Buzz Littéraire
Livres intimistes Romans graphiques Satire / anticipation sociale Rhétorique amoureuse Littérature trentenaire / urbaine Buzz littéraire
La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

Littérature intimiste : Les livres des "choses de la vie", "des fragments de la vie des gens"... Leurs héros sont névrosés, paumés, loosers magnifiques. Ils sont attentifs aux petits détails du quotidien, du désespoir ordinaire qu'ils content avec sensibilité, subtilité, l'art du décalé ou parfois cruauté... Une littérature puisée au plus profond des êtres, tournée vers l'intériorité.

lundi 12 juillet 2010

"Le mausolée des amants" d'Hervé Guibert : "Un des rôles de la littérature est l'apprentissage de la mort"

Parmi la nouvelle génération littéraire, Nina Bouraoui est sans doute l'une des voix les plus actives pour faire connaître l'œuvre d'Hervé Guibert, l'une de ses influences marquantes qu'elle cite régulièrement : "Guibert écrit avec ses yeux, avec le corps entier. C'est une littérature sensuelle, voire charnelle. Ce n'est pas un écrivain de l'intime. C'est un écrivain de l'intérieur, c'est-à-dire de la matière vivante. Chaque livre est le livre de la vie." commente-t-elle à son sujet. De son côté Marie Darrieussecq lui a consacré en 1997 une étude dans le cadre d'un dossier "Le Corps textuel de Hervé Guibert". Catalogué "écrivain homo atteint du sida", les livres de Guibert, à l'instar d'un Guillaume Dustan, sont hantés par le corps, source de plaisir et de douleur, dans son expression la plus organique et la plus sexuelle, mais aussi et surtout dans sa déchéance rongée par la maladie et menacée d'une mort palpable. A partir de 1990, date à laquelle est publié "A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie" -roman dans lequel il évoque son combat contre le sida et dévoile les circonstances de la mort du philosophe Michel Foucault (Muzil dans le roman)-, Hervé Guibert connaît une forte notoriété médiatique. Il restera d'ailleurs jusqu’à sa mort (sur laquelle il livra un travail acharné jusqu'à se filmer agonisant : "La Pudeur ou l'Impudeur") à un véritable « phénomène médiatico-littéraire ».
Photographe, journaliste, écrivain - avec pas moins de 28 ouvrages -, chroniqueur de photographies, scénariste et vidéaste..., Guibert est un artiste aux multiples facettes. Et c'est peut-être dans son journal posthume (1976-1991), Le mausolée des amants, que l'on retrouve toute sa richesse multiple. Un journal âpre, presque pestilentiel parfois, où il pose son regard acéré sur son travail (écriture, photo...) mais aussi sur ses amours, conquêtes, son entourage familial, rencontres de hasard, voyages, la vieillesse, la maladie, le corps désirable ou repoussant.... : Lire la suite

lundi 12 avril 2010

"Chaos calme" de Sandro Veronesi : "Pourquoi je continue à bander au lieu de souffrir ?"

Publié en 2005 en Italie et en 2008 en France (prix Méditerranée étranger , prix Femina du roman étranger), « Chaos calme » est le roman de la consécration pour Sandro Veronesi. Cet écrivain toscan avait été remarqué pour « sa liberté de ton, son ironie désinvolte et son goût de la transgression » autour de thèmes familiaux. Adapté au cinéma en 2008 avec Nanni Morretti dans le rôle titre, il vient de sortir en poche en février 2010.

Encensé par la critique, ce roman intimiste foisonnant raconte le (non) traumatisme d’un homme et de sa fillette à la suite de la perte de sa femme. Pour détourner le titre d’Annie Ernaux, ce héros est une sorte d’ « homme gelé ». Incapable de laisser jaillir sa peine, il se détourne sur son entourage dans une sorte de fuite existentielle. Le prix Strega (équivalent du Goncourt en Italie) qui lui a été décerné évoque « l'extraordinaire qualité de l'ouvrage, émouvant et magistralement tissé ». Plébiscité pour "son originalité narrative, sa plume rapide et bondissante, son analyse psychologique, sa chronique acide de l'époque, sa maîtrise pour passer du particulier à l’universel ou encore ses rebondissements entre humour et tendresse" : des louanges méritées ? Lire la suite

dimanche 17 janvier 2010

"Le Théorème d’Almodóvar" d'Antoni Casas Ros : "Il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l’horreur en beauté"

Automne 2007 : Richard Millet, éditeur chez Gallimard, reçoit un mystérieux manuscrit d'une agent littéraire barcelonaise, intitulé Le théorème d'Almodovar, premier roman d'un certain Antoni Casas Ros. Né en 1972 en Catalogne française, vivant actuellement à Rome et écrivant en français. Personne ne l'a jamais vu chez Gallimard. Comme le narrateur de son roman, il a été défiguré suite à un grave accident de voiture et a décidé de ne pas se montrer. «Je ne sais rien d'autre de lui que ce qu'il veut bien en dire, et je l'accepte comme tel : un écrivain sans visage», a confié Richard Millet. Ce « secret » n’aura pas manqué d’attiser toutes les suspicions sur son identité allant d’Enrique Vila-Matas (contraint à publier un démenti dans El pais), Eduardo Mendoza, Sergi Pamiès. Mais au-delà de cette polémique c’est surtout le talent du jeune auteur qui a été salué et reconnu de toute part : « un premier roman magistral, transgressif », « admirablement écrit dans une prose enchanteresse et réparatrice », « envoûtante », « une formidable leçon d’humanité assénée au narcissisme fade de notre époque »… Retour sur cet opus sorti en poche en 2009, à l'occasion de la sortie de son nouveau roman "Enigma" : Lire la suite

jeudi 29 octobre 2009

Faire l’amour - Fuir - La vérité sur Marie (PRIX DECEMBRE 2009) : Trilogie du (dés)amour par Jean Philippe Toussaint /

Jean-Philippe Toussaint compte parmi les auteurs contemporains phares des éditions de Minuit aux côté de Jean Echenoz, Marie N’Dyae ou encore Eric Chevillard, revendiquant haut et fort leur exigence littéraire. C’est plus particulièrement avec son 1e roman « La salle de bain » (1985, qui compte parmi les livres cultes de David Foenkinos) puis son 8e « Fuir », prix Médicis 2005 qu’il connaît une certaine notoriété. Ce dernier est la suite de son précédent opus « Faire l’amour » (2002), qu’il complète en cette rentrée littéraire 2009 de « La vérité sur Marie », clôturant cette trilogie alors que les deux premiers sortent en poche (chez Double).

Considéré comme héritier du nouveau roman (Robbe-Grillet notamment), cet écrivain d’origine bruxelloise également cinéaste et plasticien, dit vouloir « construire des rêves de pierre »* selon l’expression baudelairienne, révélant un monde où s’entrecroisent visions, fantasmes et réflexion existentielle. D’une œuvre à l’origine portée par un certain comique par l’absurde et philosophie du quotidien il est désormais passé à une œuvre plus esthétique voire esthétisante… « Insipide et ennuyeux » pour certains, il est porté au pinacle par d’autres (dont le New-York Times qui regrette d’avoir attendu 20 ans pour qu’il soit traduit). Retour sur ces trois œuvres et sur le style singulier de cet auteur que l’on appréciera… ou pas : Lire la suite

vendredi 16 octobre 2009

"Le livre de Jérémie"/ "Sarah" de J.T Leroy : 4 ans après l'imposture, que penser du "surdoué" de la littérature américaine ?

Surgi de nulle part en 2001 et immédiatement proclamé comme le nouveau jeune prodige de la nouvelle génération littéraire américaine, J.T Leroy (J comme Jeremiah, et T pour... Terminator !) fascine autant qu'il intrigue. Tant par ses histoires troubles, sulfureuses et violentes, son style à la fois brut et poétique que son personnage, celui d'une créature postmoderne branchée pétrie de pop-culture, icône underground (un jeune-homme androgyne ne sortant jamais sans sa perruque blonde et ses lunettes noires). Porté au pinacle par les grands noms de la littérature, de Chuck Palahniuk à Dennis Cooper en passant par Mary Gaitskill et vénéré par le réalisateur Gus Van Sant (avec qui il a co-écrit le scénario de Elephant) Lou Reed ou encore Garbage (qui lui a dédié deux morceaux), ces deux premiers opus "Sarah" et "Le livre de Jérémy" (adapté au cinéma en 2004 par Asia Argento) accèdent très vite au rang de livres culte. Mais en 2005, le New-York Times révèle que le jeune surdoué serait en réalité une quadragénaire mal dans sa peau : Laura Albert. Le mythe s'écroule et le scandale éclate...
Lire la suite

"Cette camisole de flammes" de Gabriel Matzneff : journal d'un jeune-homme rebelle [1953-62]

L'adolescence, la jeunesse dorée sont des thèmes dont nous avons parlé en cette rentrée littéraire 2009. Ils sont aussi au cœur de ce premier tome des journaux, ses "carnets noirs" comme il les a baptisés, de Gabriel Matzneff. Un auteur aujourd'hui boycotté par les médias (mais bénéficiant toujours d'une communauté de lecteurs très active et du soutien de quelques auteurs contemporains) après un certain âge d'or dans les années 70-80. En cause sa pédophilie ouvertement revendiquée qui s'affirme déjà dans ce premier journal. Il est donc toujours difficile de lire Matzneff pour cette raison et encore plus d'avouer une admiration pour la force de son style ou de ses idées, sa liberté, ses obsessions... "Une œuvre qui suscite admiration et débat, scandale et fascination", comme le résume à juste titre son éditeur. Car si ses actes peuvent parfois révolter, on ne peut lui enlever le courage (ou l'inconscience ?) de toujours les assumer et de ne jamais rien renier ("Mieux vaut périr en restant soi-même que prospérer en se reniant..." écrit-il d'ailleurs en guise de philosophie de vie). Entre 16 et 25 ans, on retrouve en germe tous les thèmes qui habiteront ces futurs tomes ("A seize ans, j'étais pour l'essentiel celui que je suis aujourd'hui", écrit-il en préface). Sa noirceur peut-être à son paroxysme, sans cesse concurrencée par son appétit, son ardeur pour la vie et de ses plaisirs. Entre tentation du suicide et hédonisme. C'est le deuxième qui l'emportera. On dévore ce journal qui insuffle une énergie à la fois sombre et lumineuse : c'est d'ailleurs ce qui est étonnant chez cet auteur, sa personnalité à la fois angélique et perverse, "l'archange aux pieds fourchus" comme il a intitulé un autre tome de ses journaux. Oscillant en permanence entre la pureté par son goût de l'absolu et l'égocentrisme cynique.
Une œuvre "nocturne et solaire" qui doit faire taire, une bonne fois pour toutes les détracteurs du "nombrilisme" en littérature (expression qui ne veut rien dire et qu'il analyse d'ailleurs avec brio) mais qui n'est pas à mettre entre toutes les mains... Lire la suite

mardi 13 octobre 2009

"Putain" de Nelly Arcan : "(...) il faut être deux pour jouer à ce jeu là, un pour frapper à la porte et l’autre pour l’ouvrir"

En septembre 2009, il y a tout juste 1 an, le milieu littéraire était bouleversé par la mort tragique de l’écrivain québecoise Nelly Arcan, suicidée dans son appartement de Montréal à l’âge de 36 ans. Même Maurice Dantec lui rendait alors hommage en décrivant son oeuvre comme "une bizarre expérience apophatique" (voir ci-dessous*).
Cette jeune-femme à la blondeur Marilyn très médiatique a rapidement marqué les esprits par son image provocante au point de faire parfois oublier les textes qui se cachaient derrière son visage. Et ce drame, le rapport conflictuel à son physique écrasant et son rapport violent aux hommes, est au centre de son œuvre, avec un poids… morbide. Il éclate dés son premier roman choc « Putain » en 2001 qui la révèle. Traumatisée par le diktat de la beauté et de la jeunesse, elle y développe sa vision très noire de la féminité et de la société ainsi que son approche sans détour du commerce du corps dans ses aspects les plus sordides. Mais aussi ses fêlures intimes, familiales notamment. Elle disait avoir choisi les titres phares de ses deux premiers romans, « Putain » et « Folle », parce qu'ils sont les qualificatifs les plus employés dans l’Histoire pour parler des femmes.
Rattachée au courant de l’autofiction, cette étudiante inconnue avait été publiée par Le Seuil après avoir envoyé son manuscrit par la poste. Alors que son éditeur publie un dernier recueil de 3 récits regroupé sous le titre "Burka de chair", revenons sur son premier roman phare : Lire la suite

lundi 12 octobre 2009

De "Mille morceaux" à "L.A Story" : James Frey, écrivain de la modernité et des névroses urbaines

Devenu célèbre et porté aux nues suite à l'émission d'Oprah Winfrey en 2003, célèbre talk show américain réputé pour son effet prescripteur, avant d'être traité comme un pestiféré, James Frey est avant tout connu par le scandale qu’il a suscité lors de la sortie de son premier roman « Mille morceaux ». Objet du courroux : l’histoire de sa rehab pour sortir de sa double dépendance à l’alcool et au crack, qui serait trop librement inspirée de la réalité. En résumé, l’écrivain est condamné parce qu'il aurait « trop romancé»... Au-delà de cette polémique stérile, il est intéressant de se pencher sur l’œuvre de cet écrivain considéré comme « le livre sur la toxicomanie le plus intense de sa génération » par Bret Easton Ellis himself, dont certains le considèrent comme son digne héritier. Entre calomnie et éloge, tous deux disproportionnés, revenons sur cette première œuvre controversée jusqu’à son dernier opus paru en cette rentrée littéraire L.A Story : Lire la suite

jeudi 21 mai 2009

"La chaussure sur le toit" de Vincent Delecroix (sortie poche): Chacun cherche sa chaussure...

J’ai découvert Vincent Delecroix grâce à ma curiosité pour Sören Kierkegaard. Publiant depuis 2003 avec son "Retour à Bruxelles", un récit lyrique, Vincent Delecroix, philosophe de formation (et collaborateur de la revue Décapages où il raconte avec humour la vie des philosophes), ne cesse en effet d’écrire dans le compagnonnage du célèbre philosophe danois du XIXe siècle. Moins dans son ombre, cependant, que dans l’imitation d’une philosophie qui existe plus efficacement dans un style littéraire et dont il nous parle, d’ailleurs, avec clarté, dans "Singulière philosophie : essai sur Kierkegaard". Avec ce dernier il partage des thèmes de prédilection que sont l’amour, Dieu, mais surtout l’irréductible solitude, cette solitude d’autant plus éprouvée qu’on prend conscience de notre existence qui se forme, devient singulière (ou « idiote », au sens grec du terme : qui est particulière)… Que cela soit dans ses monologues de "La preuve de l’existence de Dieu" (2004), dans ses romans "A la porte" (2004) - mis en scène par Marcel Bluwal, dans une pièce jouée par Michel Aumont, en 2008 -, ou "Ce qui est perdu" (2006). Et évidemment dans "La chaussure sur le toit", un roman choral et "topographique", passant du délire philosophique à la complainte élégiaque, poétique jusqu'à la satire de mœurs... Publié et très remarqué (même s'il a pu dérouter) lors de la rentrée littéraire de septembre 2007, cette oeuvre singulière vient d'être rééditée en poche... Lire la suite

lundi 9 février 2009

"Léviathan" de Paul Auster, L'effet papillon...

Léviathan : Dans la mythologie, monstre aquatique symbolisant le paganisme. Titre d'un ouvrage de philosophie politique de Thomas Hobbes (défendant un idéal despotique du pouvoir). Depuis 1993 (traduit), c’est aussi le titre du 10e roman de Paul Auster, prix Médicis étranger et dédié à l’écrivain Don DeLillo. Un roman dans la lignée de ses précédents qui reprend bon nombre de ses obsessions littéraires mais marque aussi une évolution vers une dimension politique plus marquée (à travers l’engagement terroriste de son héros notamment). Un roman plus personnel aussi qui retrace des épisodes de sa vie, en particulier la rencontre avec sa seconde femme, Siri Hustvedt ou encore l’artiste plasticienne, Sophie Calle. Ce roman bien qu’inégal figure souvent au palmarès du meilleur de Paul Auster et fait l’objet d’un bouche-à-oreille lecteurs qui ne se dément pas. Lire la suite

lundi 2 février 2009

La trilogie new-yorkaise de Paul Auster/Cité de verre, Revenants et La chambre dérobée : « Rien n’est réel sauf le hasard », romans existentiels à élucider…

Refusé par 17 éditeurs. C’est ainsi que « Cité de verre », le chef d’œuvre de Paul Auster qui ouvre sa trilogie new-yorkaise (complété par la suite de deux autres récits « Revenants » et « La chambre dérobée » parus en 1988) a commencé sa carrière littéraire. De quoi redonner espoir aux nombreux wanna-be qui tentent désespérément de trouver éditeur à leur manuscrit ! Lorsqu'il paraît enfin, en 1985, c’est le début de la consécration pour son auteur (qui aura bien tiré « le diable par la queue » auparavant, comme il le raconte dans un essai éponyme) qui est sélectionné pour le prix Edgar Allan Poe du roman à suspense, l'une des plus importantes distinctions, et considéré comme la grande révélation littéraire de l'année. C’est en France que l’accueil sera le plus enthousiaste : ses ouvrages sortent d’ailleurs dans l’hexagone avant d'être publiés aux Etats-Unis. Poète, traducteur, essayiste, Paul Auster acquiert ici ses galons de romancier. Un romancier singulier, inclassable qui émerveille et fascine avec ses histoires baignées de surréalisme, entre le conte philosophique et le faux polar (made in NYC !). Des romans à lire comme un jeu ou une rêverie, une sorte de puzzle à reconstituer indéfiniment, une énigme imaginaire à élucider sans fin. Le lecteur doit accepter de s’abandonner à son univers « hors des lois de la nature » et au fil des pages se laisser envoûter… Lire la suite

mardi 27 janvier 2009

"Moon palace" de Paul Auster, Odyssée urbaine et lunaire...

Moon palace publié en 1990, fait partie des romans majeurs de Paul Auster, écrits lors de sa période littéraire particulièrement fertile aux côté de "La trilogie new-yorkaise", "Le voyage d’Anna Blume" ou encore "Léviathan". Il contient ainsi tous les thèmes et obsessions chers à l’auteur et qui constituent l’essence de son œuvre : New-York, l’errance, la solitude, la folie, les "sortilèges du hasard" (pour reprendre l’expression de Kundera), la quête d’identité, de ses origines (et plus particulièrement du père) et l’introspection. Construit à la façon d’un roman d’aventures décalé et expérimental mâtiné d’une touche fantastique, il nous entraîne dans une « odyssée » urbaine où son (anti-) héros croisera des personnages farfelus et hauts en couleur qui peu à peu le révèleront à lui-même. Un parcours initiatique captivant pour certains, déroutant voire ennuyeux pour d’autres… Lire la suite

jeudi 13 novembre 2008

"La pianiste" d’Elfriede Jelinek: Baisers, râclées et sonate en ré majeur

En 2001, sortait sur grand écran l’adaptation ciné du roman « La pianiste » (Grand Prix du Jury lors du Festival de Cannes 2001) de l’autrichienne Elfriede Jelinek, chef de file de la nouvelle génération littéraire germanique dite "pop" (aux côtés de Thomas Berhnard), prix Nobel 2004. Son œuvre controversée a même été qualifié de « vile » et « immorale » par le leader de l'extrême droite autrichienne, Jörg Haider. On a alors beaucoup parlé de ses scènes à sensation dont la fameuse mutilation intime de la professeur de piano, Erika Kohut, dans sa salle de bain (qui ne représente qu’une courte scène du roman), occultant au passage, l’analyse et la tension psychologique, la souffrance abyssale, la solitude qui habitent ce roman et lient la triangulaire de ses personnages principaux. La pianiste, son roman le plus autobiographique, est avant tout un magistral, âpre et violent portrait de femme, de la folie sur fond de grandeur artistique de Vienne et de ses conservatoires chics et feutrés, censés élever les âmes et qui ici les auront au contraire étouffées… Lire la suite

jeudi 15 mai 2008

"11 femmes, 11 nouvelles" (Camille de Peretti, Jessica L. Nelson, Audrey Diwan, Anna Rozen...) : Variations sur l'identité féminine

A l'occasion de leur cinquante ans, les éditions "J'ai lu" qui se revendiquent comme "la plus féminine des maisons d'édition de poche" choisit de donner exclusivement la parole aux femmes, "héritières et filles des féministes" et de les interroger sur l'identité féminine, dans un beau recueil de nouvelles "11 femmes, 11 nouvelles". Et de répondre plus particulièrement à la question : Etre une femme aujourd'hui, est-ce seulement avoir un corps de femme ? En parallèle, le photographe portraitiste Olivier Roller illustre par des portraits intimistes voire naturalistes (voir ci-dessous) des 11 auteurs (écrivain, journaliste, éditrice...) leurs onze nouvelles inédites qui explorent la féminité à travers des situations tour à tour douloureuse, surprenante ou cocasse. Un tour d'horizon qui se lit avec intérêt même si l'on pourra regretter une vision finalement bien traditionnelle de l'identité féminine qui reste cantonnée à son rôle de séductrice ou de victime des hommes... Pour ces romancières, il semble que oui, être femme passe avant tout par le corps. Lire la suite

mercredi 19 décembre 2007

"Qui est vivant ?", un recueil des éditions Verticales pour fêter leurs 10 ans

Avant que ne se referme l'année 2007, il faut absolument vous parler (même si c'est avec près de 8 mois de retard hélas !) de ce petit recueil publié par les éditions Verticales à l'occasion de la date anniversaire de leur création. "Qui est vivant ?" : la question sonne comme un sujet de bac philo. C’est pourtant celle qui a été posée à la centaine d’auteurs publiés depuis 10 ans par l’exigeante maison d’édition. Régis Jauffret, François Bégaudeau, Chloé Delaume, Arnaud Cathrine ou encore Arno Bertina... : chacun a livré, dans ce recueil éponyme (distribué gratuitement dans les librairies) sa réponse, tour à tour érudite, décalée ou poétique sur cette identité du "vivant". Hétéroclite et très intéressant ! Lire la suite

Talents à découvrir...

Écrivains

BUZZ...littéraire a été sélectionné par :
Partenaire de