Buzz Littéraire
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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

jeudi 29 octobre 2009

Faire l’amour - Fuir - La vérité sur Marie (PRIX DECEMBRE 2009) : Trilogie du (dés)amour par Jean Philippe Toussaint /

Jean-Philippe Toussaint compte parmi les auteurs contemporains phares des éditions de Minuit aux côté de Jean Echenoz, Marie N’Dyae ou encore Eric Chevillard, revendiquant haut et fort leur exigence littéraire. C’est plus particulièrement avec son 1e roman « La salle de bain » (1985, qui compte parmi les livres cultes de David Foenkinos) puis son 8e « Fuir », prix Médicis 2005 qu’il connaît une certaine notoriété. Ce dernier est la suite de son précédent opus « Faire l’amour » (2002), qu’il complète en cette rentrée littéraire 2009 de « La vérité sur Marie », clôturant cette trilogie alors que les deux premiers sortent en poche (chez Double).

Considéré comme héritier du nouveau roman (Robbe-Grillet notamment), cet écrivain d’origine bruxelloise également cinéaste et plasticien, dit vouloir « construire des rêves de pierre »* selon l’expression baudelairienne, révélant un monde où s’entrecroisent visions, fantasmes et réflexion existentielle. D’une œuvre à l’origine portée par un certain comique par l’absurde et philosophie du quotidien il est désormais passé à une œuvre plus esthétique voire esthétisante… « Insipide et ennuyeux » pour certains, il est porté au pinacle par d’autres (dont le New-York Times qui regrette d’avoir attendu 20 ans pour qu’il soit traduit). Retour sur ces trois œuvres et sur le style singulier de cet auteur que l’on appréciera… ou pas : Lire la suite

Alexandre Jardin vu (démoli) par Eric Chevillard...

Les polémiques et autres attaques assassines (pour la cible) et souvent jouissives (pour les auditeurs/lecteurs) sont le propre du milieu littéraire. "L'art de la méchanceté" comme l'écrivait le magazine littéraire dans son dossier sur le thème des haines d'écrivains. "C'est l'arme la plus étincelante de la raison contre la puissance des ténèbres et de la laideur. La méchanceté (...) est l'esprit de la critique, et la critique est à l'origine du progrès et des lumières de la civilisation" faisait même dire Thomas Mann à l'un de ses personnages dans "La montagne magique". C'est ainsi qu'Eric Chevillard avait suscité l'enthousiasme avec son pamphlet sur le pauvre Alexandre Jardin qui vient de publier la suite de Fanfan, son grand succès (Quinze ans après). Intitulé "Le tombeau d'Alexandre Jardin" et publié à l'origine dans la revue Hesperis en 2000 (sous la houlette de Pierre Jourde, spécialiste du genre s'il en est !), cet article sarcastique prenait pour prétexte la lecture de son roman "Autobiographie d'un amour". Extraits : Lire la suite

jeudi 22 octobre 2009

Les 60 meilleurs livres de ces 60 dernières années élus par les Anglais

Dans la série des listes et des palmarès, le Times a récemment demandé aux anglais d'élire leurs 60 meilleurs livres de ces 60 dernières années. Voici les heureux élus arrivant en tête de liste révélés par le journal en octobre 2009 : Lire la suite

lundi 19 octobre 2009

"Mauvaise fille" et "Rien de grave" de Justine Lévy : Itinéraire d'une enfant cabossée

Justine Lévy, fille de Bernard-Henri Lévy, a été révélée en 2004 au grand public par son désormais fameux deuxième roman "Rien de grave", cri de détresse d'une jeune-femme quittée par son mari, entre réminiscences, deuil de son amour de jeunesse, blessures familiales, fuite (artificielle...) et affrontement d'une réalité trop douloureuse... Salué par la critique et les lecteurs pour son écriture "inventive", "brute" et "émouvante", le buzz (vendu à 110 000 exemplaires en moins d’un mois, traduit en anglais et allemand) dont a bénéficié l'ouvrage provient à l'origine de sa source d'inspiration (Carla Bruni, rebaptisée Terminator dans le livre, avait alors fait main basse sur son ex-mari Raphaël Enthoven). En 2008, l'opus à peu près oublié, connaissait d'ailleurs un regain d'intérêt, rattrapé par l'actualité de la première dame de France. « Nous avons vendu autant d'exemplaires en un mois que durant toute l' année 2007: c'est-à-dire 15 000 exemplaires », dit-on au Livre de Poche, qui a dû procéder à des réimpressions. Très attendu son nouveau et troisième roman "Mauvaise fille" -sélectionné pour le Goncourt- a d'ores et déjà emballé la critique. Même Yann Moix, rarement tendre, en faisait l'éloge dans sa chronique pour Le Figaro ("Un monstre à deux têtes") : "Ce livre, semblable à aucun autre et qui s'insinue durablement dans les veines, ce livre où le cancer est assimilé à un enfant et où l'enfant fait figure de cancer, est un des plus profonds, un des plus beaux que j'ai lus depuis longtemps."
La mère, personnage omniprésent dans son œuvre depuis son premier roman « Le Rendez-vous » est de nouveau au cœur de son texte. Une mère mourante tandis que sa fille "(re)naît" mère : tout un symbole, entre la vie et la mort, les doutes et la culpabilité, que l'auteur explore ici. Un récit sensible mais encombré de quelques maladresses et règlements de compte pesants... : Lire la suite

vendredi 16 octobre 2009

"Le livre de Jérémie"/ "Sarah" de J.T Leroy : 4 ans après l'imposture, que penser du "surdoué" de la littérature américaine ?

Surgi de nulle part en 2001 et immédiatement proclamé comme le nouveau jeune prodige de la nouvelle génération littéraire américaine, J.T Leroy (J comme Jeremiah, et T pour... Terminator !) fascine autant qu'il intrigue. Tant par ses histoires troubles, sulfureuses et violentes, son style à la fois brut et poétique que son personnage, celui d'une créature postmoderne branchée pétrie de pop-culture, icône underground (un jeune-homme androgyne ne sortant jamais sans sa perruque blonde et ses lunettes noires). Porté au pinacle par les grands noms de la littérature, de Chuck Palahniuk à Dennis Cooper en passant par Mary Gaitskill et vénéré par le réalisateur Gus Van Sant (avec qui il a co-écrit le scénario de Elephant) Lou Reed ou encore Garbage (qui lui a dédié deux morceaux), ces deux premiers opus "Sarah" et "Le livre de Jérémy" (adapté au cinéma en 2004 par Asia Argento) accèdent très vite au rang de livres culte. Mais en 2005, le New-York Times révèle que le jeune surdoué serait en réalité une quadragénaire mal dans sa peau : Laura Albert. Le mythe s'écroule et le scandale éclate...
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Nouveau roman de Nicolas Rey pour les 10 ans des éditions "Le Diable Vauvert" et nouvelle sur Disneyland...

Nous vous donnions en juin dernier quelques nouvelles de Nicolas Rey (actuellement sur France Inter dans l’émission de Pascale Clark, "Comme on nous parle" et sur TPS). A cette époque, ses projets d'écriture étaient au point mort. Mais voici que cet été, un regain d'inspiration a donné naissance à un nouvel ouvrage qui vous expliquera notamment l'absence trop longue de l'écrivain sur la scène littéraire. Intitulé "Un léger passage à vide", il sera publié le 5 janvier 2010 aux côtés d'une pléiade de romans des auteurs emblématiques du Diable Vauvert qui fête ses 10 ans. Il a aussi écrit une nouvelle sur Disneyland pour un recueil publié chez Flammarion aux côtés d'autres jeunes auteurs. Lire la suite

"Cette camisole de flammes" de Gabriel Matzneff : journal d'un jeune-homme rebelle [1953-62]

L'adolescence, la jeunesse dorée sont des thèmes dont nous avons parlé en cette rentrée littéraire 2009. Ils sont aussi au cœur de ce premier tome des journaux, ses "carnets noirs" comme il les a baptisés, de Gabriel Matzneff. Un auteur aujourd'hui boycotté par les médias (mais bénéficiant toujours d'une communauté de lecteurs très active et du soutien de quelques auteurs contemporains) après un certain âge d'or dans les années 70-80. En cause sa pédophilie ouvertement revendiquée qui s'affirme déjà dans ce premier journal. Il est donc toujours difficile de lire Matzneff pour cette raison et encore plus d'avouer une admiration pour la force de son style ou de ses idées, sa liberté, ses obsessions... "Une œuvre qui suscite admiration et débat, scandale et fascination", comme le résume à juste titre son éditeur. Car si ses actes peuvent parfois révolter, on ne peut lui enlever le courage (ou l'inconscience ?) de toujours les assumer et de ne jamais rien renier ("Mieux vaut périr en restant soi-même que prospérer en se reniant..." écrit-il d'ailleurs en guise de philosophie de vie). Entre 16 et 25 ans, on retrouve en germe tous les thèmes qui habiteront ces futurs tomes ("A seize ans, j'étais pour l'essentiel celui que je suis aujourd'hui", écrit-il en préface). Sa noirceur peut-être à son paroxysme, sans cesse concurrencée par son appétit, son ardeur pour la vie et de ses plaisirs. Entre tentation du suicide et hédonisme. C'est le deuxième qui l'emportera. On dévore ce journal qui insuffle une énergie à la fois sombre et lumineuse : c'est d'ailleurs ce qui est étonnant chez cet auteur, sa personnalité à la fois angélique et perverse, "l'archange aux pieds fourchus" comme il a intitulé un autre tome de ses journaux. Oscillant en permanence entre la pureté par son goût de l'absolu et l'égocentrisme cynique.
Une œuvre "nocturne et solaire" qui doit faire taire, une bonne fois pour toutes les détracteurs du "nombrilisme" en littérature (expression qui ne veut rien dire et qu'il analyse d'ailleurs avec brio) mais qui n'est pas à mettre entre toutes les mains... Lire la suite

jeudi 15 octobre 2009

Sarko au secours des filières littéraires : les mal-aimées de l'entreprise ?

Notre président de la république, Nicolas Sarkozy, fustigé pour sa discrimination littéraire au sujet de la désormais fameuse affaire de la princesse de Clèves, opère depuis un volte-face à 180°. Bouquinant Proust pendant ses voyages diplomatiques, déclarant ses lectures sur sa page Facebook, il vole au secours aujourd'hui des filières littéraires qui souffrent de dévalorisation professionnelle : Lire la suite

mardi 13 octobre 2009

"Putain" de Nelly Arcan : "(...) il faut être deux pour jouer à ce jeu là, un pour frapper à la porte et l’autre pour l’ouvrir"

En septembre 2009, il y a tout juste 1 an, le milieu littéraire était bouleversé par la mort tragique de l’écrivain québecoise Nelly Arcan, suicidée dans son appartement de Montréal à l’âge de 36 ans. Même Maurice Dantec lui rendait alors hommage en décrivant son oeuvre comme "une bizarre expérience apophatique" (voir ci-dessous*).
Cette jeune-femme à la blondeur Marilyn très médiatique a rapidement marqué les esprits par son image provocante au point de faire parfois oublier les textes qui se cachaient derrière son visage. Et ce drame, le rapport conflictuel à son physique écrasant et son rapport violent aux hommes, est au centre de son œuvre, avec un poids… morbide. Il éclate dés son premier roman choc « Putain » en 2001 qui la révèle. Traumatisée par le diktat de la beauté et de la jeunesse, elle y développe sa vision très noire de la féminité et de la société ainsi que son approche sans détour du commerce du corps dans ses aspects les plus sordides. Mais aussi ses fêlures intimes, familiales notamment. Elle disait avoir choisi les titres phares de ses deux premiers romans, « Putain » et « Folle », parce qu'ils sont les qualificatifs les plus employés dans l’Histoire pour parler des femmes.
Rattachée au courant de l’autofiction, cette étudiante inconnue avait été publiée par Le Seuil après avoir envoyé son manuscrit par la poste. Alors que son éditeur publie un dernier recueil de 3 récits regroupé sous le titre "Burka de chair", revenons sur son premier roman phare : Lire la suite

lundi 12 octobre 2009

De "Mille morceaux" à "L.A Story" : James Frey, écrivain de la modernité et des névroses urbaines

Devenu célèbre et porté aux nues suite à l'émission d'Oprah Winfrey en 2003, célèbre talk show américain réputé pour son effet prescripteur, avant d'être traité comme un pestiféré, James Frey est avant tout connu par le scandale qu’il a suscité lors de la sortie de son premier roman « Mille morceaux ». Objet du courroux : l’histoire de sa rehab pour sortir de sa double dépendance à l’alcool et au crack, qui serait trop librement inspirée de la réalité. En résumé, l’écrivain est condamné parce qu'il aurait « trop romancé»... Au-delà de cette polémique stérile, il est intéressant de se pencher sur l’œuvre de cet écrivain considéré comme « le livre sur la toxicomanie le plus intense de sa génération » par Bret Easton Ellis himself, dont certains le considèrent comme son digne héritier. Entre calomnie et éloge, tous deux disproportionnés, revenons sur cette première œuvre controversée jusqu’à son dernier opus paru en cette rentrée littéraire L.A Story : Lire la suite

"Fanfan" d'Alexandre Jardin : « La passion expire quand l’espérance est morte »

Publié en 1990, « Fanfan » est le 3e roman d’Alexandre Jardin, écrivain précoce qui n’avait alors que 25 ans. Tout juste auréolé du prix du premier roman pour « Bille en tête » et jeune diplômé de sciences-po, il est finalement l’un des précurseurs non avoués de ces héros bobos à mi chemin entre Peter-Pan et le prince charmant, qui ont ensuite fleuri dans les romans de Florian Zeller, David Foenkinos, Nicolas Rey ou encore Frédéric Beigbeder qui publiait la même année que Fanfan, ses mémoires d’un jeune-homme dérangé (7 ans plus tard il écrit « L’amour dure 3 ans », également sur le thème de l’usure inéluctable des sentiments). Un romantisme moderne qui lui aura valu le succès mais aussi bon nombre de sarcasmes. Moqué pour sa « mièvrerie », son style « mielleux » ou encore « prétentieux », il est aussi plébiscité pour son inventivité et l’humour de ce conte d’amour contemporain, emprunt d’autoficton (notamment sur ses études et milieu familial). Retour sur son roman phare à l’occasion de la sortie de la suite « Quinze ans après » : Lire la suite

mercredi 7 octobre 2009

"Joséphine 2" de Pénélope Bagieu : "Le bonheur c'est comme les abdos ça se travaille !" (dédicace)

Mais qu'attendaient donc toutes ces jeunes-filles, femmes en ballerines et jean slim ou leggings, sagement alignées, un précieux manuel bleu turquoise serré contre elles, dans un magasin de lingerie de la rue de Rennes, vendredi dernier ?

Non ce ne sont ni Marc Lévy ni Amélie Nothomb, coutumiers de ces files d'attentes interminables, qui sont ainsi attendus mais une célébrité de la blogosphère... La fameuse Pénélope Bagieu, blogueuse, illustratrice et auteur, qui est apparue timidement en talons hauts et corsage fifties, fidèle à ses héroïnes si féminines. Au programme : séance de dédicace chez Etam pour qui elle a dessiné une collection de lingerie, à l'occasion de la sortie du tome 2 des aventures de Joséphine. Penchée consciencieusement sur son pupitre-commode, elle s'est appliquée à dessiner pour chacune de ses fans un petit souvenir personnel sur leur exemplaire. Un nouvel opus aussi réussi que le premier ! Lire la suite

lundi 5 octobre 2009

Fiction ou réalité : Les écrivains doivent-ils se justifier (et s'excuser) ?

S’il y a bien une question qui m’agace plus que tout lorsque je lis l’interview d’un(e) écrivain c’est le fameux et incontournable interrogatoire sur "la part de vécu" dans l’œuvre, autre variante "la part de ressemblance entre le narrateur/héros et l’auteur" ou plus directement "la part autobiographique". Questions qui peuvent parfois se cumuler/chevaucher afin de débusquer, dépouiller, départager, avec un voyeurisme obscène et quasi-policier, le vrai du faux. Traquenard duquel le malheureux essaie de se sortir en général par une pirouette citant alternativement le « Madame Bovary c’est moi » de Flaubert ou encore le « mentir vrai » d’Aragon. Lire la suite

24 secondes dans la vie de Stéphane Million, éditeur [BUZZ... littéraire Guest] #8

Dans le cadre de notre rubrique "BUZZ... littéraire Guest", notre invité Stéphane Million, jeune éditeur indépendant et fondateur de la revue littéraire "Bordel" vous donne rendez-vous mensuellement pour une tranche de vie sur son nouveau métier et livre son regard de lecteur impénitent sur l'actualité littéraire.
Cette semaine, il nous livre son bilan de la rentrée littéraire de septembre : celle des autres, les petites polémiques, les livres qu'il retient, qui l'ont touché..., et la sienne en tant qu'éditeur... Lire la suite

vendredi 2 octobre 2009

Alexandre Jardin recycle ses fonds de tiroir : la suite de Fanfan (Quinze ans après)

Il y a 15 ans, un jeune auteur s'imposait sur la scène littéraire avec son troisième roman, Fanfan, qui tentait de conjurer la prédiction beigbedérienne de "l'amour dure 3 ans". Pour enrayer l'usure inéluctable du sentiment, son héros décidait de rester éternellement dans le prélude amoureux, de résister au passage à l'acte... "Sauver le déclin de la passion" ! Un joli conte qui a fait la renommée d'Alexandre Jardin, adapté au cinéma avec Sophie Marceau et Vincent Pérez. Un peu moins plébiscité aujourd'hui, l'auteur tente de surfer sur ce succès d'hier et sort une suite : "Quinze ans après". Une bonne idée ? Lire la suite

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