Buzz Littéraire
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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

lundi 30 novembre 2009

"La route" de Cormac McCarthy, « Marchant sur le monde mort comme des rats tournant sur une roue »

Estampillé officiellement « Géant des lettres américaines » (aux côtés des Norman Mailer, Philipe Roth, Don DeLillo et autre Thomas Pynchon…), et prix Pulitzer 2007 avec « La route », Cormac McCarthy est renommé pour ses romans à la métaphysique âpre et sombre sur une humanité maudite, vouée à l'errance et à l'exil. Un auteur tellement encensé que l’on ose plus vraiment formuler de critiques autres que laudatives... Un petit tour des blogs nous donne déjà un aperçu des louanges chantées sur tous les tons de son dernier roman : « une fable biblique et brûlante qui vous dévaste » (plus glaçante que brûlante d’ailleurs au passage !), « la chronique extrêmement poignante d’un après pulvérisé et sauvage », « ce lent et inéluctable naufrage, d’une froideur absolue, totalement dédramatisé », « un récit crépusculaire impressionnant de justesse », « une expérience terrifiante, époustouflante, foudroyante, hors du commun… , « l'écriture envoûtante d’un récit abrupt » ou encore « l'alliance parfaite de la forme et du fond ».

Alors que sort sur grand écran son adaptation signée John Hillcoat, revenons sur les pas de cette route qui peut malgré tout décevoir au tournant... : Lire la suite

jeudi 26 novembre 2009

Colum McCann et National Book Award, fin de l'âge d'or de la littérature américaine, Cormac McCarthy au ciné, écrivains sponsorisés par Disney... : le buzz des blogs

Plusieurs actualités littéraires ont agité (plus ou moins) récemment le petit monde des blogs littéraires. De Colum McCann fustigé ou porté aux nues en passant par la dénonciation marketing du recueil de nouvelles autour de Disneyland édité par Flammarion ou encore l'adaptation cinématographique du multi-acclamé et prix Pulitzer 2007 "La route" de Cormac McCarthy (qui sort le 2 décembre prochain sur grand écran)...
Polémique, déception ou critique acerbe..., petit tour d'horizon des billets chauds de la blogosphère : Lire la suite

lundi 23 novembre 2009

Petite discussion entre écrivains : Quand Frédéric Beigbeder rencontre Nicolas Fargues...

L'un pourrait être le chef de file de la littérature nouvelle génération, tout auréolé du prix Renaudot 2009 et l'autre son petit frère de lettres, sept années les séparant. Buzz littéraire a réuni ces deux écrivains dont les univers et styles nous semblaient converger jusqu'aux titres de leurs derniers romans respectifs qui se font écho, "Un roman français" et "Le roman de l'été". Comme l'a souligné l'auteur de 99 francs : "Nous avons en commun d’appartenir à ce monde que nous tournons en dérision à travers des dialogues comiques, en jouant avec le langage et les codes de notre époque. Je suis peut-être plus cynique tandis que Nicolas est plus lucide avec des nuances."

La conversation a donc été immédiatement fluide entre ces deux auteurs qui se connaissaient, se suivaient de loin. Un entretien riche qui dévoile leurs points communs et où ils échangent sur leur approche de l’écriture, la nostalgie des années 70/80, le name-dropping, leurs voyages, « la chaleur » en littérature, l’émotion, la précision, les générations, la violence mais aussi la société française, l’histoire ou la langue... On ne les arrête plus ! Lire la suite

24 secondes dans la vie de Stéphane Million, éditeur [BUZZ... littéraire Guest] #9

Dans le cadre de notre rubrique "BUZZ... littéraire Guest", notre invité Stéphane Million, jeune éditeur indépendant et fondateur de la revue littéraire "Bordel" vous donne rendez-vous mensuellement pour une tranche de vie sur son nouveau métier et livre son regard de lecteur impénitent sur l'actualité littéraire.
Cette semaine, il nous commente la saison des prix littéraires qui s'achève : du prix Goncourt au Renaudot... Mais pas un mot sur le prix de Flore... Corrosif ! Lire la suite

vendredi 20 novembre 2009

Le malaise pédophile et la littérature (autour de Gabriel Matzneff, Marie Darrieussecq, Garcia Marquez...)

Mise à jour 20/11/09 : la chronique (polémique ?) de Frédéric Beigbeder, "De la pédophilie en littérature" (ci-dessous en commentaire n°13)
Le 2 octobre dernier, l’émission « Vous aurez le dernier mot » animée par Franz-Olivier Giesbert recevait l’écrivain Gabriel Matzneff boycotté depuis des années par les plateaux TV, et dans une moindre mesure par la presse écrite. J'ai découvert cet écrivain il y a quelques années par l'intermédiaire de quelques voix, celles de Frédéric Beigbeder ou encore Nicolas Rey qui l'ont toujours défendu, avec un certain enthousiasme je dois bien l'avouer. Sa pensée vivifiante et iconoclaste (fortement nourrie des philosophes antiques, de Schopenhauer ou encore de Nietzsche en passant par Dumas ou Dostoïevski....) servie par une plume sensible et poétique, un certain humour, m'a beaucoup touchée, secouée même. Je le compte parmi les auteurs qui m'ont vraiment fait avancer. Etrangement, bien que n'ayant a priori rien de commun avec lui -hormis une origine russe dans laquelle je n'ai en revanche jamais baigné-, je me reconnais ou j'adhère souvent à ses idées, son approche de la vie, du monde professionnel, ses analyses sur la religion, l'humain ou la société. Je rejette en revanche irrémédiablement sa part obscure : son penchant, son obsession même pour la jeunesse, l'extrême jeunesse. Je suis régulièrement choquée, dégoutée lorsque je lis les passages qu'il consacre à cette "passion" dans tous ses ouvrages, journaux, romans ou essais. Et ce malgré l'admiration que je peux lui porter par ailleurs.

L'émission de Giesberg avait pour thème l'évolution des mœurs et plus particulièrement "les nouveaux tabous". Il est vrai que dans les années 70, l'auteur pouvait librement défendre sur une émission à grande écoute telle qu'Apostrophe, l'amour fait à des enfants. Matzneff y disait notamment "Il y a beaucoup d'autres façons de pourrir un gosse que de coucher avec" (voir ci dessous la vidéo de cette émission, esprit sensible s'abstenir !). Aujourd'hui dans un climat hautement sensible, ses propos sont bien sûr beaucoup plus modérés. Lire la suite

lundi 16 novembre 2009

"Fake" de Giulio Minghini, « Il suffit de s’inscrire, tu verras »...

Finaliste du prix de Flore 2009 et très soutenu notamment sur Facebook (un comité a été créé à l’initiative de Richard Duvalec), Fake est le premier roman d’un trentenaire italien immigré à Paris et traducteur, Giulio Minghini. Publié en avril 2009 et salué par la critique, ce livre d’inspiration autobiographique a aussi provoqué un petit scandale au sein des communautés qu’il tourne en satire : celles des sites de rencontres (voir ci-dessous*). En retraçant son expérience pendant près d’un an, à la suite d’une rupture amoureuse, il nous plonge dans les méandres de ces labyrinthes virtuels faits de solitude, manipulation, vanité et (dés)illusions. Dans la lignée de Mammifères de Pierre Mérot, un texte érudit, cinglant, glacial voire terrifiant... et en cela fascinant voire magistral : Lire la suite

jeudi 12 novembre 2009

Dans la peau d’un(e) gamin(e) de banlieue : Samuel Benchetrit, Safia Azzedine, Calixthe Beyala…

Choisir comme héros et narrateur un enfant est toujours risqué au regard de la justesse et de la crédibilité. Avec en sus la difficulté d'être toujours comparé aux deux phares littéraires du genre : Salinger avec "L’attrape-cœurs" et Gary avec "La vie devant de soi". Et lorsqu’on choisit en plus un gamin des cités, l’exercice est encore plus périlleux, en particulier pour des écrivains (devenus) bobos…
Même Calixthe Beyala qui pourtant jusque là avait restitué avec talent la voix des africaines de Belleville aux bidonvilles de Douala, a reçu un accueil mitigé pour son roman de Pauline (l’itinéraire d’une ado métisse de Pantin en errance qui voit sa vie bouleversée par sa rencontre avec une prof de français). Si une Faiza Guene, enfant de banlieue baignant encore dans la culture des cités, a su trouver le ton et les codes de cet univers, ouvrant la voie à la « street littérature » (aux influences de rap et de slam), il est moins évident pour un Samuel Benchetrit « Le cœur en dehors » ou une Saphia Azzedine (« Mon père est femme de ménage »). Parmi les écueils : caricatures, clichés de reportage TV, langage trop cru ou trop apprêté/érudit sonnant faux… Zoom sur le premier, ayant bénéficié "d’une opération "satisfait ou remboursé"" (vendu à 28 000 exemplaires à a ce jour) venant compléter ses chroniques de l’asphalte déjà sur ce thème : Lire la suite

mercredi 11 novembre 2009

Modiano adapté à la TV avec Laura Smet comme héroïne...

La télévision s'inspire et s'empare de plus en plus de la littérature. Des auteurs classiques, Maupassant et Hugo en tête, et désormais des auteurs contemporains avec pour la première fois une adaptation d'un roman de Patrick Modiano, sur France 2 ... Lire la suite

lundi 9 novembre 2009

Naissance de nouveaux éditeurs : Asphalte et Moteur / Ramsay bientôt avalé par les nouvelles éditions "l'Editeur" ?

Deux nouvelles maisons d'édition, Asphlate et Moteur, viennent d'ouvrir leurs portes et leurs catalogues de jeunes auteurs. Au menu : littérature urbaine, contre-culture, voyage et littérature cinématographique... et numérique ! Avec déjà quelques signatures déjà connues pour la seconde tels que Yasmina Khadra, David Foenkinos ou Serge Joncour... Et aussi la création de "l'Editeur" qui pourrait rependre Ramsay... Lire la suite

Christian Authier : Mémoires d'un trentenaire à la jeunesse à fleur de peau (sortie poche rentrée 2009)

"La jeunesse est une zone à part. Beaucoup ont hâte de la quitter quand ils la traversent avant d'en cultiver la nostalgie le restant de leur vie. Tel le ciment, la jeunesse sèche vite et les empreintes accidentelles qu'elle aura reçues deviendront des cicatrices". On n'échappe jamais à sa jeunesse. "On ne guérit pas de son passé", nous dit Christian Authier, journaliste et critique toulousain pour le Figaro, auteur de plusieurs essais (dont "Le nouvel ordre sexuel", "Clint Eastwood"...), dans son premier roman paru en 2004, sélectionné pour le Prix Interallié 2004 (finalement attribué à Florian Zeller pour la Fascination du pire). Certains tentent d'avancer vite, de ne pas se retourner et d'autres, comme son narrateur (son double ?), ne parviennent pas à s'en détacher, à "enterrer leur vie de garçon". Un joli jeu de mot qui préfigure toute la subtilité qui règne dans ses pages. Un livre enfin édité en poche (J'ai lu) en cette rentrée littéraire 2009. Lire la suite

jeudi 5 novembre 2009

Le prix de Flore 2009 est décerné : Frédéric Beigbeder favorise son ami

Et voilà après plusieurs semaines de pronostics acharnés (!), le verdict vient de tomber en ce 5 novembre : le prix de Flore 2009 ne sera pas encore cette année un choix audacieux sortant du sérail de Saint Germain des prés... Lire la suite

La délicatesse de David Foenkinos : "Un baiser, s'il vous plaît" (chronique et interview)

Markus pensa : « C’est le plus beau lavage de mains de ma vie. » C’est pour ce genre de phrase que nous aimons définitivement les livres de David Foenkinos. Ce mélange de naïveté et d’humour nous enchante. Il participe à cette surprise permanente sentie à chaque lecture, à cette tendresse éprouvée pour les personnages dès son premier roman. Dans son dernier livre, La délicatesse, encore en lice pour le prix Interallié, on retrouve cette vivacité dans l’écriture, ce côté décalé qui nous fait parfois penser à Boris Vian. On se pose la question suivante : mais où va-t-il chercher tout ça ?... David Foenkinos est bon pour les résumés aux conséquences comiques, pour les mots d’esprits et les clin d’oeils, les sentences à propos de ses personnages à la vie si singulière, au caractère si prosaïque. Ces personnages n’ont en effet rien d’héroïque, ils sont tous de la trempe d’Hector, ratant son suicide dans le métro parisien… (Le potentiel érotique de ma femme : quel incipit !) Et pourtant, quel romanesque ! Quelle maladresse, quel désarroi ! Autant de tentatives pour dire, peut-être, l’atermoiement de nos directions, les nuances de nos vies. L’errance, d’une certaine manière, la quête d’une certitude. Lire la suite

lundi 2 novembre 2009

Dans la bibliothèque des blogueurs... Simone de Bougeoir

Depuis plus de deux ans, Simone de Bougeoir donne presque quotidiennement un joyeux coup de pied dans la fourmilière des blogs de filles ! Entre parodies et anecdotes décalées voire absurdes, elle nous raconte sous forme de brefs billets à chutes presque comic strips*, sa vie trépidante de pubeuse rédigeant du "wording bien brandé" (elle travaille dans une agence de com') aux côtés du "designer de l'Internet", et de parisienne presque normale entre son chat Pompom (un peu "smelly cat" de Phoebe sur les bords) et sa colocataire, ses cours de yoga et escarpins Armani... Ne manquant pas au passage de brocarder le petit monde des "blogueurs influents" et autres RP ! Une écriture mordante avec sa petite musique et son univers bien à elle qui aura rapidement suscité le bouche à oreille et valu une belle notoriété (cf: son groupe de fans sur Facebook).

Si sur son blog "koala friendly", elle aime vanter sa passion pour les films à base "d'aliens souterrains" et de "mutants mangeurs d’humains" (au grand dam de "l'Intégriste culturel", l'un de ses célèbres protagonistes !) ou encore Secret story, la jeune femme au pseudo évocateur et diplômée en lettres cache plus son goût des livres aussi bien classiques que contemporains : Lire la suite

"Un roman français" de Frédéric Beigbeder : "Les mots" d'un existentialiste moderne /PRIX RENAUDOT 2009

S’il y a bien une chose difficile dans l’existence, c’est de parvenir à s’abandonner. « Un roman français », le septième roman (parution le 18 août 2009, (sortie poche, rentrée 2010)) de Frédéric Beigbeder est un chef d’œuvre parce qu’il y parvient sans peine. Il est une leçon de vérité. Il est d’une amplitude et d’une hauteur de point de vue inégalées. C’est un livre saisissant. Bouleversant. Sobre. D’une immense sensibilité. Ecrit avec une sincérité désarmante où l’on sent la volonté de l’auteur d’être toujours juste et honnête. La plume est ciselée, tout en finesse et poésie. Un travail d’orfèvre. C’est un roman clairvoyant, passionnant. Et pudique. C’est un roman intimiste. Un roman « unplugged ». Sans éclats. C’est un roman parfait. C’est le roman dont on rêvait. C’est le roman que j’attendais. C’est le roman d’une seconde naissance ou plutôt d’une libération. L’auteur prévient : "Je souhaite que ce livre vous permette de vous évader autant que moi cette nuit là" (photo ci-contre : Frédéric Beigbeder et sa fille Chloé évoquée dans son livre). Lire la suite

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