombé dans l'anonymat après un bref succès, et qui se lance dans la quête d'un nouvelle idée "en or" de roman, une quête du Graal à la fois surréaliste et absurde qui questionne la création littéraire, les caprices de l'inspiration mais aussi la fragilité du succès ou encore les affres existentiels de la quarantaine, la solitude affective sans oublier les femmes, toujours !... ) n'est pas publié chez l'éditeur à l'emblème fourchu, il a choisi de faire "table de dédicaces commune" avec ses confrères et camarades de la nouvelle génération littéraire : Nicolas Rey, Louis Lanher ou encore Julien Blanc-Gras. Stéphane Million de la revue Bordel (et qui vient de fonder sa propre maison d'édition qui porte son nom) est aussi passé rendre visite aux jeunes écrivains. Il nous parle de son actualité du moment ou encore de son expérience de blogueur littéraire sur Livres Hebdo... Un grand merci à lui pour sa disponibilité et sa gentillesse : Lire la suite

lundi 2 juin 2008

Le nouveau best-seller américain ? Un atelier d'écriture issu du Net !

Depuis sa sortie aux Etats-Unis, le 5 février, "Not quite I was planning" (« Pas vraiment ce que j’avais prévu ») caracole en tête du classement de l’une des listes de best-sellers du New York Times. Le concept de ce succès ? Des histoires de vie, narrée en six mots, suite à un concours lancé en 2006 par un magazine américain en ligne, le Smith Magazine. Par le biais de l'un de leurs ateliers d'écriture en ligne, « Vos mémoires en six-mots » (un exercice inspiré d'une nouvelle restée célèbre de l'écrivain américain Ernest Hemingway : « A vendre : Chaussures bébé, jamais portées. »), ils reçoivent en quelques jours, plus de 11 000 contributions ! On se rappelle aussi cette sublime épitaphe de Dorothy Parker en seulement 4 mots : "Sorry for the dust"...

Entre style poétique, humour cynique ou absurdité dérisoire -« Thought I would have more impact. » (« Je croyais que j'aurais plus d’impact », Kevin Clark), « Must remember : people, gadgets. That order », (« A retenir : personnes, gadgets. Dans cet ordre », Brian Lam), « Yes, you can edit my biography. » (« Oui, vous pouvez publier ma biographie », Jimmy Wales)-, l'ouvrage en forme d'anthologie a tout de l'ovni littéraire. Des formules implacables qui ne manquent pas de nous rappeler que finalement l'essence de nos vies tient à peu de choses...

Dernièrement, le magazine invitait ses internautes à participer à un jeu en partenariat avec le magazine Found, spécialisé, lui, dans la collecte de vieilles photos : un cliché par jour à légender... en six mots toujours. Succès assuré ?

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