Interview

Dans la bibliothèque de… Solange te parle (poétubeuse)

Poétubeuse, comme elle s’est auto-baptisée, Solange (de la chaîne « Solange te parle » sur Youtube) détonne dans le paysage youtubesque francophone avec ses vidéos poético-décalées, jouant sur l’absurde, l’imaginaire, la performance vidéaste. En France, nous avions le cinéma d’auteur, Solange (amatrice du premier, en particulier de Rohmer ou des films d’Amalric avec qui elle a d’ailleurs tourné un court métrage dans sa vie antérieure de jeune actrice) invente le Youtube d’auteur ! Avec elle, le quotidien et ses objets ordinaires -du camembert au pot de fleur (cf : son désormais célèbre « abécédaire ») deviennent aventure… métaphysique ! Elle a aussi livré des vidéos plus engagées sur le terrain féministe (« Poils pubiens: indignez vous!« , «Pénis: inclinez vous!», « Pas féminine« ), elle qui s’affirme allergique au « girly » mais aussi aux diktats patriarcaux.

Interview d’Olivier Adam (2004): « La nouvelle vous demande de travailler sur des points de bascule, des moments cruciaux »

Olivier Adam fait un peu figure d’Ovni dans le paysage littéraire des trentenaires parisiens.
A tel point qu’il nous raconte qu’au cours d’une photo pour l’hebdo Paris-Match avec ses confrères écrivains parisiens, on lui demanda s’il « venait de Province ». Pas assez mondain Olivier ? « L’endroit le plus huppé que je fréquente c’est ce bar », nous avoue t’il avec un plaisir non dissimulé, en désignant le Café qu’il a choisi pour cette interview : le Café Turgot, dans le 9e arrondissement. Son repaire, juste à côté de la rue où il vit.
Nicolas Rey a été un des premiers à défendre ses livres bien que leurs univers soient assez éloignés mais leurs influences communes.

Interview Bénédicte Martin (« Quelqu’un quelque part est foutu ») : « J’ai été animée par une rage qui efface la joliesse de mes premiers écrits patinés par le marketeur Beigbeder… »

Interview de Bénédicte Martin, qui revient après une longue absence, aux éditions Stéphane Million avec un nouvel opus : « Quelqu’un quelque part est foutu ». Après avoir embrasé la scène littéraire au début des années 2000, avec son célèbre « Warm-up », condensé de sensualité, d’insouciance effrontée et de féminité mutine… Elle nous explique son évolution, depuis ses débuts avec Frédéric Beigbeder qui l’a découverte, et revient sur son parcours, ses influences ou encore son rapport à Internet et projet… :

Interview Ariel Kenig (« Le miracle ») et Solange Bied-Charreton (« Enjoy ») : Comment la génération Y mêle Internet et littérature…

Le premier roman de Solange Bied-Charreton, « Enjoy » (sorte de roman chorale autour d’un réseau social fictif « ShowYou » qui asservit les personnages et leur tient lieu de laboratoire de vie…) et le cinquième roman d’Ariel Kenig « Le miracle », constituent deux nouveaux romans, parus en 2012, sur les dérives d’Internet* par deux jeunes auteurs. Ils y analysent notamment le rapport à l’image à l’heure de Facebook sur fond de scandale politique et d’autofiction. Au menu : narcissisme, exhibitionnisme, voyeurisme et conformisme…

Interview de Jean-Marc Parisis (« Les aimants »): « L’amour est une idée quasi morte »

Interview de Jean-Marc Parisis à l’occasion de la sortie de son roman « Les aimantS »/

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« Avant, pendant, après » / « Les aimants » de Jean-Marc Parisis: Boy meets girl…

Le 11/01/2012 est sortie la version poche de « Les aimants », roman phare de la rentrée littéraire 2009 (et sixième) de Jean-Marc Parisis , qui avait été sélectionné pour les prix de Flore et Renaudot Entré sur la scène littéraire en 1987 avec un premier roman « La mélancolie des fast-foods » qui met en scène un jeune punk en rébellion contre la société et adepte d’un « fascisme passif » (ressorti en poche en janv. 2010 chez J’ai lu). 45e prix Roger Nimier (courant néo-hussard) en 2007, il est salué pour son « style ciselé » et sa « finesse ». Qualifié « d’orfèvre du battement de coeur », l’auteur porte bien son nom car son univers est en effet très parisien, « bobo » diront certains, dans la lignée d’auteurs tels que Beigbeder, N.Rey, Jaenada, Mérot ou encore Joncour. On boit des mojitos dans les cafés de la rue Buci, on se sépare rive droite pour mieux se retrouver rive gauche, on s’échange des numéros de téléphone dans des appartements haussmanniens ou à la Sorbonne, on travaille dans la pub ou les médias, on noie son chagrin dans un rail de coke… Si vous aimez l’un de ces auteurs, alors vous entrerez avec plaisir dans ses histoires d’amour où les hommes sont toujours des Casanovas un peu lâches, fuyants, faux blasés et vrais romantiques, errant de femme en femme avant de se laisser harponner par l’une d’elles et en souffrir… Retour sur ses romans phare, « Avant, pendant, après » et « Les aimants » suivi d’une interview de l’auteur :

Interview de Grégory Nicolaidis (Welovewords.com) : « Je crois à l’intermédiation et à l’importance d’une mise en relation pertinente entre un talent et un partenaire »

Les sites communautaires littéraires se développent de plus en plus en France et attirent les éditeurs qui y voient un nouveau vecteur de promotion. Communautés de lecteurs tels que Babelio (où les internautes peuvent recevoir et chroniquer des services de presse), le nouveau né Newsbook ou plus anciennement le très bon et toujours vaillant Critiqueslibres ou encore réseaux sociaux culturels (Ulike, Senscritique…) et plus récemment des communautés d’aspirants écrivains. Après my Major Company Books, site d’édition participative ou Ebookpulp autour des e-books, Welovewords, axé sur les concours d’écritures (cf :partenariat avec Flammarion), a été lancé en 2010. Interview de son fondateur trentenaire, Grégory Nicolaidis :

Interview d’une lectrice d’édition : comment se faire publier et trouver un éditeur ?

Comment faire éditer, publier son manuscrit ?, Comment trouver un éditeur ? Bien souvent premier lecteur des manuscrits adressés à une maison d’édition et donc premier « barrage » à passer, le lecteur d’édition travaille dans l’ombre et la plus stricte confidentialité. Un travail rigoureux et méconnu à l’importance fondamentale. Ce sont en effet eux qui choisissent et orientent les manuscrits vers les éditeurs en vue d’une éventuelle publication. Comment travaillent les lecteurs d’édition ? Quelles sont les conditions pour qu’un ouvrage soit retenu, les erreurs à éviter ? Comment obtenir un avis argumenté sur ses écrits lorsque l’on est un jeune auteur aspirant à la publication ?

Petite discussion entre écrivains : Quand Frédéric Beigbeder rencontre Nicolas Fargues…

L’un pourrait être le chef de file de la littérature nouvelle génération, tout auréolé du prix Renaudot 2009 et l’autre son petit frère de lettres, sept années les séparant. Buzz littéraire a réuni ces deux écrivains dont les univers et styles nous semblaient converger jusqu’aux titres de leurs derniers romans respectifs qui se font écho, « Un roman français » et « Le roman de l’été« . Comme l’a souligné l’auteur de 99 francs : « Nous avons en commun d’appartenir à ce monde que nous tournons en dérision à travers des dialogues comiques, en jouant avec le langage et les codes de notre époque. Je suis peut-être plus cynique tandis que Nicolas est plus lucide avec des nuances. »

La conversation a donc été immédiatement fluide entre ces deux auteurs qui se connaissaient, se suivaient de loin. Un entretien riche qui dévoile leurs points communs et où ils échangent sur leur approche de l’écriture, la nostalgie des années 70/80, le name-dropping, leurs voyages, « la chaleur » en littérature, l’émotion, la précision, les générations, la violence mais aussi la société française, l’histoire ou la langue… On ne les arrête plus !

Interview Sacha Sperling: « Un écrivain c’est quelqu’un qui trouve qu’il y a un truc dans le monde qui ne va pas, quelque chose d’absurde. »

Le premier roman « Mes illusions donnent sur la cour » de Sacha Sperling a créé l’évènement de la rentrée littéraire 2009 et a été salué par la critique et le public en dépit des suspicions quant à son statut de « fils de » et de son genre littéraire (i.e la jeunesse dorée parisienne » devenu un peu galvadué …

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Dans la bibliothèque des blogueurs… Daniel de Almeida (directeur de Première ex Fluctuat)

Sévissant sous le pseudo d’Easywriter, Daniel n’est pas un rédacteur en chef comme les autres. Pour ceux qui lisent régulièrement le Mille-feuilles ou ses autres articles (politique, société…) sur Fluctuat.net, vous connaissez sa plume à la fois sarcastique et potache qui ne manque pas de séduire ces dames… Entre deux mojitos (after work only hein !), ce joyeux trublion, sous ses airs d’adulescent, n’en est pas moins un bourreau de travail !

Diplômé d’un master en philosophie et science politique, ce natif de Brive-la-Gaillarde a fait ses gammes en sillonnant la province pour les journaux « La Montagne » puis « l’Est Républicain ». En 2006, il rejoint Fluctuat.net (racheté par Doctissimo puis Lagardère Active) avec pour mission notamment de développer le blog littéraire Mille-feuilles qui en est alors à ses débuts (il accueille aujourd’hui 2000 visiteurs/jour, au total entre 8 et 10 000 visites pour la rubrique « Livres« ).

Interview de Douglas Kennedy (Quitter le monde) : « La vie quotidienne c’est un vernis très fragile. » / « L’ennui est un pêché mortel ! »

Impossible d’échapper au buzz autour de Douglas Kennedy, « le plus français des écrivains américains » (traduit dans 21 langues mais inconnu aux Etats-Unis !) et accessoirement fabriquant officiel de best-sellers. Creusant le sillon du roman dit populaire à tendance intimiste et (pseudo ?-) existentialiste, l’auteur de « La poursuite du bonheur », loin d’être un styliste, bénéficie néanmoins d’une image un peu plus noble qu’un Marc Lévy. A travers ses grandes sagas, il dessine le destin d’hommes ou de femmes en rupture avec leur milieu familial, souvent en fuite et en quête d’eux-même avec au milieu en général un grand rebondissement qui fait s’écrouler tout ce qu’ils avaient tenté de reconstruire… Bref une mécanique romanesque bien huilée et efficace comme on dit. C’est de nouveau son talent de « storyteller page-turner » qui est à l’œuvre dans son dernier opus : « Quitter le monde » (tiré à 200 000 exemplaires ; tirage moyen d’un roman en France: 3000), que la critique n’a pas hésité à considérer comme son meilleur roman, mais aussi l’un des plus noirs. L’écrivain affable donnait une interview intéressante à la chaîne LCI, à ce sujet :

Interview expresse de Claire Castillon (prochain roman 2008 : « Dessous, c’est l’enfer »), Salon du livre 6/6

Dernier de nos entretiens express avec les auteurs à l’occasion du Salon du livre 2008 où l’on a réussi à cueillir une Claire Castillon très demandée par ses nombreux lecteurs et lectrices en dédicace ! Venue présenter notamment ses deux derniers recueils de nouvelles, « On n’empêche pas un petit cœur d’aimer » (2007) et « Insecte » (2006), sachez d’ores et déjà qu’elle publiera à la rentrée de septembre 2008 (en librairie le 20 août), un nouveau (et sixième) roman intitulé « Dessous, c’est l’enfer ».

Interview de David Foenkinos (dernier roman : Qui se souvient de David Foenkinos ?), Salon du livre 5/6

Suite de nos entretiens avec les auteurs à l’occasion du Salon du livre 2008 avec un entretien éclair avec le sémillant David Foenkinos. Effervescence sur le stand Au Diable Vauvert, lors de la nocturne du 18 mars. Il est aux alentours de 20.00. C’est là que David Foenkinos m’a donné rendez vous pour répondre à mes questions. Même si l’auteur de « Qui se souvient de David Foenkinos ? » (son dernier et septième roman paru à la rentrée littéraire de septembre 2007, sorte d’anti-autobiographie sur le mode parodique, sa marque de fabrique, mais néanmoins plus grave que ses précédents opus, où il s’imagine en écrivain raté à 40 ans, retombé dans l’anonymat après un bref succès, et qui se lance dans la quête d’un nouvelle idée « en or » de roman, une quête du Graal à la fois surréaliste et absurde qui questionne la création littéraire, les caprices de l’inspiration mais aussi la fragilité du succès ou encore les affres existentiels de la quarantaine, la solitude affective sans oublier les femmes, toujours !… ) n’est pas publié chez l’éditeur à l’emblème fourchu, il a choisi de faire « table de dédicaces commune » avec ses confrères et camarades de la nouvelle génération littéraire : Nicolas Rey, Louis Lanher ou encore Julien Blanc-Gras. Stéphane Million de la revue Bordel (et qui vient de fonder sa propre maison d’édition qui porte son nom) est aussi passé rendre visite aux jeunes écrivains. Il nous parle de son actualité du moment ou encore de son expérience de blogueur littéraire sur Livres Hebdo… Un grand merci à lui pour sa disponibilité et sa gentillesse :

L’écriture et la littérature selon Philippe Djian (Doggy bag 6)

Philippe Djian, le plus américain des écrivains français, inventeur de cette langue poético-pop et de ce héros trentenaire aérien et looser de la littérature des années 90/2000, auteur à succès de « 37.2 le matin », « Zone érogène » ou plus récemment « Impuretés » et sa série « Doggy bag » (dont il sort la « 6e saison » actuellement) qui s’inspire du principe des séries TV américaines de type « Les sopranos » ou « Six feet under », confie au magazine Télérama sa conception de l’écriture et son obsession de la phrase parfaite comme un musicien (rock) cherche sa mélodie. Il revient également sur sa carrière (sans oublier de rappeler la petite phrase assassine de Gallimard qui lui avait notifié, à ses débuts de wanna-be, qu’il « se plaçait délibérément hors de la littérature »…), l’évolution du paysage littéraire français et évoque les auteurs contemporains, de Bret Easton Ellis à Don Delillo en passant par Jean Echenoz qu’il admire. Quelques citations choisies de cette interview intéressante :

Des nouvelles de Bénédicte Martin : Une délicate, scandaleuse malgré elle… (nouveau recueil: : « Perspectives de paradis »)

Pour certains (qui n’ont souvent jamais lu une ligne d’elle), elle se réduit à un « coup marketing » et à un sacrilège (une petite culotte à demi-dévoilée avec humour sur la couverture de son premier livre « Warm-up »). Pour d’autres, heureusement plus nombreux (mais plus discrets), elle incarne une certaine fraîcheur et audace. Une nouvelle féminité à la fois piquante, sucrée et pétillante à l’image de son écriture. « La plume de Bénédicte Martin est ronde, croquante et bien loin de la littérature ‘trash’, genre porno un peu graveleux et sans intérêt », la décrivait très justement la blogueuse littéraire Clarabel. Trois ans après son premier opus (pour lequel elle a obtenu le prix Contrepoint de Littérature Française 2004) et la polémique qui s’ensuivit, beaucoup se demandaient ce que devenait la jeune écrivain. On lui connaissait un nouveau rôle sur TPS Star, celui d’animatrice de l’émission « En attendant minuit », succédant ainsi à Claire Castillon, mais la belle aux yeux d’amande restait très discrète, n’accordant que peu d’interviews. Buzz littéraire est partie à sa rencontre. Une jolie rencontre…