Littérature japonaise

« La clef, la confession impudique » de Tanizaki

« La clef, la confession impudique » de Tanizaki fait écho au roman de son confrère Kawabata (« Les Belles endormies »), tous deux maîtres de la littérature japonaise des années 30-40. Tous deux ont placé la femme et les arcanes (sombres) de la séduction au cœur de leur œuvre. La femme tentatrice, manipulatrice ou innocente, suscitant un désir obscur et parallèlement le spectre de la vieillesse, de la mort. Dans cette œuvre majeure d’après guerre, « La clef, La confession impudique » (écrit en 1956 à la fin de sa vie), cette sensualité puissante de la femme s’exerce de façon inconsciente…

Les belles endormies de Kawabata : Voyage sensoriel au royaume du désir et de la mort

« Les belles endormies » de Kawabata reflète l’obsession de l’écrivain japonais qui était de « saisir l’impression à l’état pur« . Ce prix Nobel de littérature en 1968 (il se suicide en 1972), contemporain de Borges et de Joyce, est sans doute l’écrivain japonais le plus lu et connu en Occident. Son œuvre tout entière est vouée à cette expression de l’éphémère ressenti à la vision d’un paysage, d’un visage, de la peau d’une femme ou du vol d’un papillon de nuit… A restituer cet imperceptible qui ne dure que quelques instants.

Pays de neige de Kawabata: Tryptique japonais de feu et de glace

Analyse critique, avec extraits et citations de « Pays de neige » de Kawabata, son premier roman démontrant déjà toute sa virtuosité littéraire stylistique, hautement picturale. Il fut publié une première fois en 1935, sous forme de nouvelle avant d’être corrigé et enrichi de 11 textes complémentaires (publiées dans diverses revues littéraires) formant sa version finale de 1947, conforme aux exigences de l’auteur. En France, il a obtenu le Prix du Meilleur Livre Etranger en 1961. L’histoire de son écriture nous éclaire sur la structure spatio-temporelle singulière de ce roman énigmatique et allégorique, qui se joue sur trois saisons de part et d’autre d’un long tunnel entre deux mondes, entre deux femmes, réel et irréel…

Kitchen de Banana Yoshimoto, Le goût de la vie vient des cuisines…

« Kitchen » de Banana Yoshimoto est un premier roman emblématique de la nouvelle génération littéraire nipponne des années 80, rapidement devenu un best-seller au Japon (vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires). Cette œuvre initiatique est signée d’une jeune japonaise alors âgée de 23 ans en 1988. A la fois onirique, poétique et étrange, il contient d’ores et déjà les thèmes essentiels de l’univers que la romancière développera dans ses romans suivants (moins marquants que ce premier néanmoins): les pulsions de vie et de mort, la solitude et la fragilité émotive à travers les destinées de plusieurs jeunes à l’aube de leur vie d’adulte dans laquelle ils ont bien du mal à s’engager…

« Appel du pied » de Wataya Risa, Chronique sensible du mal-être adolescent

« Appel du pied » de Wataya Risa débute avec cette phrase simple mais percutante: « La solitude me sonne dans la tête. Un son de clochette très aigu, à me casser les oreilles. »Ce 2e roman d’une toute jeune japonaise âgée de 19 ans, et qui dit avoir mis 6 mois à l’écrire, s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires au Japon, il a été récompensé en 2003 du prix Akutagawa (en même tant qu’Hitomi Kanehara et quelques années après leur aîné, Murakami Ryu pour « Bleu presque transparent », autres teen-fictions, également jeunes lauréats de l’Akutagawa, l’équivalent de notre Goncourt au Japon), après avoir remporté à dix-sept ans, le prix Bungei en 2001, pour son premier roman, « Install », écrit pendant ses vacances scolaires. Ce roman dessine un (auto ?)portrait sensible et intimiste de l’adolescence et des années lycée vues du côté des laissés pour compte, « les exclus » de la classe…