Romans dystopies, satire et thrillers

Romans dystopie, anticipation ou thriller psychologique : le meilleur des romans qui anticipent les évolutions de nos sociétés et/ou dénoncent ses dérives : du consumérisme extrême à la désintégration familiale en passant par le totalitarisme, l’idiotie moderne et postmoderne, les manipulations marketing, les nouvelles technologies ou l'aliénation bureaucratique...

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury : « Here we go to keep the world happy, Montag! »

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury publié en 1953, a d’abord vu le jour sous la forme d’une nouvelle (« The Fireman », Le pompier en VF, elle-même dérivée d’une précédente intitulée « The pedestrian », « Le piéton » en VF suite à avoir été persécuté par un policier zélé alors qu’il marchait dans son quartier, on retrouve ses allusions à la marche à pied à travers le personnage de Clarisse, Bradbury n’ayant jamais passé son permis de conduire par méfiance des automobiles) publiée dans un magazine de SF en 1950. Bradbury l’étoffera ensuite sous la forme d’un roman en le tapant dans le sous-sol de la bibliothèque de UCLA à Los Angeles, en louant sa machine à écrire. C’est donc au milieu des livres et dans un lieu qu’il affectionne plus que tout (il revendique son éducation d’autodidacte self-educated faite dans les bibliothèques alors qu’il n’avait pas les moyens d’étudier à l’université) qu’il écrit un roman qui rend justement hommage à ces livres qu’il chérit tant et qu’il craint de voir négliger, tomber dans l’oubli et disparaître.

Bruit de fond de Don DeLillo, Un monde de morts en sursis…

« Bruit de fond » de Don DeLillo nous montre comment dans le confort de notre monde moderne aseptisé et parfaitement organisé, une catastrophe peut ébranler en quelques secondes cette vie surprotégée, à un point inimaginable. Ce genre de chose n’arrive qu’à la télévision, provoquant une petit pic d’adrénaline par procuration et une certaine fascination morbide… Mais quand cela se produit « en vrai », comment réagir face à la menace et au « désordre » ?

Crash ! de J.G Ballard dérange-t-il encore, plus de 40 ans après ? La mécanique des corps

Crash ! de J.G Ballard (James Graham), publié en 1973, premier tome (choc) de sa trilogie du béton, est sans doute le plus emblématique et le plus controversé de ses romans souvent taxés de « scandaleux ». Pourtant son oeuvre vise surtout à explorer le devenir de l’homme et de son corps dans un monde dominé par la machine. Et à dénoncer « un monde brutal aux lueurs criardes qui nous sollicite de façon toujours plus pressante en marge du paysage technologique. », selon l’auteur.

Moins que zéro de Bret Easton Ellis : Desesperados de luxe à L.A

C’est après Moins que zéro de Bret Easton Ellis, son premier roman et premier coup d’éclat en 1985, qui contient en germe toute la fureur et la folie à venir… que l’auteur écrira en écho « Vous qui entrez laissez toute espérance », la première phrase d’American Psycho, 6 ans plus tard. Une phrase qui répond directement au « Disparaître ici » que le narrateur et (anti) héros du roman, Clay, ne cesse d’entrevoir sur les immenses panneaux publicitaires qu’il croise sur les routes de LA. Le livre a connu un immense succès (il s’en vend 50 000 exemplaires la première année) et propulse son auteur, alors âgé de 21 ans, vers la gloire en parallèle de son « jumeau toxique » Jay Mc Inerney qui venait de publier « Bright lights, Big city » (« Journal d’un oiseau de nuit » en VF), une autre vision de la jeunesse et de la drogue sur la cote Est américaine.

Le bûcher des vanités de Tom Wolfe, Guerre d’egos sur fond de conflit politico-racial

Pavé culte, Le bûcher des vanités de Tom Wolfe reste l’oeuvre phare (et le premier roman) du dandy terrible des lettre américaines. Publié en 1987 et écrit en plein Reaganisme (à l’âge de 57 ans), ce best-seller mondial, porté a l’écran par Brian De Palma (affiche ci-contre), est un portrait en coupe sans complaisance d’une société américaine aveuglée par son matérialisme et sa soif de pouvoir, à travers la chute inexorable d’un golden-boy en pleine gloire.

Fight Club de Chuck Palahniuk : guérilla de cols blancs anti-yuppie, anti-capitaliste, anti-ikea…

Le film choc « Fight Club adapté du livre de Chuck Palahniuk publié en 1996 (d’abord sous forme de nouvelle, le chapitre 6, à l’âge de 34 ans), puis adapté en 1999 par David Fincher, est devenu culte pour un certain nombre de spectateurs/lecteurs de la génération X ou Y. Le livre qui l’a inspiré très fidèlement reste pourtant moins connu. Son auteur, américain (prononcez son nom « paul-ah-nik »), invente ici un nouveau genre à mi chemin entre la science fiction, la fable philosophique, la farce délirante, le roman noir et l’anticipation sociale. Mais aussi roman d’amour, de fraternité, d’apprentissage… D’une richesse et d’une inventivité hors norme, il donne à voir les impasses de nos sociétés occidentales en imaginant les conséquences extrêmes du « système ».

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley : Un monde sous conditionnement pour une civilisation « zéro défaut »

Ecrit en 4 mois en 1931, « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (« Brave New World » en version originale) est tout simplement impressionnant de perspicacité et de justesse quant à la vision qu’il donne d’une société future possible. Dans ce livre culte, l’écrivain britannique Aldous Huxley dépeint une société eugéniste où la natalité serait entièrement sous le contrôle des scientifiques. Où la société serait le résultat d’une production bien huilée, dont chaque constituant serait rigoureusement conforme à un cahier des charges initial.

1984 de George Orwell : Le plus important est-il ce que l’on croit ou ce qui est vrai ?

« 1984 » de George Orwell pourrait être résumé par son célèbre et terrifiant slogan: « Big Brother is watching you« . L’œuvre de l’auteur anglais (Eric Arthur Blair de son vrai nom) est indissociable de son époque. De son propre aveu, il s’imaginait avoir pu devenir « un curé de campagne heureux » s’il n’était né dans la première moitié du XXe siècle.

« Stupeur et tremblements » d’Amélie Nothomb: De cadre sup’ à dame pipi, l’enfer des bureaux japonais vue par une jeune belge

« Stupeur et tremblements » d’Amélie Nothomb, son huitième roman (au titre emprunté à l’ancien protocole impérial nippon où l’on doit s’adresser à son supérieur avec un respect surhumain), est paru en 1999, grand prix de l’Académie française. Il est une oeuvre charnière dans la bibliographie de la célèbre romanière belge Amélie Nothomb. Alors que jusqu’à présent elle signait des romans en forme de contes allégoriques plutôt noirs aux accents baroques voire scabreux, elle s’inspire ici de sa propre expérience pour livrer « un témoignage » qui reste bien sûr très littéraire, sur le monde du travail japonais, à l’occasion d’un stage au sein d’une méga-société d’import-export.

Les actifs corporels de Bernard Mourad : les rapports humains cotés en bourse

« Les actifs corporels » de Bernard Mourad, inaugurant une nouvelle vague de roman d’anticipation dystopique à la française (en évitant l’écueil de singer les classiques du genre américain), il imagine un monde terrifiant où tout a un prix y compris les humains, qui à l’instar du marché boursier, peuvent se valoriser ou se dévaluer jusqu’à leur aliénation.

Las Vegas Parano de Hunter S. Thompson, A la poursuite du rêve américain…

« Las Vegas Parano » de Hunter S. Thompson est paru sous le titre originale de « Fear and Loathing in Las Vegas » en 1971 et adapté au cinéma en 1998 par Terry Gilliam. Il fait partie des livres culte de cette génération d’écrivains enfantés par l’Amérique des 60’s/70’s, celles du Vietnam et du LSD, icônes de la contre-culture (aux côtés de Crash de Ballard, de l’Homme-dé de Luke Rhinehart ou encore Easy Rider de Dennis Hopper et Deus Irae de Philip K. Dick et Roger Zelazny).

« Le festin nu » de William S. Burroughs, Voyage au bout des monstres intérieurs…

« Le festin nu » de William S. Burroughs, chef de file de la « Beat generation » aux côtés de Kerouac (« Sur la route ») et du poète Ginsberg (« Howl » et « Kaddish ») et symbole de la contre-culture américaine, est le livre le plus emblématique et légendaire de cette littérature « maudite » sous le signe du sexe sans entraves ni tabous, de la marginalité, des drogues et de la violence… Mais aussi une réflexion sur les moeurs modernes, la morale, ou encore le flicage et la culture (de consommation) de la société occidentale… Ecrit à la suite de « Junkie » et de « Queer », ses confessions douloureuses sur sa vie de drogué et son homosexualité frustrée, « Le festin nu » a été rédigé à l’époque la plus sombre – ou la plus heureuse de sa vie ? – lorsqu’il vivotait de came plus ou moins coupée dans un bouge infect de Tanger.

« Testament à l’anglaise » de Jonathan Coe : La fascination du pire

« Testament à l’anglaise » de Jonathan Coe, paru en Angleterre en 1994, prix Femina étranger en 1995, est le quatrième roman qui a fait la notoriété de son auteur. Cet originaire de Birmingham né en 1961, s’est notamment distingué pour ses romans « à la construction complexe, avec une intrigue sophistiquée, un décor social très détaillé, une multiplicité de personnages liés les uns aux autres par un écheveau dense de relations » selon sa définition

Pastorale américaine de Philip Roth, God blesse le rêve (et le père) américain…

« Pastorale américaine » de Philip Roth est le 22e (!) livre de l’auteur juif américain de « Goodbye Colombus » du Complexe de Portnoy ou encore de « La tâche », écrit à soixante ans passés et paru aux Etats-Unis en 1997. Il inaugure une trilogie sur le rêve américain, ses illusions de grandeur, de bonheur fait de fragiles images d’épinal et ses grandes espérances…

La maison des feuilles de Mark Z. Danielewski, La carte n’est pas le territoire : vaste arnaque ou délire génial ?

Ovni de la rentrée littéraire 2002, « La Maison des feuilles », premier roman du new-yorkais d’origine polonaise Mark Z. Danielewski, alors âgé de 37 ans, est devenu, depuis, un livre culte pour une communauté -plus ou moins underground et geek- fidèle de lecteurs. Récemment sa rupture de stocks a même déclenché leurs foudres ! Héritant de tous les qualificatifs, de « livre-monstre » à roman « somme », « gigogne », « interactif » ou encore « livre « abîme », « labyrinthique » ou « pop-up »…

Le maître des illusions de Donna Tartt, Folie et décadence sur fond de campus de Nouvelle-Angleterre et cours de grec

Ecrit en dix ans et publié à l’âge de 28 ans, « Le maître des illusions » de Donna Tartt est un de ces pavés mythiques que les lecteurs se recommandent, par bouche à oreille, d’année en année. Il est l’oeuvre d’une jeune Américaine, née à Greenwood, Mississippi, écrivain précoce, publiant ses premiers poèmes à treize ans et camarade de lycée d’un certain Bret Easton Ellis à qui elle a notamment dédié ce premier roman.

Minority report de Philip K Dick: « L’existence d’une majorité implique logiquement l’existence d’une minorité correspondante. »

minority-Report-livre-philip-k-dick.png« Minority report » de Philip K Dick est un texte datant de 1956 et publié pour la première fois dans la revue de SF américaine « Fantastic Universe », alors qu’il en était encore à ses débuts (avant la 1e reconnaissance arrivée avec « Le maître du Haut château ») : on en admirera d’autant plus la maîtrise narrative, l’originalité visionnaire et la profondeur sous-jaçente qu’elle recèle ! « We can remember for you wholesale » (rebaptisé « Total recall ») arrive en milieu de carrière, en 1966, initialement publiée dans « The Magazine of Fantasy & Science Fiction ».

Ubik de Philip K. Dick : « Le monde entier est-il contenu en moi ? Est-il englobé par mon corps ? »

« Ubik » de Philip K.Dickest un roman culte de science fiction qui n’en finit pas de passionner et de soulever des débats*, tandis que Michel Gondry souhaitait l’adapter au ciné (mais a récemment déclaré « qu’il n’y avait pas les ressorts dramatiques pour un bon film« . Ecrit en 1966, classé en 2005 parmi les 100 meilleurs romans écrits en anglais depuis 1923 par le magazine Time, le critique Lev Grossman l’a qualifié d’« histoire d’horreur existentielle profondément troublante, un cauchemar dont vous ne serez jamais sûr de vous être réveillé. »

« The Hunger Games » de Suzanne Collins : Au commencement était la faim…

Alors que sort sur grand écran, l’adaptation du 2e tome de la saga « Hunger Games » de Suzanne Collins (« Catching Fire » > « L’embrasement » en VF), revenons sur ce roman culte : Dénoncer les dérives (et dangers) de la téléréalité, le sujet aurait pu sembler rebattu tant il y avait déjà eu de dystopies ou d’articles sur …

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Chroniques martiennes de Ray Bradbury: Fragments de la vie des gens… sur Mars

>Chroniques martiennes(The martian chronicles) de Ray Bradbury ont été écrites dans les années 40, à la vingtaine, sous forme de nouvelles publiées dans divers fanzines (« Planet Stories », « Thrilling Wonder »…). Réunies et éditées en recueil en 1950, sous le titre « The Martian Chronicles », elles sont devenues depuis un classique culte (étudié à l’école aux US).