« Chaque ligne avait son énergie propre et était suivie d’une autre de la même veine. La substance même de chaque ligne donnait à la page une forme, un sentiment de quelque chose qui était gravé. Voilà enfin un homme qui n’avait pas peur de l’émotion. L’humour et la douleur mélangés avec une superbe simplicité. », ainsi parlait
Charles Bukowski de l’écrivain qui allait influencer toute son œuvre : John Fante. De ses livres écrits « avec les tripes et le cœur ». L’expression peut paraître galvaudée mais ils sont rares finalement ceux qui y parviennent. Ceux dont on sent derrière chaque phrase, chaque mot, un battement de cœur, une veine, palpiter. L’écriture de l’intime dans toute sa noblesse et sa beauté. Et sa puissance. Parce que oui, quand Fante vous parle d’une vieille bicoque, d’une rue pleine de poussières du désert, d’un café crème, d’une piaule miteuse, d’une haleine aigre alcoolisée, d’huaraches dépenaillées qui se traînent dans un saloon…, eh bien toutes ces banalités, ces choses laides même deviennent magiques. Sous sa plume, l’ordinaire devient extraordinaire, troublant, intense. L’insignifiant, l’anecdotique se pare d’une émotion, d’une grâce fabuleuse sans que l’on sache bien pourquoi. Fante nous parle de l’intérieur comme personne et fait résonner en nous tous ces êtres perdus, tous leurs désirs et douleurs, toutes ces voix des bas fonds de Los Angeles. Demande à la Poussière (1939) constitue le troisième quart d'un cycle autobiographique débuté en 1933 par La route de Los Angeles puis Bandini (1938) et beaucoup plus tardivement de Rêves de Bunker Hill (1982).
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