Buzz Littéraire
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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

mardi 30 juin 2009

Une conversation avec Nicolas Rey (été 2009)

J'ai rencontré hier Nicolas Rey qui a eu la gentillesse de me convier chez lui afin de faire le point sur son activité littéraire et son actualité.
Ses lecteurs fidèles s'interrogent en effet sur ses projets d'écriture et la sortie prochaine d'un éventuel nouveau roman, après "Treize minutes", "Mémoire courte", "Un début prometteur", "Courir à trente ans" et "Vallauris plage", et l'avoir aperçu récemment en faux commentateur sportif de Roland Garros...

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lundi 29 juin 2009

Les best-sellers vus par les écrivains : Musso et Grisham ("La firme") vus par François Taillandier et Houellebecq

L'appel de la plage et des vacances rime souvent avec le bon vieux gros best-seller que l'on glisse dans sa valise pour distraire les heures de voyage ou de bronzing. Répondant à un cahier des charges bien calibré, il est toujours amusant de décrypter leurs ficelles, surtout lorsque ce sont deux écrivains qui s'y collent. François Taillandier ("Anielka", "La grande intrigue" -vaste saga naturaliste-...) nous décortique le dernier roman ( "Que serais-je sans toi ?") de Guillaume Musso, auteur de thriller sentimental "à la franglaise" tandis que Michel Houellebecq s'amusait à commenter "La firme" de Grisham dans son roman "Plateforme" lors de son séjour "nouvelles frontières" en Thaïlande. Caustique ! Lire la suite

samedi 27 juin 2009

Zoom sur les sélections de livres pour l'été 2009

Comme le veut la tradition, diverses listes de livres pour l'été sont proposées... Lire la suite

vendredi 26 juin 2009

J'ai vu la pièce "Confidences à Allah" adaptée du roman de Saphia Azzedine...

J'ai assisté hier soir à l'une des représentations de la pièce "Confidences à Allah" (au Petit Montparnasse), adaptée du roman éponyme de Saphia Azzedine. L'écrivain publie d'ailleurs son deuxième roman "Mon père est femme de ménage" à la rentrée littéraire de septembre. Pendant la pièce (salle quasi comble), il y a eu pas mal de rires et puis quelques larmes aussi qui s'essuyaient en douce. Il y a eu un homme qui est sorti en maugréant quelque chose en arabe. A la fin, le public applaudissant à tout rompre, a esquissé une standing ovation et gratifié l'actrice de cinq rappels.
Autour de moi j'ai entendu quelques mots : "intense", "incroyable", "poignant".
Je crois que l'on peut dire que c'est un succès.
De mon côté, je n'ai pas vraiment ri, un peu souri parfois, pas pleuré non plus (et pourtant je ne suis jamais la dernière dans ce domaine...).

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jeudi 25 juin 2009

"T'es sur Facebook toi ?": Extrait du nouveau roman de Nicolas Fargues "Le Roman de l'été" (rentrée littéraire septembre 2009)

Dans son nouveau roman, "Le roman de l'été" chez P.O.L, Nicolas Fargues, un des auteurs très attendus de la rentrée littéraire de septembre 2009, choisit de mettre en scène un héros quinquagénaire relativement amer et cynique, le temps d'un été avec sa fille dans le Cotentin. A travers cette comédie de mœurs, il dénonce les dérives de notre époque, confirmant quelques-uns de ses chevaux de bataille déjà observés dans ses précédents opus, en particulier "Beau rôle" qui vient de sortir en poche : les préjugés sur l'apparence, l'ego, la représentation publique, la liberté, les petites jalousies province-paris, l'intégration, le racisme à l'envers, la difficulté de vivre ensemble sans se sentir agressé, le spectre de la réalité étendue et encore de nombreuses réflexions socio-politiques... Le tout fermé par un bel épilogue avec une "surprise" de taille vraiment inattendue ! Bref un roman riche et dense même s'il n'est peut-être pas son meilleur... On pourra lui reprocher de flirter avec les stéréotypes et la caricature à tel point qu'on ne sait plus si l'on est dans la dénonciation du cliché ou le cliché lui-même. Le roman d'un anti-snob qui pourrait bien agacer...
En avant-première, découvrez ce petit extrait sur Facebook qui vient compléter les opinions d'autres écrivains comme Frédéric Beigbeder ou Luis de Miranda Lire la suite

mercredi 24 juin 2009

Trois jeunes auteurs (et blogueuses !) racontent leur première publication : Sonia Rahal, Sophie Poirier et Emeline Bravo

Trois jeunes auteurs, également blogueuses, Sonia Rahal (auteur de "In and out" et du blog "Identités"), Sophie Poirier (auteur de "La libraire a aimé" et du blog "L'expérience du désordre") et Emeline Bravo (auteur de "L’ombre de ton chat" et du blog "De la sexualité des araignées"), âgées de 26 à 38 ans, nous ont contactés et/ou transmis leur premier livre, romans ou nouvelles. Nous leur avons donc proposé de se présenter et de vous raconter l'aventure de leur première publication chez des éditeurs indépendants : depuis l'écriture jusqu'à la recherche d'un éditeur et l'après-publication. Une expérience qu'elles jugent unanimement positive et riche en émotions, qu'elles souhaitent renouveler ! Témoignages :

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lundi 22 juin 2009

Justine Lévy revient après le succès de "Rien de grave"

Cinq ans après le succès et le scandale suscités par son autofiction "Rien de grave" qui racontait notamment comment Carla Bruni rebaptisée Terminator lui avait piqué son ex-mari Raphaël Enthoven, Justine Lévy, fille de Bernard-Henri Lévy s'apprête à publier son troisième roman.
L'auteur devenue maman va publier à la rentrée de septembre son nouveau roman intitulé "Mauvaise fille" (le 23 septembre aux éditions Stock). Selon les premiers buzz, il serait aussi autobiographique que fut son précédent best-seller. Elle y raconte notamment qu'elle a perdu sa mère d'un cancer au même moment où elle donnait la vie à son premier enfant, Suzanne. En outre, elle raconte les siens à sa façon, avec son style, ses mots, ses sentiments... (source : JDD)

Lire la chronique (octobre 2009) : "Mauvaise fille" et "Rien de grave" de Justine Lévy : Itinéraire d'une enfant cabossée

Extraits :
« J'arrive du monde des vivants, j'ai de la pluie accrochée aux cils, j'embrasse maman, elle est brûlante. Ce qui me trouble, ce n'est pas son visage émacié, méconnaissable, c'est son odeur : avant, elle avait un parfum qui... changeait à mesure que l'on s'approchait, c'était comme un secret; maintenant, elle a une odeur. »

« (...) alors je disais merci, merci, je disais merci pour tout de toute façon, c'était comme un tic, ou une manie, tantôt je m'excusais tantôt je disais merci. »

Autour de Boris Vian : "Manuel de Saint Germain des près", "Je voudrais pas crever", Frédéric Beigbeder...

Poursuivons notre balade littéraire sur les traces de Boris Vian dont on fête le cinquantième anniversaire de la mort cette année. Un peu moins connu, son "Manuel de Saint Germain des près" fait actuellement l'objet d'une ré-édition spéciale au Livre de Poche sous la forme d'un coffret avec un CD et un livret illustré sur le même principe que le coffret réalisé pour L'écume des jours. En parallèle le musée des arts et des lettres à Paris nous replonge dans ce célèbre quartier dans les années 45-52 autour de la figure de l'agitateur du "Tabou", la cave où Boris Vian jouait du jazz. De leur côté les éditions Les Allusifs republiaient fin 2008 les poèmes de l'auteur illustrés par une pléiade de dessinateurs. Panorama : Lire la suite

Muriel Barbery réagit aux critiques sur "L'élégance du hérisson"

Alors que Muriel Barbery revient sur le devant de la scène (mais l'a-t-elle vraiment quittée alors que son roman se vend à environ 7000 exemplaires par semaine en France, squatte les palmarès des meilleurs ventes depuis déjà 2 ans et passionne à l'étranger !), avec l'adaptation ciné de "L'élégance du hérisson" qui sort en salles le 3 juillet prochain, il est intéressant de retrouver quelques explications de l'auteur sur certaines "attaques" dont elle a fait l'objet. Entre autres, celles de présenter une vision manichéenne de la société et de véhiculer quelques clichés de classes sociales (bourgeoisie notamment). L'auteur réputée pour sa discrétion médiatique avait tout de même accordé quelques interviews ici et là dont voici quelques extraits : Lire la suite

dimanche 21 juin 2009

David Foenkinos se prépare à la rentrée littéraire avec "La délicatesse"

Sur son blog tenu sur Livres Hebdo, l'auteur toujours aussi prolifique commente la sortie de son nouveau roman "La délicatesse" à paraître lors de la prochaine rentrée littéraire de septembre :
"(...) ces derniers temps, j’ai surtout été focalisé par l’entreprise de peaufinage de mon dernier roman. Au fond, c’est ce qui prend le plus de temps. L’édifice n’est rien sans le positionnement des virgules. Et puis, la dernière étape c’est toujours ainsi : on met tout en doute. Cette phrase, ce passage, ce dialogue : plus rien n’est voué à la certitude. En relisant mon roman, je pensais en permanence à tous les romans que ce roman aurait pu être. Aux autres chemins qu’il aurait pu parcourir, du drame à la bouffonnerie. Il y a dans l’écriture de roman comme une fidélité brutale : le début d’un mariage. On choisit une vie, on est monogame de la virgule, et puis, plus on avance, plus on pense à tous les points-virgules avec qui on pourrait être. Avec qui : on pourrait vivre une parenthèse. On attend la parution, comme un soulagement, comme une façon de se dire : « ça y est, maintenant, tu es dans ton cercueil : on ne peut plus te modifier » Ce roman s’appelle La délicatesse et sortira fin août chez Gallimard, pour la rentrée littéraire". (extrait de son blog)

Françoise Sagan raconte sa "rehab" dans "Toxique", un inédit à paraître

Denis Westhoff, le fils de Françoise Sagan, a confié à Jean-Marc Roberts, le patron des éditions Stock, le soin d'éditer un texte inédit de l'écrivain qui sortira en octobre 2009. Intitulé "Toxique", le texte, sous forme d'un journal raconte sa cure de désintoxication à la morphine qui se soldera par un échec. L'écrivain était devenue dépendante aux médicaments en 1957 après l'accident de voiture qui lui a causé de vives douleurs tout au long de sa vie. L’auteur de Bonjour tristesse y exprime notamment sa peur de la déchéance et de la mort.

Alors qu'elle séjourne dans une clinique spécialisée pour se soigner, elle observe, analyse, décrypte : "la souffrance me diminue", "il y avait longtemps que je n’avais pas vécu avec moi-même", "mon cœur bat trop fort ou pas assez", "tout ce que je fais pour moi est contre moi, c’est assez épouvantable", "je crois que je ne suis plus amoureuse de personne". Mal-être, solitude et folie rôdent autour d'elle. Dans cette épreuve, la littérature (une façon d’écrire, de lire, de vivre) la sauve. Elle convoque Céline, Rimbaud, Proust, Michelet. Ils sont présents à ses côtés comme autant d'anges-gardiens.

Neuf ouvrages de Françoise Sagan seront également être réédités chez Stock, dont la nouvelle Des yeux de soie paru en 1975 et le roman La Femme fardée paru en 1981, et à partir de 2011, Un peu de soleil dans l’eau froide, Un piano dans l’herbe, Le Lit défait… (source : Le magazine littéraire)

vendredi 19 juin 2009

"J'irai cracher sur vos blogs" : Quand les blogs fustigent les blogs...

Un petit tour sur les blogs littéraires nous révèle quelques billets plutôt amers sur la blogosphère, ces derniers temps. Crise d'adolescence ou âge de la maturité ? Toujours est-il que les claviers ne sont pas toujours tendres envers leurs condisciples ! Petit florilège de ces derniers remous... Sans pitié, cinglant et enflammé ! Lire la suite

jeudi 18 juin 2009

Et le hérisson de Muriel Barbery devient film et sort en poche !

Comme nous vous l'annoncions précédemment, le best et long-seller, L'élégance du hérisson de Muriel Barbery (un million cent quarante-six mille exemplaires s'étaient vendus en France fin 2008 à un rythme moyen de 7 500 par semaine selon le Figaro) sort en poche et passe sur grand écran le 3 juillet prochain, sous le titre de "Le hérisson". En avant-première découvrez la bande-annonce de ce film avec dans le rôle titre de la "concierge érudite" Renée, Josiane Balasko, ainsi que les commentaires de sa réalisatrice, Mona Achache, sur cette adaptation littéraire :

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"L’insoutenable légèreté de l’être" de Milan Kundera : « Que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est déjà la vie même ? » (1/2)

« L’insoutenable légèreté de l’être » (titre sublime s’il en est) est le plus célèbre roman de l’écrivain tchèque (émigré en France depuis les années 70) Milan Kundera, publié en 1984 (date qui fait étrangement écho au roman du même nom et qui présente le point commun de dénoncer le totalitarisme) et adapté au cinéma par Philip Kaufman en 1988). Entre le roman et l’essai, la fable et l’allégorie, ce livre inclassable, aux multiples niveaux de lecture, vient nous rappeler, sainement, qu’il n’y a définitivement pas de règle en littérature.
La structure particulièrement originale de cette histoire d’amour multidimensionnelle aux accents politique, philosophique voire métaphysique peuvent parfois dérouter voire rebuter certains lecteurs tandis que d’autres s’extasient au contraire sur sa richesse et la finesse de ses analyses. Retour sur ce livre culte, influence certaine de la nouvelle génération littéraire : Lire la suite

"Confessions d'une accro du shopping" de Sophie Kinsella : Les malheurs d'une "material girl" (+ extraits)

Suite à l'article "Chick lit' : littérature de décérébrée ou comédie de moeurs ?", penchons-nous sur l'un des derniers gros succès en date : "Confessions d'une accro du shopping" de Sophie Kinsella, récemment adapté au cinéma et qui fait l'objet d'une réédition spéciale chez Belfond. Ce premier tome de la série (vendue à plus de 600 000 exemplaires en France) signée Sophie Kinsella, ex journaliste financière (dépressive) s'inspire de son expérience pour nous conter les mésaventures de son héroïne : la facétieuse et dépensière, Becky Bloomwood.
Elle y dessine le portrait d'une jeune londonienne incapable de résister à ses pulsions acheteuses de foulards et autres robes Prada avant de se retrouver totalement surendettée. Signe particulier : ce panier percé exerce la profession de journaliste financière au magazine "Réussir votre épargne". Un paradoxe qui donnera lieu, on s'en doute, à maintes situations désopilantes... Mais pas que ! Lire la suite

mercredi 17 juin 2009

Chick lit' : littérature de décérébrée ou comédie de moeurs ?

Ces trois dernières années ont été marquées par la croissance du rayon dit de "chick lit" (voir dossier), qualificatif peu flatteur pour désigner cette flopée de romans pour filles mettant en scène des héroïnes, en général belle, célibataire et branchée souffrant de défauts "typiquement féminins" tels que le shopping, l'abus de chocolat voire de bières, suivi de complexes et de régimes forcenés ou encore la chasse au bon parti dans le Londres ou le New-York chic...


Photo : Sophie Kinsella et Lauren Weisberger, deux reines de la Chick lit'

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SFR lance le roman sur mobile

Ecrit par le prix Goncourt 1994, Didier van Cauwelaert, Les aventures de Thomas Drimm peut être téléchargé sur plus de 400 types de téléphones mobiles du marché. Après Bouygues Telecom qui a lancé la semaine dernière le téléchargement de mangas, ces célèbres BD japonaises, sur le téléphone mobile, c'est au tour de SFR de lancer le roman feuilleton sur mobile. Pas besoin d'être abonné SFR. Les dix premiers épisodes sont gratuits. Le onzième sera écrit pas les mobinautes, et le meilleur sera sélectionné par un jury. Les dix suivants seront payants, soit 2,90 euros l'ensemble.
Le téléphone mobile commence ainsi à faire irruption sur le marché du livre numérique, un des rares segments en croissance de l'édition. Un futur eldorado que les géants de la distribution et de l'électronique tentent de préempter avec des lecteurs ciblés, de l'américain Amazon et son «Kindle» au Japonais Sony et son «Reader» en passant par le français Booken et son «Cybook». SFR lui-même a testé en fin d'année dernière son lecteur dédié le «eBook» et Orange prépare la sortie de son «Read & Go». (source : Le Figaro)

mardi 16 juin 2009

"L’insoutenable légèreté de l’être" de Milan Kundera : « Que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est déjà la vie même ? » (2/2)

2e partie de notre chronique (voir la première partie) : La délicate articulation/imbrication d’une histoire d’amour avec le contexte politique, « Vivre dans la vérité », une obsession forte de l'auteur, La dimension philosophique : sous le signe de Nietzsche et de Parménide et discussion de sa théorie sur « l’inexpérience terrestre », Une réflexion sur l’art et la beauté, Quelques mots sur l'adaptation cinématographique du roman par Philip Kaufman (avec Daniel Day-Lewis et Juliette Binoche)
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"On ne naît pas homme" : Nancy Huston dénonce la violence "phallophore"

A l'occasion d'une tribune pour le journal le Monde, l'auteur de "Lignes de faille", Nancy Huston décline au masculin le célèbre adage de Simone de Beauvoir, "On ne naît pas femme, on le devient." Après son essai "Professeurs de désespoir" où elle s'attaquait à la littérature "nihiliste", elle analyse ici les ressorts de la violence et de la criminalité, avec virulence... et sans doute un brin de manichéisme. "Oui, il faut avoir un pénis et des testicules pour ainsi charcuter, violer, ouvrir le corps des autres à la machette, au poignard ou à l'épée, les déchiqueter à la mitraillette, les décapiter et jouer aux boules avec les têtes..." écrit-elle, ne manquant pas de déclencher au passage la polémique sur le site du journal... Lire la suite

lundi 15 juin 2009

"J'irai cracher sur vos tombes" de Boris Vian : « Outrage aux bonnes mœurs », L’histoire d’un canular devenu roman culte…

« Il n'y a pas beaucoup d'écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : "Tiens, c'est du Vian !" » nous dit la 4e de couv’ du roman poche. Etrange remarque car justement ce qui frappe, c’est l’incroyable métamorphose de l’auteur qui, avec ce roman, publié sous le pseudo de Vernon Sullivan, change totalement de registre ! C’est un autre Boris Vian radicalement différent (même si l’on pourra reconnaître, après coup, des clins d’œil à son univers) qui se dévoile sous nos yeux stupéfaits, fascinés… ou effrayés. On est loin des petits nuages roses, des souris parlantes et du nénuphar qui pousse dans la poitrine de « L'écume des jours » (écrit et publié juste avant en 1946) avec ce bijou noir serti de gin, de sang, de sexe et de rage… Lire la suite

vendredi 12 juin 2009

Audrey Diwan nous parle de Simone de Beauvoir et de ses romans clé

Le site Dans ma bibliothèque que nous vous présentions récemment vient de publier une interview d'Audrey Diwan, qui n'aurait peut-être pas dû placer son micro sur la bretelle de son débardeur fort échancré..., auteur de deux romans La fabrication d'un mensonge et De l'autre côté de l'été. La jeune écrivain qui cherche à explorer "les particularités de l'âme féminine d'aujourd'hui" dans son œuvre, confie être particulièrement attirée par les beaux personnages féminins. A tous les âges qu'il s'agisse d'une grand-mère truculente comme celle de cette pièce de théâtre, "La Visite de la vieille dame" de Friedrich Dürrenmatt (qu'elle aurait voulu adapter en série TV) ou encore de la célèbre autobiographie de jeunesse de Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, un roman de formation qui l'a accompagné dans son adolescence.
Elle qui partage son temps entre l'activité de romancière et de scénariste propose aussi 2 DVD : La fièvre dans le sang pour le rôle de Pat Hingle qui y est l’incarnation de la femme libre puis Boulevard de la mort et son superbe casting féminin et sa scène de lap-dancing inoubliable. Enfin l’adolescence et l’éveil de la sexualité chez des jeunes filles avec Naissance des pieuvres, "son coup de coeur absolu".

jeudi 11 juin 2009

People et littérature : Brigitte Bardot (par S. de Beauvoir), Britney Spears (par V.Despentes, Nicolas Rey), Anna Nicole Smith (par J.Sorman, F. Bégaudeau...)...

Alors que le Grand Palais expose Andy Warhol et que Pompidou propose une conférence sur Britney Spears comme "incarnation des mutations de la culture de masse", quels sont les liens entre les grandes icônes pop et l'art, plus précisément la littérature. La pop lit' ou comment transfigurer le "people" en matériau littéraire... A l'époque déjà, Simone de Beauvoir avait eu l'occasion de s'exprimer sur le phénomène B.B (le "Lolita syndrom" comme elle l'avait surnommée) car on l'a un peu oublié mais l'actrice était alors l'objet d'une vaste traque oscillant entre haine et adoration (le film "Vie privée" de Louis Malle où elle incarne son propre rôle le montre cruellement allant jusqu'à mettre en scène sa mort due à un flash de paparazzi). La société du spectacle et ses cultes déglingués inspirent régulièrement les écrivains... Lire la suite

mercredi 10 juin 2009

Dites bonjour à l'automate : l'emploi des bibliothécaires menacé ?

Comme tout panier percé qui se respecte, je profite largement du réseau des 58 bibliothèques de Paris pour emprunter mes livres et je dois dire que je suis assez impressionnée par la qualité du service, la richesse de l'offre et son actualisation. Il y a peu de livres que je n'ai réussi à trouver par leur biais, en particulier les livres désormais introuvables dans le commerce (et qui peuvent même être retrouvés en les faisant acheminer depuis la réserve centrale). Autre service fort appréciable : la réservation d'ouvrages déjà empruntés avec l'appel du bibliothécaire à votre domicile pour vous prévenir de sa disponibilité.
Ces derniers mois, l'accent a été mis sur les services informatiques avec un catalogue informatisé accessible depuis Internet qui permet de rechercher tranquillement chez soi, sans se déplacer, les ouvrages souhaités et consulter leur disponibilité. Lire la suite

lundi 8 juin 2009

Les ravages de l’amalgame littérature et politique: Milan Kundera, une victime de plus

On a beaucoup parlé ces derniers temps du grand écrivain Milan Kundera, pour diverses raisons mais jamais les bonnes… Fin 2008, une sombre histoire est brandie : des archives exhumées de nulle part par un journal tchèque, pour qui on ne fera pas de publicité supplémentaire ici, et qui l’accuse ainsi de délation. Les opinions se divisent, certains soutiennent l’écrivain, d’autres l’accusent, se fendent de (très) longs articles, remontant et reconstituant avec force détails tout le parcours « trouble » politico-historique de l’auteur, pour en arriver à la conclusion, implicite ou non, que cet auteur n’aurait jamais dû être admiré comme il l’a été. Pourquoi ? Mais parce que c’est un traître pardi ! Quel rapport avec ses romans, avec la littérature ? Aucun, mais quelle importance ! L’important ce sont les faits, les actes (véridiques ou non, pris ou non dans la complexité de leur contexte) de l’homme dans sa vie. Lire la suite

A quoi pensait Roger Federer ? Une balle de match ré-écrite par Nicolas Rey

A quoi peut bien penser à l'instant fatidique, celui qui est à une balle de devenir enfin champion ? Dans le cadre du "double-jeu" entre Nicolas Rey et Philippe Delerm pendant le tournoi de Roland Garros, c'est ce que s'est amusé à imaginer l'auteur de "Courir à trente ans" dans son ultime chronique (intitulée "Le samouraï") sur la finale de Roger Federer. Ou l'art de transfigurer la victoire en mariage sacré... : Lire la suite

samedi 6 juin 2009

Fête des mères : 7 écrivains élisent leur personnage de "marâtre" préféré en littérature

Richard Ford publiait récemment en poche son roman intitulé sobrement "Ma mère" qui comme son nom l'indique est un portrait épuré de celles que nous fêterons demain. Il tente ainsi de "capter quelque chose qui tient à l’essence de la vie", d'explorer cette identité profonde entre mère et fils en reconstituant, comme un pzzle, son enfance dans l’Arkansas, sa jeunesse turbulente pendant la Grande Dépression et sa vie de femme jusqu'à son cancer. "A-t-on jamais une relation avec sa mère ? Non, je ne crois pas." écrit-il. De son côté, L'Express célèbre les mères à contre-courant en demandant à sept écrivains quel était leur personnage de « marâtre » préféré dans la littérature. Verdict : Lire la suite

vendredi 5 juin 2009

L'attrape-coeurs de J.D Salinger : A quoi tient la magie d'Holden Caulfield ?

C'est un petit livre d'à peine 300 pages, publié discrètement en 1951 par un jeune nouvelliste du New-Yorker encore méconnu : un certain J.D Salinger.
Frédéric Beigbeder lui clame son admiration et a même tenté de rencontrer le vieil écrivain retiré de la vie publique depuis 1965 (cf : son documentaire « L’attrape-Salinger » ; voir ci-dessous son analyse du roman) tandis que récemment un jeune auteur a tenté d’en écrire la suite après avoir été "guéri" en le lisant. Il hante Mel Gibson dans "Complots" qui voit en lui la seule façon d'apaiser ses angoisses ou inspire Indochine (« Des fleurs pour Salinger »)... Mais quel est le secret de ce mystérieux livre culte, vendu à plus de 60 millions d'exemplaires et qui a ouvert la voie à toute une nouvelle littérature ? Une "grande histoire", un "souffle historique", une "vision du monde", un "engagement politique"... ? Non, « juste » l'histoire d'un gamin… Lire la suite

jeudi 4 juin 2009

"De l'inconvénient d'être né" de Cioran : "Rien n'est tragique, tout est irréel"

Influence et référence de nombreux auteurs contemporains, Michel Houellebecq en tête et ami de Gabriel Matzneff, Cioran (décédé en 1995) fait partie de ces auteurs dits inclassables. Ce « professeur de désespoir » selon l’expression de Nancy Huston*, préférait le terme penseur à celui d’écrivain ou de philosophe ou mieux, de "philosophe hurleur" ! D’origine roumaine, il s’est mis à écrire directement en français (avec une maestria lyrique) à partir de 1949 (pour son livre « Précis de décomposition »). Longtemps cantonné à une audience confidentielle, vivant en marge de toute mondanité dans sa mansarde du Quartier Latin, ce n’est que dans les années 70, avec le développement du livre de poche, que ses bréviaires de désespoir se vendent comme autant d'évangiles, le transformant en légende vivante. Même s’il est aussi accusé de reprendre, sans originalité, les moralistes français du XVIIe ou encore les idées nietzschéennes et bergsoniennes… « De l’inconvénient d’être né », son 14e livre considéré comme le plus marquant, publié en 1973, se présente comme un essai existentiel sous forme de fragments de pensées incisives («L’avantage de l’aphorisme, c'est qu'on n'a pas besoin de donner des preuves. On lance un aphorisme, comme on lance une gifle.» disait l’auteur)… Autant d’éclairs de lucidité ou de démence (l’un flirtant sans cesse avec l’autre !)…, souvent effroyablement justes, parfois excessifs. "J'adhère à chaque mot de ce livre qu'on peut ouvrir à n'importe quelle page et qu'il n'est pas nécessaire de lire en entier" avait commenté l'auteur à son sujet. Habité par le désespoir, le nihilisme, le scepticisme et l’humour de cet auteur tourmenté et suicidaire, cet ouvrage est un plaidoyer iconoclaste pour la « non existence » et la « non conscience » et de façon plus générale un appel au détachement et au renoncement : Lire la suite

Interview de Douglas Kennedy (Quitter le monde) : "La vie quotidienne c’est un vernis très fragile." / "L'ennui est un pêché mortel !"

Impossible d'échapper au buzz autour de Douglas Kennedy, "le plus français des écrivains américains" (traduit dans 21 langues mais inconnu aux Etats-Unis !) et accessoirement fabriquant officiel de best-sellers. Creusant le sillon du roman dit populaire à tendance intimiste et (pseudo ?-) existentialiste, l'auteur de "La poursuite du bonheur", loin d'être un styliste, bénéficie néanmoins d'une image un peu plus noble qu'un Marc Lévy. A travers ses grandes sagas, il dessine le destin d'hommes ou de femmes en rupture avec leur milieu familial, souvent en fuite et en quête d'eux-même avec au milieu en général un grand rebondissement qui fait s'écrouler tout ce qu'ils avaient tenté de reconstruire... Bref une mécanique romanesque bien huilée et efficace comme on dit. C'est de nouveau son talent de "storyteller page-turner" qui est à l'œuvre dans son dernier opus : "Quitter le monde" (tiré à 200 000 exemplaires ; tirage moyen d'un roman en France: 3000), que la critique n'a pas hésité à considérer comme son meilleur roman, mais aussi l'un des plus noirs. L'écrivain affable donnait une interview intéressante à la chaîne LCI, à ce sujet :

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Après Sex and the city, Candace Bushnell décrypte le début du XXIe siècle côté Fifth avenue...

Dix ans après Sex and the City, Candace Bushnell revient avec "Cinquième avenue" et diagnostique les symptômes de l’époque à travers les habitants d’un riche immeuble new-yorkais. Un nouveau roman jugé "addictif" par Nelly Kaprièlan, critique du Journal Les inrockuptibles, qui n'hésite pas à le qualifier comme "son meilleur roman" et à le comparer à un "Balzac qui s’hybriderait avec Friends".
Avec l'œil sociologique aiguisé qui avait fait le succès de Sex and the city, Bushnell saisit le début de notre XXIe siècle, ses désillusions, ses illusions, ses nouveaux instruments sociétaux (iPhone, blogs et hedge funds). Lire la suite

Quand Roland Garros inspire les auteurs : Nicolas Rey, Philippe Delerm, Dupuy-Berberian

Les auteurs transforment leur stylo en raquette le temps du tournoi de Roland Garros et nous livrent des textes inspirés des matchs et de l'ambiance du Central. Nicolas Rey, Philippe Delerm ainsi que le duo de dessinateurs Dupuy-Berberian se sont prêtés au jeu... set et match !
Chaque jour, du 28 mai au 7 juin, ils portent « Un Autre Regard » drôle, émouvant ou même cynique sur les matchs écoulés. Outre leurs billets d'humeur, on pourra apprécier plus particulièrement les questionnaires thématiques auxquels les écrivains ont répondu. Les réponses de Nicolas Rey (qui rêve de voir Federer gagner, "question de style" écrit-il) suivies de celles de Philippe Delerm : Lire la suite

mardi 2 juin 2009

"L'Ecume des jours" de Boris Vian : L'adieu à la lumière...

L’Ecume des jours fait partie des bides littéraires de l’année 1947… Eh oui, passé presque inaperçu lors de sa sortie, il faudra attendre 1963 et sa ré-édition chez 10/18 pour que le roman (devenu film en 1968) devienne culte. Publié à l’âge de 26 ans, il tire son inspiration d’une multitude de sources à commencer par le jazz de New Orleans (seul représentant de la jazz lit’ !) mais aussi la maladie de sa femme Michelle, son travail ennuyeux et répétitif en tant qu’ingénieur pour l’AFNOR mais aussi de la lecture de Faulkner (en particulier « Moustiques »), les bayous et marais du bas Mississipi, PG Wodehouse, Lewis Carroll, Queneau, Mac Orlan…, ou encore le cinéma américain et les dessins animés, sans oublier l’existentialisme sartrien… A travers ce prisme, Boris Vian revisite avec inventivité le classique adieu à la jeunesse et surtout une poignante histoire d’amour qui commence comme une comédie musicale et finit en tragédie… Un conte écrit comme une partition enchantée, qu'il est intéressant de relire à l'occasion de l'anniversaire de la mort de l'auteur et de son entrée à la Pléiade : Lire la suite

Crash ! de J.G Ballard dérange-t-il encore, plus de 30 ans après ? La mécanique des corps

James Graham (J.G) Ballard, l'un des chefs de file de la nouvelle fiction britannique dans les années 60 (avec Aldiss, Brunner ou Priest) nous a quittés en avril dernier. Artisan du renouveau stylistique et thématique de la science-fiction ("speculative fiction"), il invente une narration très visuelle inspirée du cinéma. Ballard disait vouloir « photographier la psychologie du futur », collision apocalyptique entre la technologie la plus avancée et les instincts les plus primitifs. Taxés de scandaleux, ces romans visent surtout à explorer le devenir de l’homme et de son corps dans un monde dominé par la machine. Et à dénoncer "un monde brutal aux lueurs criardes qui nous sollicite de façon toujours plus pressante en marge du paysage technologique.", selon l'auteur.
Publié en 1973, Crash !, premier tome (choc) de la trilogie du béton, en est sans doute le plus emblématique et le plus controversé… Lire la suite

Vous souvenez-vous de Claire Legendre et de Lola Gruber ?

Les jeunes auteurs se succèdent, écrivent parfois un roman remarqué et puis tombent plus ou moins dans l'oubli... C'est un peu le cas de la jeune Claire Legendre qui avait fait scandale il y a quelques années, avec son deuxième roman choc "Viande", alors qu'elle n'avait que 20 ans, aussitôt classée dans la catégorie des jeunes auteurs trash aux côtés d'une Virginie Despentes. Lire la suite

La suite de "L'attrape-coeurs" (Salinger) : bonne nouvelle ou sacrilège ? Salinger lance un procès !

Holden Caulfield, le héros de l'Attrape-coeurs, gamin en fuite, attachant et mélancolique, peut-il vieillir ? A cette question, la réponse est malheureusement oui puisque un écrivain américain d'origine suédoise, John David California, âgé de 32 ans, vient d'écrire la suite du roman mythique de J. D. Salinger. Sacrilège ou bonne nouvelle ? A vous de juger... Pour J.D Salinger, c'est tout vu : il vient de lancer un procès contre le jeune "imposteur" ! Lire la suite

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