Chloé Delaume côté ville : confessions urbaines

L’écrivain répond aux questions du journal gratuit parisien « Enville » du mois de février 2006. Sujet : les villes traversées, habitées ou bien tout simplement rêvées par l’écrivain. A travers un voyage urbain, elle livre ses impressions laissées par ses escales à travers le monde. Elle qui avoue pourtant pouvoir rester deux mois durant bouclée chez elle !


Dans cette intéressante et originale interview, l’auteur nous apprend qu’elle s’est sentie toute petite à New-York. Elle y a ressenti une sensation de suffocation, le sentiment de ne pas avoir le biorythme de la ville.

Elle cite Heidelberg en Allemagne comme ville qui l’a adoptée lors d’une lecture à l’Institut de philogie en 2004. Elle a notamment apprécié l’accueil chaleureux des habitants et le côté mignon de la ville façon « maisonette de pain d’épice », même si elle ne situe pas du tout dans le courant littéraire romantique allemand. Ce voyage bénéfique s’est déroulé à un moment très dur de sa vie (rejet du parisiannisme, problèmes financiers…).

La ville où elle aimerait vivre est, sans surprise, Sim city (jeu vidéo ayant inspiré l’un de ses romans « Corpus Simsi « ). Elle aimerait incarner un PNJ (personnage non jouable) et se jouerait toute seule.

En revanche, elle avoue ne vouloir jamais remettre les pieds à Marseille ! Une ville qui lui a laissé une sensation de dureté et de virilité violente. « Etre un corps féminin à Marseille est très difficile », dit-elle. Cette ville lui rappelle aussi son père qui était capitaine au long cours. De mauvais souvenirs pour elle lorsqu’elle l’attendait sur le Vieux-Port. Elle apprécie en revanche Montpellier.

C’est à Paris que la nuit lui semble plus belle que le jour sauf pour la Nuit blanche qu’elle n’aime pas du tout, préférant le Paris déserté. C’est aussi à Paris il y a quelques années et à peu près partout qu’elle se sent étrangère. Elle se sentait refusée par la capitale et avait échoué dans un clapier rue Jean-Pierre Timbaud.

Pour décrire la ville de ses rêves, Cholé évoque les villes décrites dans les livres de science fiction : des cités souterraines avec des paysages virtuels. « Comme une sorte de cocon géant ».

La ville où elle s’est perdue est Turin, l’hiver dernier sous la neige. Elle a cru alors être engloutie par la ville dans une nuit qui n’en finissait pas et les flics qui la prenaient pour une prostituée.

Pour fuir la ville, elle va devant son ordinateur ou chez sa belle-mère qui vit dans un hameau près de Toulouse où il n’y a rien.

Et enfin si la ville était une couleur, ce serait le rouge en raison de sa violence mais également en raison de la foule des corps… Corps envers lequels elle ressent une sorte de gêne : « Je ne peux pas rester dans un endroit où il y a des gens sans vraiment penser à ce qu’il y a dedans, les litres de sang, la chair… » Une sorte d’ultra-conscience de son environnement.

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