jeudi 29 janvier 2009
Rentrées littéraires
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En cette rentrée littéraire de janvier 2009, l'enfant terrible des lettres chinoises et icône underground, Mian Mian (devenue entre temps bouddhiste comme sa consœur et rivale de l'époque
Wei hui, étrange tendance !), auteur du scandaleux
"Les bonbons chinois", publie la traduction de son deuxième roman très attendu, "Panda Sex". Une forme très expérimentale qui déroute un peu...
A cette occasion, l'auteur participait à une rencontre lecteurs le 23 janvier dernier au Virgin Megastore des Champs Elysées à Paris dont vous pourrez visionner les vidéos ci-dessous :
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mardi 27 janvier 2009
Littérature intimiste
Moon palace publié en 1990, fait partie des romans majeurs de Paul Auster, écrits lors de sa période littéraire particulièrement fertile aux côté de "La trilogie new-yorkaise", "Le voyage d’Anna Blume" ou encore "Léviathan". Il contient ainsi tous les thèmes et obsessions chers à l’auteur et qui constituent l’essence de son œuvre : New-York, l’errance, la solitude, la folie, les "sortilèges du hasard" (pour reprendre l’expression de Kundera), la quête d’identité, de ses origines (et plus particulièrement du père) et l’introspection. Construit à la façon d’un roman d’aventures décalé et expérimental mâtiné d’une touche fantastique, il nous entraîne dans une « odyssée » urbaine où son (anti-) héros croisera des personnages farfelus et hauts en couleur qui peu à peu le révèleront à lui-même. Un parcours initiatique captivant pour certains, déroutant voire ennuyeux pour d’autres…
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- Paul Auster 
lundi 26 janvier 2009
Humeurs et autres curiosités littéraires
Le hasard de mes lectures m’a conduite à lire simultanément trois romans ("A rebours" de JK Huysmans, "Moon palace" de Paul Auster et "La trilogie sale de la Havane" de Pedro Juan Guttierez) a priori sans rien de commun entre eux, tant par leur époque, leurs thèmes que leur contexte géographique. Et pourtant j’ai réalisé à leur lecture qu’ils étaient tous trois liés, en particulier les deux premiers par un thème central : celui de la solitude.
Suite du
billet avec quelques impressions sur "Moon palace" de Paul Auster et "La trilogie sale de la Havane" de Pedro-Juan Guttierez :
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mercredi 21 janvier 2009
Littérature trentenaires & urbaine

Chef de file d'une nouvelle génération de romancières asiatiques (post-maoïste, celle de Den Xiaoping), Mian Mian a défrayé la chronique en 2000 lors de la parution en Chine de son premier roman
Les bonbons chinois, censuré avant d'être traduit avec retentissement (simultanément avec le superbe "Shangaï Baby" de Zhou Weihui qu'elle a d'ailleurs accusé de plagiat) à travers le monde dont la France en 2001.
Qualifié de "scandaleux" ou de "sulfureux", ce roman est avant tout emprunt de cette poésie asiatique à la fois désespérée et douce qui caresse chaque phrase même lors des scènes les plus violentes.
Roman de l'amour absolu, de l'auto-destruction, des sentiments extrêmes refusant tout compromis, de vies vouées à leur art et à leurs émotions qui prédominent sur toutes les nécessités et de la fuite en avant comme unique mode de vie. Portrait émouvant et intense d'une certaine jeunesse des années 90 au coeur des grandes villes de Chine : de Shangaï à Pékin...
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- Mian Mian 
mardi 20 janvier 2009
Tranches de livres
Ce qui importe pour moi, est l’engagement personnel de l’auteur. Que son livre ait un cœur, du sang, des os. L’auteur doit être physiquement et moralement engagé dans son livre. Je lis trop de livres dont il me semble que les auteurs sont absents…
Avec son second roman, « De l’autre côté de l’été », Audrey Diwan, journaliste et éditrice, signe un récit à la fois surprenant et terriblement dans l’air du temps. Pour cette rentrée littéraire hivernale, la romancière endosse le rôle d’une femme au seuil de la vieillesse qui bouscule sa vie de bourgeoise pour… louer un homme, le temps d’une saison.
L’esquisse...
Eugénie Mars toise la soixantaine. Elle n’en avait pas pris la mesure jusqu’à ce qu’une jeune fille lui cède sa place dans un bus bondé. Un choc pour Eugénie. Une révolte et une prise de conscience l’agitent alors. Depuis des années, au fil du temps, elle a perdu toute envie de vivre : diluée dans une vie tranquille, elle s’est perdue à force de ne pas se chercher. Son mari, Georges, l’a quittée pour une minette de vingt ans de moins qu’elle. Sa fille, Hermine, la méprise et ne rate pas une occasion de lui renvoyer l’image de décrépitude qu’elle véhicule malgré ses piteux efforts. Elle ne sort presque plus de son vaste appartement bourgeois, passe des heures devant la télévision et ne rencontre plus grand monde. Dans ce climat d’incompréhension et d’indifférence, Eugénie souffre d’une solitude inutile. Et ce ne sont pas ses fausses amies de toujours, Marissa et Laure, qui trompent son apathie. Quoique ...
Sans grand désir, Eugénie honore un déjeuner avec ces deux mégères bien comme il faut, restées proches par la force des choses. C’est là que, contre toute attente, elle reprend vie en observant un jeune serveur. Ce qui l’attire chez ce jeune homme, c’est son pas chaloupé et léger quand il marche. Elle ignore tout de lui. Mais qu’à cela ne tienne ! Elle l’affuble d’un prénom, Arnaud et part, par devers elle dans un premier temps, à son assaut. Bien qu’elle se contienne en réprimant ses désirs naissants et en se cramponnant à la bienséance, elle perd quelques secondes le contrôle d’elle-même et propose au jeune homme, sans préméditation consciente, de lui tenir compagnie toutes les nuits, une année durant. Evidemment, cet acte charitable se verra récompensé par un salaire mensuel et une belle enveloppe à la fin de l’été. Ni l’un ni l’autre ne savent à quoi s’attendre, mais prennent le risque de cette année de nuits communes. Arnaud semble déterminé à tirer profit de sa position et à révéler à Eugénie tout ce qu’elle ignore d’elle-même comme de la vie. Même à 58 ans.
La critique [emballée] d’A-Laure B. & Axelle E.
Et bien voilà un de ces romans que l’on a du mal à lâcher une fois les premières pages lues ! L’écriture mêle simplicité et réflexions contemporaines sur la vieillesse : l’émancipation d’une éducation rigide, le poids des héritages familiaux, le droit à l’amour, sont autant de questions qui étayent le récit. En toile de fond les maux, les vices et les injustices d’aujourd’hui, ceux que Bruckner dénonçait il y a quelques années sur le terrain philosophique : la dictature du bonheur et de la jeunesse, les ravages de notre temps et de celui de toujours (celui qui passe !), mais aussi le non-sens ici, l’absurde d’une vie perdue à ne rien faire, ou presque. Et puis tout se retourne, Georges est parti avec une minette ; Eugénie louera un jeune homme…
Evidemment elle a peur de vieillir, elle ne s’était même pas rendu compte, d’ailleurs, que c’était passé aussi vite. Son acte impossible, son achat un rien tendancieux – bien que la sexualité ne soit pas la base du contrat avec Arnaud – est le tour de force qui fait d’elle une femme vivante, intéressante, libre. Pour la première fois Eugénie dit merde aux conventions, elle s’écoute, elle se salit même peut-être, elle tire profit d’une position sociale à laquelle elle était réduite, dans laquelle elle était enfermée. Depuis l’enfance, depuis l’écrasement de sa mère, elle est comme bâillonnée, emprisonnée. Puis elle retourne à la vie. En commettant cet acte scandaleux, absurde, fou.
Un retour qui sonne juste, doucement bouleversant à l’image de l’évolution de sa relation avec Arnaud, qui passe de la raideur contractuelle à une complicité amoureuse. On s’attache étrangement à cette bourgeoise et à ses monologues intérieurs, à ses peurs et ses névroses qu’elle calme à coup de chimie, comme aux espoirs qu’elle ne s’autorise pas à entretenir.
Loin des caricatures et des facilités, Audrey Diwan confirme les talents prometteurs de son premier roman. « La Fabrication d’un mensonge » était déjà doté d’une fine psychologie des personnages, et d’un don évident pour l'intrigue parfaitement ficelée. L’humour, l’ironie et un sens des formules dont l’écrivain faisait aussi montre dans son premier livre, habitent ce côté de l’été. Plus rare : une poésie et un romantisme exempts de mièvrerie font de ce roman une jolie fiction, qui dresse habilement le portrait d’une société en mal d’essentiel.
Singulière rigolade mélancolique que ce pétage de plomb bien sage de la cinquantaine entamée. Audrey Diwan écrit de mieux en mieux, la petite musique ne demande qu’à se faire entendre encore et encore. On aimerait qu’elle écrive des romans moins lents, plus trépidants, pourtant on est pris au jeu du scénar jusqu’au bout : la voix intérieure d’Eugénie nous embarque sans mal dans cette vie de martienne, et la romancière nous mène par le bout du nez.
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lundi 19 janvier 2009
Paroles d'auteurs / éditeurs

Stéphane Guillard, a lancé, il y a 3 ans, sa maison d'édition (littérature générale),
arHsens édiTions, avec son ami Nicolas Kulpa, après une expérience de journaliste et caressé un temps l'espoir de publier son propre roman. A travers 3 collections, il publie de jeunes talents dans des registres variés et contemporains. Il a accepté de nous raconter cette aventure dont il ne mesurait pas l'ampleur de la tâche ! Il nous présente sa ligne éditoriale, comment s'effectue la sélection des auteurs et analyse le rôle d'Internet et des blogs littéraires avant de livrer sa vision de l'édition indépendante :
(photo ci-contre : Stéphane Guillard -à droite-, aux côtés de Nicolas Kulpa son associé)
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vendredi 16 janvier 2009
Internet et littérature
Nouveau repérage d'un blog de talent à découvrir, dans la catégorie blog-bd, ouvert depuis avril 2008.
Entre Lewis Trondheim,
Riad Sattouf et Larcenet, Pierrot est un jeune dessinateur travaillant en agence et vivant en coloc', qui derrière ses airs de loser, de "tricard" et de "no-life" (c'est lui qui le dit !), porte un regard corrosif sur notre société moderne (facebook, les factures, la crise, les économies d'énergie...), n'hésitant pas à tourner en satire ou à détourner l'actualité politique et notre respecté gouvernement... Sans oublier une bonne dose d'autodérision !
Il pourrait être l'alter-ego au masculin de la célèbre
Pénélope Jolicoeur (dont il est lecteur assidu !) dans un style plus engagé.
Recommandé par la blogueuse (et autre esclave du monde des agences de pub)
Simone de Bougeoir (
"parce que j'adore les personnages de losers sympathiques" dit-elle), ce qui n'est pas rien quand on connaît le cynisme de la dame !

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jeudi 15 janvier 2009
Humeurs et autres curiosités littéraires

Dans le cadre de notre rubrique
"BUZZ... littéraire Guest", notre invité Stéphane Million, jeune éditeur indépendant et fondateur de la revue littéraire "Bordel" vous donne rendez-vous mensuellement pour une tranche de vie express sur son nouveau métier et livre son regard de lecteur impénitent sur l'actualité littéraire.
Cette semaine, en cette rentrée littéraire de janvier 2009, il évoque notamment une jeune auteur,
Barbara Israël, dont il publie le deuxième roman très rock "Miss Saturne" (après le remarqué "Pop Heart", qui vient de sortir en poche chez J'ai lu dans la collection "Nouvelle génération"), leur rencontre, leur collaboration et le travail sur la couverture (très graphique !).
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- Stéphane Million 
mardi 13 janvier 2009
Rhétorique amoureuse

Il aura fallu attendre presque 5 ans pour que le fameux recueil de Miss Martin sorte en poche (mai 2008), aux éditions Pocket !
L'occasion de découvrir enfin ce qui se cachait derrière sa "scandaleuse"
petite culotte couverture remplacée ici par une silhouette de femme en ombre chinoise, qui laisse planer le mystère. En fait Bénédicte Martin avait inventé la
microfiction bien avant Régis Jauffret ! Mais contrairement à ce dernier qui fait plutôt dans le noir charbon, la demoiselle préfère au contraire butiner le rose et le rouge. A travers 41 saynètes ou tranches de vie, cette admiratrice d'Anaïs Nin et de Colette nous offre un condensé d'hédonisme, d'insouciance effrontée et de féminité mutine et insolente. A lire comme on se parfumerait d'un flacon à la fois fruité et capiteux, mi-nymphe mi-satyre...
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- Bénédicte Martin 
samedi 10 janvier 2009
Actu/Monde du livre
A l'occasion de la sortie récente de son 40e roman ("Le mystère de Noël"), écrit à 4 mains avec sa fille (Carol), la sémillante Mary Higgins Clark, à qui l'on doit l'invention du "thriller rose" (à base de jeunes héroïnes belles et talentueuses, de crimes mystérieux et d'atmosphère angoissante) et qui a vendu plus de 300 millions de livres dans le monde (elle a reçu en 1980 le Grand Prix de Littérature policière pour "La Nuit du renard"), analyse les raisons de son succès. Cette veuve qui a publié son premier roman à 40 ans passés en écrivant entre 5 et 7 heures du matin avant de conduire ses enfants à l'école, a aujourd'hui 79 ans et toujours pas l'intention de lâcher le clavier !
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jeudi 8 janvier 2009
Humeurs et autres curiosités littéraires
- Sélection billets d'humeur
« Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir. » Pascal, Les Pensées
Le hasard de mes lectures m’a conduit à lire simultanément trois romans ("A rebours" de JK Huysmans, "Moon palace" de Paul Auster et "La trilogie sale de la Havane" de Pedro Juan Guttierez) a priori sans rien de commun entre eux, tant par leur époque, leurs thèmes que leur contexte géographique. Et pourtant j’ai réalisé à leur lecture qu’ils étaient tous trois liés, en particulier les deux premiers par un thème central : celui de la solitude (induisant un ennui vertigineux) sous le signe de Pascal, pionnier des no-lifes littéraires :- )
Le qualificatif "no-life" est apparu avec le phénomène des joueurs de jeux vidéo compulsifs, si je ne me trompe pas. Au Japon (où ils sont particulièrement nombreux), on les appelle des "Otakus". Autant dire qu'à l'époque d'un Huysmans on ne parlait pas en ces termes !
L’écrivain étant un animal solitaire (et tropical ajouterait Guttierez !), ce sentiment est donc assez récurrent en littérature, en particulier chez les romantiques, mais il m’a plus nettement frappée dans ces œuvres :
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lundi 5 janvier 2009
Romans graphiques
Pour cette nouvelle année 2009, nous vous souhaitons des histoires émouvantes, poignantes, envoûtantes... "à dormir debout ou à coucher dehors", comme le dit Miss.Tic à qui l'on emprunte sa plume en forme de bombe, à l'occasion de la sortie d'un beau livre qui lui est dédié : "Miss.Tic, Femme de l'être".

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