"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)

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mardi 29 juillet 2008

Coup de coeur lectrice : "Dans ma chambre" de Guillaume Dustan, La vie (homo)sexuelle de Guillaume D.

Dans ce premier roman, paru en 1996, intitulé explicitement "Dans ma chambre", (feu) Guillaume Dustan, écrivain gay revendiqué et prix de Flore 99, nous fait pénétrer dans son intimité érotique et majoritairement autobiographique. Lui-même définit cette œuvre d’autofiction comme son « autobiographie érotique sur fond de grégorien-rap, parce que quand j’écris, j’écoute Depeche Mode » (p.63). Ces confidences livrées à sa doctoresse sont les seules à illustrer son approche très personnelle de l’écriture. "Dans ma chambre" est un roman cru, direct, sur les us et coutumes, si l’on peut dire ainsi, du monde ou plutôt du ghetto gay auquel Dustan appartient dans les années 90. Sa confession intime nous dévoile une succession de scènes d’amour hard, clairement détaillées, sans affect ni recul. Une approche presque clinique et technique où le plaisir rime presque avec performance sexuelle et surtout liberté totale de "jouir sans entraves". Avec pour background l’épidémie de sida qui décime son entourage, l’auteur-narrateur laisse apparaître au fil des pages un état psychologique plutôt désespéré et hanté par la mort.

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lundi 7 mai 2007

"Merde à la dictature du Vrai roman" par Guillaume Dustan (extrait de "Nicolas Pages")

Dans son quatrième roman, "Nicolas Pages", récompensé par le prix de Flore 1999, Guillaume Dustan régle son compte aux préjugés sur l'autofiction. Qualifié par un critique "d'alter Angot", il notait alors : avec Christine Angot, "on ne nous aime pas. Parfois si, mais bon, localement, c'est plutôt la haine et le souhait de mort qui prédominent. Bon pourquoi ? Parce qu'on parle de notre vie, je pense. Si j'écrivais de la fiction, je crois qu'il n'y aurait pas ce truc. Je me révèle". D'après lui écrire sur soi est en effet la seule façon d'atteindre une véritable profondeur littéraire. Sa thèse, même si elle peut sembler excessive, reste assez cohérente. Les journalistes (et lecteurs) ne posent-ils pas de façon récurrente la question de "la part autobiographique dans le roman" ? Cette recherche de justesse et de sincérité par l'implication personnelle de l'auteur dans ses écrits se retrouvent aussi dans les blogs qui rencontrent un large succès.

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lundi 16 avril 2007

"Nicolas Pages" de Guillaume Dustan, Pop(pers) littérature et radiographie de l'identité homo

Inconstant, insolent, indécent, trash, anticonformiste, provocateur... autant de qualificatifs employés pour désigner cet enfant terrible des lettres parisiennes : Guillaume Dustan. Tout en s’autoproclamant « l’écrivain l’plus doué d’sa générosité », il déplorait amèrement son manque de visibilité dans les médias. Du moins dans « ceux qui comptent », répétait-il. Mais Guillaume Dustan, décédé à l’âge de 40 ans en 2004 d’une intoxication médicamenteuse, a-t-il été réellement un "oublié des médias" ? Beaucoup d’auteurs contemporains auraient sans doute aimé bénéficié de l’attention qu’il a reçue... Et du bouche à oreille entre lecteurs qui continue de faire connaître son oeuvre. Mais l’homme, écorché, énarque ayant abandonné la magistrature après avoir appris sa séropositivité, cultive sa soif de pouvoir et de reconnaissance qui s’exprime d’ailleurs dans ses livres. Une soif liée à la discrimination homosexuelle subie avec plus ou moins de violence tout au long de sa vie et de ses anciens complexes. Personnalité controversée pour ses prises de position sur le sexe à risque (en 2000 il est la cible d'une polémique contre Act' Up après avoir déclaré que "la capote, ça ne sert plus à rien" et pour défendre le bareback, relations sans préservatif) ou la drogue, il ose parler, sans faux-semblant, de sexualité, de désir et de fantasme homosexuels, inaugurant par là-même une "littérature gay" (étiquette qu'il revendique) non plus douloureuse ou honteuse mais épicurienne et joyeuse sans pour autant verser dans l’idéalisme. Il crée même aux éditions Balland une éphémère collection de littérature gay et lesbienne : "Le Rayon gay". Avec sa langue minimaliste, hyper-réaliste et nerveuse, l'auteur a sinon inventé tout du moins renouvelé l'écriture et apporté ainsi une voix singulière à la littérature française. "Venant de Warhol, de Duras, de Céline, il a expérimenté et inventé des formes. Des formes littéraires, des formes de vie, des formes où littérature et vie s'entremêlent." , analysent les spécialistes de son travail.
A travers ses livres (huit au total), tous basés sur sa propre vie, il n’aura de cesse de défendre ce qu’il nomme la « culture gay » et ses modes de vie. Ses trois premiers opus (dont « Dans ma chambre »-1996 et « Je sors ce soir » -1997) relataient assez crûment ses « épopées noctambulo-pornographiques ». Une seconde période s’ouvre ensuite avec notamment la publication de "Nicolas Pages" en 1999 qui sera récompensé du Prix de Flore et Génie divin en 2001. Il livre ici une analyse très riche qui embrasse les aspects socio-culturels mais aussi politiques, toujours à travers son expérience : "Je fais du militantisme homo avec ces livres, mais aussi du militantisme en faveur d'une forme de vie underground", revendiquait-il. Pourtant son discours et ses idées dépassent largement la communauté gay pour toucher tous les lecteurs quelque soit leur appartenance sexuelle :

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