"Saisir l'impression à l'état pur", tel était l'obsession de l'écrivain japonais Yasunari Kawabata, prix Nobel de littérature en 1968 (il se suicide en 1972), contemporain de Borges et de Joyce, et sans doute l'écrivain japonais le plus lu et connu en Occident. Son œuvre tout entière est vouée à cette expression de l'éphémère ressenti à la vision d'un paysage, d'un visage, de la peau d'une femme ou du vol d'un papillon de nuit... A restituer cet imperceptible qui ne dure que quelques instants. Cette hyper-réalité qui rend encore plus palpable les élans indicibles des sentiments.Ces impressions fugaces, "claires-obscures", qui font toute la richesse des nuances de l'âme humaine. Ces romans peuvent ainsi être lus comme des tableaux contrastés et épurés, des estampes dont les milliers de nuances et la profondeur, transportent le lecteur dans un monde multi-sensoriel riche et ambigu. Ces romans sont des expériences picturales sur l'amour, la mort, la beauté, la solitude... Des romans qui s'éprouvent plus qu'ils ne se lisent, et qui résonnent longtemps dans l'âme du lecteur qui en perçoit progressivement les différents niveaux et leur symbolique. "Les belles endormies" comme "Pays de neige" sont ses deux chefs d'œuvre à la poésie ensorcelante, à la fois pure, noire et sensuelle :







Derniers commentaires