"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)

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lundi 8 novembre 2010

Blondes... MAIS écrivains : De Marilyn Monroe ("Fragments") à Nelly Arcan ("A ciel ouvert")

Contre toute attente, l'auteur phare de cette rentrée littéraire 2010 aura peut-être été celle dont on ne soupçonnait même pas qu'elle sache tenir un stylo : Marilyn Monroe ! On s'arrache ses "Fragments" de poésie, de lettres et autres bribes intimes posthumes. Et tout le monde de s'étonner, de s'exclamer : "La plus belle femme du monde était aussi intelligente".
L'incompatibilité d'un quelconque talent ou au moins sensibilité intellectuel(le), littéraire et de la beauté, du sex-appeal (surtout féminin): un préjugé toujours bien ancré dans les mentalités, même 50 ans plus tard... Pourtant une idiote n'aurait pas pu avoir la carrière de Marilyn, quelle que soit sa plastique. Autre blonde, autre suicide -au même âge : 36 ans-, celui de Nelly Arcan , l'an dernier, en septembre 2009. Elle n'était pas actrice mais bien écrivain même si elle aura dû batailler pour en obtenir la reconnaissance. Trop belle, trop photogénique... Le poids écrasant du physique était justement au centre de son œuvre qu'elle n'a eu de cesse de décrire avec virtuosité, n'ayant jamais de mots assez forts pour condamner cette "cage" ou cette "burqa de chair" dans laquelle elle périssait, mais qu'elle cultivait aussi paradoxalement. Tentons de rapprocher ces deux icônes blondes, d'autant que la seconde évoquait la première dans son avant-dernier roman "A ciel ouvert" :

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lundi 27 septembre 2010

"Putain" de Nelly Arcan : "(...) il faut être deux pour jouer à ce jeu là, un pour frapper à la porte et l’autre pour l’ouvrir"

En septembre 2009, il y a tout juste 1 an, le milieu littéraire était bouleversé par la mort tragique de l’écrivain québecoise Nelly Arcan, suicidée dans son appartement de Montréal à l’âge de 36 ans. Même Maurice Dantec lui rendait alors hommage en décrivant son oeuvre comme "une bizarre expérience apophatique" (voir ci-dessous*).
Cette jeune-femme à la blondeur Marilyn très médiatique a rapidement marqué les esprits par son image provocante au point de faire parfois oublier les textes qui se cachaient derrière son visage. Et ce drame, le rapport conflictuel à son physique écrasant et son rapport violent aux hommes, est au centre de son œuvre, avec un poids… morbide. Il éclate dés son premier roman choc « Putain » en 2001 qui la révèle. Traumatisée par le diktat de la beauté et de la jeunesse, elle y développe sa vision très noire de la féminité et de la société ainsi que son approche sans détour du commerce du corps dans ses aspects les plus sordides. Mais aussi ses fêlures intimes, familiales notamment. Elle disait avoir choisi les titres phares de ses deux premiers romans, « Putain » et « Folle », parce qu'ils sont les qualificatifs les plus employés dans l’Histoire pour parler des femmes.
Rattachée au courant de l’autofiction, cette étudiante inconnue avait été publiée par Le Seuil après avoir envoyé son manuscrit par la poste :

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