"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)

mercredi 27 avril 2011

"De l'inconvénient d'être né" de Cioran : "Rien n'est tragique, tout est irréel"

Alors que l’on fête le 100e anniversaire de sa naissance et que l’on se disputait ses archives retrouvées inopinément dans sa cave par une brocanteuse !, Cioran (décédé en 1995), fait partie de ces auteurs dits inclassables. Michel Houellebecq dont on le rapproche lui reprochait néanmoins : "Il n'est pas illégitime (…) de souligner ma filiation avec Schopenhauer. Je ne suis pas le seul, j'ai, dans cette lignée, de prestigieux aînés, Maupassant, Conrad, Thomas Mann, par exemple. Et Cioran, auquel je reproche pourtant de n'avoir jamais cité Schopenhauer."

Ce « professeur de désespoir » selon l’expression de Nancy Huston*, préférait le terme penseur à celui d’écrivain ou de philosophe ou mieux, de "philosophe hurleur" ! D’origine roumaine, il s’est mis à écrire directement en français (avec une maestria lyrique) à partir de 1949, avec son livre « Précis de décomposition ». Longtemps cantonné à une audience confidentielle, vivant en marge de toute mondanité dans sa mansarde du Quartier Latin, ce n’est que dans les années 70, avec le développement du livre de poche, que ses bréviaires de désespoir se vendent comme autant d'évangiles, le transformant en légende vivante. Même s’il est aussi accusé de reprendre, sans originalité, les moralistes français du XVIIe ou encore les idées nietzschéennes et bergsoniennes… « De l’inconvénient d’être né », son plus célèbre (e 14e livre), publié en 1973, se présente comme un essai existentiel sous forme de fragments de pensées incisives : «L’avantage de l’aphorisme, c'est qu'on n'a pas besoin de donner des preuves. On lance un aphorisme, comme on lance une gifle.» disait l’auteur…

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