"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)
"In the particular is contained the universal."
(James Joyce)

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Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger, « A million girls would kill for this job ! »

C’est en 2003, que Lauren Weisberger alors âgée de 26 ans, publie Le Diable s’habille en Prada (« The Devil wears Prada » en VO), son premier et désormais célébrissime roman,, un best-seller mondial vendu dans 30 pays, écoulé à près d’un million d’exemplaires en France et devenu film en 2006 avec Meryl Streep et Anne Hathaway dans les rôles titres. Après ses études, la jeune auteur a passé une année chez « Vogue » dans l’espoir de devenir journaliste, « une expérience apocalyptique » qui deviendra sa source d’inspiration. Elle travaille ensuite pour un magazine de voyages tout en suivant un atelier d’écriture. « Le professeur nous demandait une petite histoire par semaine. J’ai choisi de raconter les péripéties de mon stage à « Vogue », et, à la fin de l’année, le prof m’a convaincue que cela pouvait devenir un roman. Il m’a aidée à trouver un agent. Une semaine plus tard, le manuscrit était aux enchères entre plusieurs maisons, alors que je n’en avais écrit que 75 pages… J’ai dû démissionner pour le terminer. » , se souvient-elle.
Immédiatement cataloguée « reine de la chick lit' », étiquette qu’elle arbore d’ailleurs volontiers en revendiquant une littérature de divertissement, drôle et légère, Le Diable s’habille en Prada, va en réalité plus loin et s’apparente davantage à un Tom Wolfe qui se serait aventuré dans les coulisses d’un magazine de mode. Oui, Lauren Weisberger est une talentueuse storyteller qui sait maintenir son lecteur en haleine, le faire (sou)rire et parfois trembler par ses anecdotes et autres rebondissements hauts en couleurs. Entre « Stupeur et tremblements » d’Amélie Nothomb et les précieuses ridicules, ce roman initiatique nous raconte les premiers pas d’une jeune diplômée dans l’univers impitoyable du travail et plus particulièrement de la mode. Et nous livre quelques beaux (et cruels !) instantanés de la vie de bureau et de New-York. Retour sur cette satire encore plus réussie que le film !

Andrea Sachs est une jeune diplômée qui rêve de devenir journaliste pour le très intellectuel New-Yorker. Ce sera finalement chez « Runway », le prestigieux et superficiel magazine de mode (secteur auquel elle ne connaît rien et qui ne la passionne guère), qu’elle va décrocher son premier job en tant qu’assistante (d’assistante), soit « un ectoplasme au plus bas de l’échelle hiérarchique« , de sa célèbre rédactrice en chef : Miranda Priestley, « la femme la plus influente du monde ». Le job que « des millions de filles tueraient pour avoir« … C’est ce que l’on ne cesse de lui répéter en tout cas. Pourtant la jeune-femme va vite découvrir l’envers du décor de cet univers glamour soi-disant fabuleux… et plus particulièrement quel genre de redoutable personnage est sa « boss » ! Entre descente aux enfers et parcours du combattant, on suit sur une année intense, sa découverte choc du monde du travail…

Le succès de « Le Diable s’habille en Prada » s’explique peut-être en premier lieu par le choix de son décor : le magazine de mode, qui ne manque pas de faire rêver, mais aussi et surtout par sa référence à peine voilée à « Vogue » et sa mythique directrice Anna Wintour (qu’elle cite d’ailleurs nommément dans un passage du roman, comme « rivale » de Miranda).
Pour autant, cette « ressemblance -non fortuite- avec des faits réels » ne constitue qu’un « appât » à la curiosité et s’oublie rapidement devant l’histoire de ce roman à part entière, plus riche et plus subtil qu’il n’y paraît.
A commencer par un portrait très réussi d’une femme de pouvoir richissime aussi tyrannique que fascinante : Miranda Priestley.
Au fil des pages, Lauren Weisberger nous décrit, sous toutes les coutures, ce bourreau de travail inépuisable aux inlassables exigences, aussi pointues qu’improbables, dans toute sa férocité : la terreur qu’elle fait régner sur sa rédaction, sa cour de « précieuses ridicules » qui l’adulent tout autant qu’ils la détestent, sans jamais l’avouer pour autant.
Avec un sens de la mise en scène drôlatique, elle décrit ses entrées et sorties fracassantes, très théâtrales, dans le bureau : « Et voilà. Elle est partie. La visite qui avait semé une panique noire dans tout l’étage et occasionné des préparatifs frénétiques, des retouches de maquillage et des ajustements vestimentaires n’avait pas duré plus de quatre minutes en tout, et n’avait eu – du moins pour ce que mon regard inexpérimenté pouvait en avoir capté – strictement aucun objet. »

Le plus savoureux reste bien entendu ses caprices surréalistes qu' »An-dre-ââ » (selon la prononciation de Miranda) doit satisfaire. Parmi les innombrables exemples dont regorgent le livre, on retiendra plus particulièrement l’épisode des exemplaires d’Harry Potter à se procurer en avant-première puis à envoyer en jet privé à Paris au Ritz où séjournent Miranda et ses jumelles ou encore l’élucidation des ordres sibyllins que Miranda (qui ne dort jamais selon la légende) laisse, tout au long de la nuit, sur son répondeur comme retrouver « une commode aperçue chez un antiquaire de New-York » sans autre indication ou encore l’adresse d’un restaurant soi-disant à New-York et qui en fait se situe à Washington…
Il est bien sûr interdit de demander le moindre éclaircissement (ce serait trop facile !) : « Poser des questions à Miranda était apparemment de l’ordre de l’impossible. Mieux valait tâtonner et attendre qu’on nous dise que nos résultats étaient totalement à côté de la plaque. »
On rit aussi de ses petites manies comme les carrés Hermès blancs qu’elle consomme comme de vulgaires kleenex ou son appétit gargantuesque alors qu’elle ne supporte pas la graisse…

A travers le harcèlement téléphonique que subit son héroïne, Weisberger décrit aussi très bien le stress qui l’envahit dés que la sonnerie retentit.
Téléphone qui devient progressivement l’instrument de sa torture et de son asservissement tant mental que physique.
« Je pouvais toujours mépriser ce putain de portable de toute mon âme, mais je ne pouvais pas l’ignorer. Il me liait à Miranda comme un cordon ombilical, me refusant toute possibilité de grandir, de m’affranchir du lien qui me faisait suffoquer. Elle m’appelait constamment, et à l’instar d’une expérience sur les réflexes pavloviens qui aurait mal tourné, mon corps avait développé des réponses physiologiques sitôt que j’entendais la sonnerie. Brring-brring. Accélération du rythme cardiaque. Brriiiiing. Les doigts qui se crispent automatiquement, les épaules qui se tendent. Brrrriiiing. (…) et le front qui devient moite de transpiration. »

Elle raconte aussi les humiliations quotidiennes et le mépris total de cette femme envers ses subalternes, allant jusqu’à utiliser un seul prénom indifféremment pour l’une ou l’autre de ses assistantes : « Tant que quelqu’un répondait au téléphone et lui procurait ce dont elle avait besoin, l’identité de ce quelqu’un n’avait absolument aucune importance pour elle.« 
Et de pointer avec ironie, son hypocrisie érigée comme art de vivre : « J’avais fini par comprendre que ses « amis » se répartissaient en deux catégories seulement. Dans l’une figuraient ceux qui, selon sa perception des choses, lui étaient « supérieurs » et qu’il fallait impressionner. Cette liste-là n’était pas bien longue (…). Et puis il y a ceux qu’elle considère comme ses « inférieurs », qui ne méritaient que de la condescendance, et qu’il fallait rabaisser afin qu’ils n’oublient jamais quelle était leur place. Dans cette catégorie entraient en vrac tous les autres habitants de la planète… »

Même si le ton reste celui de la comédie (dramatique), l’auteur essaie de comprendre ici la trajectoire de cette femme hors-norme (qui contrairement au film, ne laisse jamais vraiment trahir une faille ou une fragilité tout au long des pages, même si sa solitude est parfois évoquée entre les lignes). Et de dénoncer les dérives induites par l’ivresse du pouvoir tout en se demandant jusqu’à quel point (au nom de sa « carrière ») l’on peut accepter de se laisser humilier et mettre en état de quasi esclavagisme…

« Je me suis donc arrangée pour oublier que ce quotidien était ma vie – la raison pour laquelle j’avais passé quatre longues années de ma vie à mémoriser des poèmes et à commenter de la prose, l’aboutissement de bons diplômes et de beaucoup de lèche – et j’ai transmis ma commande : un café au lait grand modèle, un Amaretto Cappuccino, un Mocha Frappuccino et un Caramel Macchiato en même temps qu’une demi-douzaine de muffins et de croissants…« 

C’est aussi un portrait contemporain et très vivant de la jeune génération : ses galères, ses déboires et ses désillusions lors de leur entrée dans le monde du travail, la difficulté de choisir une orientation, un métier ou encore de concilier études et petit job.
A l’image de Lily la meilleure amie d’Andrea (personnage passé à la trappe dans le film et assez présent dans le livre, de même que la famille d’Andréa) qui jongle avec un boulot de barmaid à mi-temps pour financer « un doctorat (en littérature russe) ignominieusement ruineux et totalement inutile. »
« A la même époque, mes amies et amis, qui s’étaient colletés avec la vie active sitôt leur diplôme en poche turbinaient depuis déjà six mois complets tout en bas de l’échelle. Tous et toutes semblaient harassés. Qu’ils travaillent dans des banques, des agences de pub, des maisons d’édition – ce n’étaient que lamentations sur les journées interminables, les collègues, la politique d’entreprise, et plus que tout, l’ennui. Comparées à l’exigence des études, les tâches que l’on attendait d’eux étaient tellement stupides, futiles, qu’un chimpanzé aurait pu s’en acquitter. Ce n’étaient que récits d’heures passées à entrer des chiffres dans des bases de données, à démarcher au téléphone des gens qui ne voulaient pas être importunés, à analyser du matin au soir des tonnes et des tonnes d’informations sur un écran d’ordinateur, à faire des recherches totalement inutiles pour que leurs supérieurs les croient productifs. Chacun jurait être devenu idiot en ce bref laps de temps écoulé depuis le diplôme, et il n’y avait nulle échappatoire en vue. »

On pense ici au Génération X de Douglas Coupland qui le premier a explicité ce malaise (abordé aussi en partie dans « Indécision » de Benjamin Kunkel).
Avec cynisme, l’auteur ne se prive pas de dénoncer son déclassement à travers les tâches ingrates auxquelles elle est soumise, et ce depuis la première heure du matin jusque tard dans la soirée. A une énième félicitation/extase sur son nouveau travail, elle pense : « Oh oui (…) j’ai une chance folle. Tenez, je me faisais justement cette réflexion quand hier ma patronne m’a envoyée lui acheter des tampons, et m’a ensuite hurlé dessus parce que je n’avais pas choisi les bons. Quant à porter au pressing tous les matins, des vêtements tâchés de transpiration et de graisse qui ne m’appartiennent pas… Si ce n’est pas de la chance ! »

En toile de fond, la ville de New-York, ses bars et restaurants branchés en passant par le Met dans lesquels elle nous entraîne au cours des soirées huppées organisées par Runway ou tout simplement pour retrouver ses amis. On fait ici quelques incursions du côté des penthouses avec portier de la cinquième avenue où réside Miranda. Et l’on suit la guerre immobilière qui fait rage pour dégotter un appartement : « Dans l’obscène univers immobilier de Manhattan, les appartements tant soit peu habitables étaient plus rares -et plus désirables – que des mecs hétéros à peu près normaux. »

« En période de défilés, Miranda passait d’un podium à l’autre, carnet de croquis en main, se préparant, dés son retour aux Etats-Unis, à annoncer à la bonne société new-yorkaise ce qu’elle allait porter – et à l’Amérique des classes moyennes ce qu’elle aimerait bien pouvoir porter.« 

A travers ce roman, que peut-on espérer apprendre sur le milieu de la mode et de la presse en tant que tel ?
En réalité pas grand chose si ce n’est sa dimension glamour, ses privilèges ou excès…, avec notamment la cohorte de cadeaux somptueux dont sont couvertes les rédactrices de mode, le culte de la minceur (« Sans arrêt je devais assurer à l’une ou l’autre fille de la rédaction qu’elle n’était pas grosse. A Runway la graisse était dans tous les esprits à défaut d’être sur les corps.« ) et autre name-dropping de photographes et couturiers de renom…
Cet aspect est plus creusé dans le film. Parfois l’auteur évoque tout de même le travail de Miranda avec les stylistes lors des shootings de photo, mais on regrette l’absence de détails concrets sur le sujet, à quelques exceptions près : « Pourquoi l’idée de réunir sur une même photo une robe du soir de Balmain, une jeune asiatique boudeuse et tout en jambes et une ruelle de San Sebastian suscitait-elle une telle adoration (…) ? ?
Elle évoque aussi la jalousie entre régie pub et rédaction.

Et de dresser au passage un tableau truculent de la vie de bureau, son ambiance, ses us et coutumes très spéciaux et sa galerie de personnages/créatures. Parmi eux, citons le fameux « volte face » qui consiste à toujours renier les éventuelles critiques que l’on pourrait avoir laissé échapper sur Runway, l’astreinte près du téléphone sans aller aux toilettes ni manger « sans avoir synchronisé un plan de guerre avant« , les badges avec puces électroniques pour surveiller chaque fait et geste du personnel façon 1984 !
Le personnage d’Emily, la « chef » assistante d’Andrea est dans ce cadre, plutôt bien campé, dans le genre « lèche-botte totalement flippé », entre petite mesquinerie et rivalité… Sa relation avec Andréa se teinte dans le roman de quelques rares moments de légère complicité et solidarité, totalement absents dans le film en revanche. On retient aussi le personnage de James, dandy chic et snob homo qui s’indigne par exemple : « Mais il est avec le même homme depuis 4 ans. Tu te rends compte ? Quatre ans ! Depuis quand les gays sexys se permettent-ils d’être monogames ? Sauf si c’est moi l’élu, il va de soi. »

« Le Diable s’habille en Prada », de la -vulgaire- chick-lit’ ?
Contrairement à ce que l’on entend, ce roman a finalement peu de points communs avec le genre « chick-lit' » apparenté à la littérature rose de type Harlequin. Etiquette assez péjorative et plutôt réductrice ici. Peu de pages sont d’ailleurs consacrées à la romance, même si celles avec « le bel écrivain célèbre et sexy » sont, il est vrai, plutôt mièvres… Lauren Weisberger s’affirme ici en vrai storyteller à travers une prose efficace, alerte et très vivante, avec un talent certain pour le dialogue et la réplique cinglante.
Formée dans les cours de « creative wrinting », elle angle avec justesse ses situations et sait happer son lecteur à travers quelques classiques narratifs qu’elle revisite avec fraîcheur (le choc des cultures, le monde des apparences, le diktat du physique ou encore le dilemme entre sa carrière et sa vie privée…). On compatit, on s’indigne, on s’amuse… Bref on ne s’ennuie pas dans cette « aventure urbaine » très divertissante (et bien écrite, ce qui n’est pas incompatible !). Sans verser dans le cliché ou la caricature (qu’elle évite parfois de peu tout de même), elle livre une analyse psychologique pertinente de tous ses personnages en particulier la relation presque S.M qui se tisse entre Miranda et ses assistantes, la manipulation qui se joue entre elles.
Ces qualités permettent de ne pas être agacé par le caractère parfois un peu répétitif des anecdotes sur la longueur…

Paroles de l’auteur, Lauren Weisberger :
« Je ne me souviens plus du moment exact où j’ai imaginé l’histoire du Diable s’habille en Prada. C’était juste une expérience amusante que d’écrire une œuvre de fiction après de longues journées à travailler dans un magazine. En fait, j’ai voulu retranscrire ce que mes amis et moi, des «vingtenaires» de New York, vivions tous les jours. Les lecteurs ont bien réagi à ce réalisme. »

A propos de ses personnages : « Il me suffit de regarder autour de moi, bien qu’il ne faille jamais s’inspirer d’une seule personne pour créer un personnage – croyez-moi, mes amis ou les membres de ma famille ne sont pas comme dans mes livres! J’essaie d’inventer chacun de mes héros ou personnages secondaires en mêlant plusieurs personnes que je connais. Je passe des mois à les concocter, en me demandant comment je réagirais lors d’une situation donnée, si j’étais eux. » (source : Lire)

A propos du tournage du film « Le diable s’habille en Prada » :
« J’ai eu de nombreux échanges avec la productrice du film tiré du « Diable s’habille en Prada ». Officiellement, je ne devais pas du tout participer au film, mais ils ont été sympas et m’ont incluse dans l’aventure. J’ai même un tout petit rôle… de deux secondes ! De septembre à décembre 2005, le tournage s’est déroulé aux Etats-Unis. Puis, fin décembre, nous avons passé une semaine magique à Paris. Meryl Streep n’était malheureusement pas du voyage et je ne l’ai que très peu vue. Mais j’ai beaucoup sympathisé, en revanche, avec Anne Hathaway, qui interprète Andrea, c’est-à-dire moi ! Lors d’une soirée caritative organisée autour du film, en mai dernier, j’ai revu pour la première fois depuis six ans Anna Wintour, la rédactrice en chef de « Vogue », qui m’a inspiré le personnage de Miranda. Et comme elle ne manque pas d’humour, ce soir là, elle était habillée… en Prada ! » (source : Elle)

A propos de l’écriture : « It’s an amazing excuse to hole-up and not talk to anyone for days on end. But aside from that, I most enjoy when I’m writing scenes with lots of dialogue, as that comes most naturally to me and seems to allow for the most creativity. »

Les conseils qu’elle donnerait aux aspirants écrivains : « Discipline, discipline, discipline. There are so many talented people out there with great stories to tell, but the trick is finding the time (that absolutely no one has) and sitting down to write. Even if you love writing, there will be times when you just don’t feel like doing it, but it’s only through sheer will power and sometimes forced-motivation that you sit at that computer and suffer through the dry spells. » (source : Somethingjewish.co.uk)

Voir aussi le site officiel de l’auteur, Lauren Weisberger
Visuels d’illustration ci-dessus extraits de l’adaptation cinéma par David Frankel.

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