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La littérature nouvelle génération, de bouche-à-oreille

 

Rhétorique amoureuse : La vie à deux, la séduction, le désir, la misère affective et/ou sexuelle, la rupture, les déviances... Sélection de livres qui décortiquent nos sentiments et mettent à nu les secrets de la chair et de l'âme...

mercredi 24 février 2010

"Avant, pendant, après" / "Les aimants" de Jean-Marc Parisis (+ interview) : Boy meets girl...

On a beaucoup parlé de Jean-Marc Parisis lors de la rentrée littéraire 2009, sélectionné pour les prix de Flore et Renaudot pour son sixième roman « Les aimants ». Entré sur la scène littéraire en 1987 avec un premier roman « La mélancolie des fast-foods » qui met en scène un jeune punk en rébellion contre la société et adepte d’un « fascisme passif » (ressorti en poche récemment chez J’ai lu). 45e prix Roger Nimier (courant néo-hussard) en 2007, il est salué pour son "style ciselé" et sa "finesse". Qualifié "d'orfèvre du battement de coeur", l’auteur porte bien son nom car son univers est en effet très parisien, « bobo » diront certains, dans la lignée d’auteurs tels que Beigbeder, N.Rey, Jaenada, Mérot ou encore Joncour dans une moindre mesure. On boit des mojitos dans les cafés de la rue Buci, on se sépare rive droite pour mieux se retrouver rive gauche, on s’échange des numéros de téléphone dans des appartements haussmanniens ou à la Sorbonne, on travaille dans la pub ou les médias, on noie son chagrin dans un rail de coke… Si vous aimez l’un de ces auteurs, alors vous entrerez avec plaisir dans ses histoires d’amour où les hommes sont toujours des Casanovas un peu lâches, fuyants, faux blasés et vrais romantiques, errant de femme en femme avant de se laisser harponner par l’une d’elles et en souffrir… Retour sur ses romans phare, « Avant, pendant, après » et « Les aimants » suivi d’une interview de l’auteur : Lire la suite

lundi 7 décembre 2009

"Lunes de fiel" de Pascal Bruckner (adapté par Polanski) : « Vivre une passion d’où je ne reviendrai pas »

Pascal Bruckner s’est fait connaître dans les années 70 pour son essai « Le nouveau désordre amoureux » (critique de la révolution sexuelle des années 1960 et 1970) écrit en collaboration avec Alain Finkielkraut. Depuis cette publication, ce romancier et philosophe ne cesse d’interroger et d’analyser, avec une certaine noirceur, l’évolution des rapports amoureux, le couple et le désir occidentaux. Des thèmes qui ne sont pas sans rappeler ceux d’un Michel Houellebecq avec lequel il partage d’ailleurs un certain cynisme pessimiste, un goût pour les théories, le rejet des utopies de mai 68 ainsi qu’une vision consumériste des rapports de séduction.

Dans son roman « Lunes de fiel » (1981), adapté par Roman Polanski, et l’un de ses grands succès sans pour autant avoir la notoriété des Particules élémentaires (publié plus de 15 ans après en 1998), il aborde notamment le thème de la faillite du couple à travers l’usure inévitable du désir. Un classique qu’il revisite d’une façon très sulfureuse, à tel point que l’ouvrage a essuyé de nombreux refus d’éditeurs et fait l’objet de différentes censures avant d’être publié. Il questionne aussi les rapports de domination, d’humiliation, de souffrance et de destruction, la monogamie, la fidélité… et dresse un portrait cruel des hommes : Lire la suite

lundi 12 octobre 2009

"Fanfan" d'Alexandre Jardin : « La passion expire quand l’espérance est morte »

Publié en 1990, « Fanfan » est le 3e roman d’Alexandre Jardin, écrivain précoce qui n’avait alors que 25 ans. Tout juste auréolé du prix du premier roman pour « Bille en tête » et jeune diplômé de sciences-po, il est finalement l’un des précurseurs non avoués de ces héros bobos à mi chemin entre Peter-Pan et le prince charmant, qui ont ensuite fleuri dans les romans de Florian Zeller, David Foenkinos, Nicolas Rey ou encore Frédéric Beigbeder qui publiait la même année que Fanfan, ses mémoires d’un jeune-homme dérangé (7 ans plus tard il écrit « L’amour dure 3 ans », également sur le thème de l’usure inéluctable des sentiments). Un romantisme moderne qui lui aura valu le succès mais aussi bon nombre de sarcasmes. Moqué pour sa « mièvrerie », son style « mielleux » ou encore « prétentieux », il est aussi plébiscité pour son inventivité et l’humour de ce conte d’amour contemporain, emprunt d’autoficton (notamment sur ses études et milieu familial). Retour sur son roman phare à l’occasion de la sortie de la suite « Quinze ans après » : Lire la suite

jeudi 16 juillet 2009

"La patience des buffles sous la pluie" de David Thomas : "(...) S'il te plaît, avant de me réveiller, laisse-moi finir mon rêve"

Rattrapage dans les sorties récentes avant l'avalanche de la rentrée : Conseillé par Nicolas Rey, préfacé/encensé par Jean-Paul Dubois et plébiscité par le jury de lecteurs du prix Orange, "La patience des buffles sous la pluie" est un premier roman/recueil sorti tout droit de la même maison que Christophe Nicolle, les éditions Bernard Pascuito. Cet auteur de théâtre partage avec son confrère un style direct et rapide ainsi qu'un univers commun : celui des affres sentimentales modernes, du couple, de la séduction et du désir... Porté par les voix d'une multitude d'hommes et femmes, de tous âges il revisite toutes les équations amoureuses. Une sorte de strip-tease où les antihéros nous dévoilent, tour à tour, leurs doutes, paradoxes, malaise et souffrance dans leurs relations et leur incompréhension mutuelle. A la façon d'un "Combien de fois je t'aime" de Serge Joncour, il brosse en près de 70 "microfictions" (parfois des instantanés d'une seule page ou d'un gros paragraphe), la palette des sentiments, frustrations, obsessions, rancœurs, désillusions mais aussi l'envie, la tendresse, la pureté de l'amour porté à un être. Plutôt noir, parfois grinçant mais toujours émouvant et juste. Lire la suite

mardi 7 avril 2009

"Néfertiti dans un champ de canne à sucre" : Quand Philippe Jaenada tente d'écrire son "37°2 le matin"...

Après le succès de son premier roman "Le chameau sauvage", prix de Flore 1997, Philippe Jaenada publiait en 1999 « Néfertiti dans un champ de canne à sucre », que les éditions Points ré-éditent aujourd'hui en poche (après une première parution chez Pocket). Il confirmait ainsi son talent pour les histoires d’amour insolites et cocasses portées par des anti-héros trentenaires aussi maladroits qu’attachants. Toutefois la désinvolture et la légèreté prennent ici des accents plus sombres voire violents (et amorcent son quatrième roman dans la même veine, « Le cosmonaute », qui en est en quelque sorte la suite). Un roman qu'il qualifie de "très lourd à porter" et de "très intime". A travers cette histoire de « star-crossed lovers », il nous raconte sa rencontre avec une « Betty Blue » qui l’entraîne dans une passion aussi intense (et torride !) que destructrice. Malheureusement contrairement à Djian, le récit, qui ne manque pas d’étincelles, finit par piétiner, à l’image de ses deux personnages, faute de vrai crescendo... Lire la suite

mardi 13 janvier 2009

"Warm-up" de Bénédicte Martin, Chattes sur toit brûlant (sortie poche)

Il aura fallu attendre presque 5 ans pour que le fameux recueil de Miss Martin sorte en poche (mai 2008), aux éditions Pocket ! L'occasion de découvrir enfin ce qui se cachait derrière sa "scandaleuse" petite culotte couverture remplacée ici par une silhouette de femme en ombre chinoise, qui laisse planer le mystère. En fait Bénédicte Martin avait inventé la microfiction bien avant Régis Jauffret ! Mais contrairement à ce dernier qui fait plutôt dans le noir charbon, la demoiselle préfère au contraire butiner le rose et le rouge. A travers 41 saynètes ou tranches de vie, cette admiratrice d'Anaïs Nin et de Colette nous offre un condensé d'hédonisme, d'insouciance effrontée et de féminité mutine et insolente. A lire comme on se parfumerait d'un flacon à la fois fruité et capiteux, mi-nymphe mi-satyre... Lire la suite

jeudi 9 octobre 2008

"Peut-être une histoire d'amour" de Martin Page : Allégorie poétique ou verbiage prétentieux ? (1/2)

Repéré en 2001 avec un premier roman prometteur "Comment je suis devenu stupide" (voir chronique), Martin Page tente depuis de construire une œuvre suivie avec attention mais qui peut dérouter.
Problème: si le trentenaire tient souvent des idées de départ inventives et alléchantes, il peine à tenir la longueur en essayant d’étirer en roman ce qui ferait surtout une bonne nouvelle…
On salue pourtant sa « tendresse insolente » ou encore son « impertinence mêlée de gravité » même si on lui reproche en parallèle d’être « prétentieux, élitiste ou scolaire » ! Chronique à deux voix (énergiques !) pour faire le tour de ce drôle d’oiseau littéraire à l'occasion de la sortie de "Peut-être une histoire d'amour", en cette rentrée littéraire : Lire la suite

jeudi 24 juillet 2008

"Journal sexuel d’une jeune chinoise sur le Net" de Mu Zimei : Sex and the city entre Canton et Pékin…

C’est en 2003 qu’a été publié sous forme de livre (traduit en 2005, aux éditions Albin Michel en France) le blog de la chinoise Mu Zimei (de son vrai nom Li Li). Aboutissement du succès phénoménal rencontré par le journal intime en ligne de l’auteur, une chroniqueuse cantonaise de 25 ans, diplômée de philosophie. Elle y confie ses aventures sexuelles multiples et rencontre un buzz sans précédent lorsqu’elle évoque sa relation avec une star locale de la musique (marié). La ruée médiatique aidant, elle devient un phénomène de société, censurée comme il se doit par le gouvernement. Nympho, exhib’, une traînée ou au contraire une femme libre voire une égérie féministe favorisant « l’éveil social de la chine post-maoïste »… : on a tout entendu pour la qualifier. Mais ce « Journal sexuel d’une jeune chinoise sur le Net » (traduction un peu racoleuse du titre original « Lettres d’amour posthume ») ne doit pas être réduit au simple « récit de ses galipettes amoureuses ». Lire la suite

jeudi 17 juillet 2008

"Le boucher" d'Alina Reyes : Ebats et abats

En 1988 (on fête ses 20 ans cette année !), déboule sur le devant de la scène littéraire une petite jeune femme de 32 ans brune et incandescente avec un court et fulgurant roman au titre sanguinaire : "Le boucher". Publié sous un pseudonyme (qu’elle conservera ensuite) emprunté d’une nouvelle de Julio Cortazar ("La Lointaine, Journal d’Alina Reyes") et écrit en une semaine pour participer à un concours de littérature érotique – alors qu'elle était étudiante à Bordeaux, - elle défraie la chronique et s'impose d'emblée comme l’un des plus importants auteurs contemporains de littérature érotique (même si cette étiquette lui semble réductrice comme elle le commentait :"Que le flacon s’appelle pornographie, polar, science-fiction, littérature générale ou autre, aucune importance si l’alcool qu’il nous donne à boire est de qualité."). Provocante et inattendue, Alina Reyes livre ici un roman en forme de conte allégorique, celui de l'initiation sexuelle d'un petit chaperon rouge sensuel aux prises avec un loup qui a tout de l'ogre... Lire la suite

mardi 18 mars 2008

Le goût des femmes laides de Richard Millet

http://www.lelitteraire.com/article1854.html Depuis la parution de son premier livre, en 1983, presse et lecteurs se sont accordés à lui reconnaître une plume magnifique, loin de la littérature française dominante que ce membre du comité de lecture de Gallimard a férocement égratignée dans le brûlot Harcèlement littéraire, paru au printemps dernier. Pour se rendre compte de l'élégance de Millet, il n'y a qu'à lire ses romans Lauve le pur, La voix d'alto et, surtout, l'admirable Ma vie parmi les ombres. Ces ouvrages ont aussi en commun de rendre hommage à la terre du Limousin et de la haute Corrèze, d'où il est originaire. «Attention, je n'ai rien d'un écrivain de terroir. Cette expression me rappelle Vichy, et je déteste ça. J'essaie avant tout de faire vivre un monde qui s'éteint. Les auteurs ont un rôle, celui de retarder le moment où la mémoire va s'effacer.» C'est pour cette raison qu'il s'est intéressé aux corps des très jeunes filles, dans Le chant des adolescentes. «Ce livre m'a valu quelques malentendus. Il n'avait pourtant rien à voir avec ceux de Gabriel Matzneff. Dans un geste d'artiste, j'avais juste voulu rendre hommage à ce moment strictement esthétique, où la beauté des jeunes corps éclôt et tend à disparaître en même temps.» L'adolescence fut-elle, pour Richard Millet, un âge ingrat? «J'ai vécu cette période de ma vie au Liban. Je suis un ancien roux et, dans un pays comme celui-ci, c'est rarissime. Avec ma chevelure et mes taches de rousseur, j'ai compris là-bas ce que signifiait avoir un visage, être regardé d'un drôle d'œil. On ne sort pas indemne d'un tel renvoi à soi.» Si aujourd'hui, à 52 ans, il ne se trouve pas forcément laid, cet ancien professeur de français avoue toutefois ne pas se supporter, physiquement. Au fond qu'est-ce que la laideur? «C'est ce qui ne me plaît pas.» Une réponse subjective à laquelle il réplique instantanément qu' «il existe une beauté objective. Il ne faut pas se voiler la face, même si le "politiquement correct" essaie de nous faire croire que tout le monde est beau... Lire la suite

jeudi 7 février 2008

"Sex and the city" de Candace Bushnell, Chasse à l'homme dans Manhattan (+ extraits et teaser bande annonce du film)

Comme tout(e) fan qui se respecte, il est indispensable de découvrir le fameux petit livre de la journaliste Candace Bushnell ayant inspiré les scénaristes de HBO pour la géniale série "Sex and the city". Le livre est désormais disponible en collection poche. Toute crainte de mauvaise littérature chick litt' est vite balayée ! Même si on ne retrouve pas exactement le mythique quatuor des copines new-yorkaises, l'ambiance et le ton sont bien là. Et c'est finalement l'essentiel. Candace Bushnell (photo ci-contre), alors journaliste branchée au New-York Observer (dont Carrie serait l'alter-ego), a un véritable don pour la réplique qui fait mal et l'aphorisme bien senti. Impitoyable, snob, sarcastique mais finalement fragile et touchante, elle parvient à livrer un portrait attachant de ces new-yorkaises blondes brillantes et sexy "en petite robe noire", qui rêvent d'une bague à leur doigt dans cette cité où sont exacerbés le désir et le désespoir... Bret Easton Ellis, qui pourrait être un cousin, ne s'y est pas trompé en saluant son talent pour « saisir la vérité qui tue »... Lire la suite

mercredi 3 octobre 2007

"Les anges brûlent" et "Un jeune homme triste" de Thibault de Montaigu : Amour, désillusions et "beautiful people"

On a beaucoup parlé de Thibault de Montaigu à l'occasion de la publication de son premier roman "Les anges brûlent" en 2003 (et sortie en poche en 2005) alors âgé de 26 ans (né en 1979), peu de temps après celui de sa consoeur de l'Ouest parisien, Lolita Pille. Creusant le même sillon que cette dernière, il raconte le quotidien de la jeunesse dorée du XVIe arrondissement parisien, entre excès, apparences et peines de coeur. La génération "Nappy" (no happy) comme l'a surnommé le réalisateur Danakil dans son docufiction du même nom, contraction de Neuilly-Auteuil-Passy ou de "no happy", qui traîne son spleen entre deux rails de coke, de flambe de carte bleue et de dance-floor branché... Thibault de Montaigu faisait d'ailleurs une apparition dans ce DVD en lisant un extrait de son roman dans une baignoire. Cette jeunesse qui a tout pour être heureuse et pourtant... En cette rentrée littéraire 2007, cet auteur, qualifié de "hussard" par la presse, revient avec un nouvel opus où il tente de s'écarter de son milieu tout en racontant de nouveau une histoire d'amour contrariée, qui se veut "Fitzgeraldienne". Cette fois ses personnages ont grandi et doivent dire adieu à leur jeunesse pour entrer de plain pied dans l'âge de la maturité, le temps d'un week-end à Deauville... Lire la suite

mercredi 4 juillet 2007

"L'amoureux en lambeaux" : Les "fragments du discours amoureux" de Jérôme Attal migrent du blog au roman

Jérôme Attal, trentenaire, ancien étudiant en lettres modernes, cinéma et histoire de l'art (!), écume depuis 99 les salles et compte déjà plus de deux albums à son actif, qui cultivent tous deux son spleen romantique que les critiques ont qualifié tour à tour de "gainsbourien" ou de "nouveau Jacques Dutronc"... Il est aussi le parolier de quelques grands noms de la chanson française (Arthur H, Jane Birkin, Johnny Hallyday...). C'est l'éternel "jeune homme chic (voire branché)", le "dandy" élégant et sensible qui tombe amoureux d'une jolie épaule ou d'un battement de cil dans chaque café ou au détour de chaque rue (rive gauche ou Neuilly), "Doinelien-Léaudien" pour reprendre son expression. Regard flou et mélancolique, tout en en aphorismes et joutes verbales, il joue a fond son personnage de "gentleman (song)writer" qui séduit depuis plusieurs années un public assidu et les médias qui lui consacrent ponctuellement un portrait, une interview ou une chronique... Pourtant, Jérôme Attal demeure "le jeune talent qui monte". Il est régulièrement "découvert", "révélé" ou "à suivre", mais ne parvient pas à réellement s'imposer au grand jour. Il monte oui, mais ne "perce" pas. Son nom reste encore confidentiel, connu des initiés tous adeptes de son "blog", enfin plutôt son -foisonnant- "journal en ligne", puisqu'à l'époque (1998 !) le principe des commentaires n'existait pas encore (il est l'un des pionniers de cette forme d'écriture avec Stéphane Million et son journal livre from Touquin ou Raphaël Juldé qui a cédé récemment aux sirènes du "vrai blog"). Depuis cette date, il réjouit donc des milliers de lecteurs en couchant ses pensées quotidiennes et autres petites anecdotes sur son site. Aujourd'hui il tente de migrer des cyber pages à celles d'un roman papier... Transfert réussi ? (A noter que l'auteur lance un appel aux lecteurs de l'été sur son site : "Sur les plages dans les aéroports dans le ciel dans le sable fin, lire, offrir : L'amoureux en lambeaux. La suite (imminente) en dépend." Lire la suite

lundi 4 juin 2007

"De la rupture" de Gabriel Matzneff, Hommage à la "rupture féconde"

Présenter un ouvrage de Gabriel Matzneff est toujours délicat pour les raisons que l’on sait et qu’il ne faut jamais oublier. Oui, Gabriel Matzneff est un homme condamnable aux actes gravissimes, il ne faut avoir aucune indulgence pour l’homme et ses crimes contre les enfants (non pas "les lycéennes", comme on le limite trop souvent). Il y a un nom pour cela. Il n’y a rien à pardonner ici. Ce préambule, indispensable, étant fait, l’œuvre de l’écrivain n’en reste pas moins passionnante, bouleversante, lumineuse voire éblouissante, il n’y a dés lors aucune raison de la boycotter. « De la rupture » fait partie du volet des essais de l’auteur (qui en a écrit une petite douzaine, dont le très controversé "Les moins de 16 ans"). Publié en 1997, il aborde comme son nom l’indique le thème de la rupture au sens large, amoureuse principalement bien sûr mais aussi amicale, "matérielle" (aux objets, aux lieux) ou encore aux changement de vie (un goinfre se met à la diététique, un mondain entre dans les ordres...) jusqu'à la plus grande rupture, celle de la mort. Il convoque, pour cela l'antiquité gréco-romaine (Epicure, Sénèque, Cicéron, les stoïciens...), ses références de prédilection mais également ses influences mystiques de Bouddha au Christ en passant par Lord Byron, Cioran, St Augustin jusqu'à Nietzsche ou encore "Les trois mousquetaires" et bien d'autres encore ! Comme le dit cet expert : "Dans la vie, tout est rupture. Soyez prêt"... Lire la suite

vendredi 13 avril 2007

L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder, Anti-traité de l'amour moderne... "Flirting with disaster"...

Troisième roman (et dernier volet de la trilogie dont Marc Marronnier est le principal protagoniste) de Frédéric Beigbeder après le succès relatif (mais néanmoins très honorable pour un jeune auteur) de ces deux premiers opus ("Mémoires d'un jeune-homme dérangé" et "Vacances dans le coma"), c'est avec "L'amour dure trois ans", que Frédéric Beigbeder impose en 1997, alors âgé de 27 ans, "ses aphorismes trash mâtinés de romantisme fleur bleue" selon l'expression du magazine Lire ou encore son "cynisme à l'eau de rose" selon sa propre expression. Derrière une fausse simplicité et une apparente superficialité, il revisite sous une forme inédite le thème éternel de la rencontre amoureuse, du mariage et des ruptures. Et signe du même coup l'un de ses romans les plus réussis (jusqu'à présent). Un petit condensé frais, réjouissant, à l'humour mordant, sur le couple moderne et l'impossibilité de l'amour longue durée pour les enfants du divorce et de la génération zapping... Lire la suite

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