"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)

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mercredi 29 septembre 2010

De l'importance du titre... (autour de la polémique "La carte et le territoire" de Michel Houellebecq/Michel Lévy)

Attaqué par plusieurs polémiques, le dernier roman de Michel Houellebecq de cette rentrée littéraire 2010, a notamment fait l'objet d'une accusation de plagiat pour son titre. Si l'accusation portant sur son utilisation de Wikipédia était parfaitement ridicule, cette dernière est plus gênante. Pour rappel, Michel Lévy (frère de la fondatrice du club "Les Amis de Michel Houellebecq") aurait porté à la connaissance de l'auteur son livre (auto-édité) intitulé comme tel. Je ne crois pas que Michel Houellebecq se soit exprimé sur le sujet (contrairement à Wikipédia). Son éditeur a fourni en revanche une justification peu probante à mon avis (« le titre, association de deux mots de langue courante, n'est pas original au sens du droit d'auteur et ne peut donc recevoir de protection juridique dans le cadre que vous invoquez »). Qu'est ce qu'un titre sinon l'association de mots de langue courante (Colette disait d'ailleurs qu'elle cherchait à "écrire comme personne avec les mots de tout le monde" : c'est bien cela le talent !) ? C'est justement tout l'art de cette association qui fait le bon titre. Il y a même des gens dont c'est le métier... On ne peut pas sous-estimer l'importance et l'impact d'un bon titre. "La carte et le territoire" en est un particulièrement fort selon moi (outre la référence qu'il contient au philosophe Alfred Korzybski, il recèle de multiples interprétations assez passionnantes...). Je peux donc comprendre le mécontentement de Lévy s'il s'avère qu'il dit vrai.

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jeudi 13 août 2009

Les français traduisent l'américain comme des cons ! [BUZZ... littéraire Guest]

Quand un québecois aux ascendances anisnnabée/algonquine, amoureux de littérature américaine et lui-même auteur de plusieurs récits, s'en prend aux traducteurs germanopratins, cela fait mal !
Avec son franc-parler caustique, notre invité Gaétan Bouchard, créateur du blog(ue) "Simplement" et véritable touche à tout, donne à ces messieurs lettrés de la rive gauche une petite leçon de "slang" américain. D'Hunter S. Thompson à Henry Miller en passant par Kerouac...
Tabernacle !

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mercredi 17 juin 2009

Chick lit' : littérature de décérébrée ou comédie de moeurs ?

Ces trois dernières années ont été marquées par la croissance du rayon dit de "chick lit" (voir dossier), qualificatif peu flatteur pour désigner cette flopée de romans pour filles mettant en scène des héroïnes, en général belle, célibataire et branchée souffrant de défauts "typiquement féminins" tels que le shopping, l'abus de chocolat voire de bières, suivi de complexes et de régimes forcenés ou encore la chasse au bon parti dans le Londres ou le New-York chic...


Photo : Sophie Kinsella et Lauren Weisberger, deux reines de la Chick lit'

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jeudi 30 avril 2009

Pourquoi Stephenie Meyer fascine-t-elle ? (+ citations de l'auteur)

Depuis quelques mois, un nom truste les premières places des palmarès de vente des livres qu'il s'agisse de "Fascination", "Tentation", "Hésitation" ou encore "Révélation" : celui de son auteur, Stephenie Meyer, tranquille desesperate housewife mormone d'Arizona que rien ne prédestinait à l'écriture si ce n'est un rêve qui aurait tout déclenché... Sa saga vampiresque remporte un engouement sans précédent, auprès des lecteurs... et surtout lectrices ! Un public d'adolescentes mais aussi, plus étonnant, de (plus ou moins) jeunes adultes. Si beaucoup s'accordent à reconnaître la piètre qualité de son style littéraire, il n'en demeure pas moins qu'une véritable addiction se crée à la lecture de ses pages qui se "dévorent sans honte", selon l'expression des adeptes.
Alors comment expliquer ce succès phénoménal ?
Décryptage :

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vendredi 6 mars 2009

« Grand écrivain » au féminin : la bataille de la visibilité (1/2)

A l’occasion de la Journée de la femme, le 8 mars prochain, je vais m’intéresser, au cours de ces prochaines semaines, à différentes facettes du rapport entre femmes et littérature. J'avais précédemment esquissé une réflexion sur le sexe de la littérature. Pour débuter cette série de billets, j’aimerais m’interroger sur la rareté des femmes élevées au rang de « grand écrivain ». Ce titre honorifique, ce « statut » décerné par la postérité et qui fait qu’un écrivain marquera son siècle et les suivants, qui fait que son œuvre sera lue de génération en génération et deviendra une référence. Premier constat, le titre n’existe qu’au masculin. Et pour cause, ces messieurs y sont sur-représentés. Les femmes seraient-elles donc de piètres plumes, y aurait-il un manque de talents littéraires féminins ? Non, bien sûr il n’en est rien. Virginia Woolf plaidait dans son essai « Une chambre à soi », la cause de l’absence de conditions matérielles pour écrire. Mais les contre-exemples d’écrivains désargentés et maudits pullulent… Non, je vois pour ma part une autre explication de ce déséquilibre flagrant :

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jeudi 8 janvier 2009

L’ivresse de la solitude : regard sur quelques (plus ou moins) célèbres « no-lifes » littéraires : A rebours (Huysmans), Moon palace (Auster), La trilogie sale de la Havane (Guttierez)

« Rien n’est si insupportable à l’homme que d’être dans un plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir. » Pascal, Les Pensées

Le hasard de mes lectures m’a conduit à lire simultanément trois romans ("A rebours" de JK Huysmans, "Moon palace" de Paul Auster et "La trilogie sale de la Havane" de Pedro Juan Guttierez) a priori sans rien de commun entre eux, tant par leur époque, leurs thèmes que leur contexte géographique. Et pourtant j’ai réalisé à leur lecture qu’ils étaient tous trois liés, en particulier les deux premiers par un thème central : celui de la solitude (induisant un ennui vertigineux) sous le signe de Pascal, pionnier des no-lifes littéraires :- ) Le qualificatif "no-life" est apparu avec le phénomène des joueurs de jeux vidéo compulsifs, si je ne me trompe pas. Au Japon (où ils sont particulièrement nombreux), on les appelle des "Otakus". Autant dire qu'à l'époque d'un Huysmans on ne parlait pas en ces termes !
L’écrivain étant un animal solitaire (et tropical ajouterait Guttierez !), ce sentiment est donc assez récurrent en littérature, en particulier chez les romantiques, mais il m’a plus nettement frappée dans ces œuvres :

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mardi 21 octobre 2008

Rock et littérature (Litrock) : Vrai genre littéraire ou (im)posture ? (1/2)

Après avoir protesté contre le mariage de la littérature et de la politique, il est temps de s’attaquer à l’union du rock et de la littérature ayant enfanté d’un nouveau genre baptisé « litrock ». A son apogée (90’s), on s’amusait des réflexions de Rob Fleming ("Haute fidélité", Nick Hornby) sémillant disquaire trentenaire de Londres, fan adulescent de pop-rock s’étripant avec ses deux acolytes sur des questions aussi cruciales que les « cinq meilleures faces A de tous les temps » (le charme vintage de la cassette en prime), hésitant entre The Clash et Marvin Gaye, ou rêvant que sa vie ressemble à une chanson de Bruce Springsteen… On trouvait original et rythmé ces romans de Bret Easton Ellis, Poppy Z. Brite, Murakami (Haruki et Ryu), Virginie Despentes, Philipe Djian, Vincent Ravalec, Ann Scott… qui mêlaient habilement les « lyrics » à l'histoire de leur roman. Problème : Quand cette alliance musico-littéraire vire à la récupération et au procédé artificiel comme l’ont illustré les publications récentes, en particulier en cette rentrée littéraire, on commence à y devenir allergique… (illustration : sortie poche de "Viens là que je te tue ma belle" de Boris Bergmann)

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lundi 6 octobre 2008

"Cliente" (J. Balasko), "Plateforme" (Houellebecq) et "L’école de la chair" (Mishima) : la prostitution vue par la clientE

Le thème de la prostitution (des femmes auprès des hommes) constitue désormais un "classique" de la littérature qui ne scandalise plus personne. On ne compte plus les romans, trash et/ou dramatiques, qui ont abordé ce thème, mettant en scène les « filles de joie » depuis la « Nana » de Zola jusqu’aux confessions intimes ou romans de ces (ex) professionnelles (de "Putain" de Nelly Arkan à "King-Kong théorie" ou "Les chiennes savantes" de Virginie Despentes). Plus récemment on a eu droit au récit des « call girls » censées en être la version luxe. Pour autant, peu de romans ont jusqu’à présent abordé la prostitution masculine et sa « consommation » vue du côté des femmes : les « clientes ». En effet si la prostitution masculine a déjà été abordée, elle l’a souvent été par le prisme encore une fois des clients, puisque l’on s’en doute les premiers clients sont les hommes (gay). Plus marginale, la clientèle féminine existe néanmoins mais reste encore très taboue.

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mardi 31 juillet 2007

Succès d'éditions : Peut-on les expliquer ? (romans : "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbéry et "La femme du Ve" de Douglas Kennedy et un logiciel de prédiction des ventes de livres)

Un article des Inrockuptibles dans le numéro n°603 (du 19 au 25 juin) a attiré mon attention. Intitulé "Pourquoi ça marche ?", il cherche à expliquer, comme son titre l'indique, les raisons du succès des deux derniers best-sellers de l'édition : "L'élégance du hérisson"" de Muriel Barbéry (qui s'écoule à raison de 4 000 exemplaires par semaine et en cours d'adaptation en long métrage par Mona Achache) et "La femme du Ve" de Douglas Kennedy. Selon la journaliste, Nelly Kapriélan, ces deux romans qui ne sont ni des thrillers ni des blockbusters, ont de "vraies qualités littéraires", contrairement à une certaine littérature dite "commerciale". Leur succès tiendrait à ce qu'ils agissent comme des "révélateurs de l'inconscient collectif", vertus qui susciteraient donc l'engouement...

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lundi 19 mars 2007

Les 1001 livres que vous devez lire avant de mourir !

Entre l'avalanche des nouveautés, les critiques presse, les prix littéraires et les recommandations diverses et variées, il est toujours difficile de distinguer "le grain de l'ivraie". Les classements "best-of" (du type Granta…) et anthologies diverses et variées sont dés lors précieux pour aiguiller sur des auteurs ou des œuvres essentiels. Même si un certain recul est toujours nécessaire en fonction de la source ayant établi ledit classement. Un recueil, comme les anglo-saxons en ont le secret, les "1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie" pour la traduction française (et moins morbide que l'original, "1001 Books You Must Read Before You Die") a été publié récemment. Une large sélection plutôt intéressante pour se repérer, classée chronologiquement par grand siècle (depuis 1700 et même un peu avant jusqu'au XXe siècle). Auteurs majeurs mais pas forcément leurs œuvres les plus essentielles… De quoi encore alourdir un peu votre "PAL" (pile à lire) !

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vendredi 16 février 2007

Politique et littérature font-elles vraiment bon ménage ?

Je souhaite réagir à un phénomène qui me gêne : celui de rapprocher littérature et politique. C'est l'initiative du Matricule des anges consistant à "donner aux écrivains la possibilité de s’exprimer sur la campagne électorale" sur un blog spécial "Ecrivains en campagne" qui en est le catalyseur...

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