"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)
"In the particular is contained the universal."
(James Joyce)

Conseils d’écriture écrivains

Bâtir une intrigue efficace et des personnages forts : conseils d’écriture de Lauren Oliver (Before I fall, Delirium, etc., romans « Young adult »)

Lauren Oliver fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs de romans ados dits « young adult » selon l’appellation anglo-saxonne capable de produire des best-sellers à la chaîne avec des univers semi-fantastiques dystopiques et de jeunes héroïnes souvent lycéennes confrontées à diverses épreuves et leçons de vie. Aux côtés de Suzanne Collins (The Hunger Games) et de Veronica Roth (Divergent), elle truste le palmarès des best-sellers du New York Times.

Conseils et secrets d’écriture de Françoise Sagan: « L’écrivain est un pauvre animal, enfermé dans une cage avec lui-même. »

L’auteur de Bonjour tristesse ou de La chamade, sous son allure insouciante et proscratinatrice, était une travailleuse acharnée avec une discipline d’écriture bien rôdée, ce qui lui a permis d’ériger une œuvre de plus de 40 romans, pièces de théâtre, recueils et collaborations scénaristique. Avec une régularité métronomique, il faut se rappeler qu’elle publiait un nouveau livre presque chaque année ou tous les deux ans, de 1954 à 1998 ! Au fil des interviews donnés à de nombreux journaux, elle a livré sa routine, sa méthode et sa conception de l’écriture romanesque: de l’inspiration à la peur de la page blanche en passant par ses démons. Extraits choisis de ces perles dans les coulisses de son art:

Conseils d’écriture de Jeffrey Eugenides : De l’art de se retirer du monde lorsqu’on écrit

L’auteur de Virgin Suicides (adapté par Sofia Coppola), de Middlesex (Prix Pulitzer en 2003) et du roman d’apprentissage « Le roman du mariage » (2013), est aussi prof de creative writing dans le New Jersey. Régulièrement interviewé ou invité à s’exprimer lors de discours, il a prodigué ainsi divers conseils/avis aux jeunes écrivains débutant ou aspirant, sur l’art d’écrire un roman, ses « secrets de fabrication », allant des écueils à éviter à la méthodologie. Voici quelques extraits choisis intéressants sur sa philosophie et sa pratique d’écrivain:

Ecrire selon Camille Laurens (2e extrait « Celle que vous croyez »)

Dans son roman « Celle que vous croyez » paru à la rentrée littéraire de janvier 2016, Camille Laurens file, entre autres, une métaphore sur le désir amoureux et le désir d’écrire, désir romanesque alimentés par les mêmes moteurs fantasmatiques selon elle. A cette occasion, par une mise en abyme, elle livre plusieurs réflexions sur sa vision de l’écriture et du processes créatif qui préside à la naissance d’un livre. Elle revisite notamment avec force l’image de la pêche et du poisson, qu’elle compare à l’inspiration et en particulier à sa « saisie » dans l’esprit mouvant de l’auteur:

L’art d’écrire selon Philippe Djian : « ce qui donne du mal, c’est de mettre trois mots l’un devant l’autre. »

A l’occasion de la parution de son roman « Ca c’est un baiser » en 2002, Philippe Djian commente les conseils à l’usage des écrivains débutants disséminés dans ses pages et revient sur ses maîtres d’écriture (de Kérouac à Carver…) et son expérience du journalisme:

Ecrire selon Colette

« Ecrire ! Pouvoir écrire ! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tournent en rond autour d’une tâche d’encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l’orne d’antennes, de pattes, jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée…

Les conseils d’écriture de Bernard Werber : «Ma source d’inspiration, c’est le journal du matin et la bêtise humaine.»

Souvenez-vous, on vous annonçait il y a quelque temps les leçons d’écriture de l’auteur des Fourmis et autres best-sellers paranormaux. Petit compte-rendu étayé d’un best-of des citations -gratinées- du maître :

L’écriture et la littérature selon Philippe Djian (Doggy bag 6)

Philippe Djian, le plus américain des écrivains français, inventeur de cette langue poético-pop et de ce héros trentenaire aérien et looser de la littérature des années 90/2000, auteur à succès de « 37.2 le matin », « Zone érogène » ou plus récemment « Impuretés » et sa série « Doggy bag » (dont il sort la « 6e saison » actuellement) qui s’inspire du principe des séries TV américaines de type « Les sopranos » ou « Six feet under », confie au magazine Télérama sa conception de l’écriture et son obsession de la phrase parfaite comme un musicien (rock) cherche sa mélodie. Il revient également sur sa carrière (sans oublier de rappeler la petite phrase assassine de Gallimard qui lui avait notifié, à ses débuts de wanna-be, qu’il « se plaçait délibérément hors de la littérature »…), l’évolution du paysage littéraire français et évoque les auteurs contemporains, de Bret Easton Ellis à Don Delillo en passant par Jean Echenoz qu’il admire. Quelques citations choisies de cette interview intéressante :

Jean Echenoz et le « métier d’écrivain »

Dans le numéro du 15 juillet 2006 du magazine « Le Monde 2 », l’écrivain Jean Echenoz, auteur de « Ravel », « Je m’en vais », prix Goncourt 1999 ou encore de L’Equipée malaise, livre sa conception de l’écriture et du métier d’écrivain. Quelques citations intéressantes relevées dans ce très intéressant entretien (fleuve) de l’un des écrivains phare de la littérature contemporaine française : A la question « Que diriez-vous à un jeune auteur qui veut publier ? », il répond : « Je lui dirai de lire. De tout lire. Enfin tout ce qu’il peut, tout ce qu’il veut (…). Dans la pratique de la lecture, certains livres sont très accueillants à l’écriture quand d’autres sont plus intimidants. J’étais un grand lecteur de Dostoïevsk par exemple, mais il ne m’a jamais incité à écrire. D’autres m’y ont autorisé d’une certaine manière (comme Flaubert) ».

L’art d’écrire selon Violette Leduc (extrait de « L’affamée »)

« Assise à ma table, j’essaie d’écrire. Pendant que j’essaie, je me délivre laborieusement et innocemment de mon incapacité d’écrire bien. Ma plume grince. Je gémis avec elle. Nous gémissons pour rien. Nous formons ensemble des mots inutiles. J’ai honte d’infliger ce travail à ce petit objet capable. Pendant que je m’efforce, je trace la …

Continuer à lire »