lundi 26 juillet 2010
"Le désert des tartares" de Dino Buzzati : « Et puis, on est pas tous nés pour faire des héros »…
Publié en 1940 (en VF en 1949 , adapté au cinéma en 1976 ), ce roman majeur de l’écrivain et journaliste italien Dino Buzzati a connu un succès mondial qui ne se dément pas (ayant inspiré le Zangra de Brel). Cette fable philosophico-existentielle, (la non) épopée d’un jeune officier -en quête de gloire- affecté dans un fort au milieu du désert, est marquée du trauma des deux grandes guerres et s’inscrit sous le prisme de plusieurs influences de l’époque : de la plus évidente Kafkaïenne (reniée par l’auteur) aux existentialistes de Sartre à Camus en passant par la montagne magique de Thomas Mann…C’est l’observation de ses collègues de bureau, fossilisés dans leur travail routinier, à la rédaction du Corrier della serra où il travailla (et s’ennuya) jusqu’à sa mort qui fait germer l’idée du Désert des tartares chez Buzzati. L'escalier tortueux qui conduit à son bureau lui inspire les boyaux du fort Bastiani. Le cadre militaire lui permet de renforcer l’allégorie de son histoire, à la fois réflexion sur la fuite du temps, la mort, les destinées et aspirations humaines mais aussi un roman d’atmosphère à la poésie onirique… : Lire la suite



Après le succès phénoménal de
Auréolé du titre de « livre de poche le plus vendu en France » avec ses 6,7 millions d'exemplaires écoulés en Folio, l’Etranger, ce bref premier roman publié en 1942, traduit en 40 langues et adapté au cinéma par Luchino Visconti en 1967, aura connu une postérité qu’un Sartre (par ailleurs ardent et enthousiaste critique dans Situations I*) lui envierait alors que sa

"Il faut lire « Sur la route » à 15 ans après c’est trop tard", entend-on souvent au sujet du livre culte de Jack Kerouac, emblématique de la « beat generation ». Errance éthylique, fuite, quête initiatique, refus des conventions sociale, « dèche », esprit de rébellion, liberté enivrante de la route et de l’aventure loin des responsabilités, … : des thèmes qui s’apparentent en effet plus particulièrement à la jeunesse mais qui vont plus loin en touchant à la réflexion existentielle, sous une forme allégorique.
Lui-même inspiré par « La Route » de Jack London, Kerouac est aussi une influence majeure de nombreux auteurs d’aujourd’hui, à commencer par Philippe Djian qui lui a rendu hommage dans son anthologie « Ardoise ». Outre-Atlantique, Hunter S. Thompson, Brautigan, Russel Banks ou encore Cormac McCarthy (avec « La route » qui semble lui faire écho près de 50 ans après et avec qui il partage cette hantise du chaos) le revendiquent tandis que les héros d’un Paul Auster, Douglas Coupland ou même Palahniuk, dans leur errance et/ou anti-matéralisme s’inscrivent dans sa filiation.
Même si un Truman Capote, persifleur à ses heures, disait au sujet de cet ennemi de la virgule : "That's not writing, that's typing" ("C'est pas de l'écriture, c'est de la dactylo")... Dans ce road-book à travers l’Amérique des fifties, le « clochard céleste » chante un hymne à la fraternité et à l'anticonformisme, alors que grondent les menaces de guerre...
A l'occasion de la parution de
"Saisir l'impression à l'état pur", tel était l'obsession de l'écrivain japonais Yasunari Kawabata, prix Nobel de littérature en 1968 (il se suicide en 1972), contemporain de Borges et de Joyce, et sans doute l'écrivain japonais le plus lu et connu en Occident. Son œuvre tout entière est vouée à cette expression de l'éphémère ressenti à la vision d'un paysage, d'un visage, de la peau d'une femme ou du vol d'un papillon de nuit... A restituer cet imperceptible qui ne dure que quelques instants. Cette hyper-réalité qui rend encore plus palpable les élans indicibles des sentiments.
« L’insoutenable légèreté de l’être » (titre sublime s’il en est) est le plus célèbre roman de l’écrivain tchèque (émigré en France depuis les années 70) Milan Kundera, publié en 1984 (date qui fait étrangement écho au roman du même nom et qui présente le point commun de dénoncer le totalitarisme) et adapté au cinéma par Philip Kaufman en 1988). Entre le roman et l’essai, la fable et l’allégorie, ce livre inclassable, aux multiples niveaux de lecture, vient nous rappeler, sainement, qu’il n’y a définitivement pas de règle en littérature.
« Il n'y a pas beaucoup d'écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : "Tiens, c'est du Vian !" » nous dit la 4e de couv’ du roman poche. Etrange remarque car justement ce qui frappe, c’est l’incroyable métamorphose de l’auteur qui, avec ce roman, publié sous le pseudo de Vernon Sullivan, change totalement de registre ! C’est un autre Boris Vian radicalement différent (même si l’on pourra reconnaître, après coup, des clins d’œil à son univers) qui se dévoile sous nos yeux stupéfaits, fascinés… ou effrayés. On est loin des petits nuages roses, des souris parlantes et du nénuphar qui pousse dans la poitrine de «
C'est un petit livre d'à peine 300 pages, publié discrètement en 1951 par un jeune nouvelliste du New-Yorker encore méconnu : un certain J.D Salinger.


