"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)
"In the particular is contained the universal."
(James Joyce)

Paroles d’auteurs / éditeurs

La littérature jeunesse « young adult » manque-t-elle de « sérieux » ?

De JK Rowling mère de la saga Harry Potter et autres dérivés à Twilight, Hunger games ou Divergent, les romancières anglo-américaines se taillent la part du lion sur ce marché porteur de la littérature ado et jeunes adultes. Pourtant ces histoires fantastiques et autres dystopies, particulièrement quand le personnage central est une héroïne, sont souvent réduites à de la littérature commerciale facile sans intérêt littéraire, voire médiocre dont il faudrait même tenir éloignés les jeunes… Dans sa tribune au site Bustle*, la jeune auteur américaine de romans ados à succès (la trilogie Délirium, Before I fall/ »Le dernier jour de ta vie », etc.), Lauren Oliver

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Bâtir une intrigue efficace et des personnages forts : conseils d’écriture de Lauren Oliver (Before I fall, Delirium, etc., romans « Young adult »)

Lauren Oliver fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs de romans ados dits « young adult » selon l’appellation anglo-saxonne capable de produire des best-sellers à la chaîne avec des univers semi-fantastiques dystopiques et de jeunes héroïnes souvent lycéennes confrontées à diverses épreuves et leçons de vie. Aux côtés de Suzanne Collins (The Hunger Games) et de Veronica Roth (Divergent), elle truste le palmarès des best-sellers du New York Times.

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Conseils et secrets d’écriture de Françoise Sagan: « L’écrivain est un pauvre animal, enfermé dans une cage avec lui-même. »

L’auteur de Bonjour tristesse ou de La chamade, sous son allure insouciante et proscratinatrice, était une travailleuse acharnée avec une discipline d’écriture bien rôdée, ce qui lui a permis d’ériger une œuvre de plus de 40 romans, pièces de théâtre, recueils et collaborations scénaristique. Avec une régularité métronomique, il faut se rappeler qu’elle publiait un nouveau livre presque chaque année ou tous les deux ans, de 1954 à 1998 ! Au fil des interviews donnés à de nombreux journaux, elle a livré sa routine, sa méthode et sa conception de l’écriture romanesque: de l’inspiration à la peur de la page blanche en passant par ses démons. Extraits choisis de ces perles dans les coulisses de son art:

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Conseils d’écriture de Jeffrey Eugenides : De l’art de se retirer du monde lorsqu’on écrit

L’auteur de Virgin Suicides (adapté par Sofia Coppola), de Middlesex (Prix Pulitzer en 2003) et du roman d’apprentissage « Le roman du mariage » (2013), est aussi prof de creative writing dans le New Jersey. Régulièrement interviewé ou invité à s’exprimer lors de discours, il a prodigué ainsi divers conseils/avis aux jeunes écrivains débutant ou aspirant, sur l’art d’écrire un roman, ses « secrets de fabrication », allant des écueils à éviter à la méthodologie. Voici quelques extraits choisis intéressants sur sa philosophie et sa pratique d’écrivain:

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Michel Onfray critique le « non-style » de Michel Houellebecq

Dans une interview donnée en 2014, l’auteur philosophe Michel Onfray analysait l’auteur des particules élémentaires, Michel Houellebecq, en des termes peu élogieux, à l’occasion de la sortie du premier tome « Le réel n’a pas eu lieu » sa Contre-Histoire de la littérature. Il lui reproche notamment la pauvreté de son style :

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Evolution de la littérature franco-africaine: d’une écriture sociale à la nouvelle vague intimiste

Dans une interview de mars 2016, Alain Mabanckou livre une intéressante analyse de l’évolution dans les années 90 puis 2000 de la littérature dite de la « négritude » alors que les écrivains émigrent en Europe et posent alors un regard nouveau sur l’Afrique et la société française, lié à l’éloignement, mais refuse d’y voir une volonté de cantonnement mais au contraire d’élargissement:

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Facebook, Internet… : de « beaux outils romanesques » selon Camille Laurens

Dans une chronique rédigée pour le site de L’Express, l’écrivain Camille Laurens livre une analyse intéressante du rôle joué par les nouvelles technologies dans la création littéraire et le travail du romancier 2.0. Elle, qui n’hésite pas à placer la toile et les réseaux sociaux, au cœur de ses romans, depuis quelques années (à commencer par le réussi « Romance nerveuse » (2010) et plus récemment avec « Celle que vous croyez » (2016), compare notamment son impact avec les inventions des siècles précédents comme le téléphone sur l’écriture, de Proust à Cocteau…:
internet et litterature romans et reseaux sociaux

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Ecrire selon Camille Laurens (2e extrait « Celle que vous croyez »)

Dans son roman « Celle que vous croyez » paru à la rentrée littéraire de janvier 2016, Camille Laurens file, entre autres, une métaphore sur le désir amoureux et le désir d’écrire, désir romanesque alimentés par les mêmes moteurs fantasmatiques selon elle. A cette occasion, par une mise en abyme, elle livre plusieurs réflexions sur sa vision de l’écriture et du processes créatif qui préside à la naissance d’un livre. Elle revisite notamment avec force l’image de la pêche et du poisson, qu’elle compare à l’inspiration et en particulier à sa « saisie » dans l’esprit mouvant de l’auteur:

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La misogynie de Flaubert (extraits de sa Correspondance)

Bien que souvent passée sous silence ou minimisée,la misogynie de Flaubert était pourtant une réalité bien concrète (et communément partagée par ses contemporains), qui permet, lorsqu’on s’y penche de plus près d’éclairer son œuvre, et en particulier ce qui est souvent considéré comme son chef-d’oeuvre, « Madame Bovary ». On en trouve ainsi d’innombrables exemples dans la Correspondance où il exprime avec véhémence son mépris voire une véritable haine pour ce qu’il considère comme « l’élément typiquement féminin », se livrant à diverses généralités de bas étage. Il serait donc bon que les professeurs rappellent cette dimension, certes peu reluisante de l’auteur, mais finalement assez essentielle à l’approche et l’analyse de ses romans.

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Jim Carroll réagit à la polémique « Basketball Diaries » suite aux tueries de Columbine (1999)

Publié en 1978, Basketball Diaries est le journal des années 60 de l’auteur culte New Yorkais Jim Carroll. Il y a consigné ses 400 coups à l’adolescence, entre ses 13 et 16 ans, en particulier son expérience de la drogue sur fond de guerre froide, de guerre du Vietnam et de mouvement pacifiste.
Une des entrées du journal relatait un fantasme de violence à l’école (univers qui l’oppressait, en particulier les enseignants catholiques stricts pouvant se rendre coupable d’abus sur les jeunes) ré-adapté dans le film en scène de meurtre.

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Delphine de Vigan mitigée sur les blogs littéraires…

A l’occasion de la sortie de son nouveau roman « D’après une histoire vraie » qui vient de remporter le prix Renaudot, une interview plus ancienne de Delphine de Vigan a refait surface sur Facebook où elle évoquait, entre autres, son rapport aux blogs littéraires.

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Richard Brautigan vu par Djian (et analyse de « La vengeance de la pelouse »)

Dans une interview datant de 1992, Philippe Djian, grand lecteur des auteurs de la beat génération américaine, revenait plus particulièrement sur l’influence de Richard Bratigan (« Un privé à Babylone », 1935-84) sur son travail :

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« La violence culturelle est une violence sourde, probablement pire que toutes les autres » (Lucas Belvaux, réalisateur de l’adaptation de « Pas son genre »)

Suite à la chronique sur le roman « Pas son genre » de Philippe Vilain, adapté au cinéma en 2013 par le réalisateur belge Lucas Belvaux, voici quelques extraits choisis des interviews de ce dernier, à la fois sur le livre, les personnages et sur le thème des clivages culturels. Il livre notamment une analyse très intéressante (que n’aurait pas renié une Annie Ernaux !) sur l’évolution du rapport à la « culture » comme marqueur social entre les classes:

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Contre le ghetto de la littérature « noire » engagée ou « francophone »: Mabanckou, Laferrière, Diome, Miano

Trois figures majeures, le franco-congolais Alain Mabanckou, l’haïtien Dany Laferrière vivant au Québec et la franco-sénégalaise Fatou Diome expliquent régulièrement dans leurs interviews en quoi la « classification » sous l’étiquette francophone ou noire leur apparait réductrice et limite leur champ des possibles en terme de thématiques ou d’identité propre:

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Interview d’Olivier Adam (2004): « La nouvelle vous demande de travailler sur des points de bascule, des moments cruciaux »

Olivier Adam fait un peu figure d’Ovni dans le paysage littéraire des trentenaires parisiens.
A tel point qu’il nous raconte qu’au cours d’une photo pour l’hebdo Paris-Match avec ses confrères écrivains parisiens, on lui demanda s’il « venait de Province ». Pas assez mondain Olivier ? « L’endroit le plus huppé que je fréquente c’est ce bar », nous avoue t’il avec un plaisir non dissimulé, en désignant le Café qu’il a choisi pour cette interview : le Café Turgot, dans le 9e arrondissement. Son repaire, juste à côté de la rue où il vit.
Nicolas Rey a été un des premiers à défendre ses livres bien que leurs univers soient assez éloignés mais leurs influences communes.

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Rencontre avec Bernard Mourad, auteur de « Les actifs corporels » (2006)

Alors que Bernard Mourad a été nommé président du pôle des magazines français de Roularta (L’Express, L’Expansion, Mieux vivre votre argent…) en février 2015, retour 9 ans en arrière (eh oui déjà !) alors qu’il faisait ses débuts de romancier prometteur tout en menant en parallèle sa carrière brillante de banquier chez Morgan Stanley. Il accordait une interview à Buzz littéraire en mars 2006:
Pardessus bleu marine, costume raffiné et parapluie golf blanc, Bernard Mourad auteur de « Les actifs corporels » est fidèle à l’image (de banquier d’affaire) que l’on pourrait avoir de lui : une jeune homme chic et bien élevé (qui vous accueille avec un grand sourire même si cela fait dix minutes qu’il vous attend sous la pluie…).
A cette image lisse et sobre se superposent quelques scènes de son premier roman sombre et cynique (voir notre chonique) qui suscite l’engouement depuis sa sortie le 1er janvier 2006 aux éditions JC Lattès. Avec gentillesse et simplicité, il a accepté de répondre à toutes nos questions et satisfaire ainsi notre curiosité sur ce nouveau venu dans le paysage littéraire, bien parti pour compter ces prochaines années…

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La lectrice dans le train, vue par Jonathan Coe et Paul Auster (extraits « Testament à l’anglaise » et « Trilogie New-Yorkaise)

Récemment, un nouveau compte Instagram voyait le jour pour célébrer des lecteurs anonymes plongés dans leurs bouquins dans le métro New yorkais. Il y aurait semble-t-il une fascination/un fantasme littéraire pour l’inconnu(e)-jeune le plus souvent- lisant dans les moyens de transport en commun, et plus traditionnellement lectrice (l’équivalent de la passante dans la rue qui alimente autant de fantasmes littéraires !). En particulier si cette dernière lit un des ouvrages de l’auteur narcissique par définition. Même si rien ne se passe nécessairement comme prévu…
lectrice dans le train metro
C’est cette rencontre transurbaine que décrivent avec pittoresque et humour deux mythiques auteurs anglo-saxons : le londonien Jonathan Coe dans sa satire socio-politique britannique « Testament à l’anglaise » et le New-Yorkais Paul Auster dans « Cité de verre ». Extraits :

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« L’histoire c’est pour la mercière » : les « storytellers » vus par LF Céline

Dans une interview de 1957 donnée au journal l’Express, l’écrivain Louis Ferdinand Céline, à l’occasion de la publication de son roman « D’un château l’autre », se livrait sur l’art d’écrire, sur le style en particulier qui à ses yeux est primordial tandis que l’histoire n’occupe qu’une place mineure. Le tout avec sa verve aussi légendaire quescandaleuse !

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L’art d’écrire selon Philippe Djian : « ce qui donne du mal, c’est de mettre trois mots l’un devant l’autre. »

A l’occasion de la parution de son roman « Ca c’est un baiser » en 2002, Philippe Djian commente les conseils à l’usage des écrivains débutants disséminés dans ses pages et revient sur ses maîtres d’écriture (de Kérouac à Carver…) et son expérience du journalisme:

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Ecrire selon Colette

« Ecrire ! Pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tournent en rond autour d’une tâche d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée…

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