La double vie des écrivains

Nous évoquions dans une précédente note la "dure vie" des intellectuels précaires, souvent sous-payés et donc contraints à effectuer quelques travaux dits alimentaires pour subsister. Bien entendu, les écrivains n'échappent pas à la régle à moins d'être bien né ou de s'appeler Marc Lévy ou Dan Brown ! Le Figaro magazine s'est intéressé à la question et c'est l'écrivain et journaliste Christian Authier, qui est parti enquêter. Jean-Baptiste Gendarme dont nous vous parlions récemment fait partie des interviewés :

Dans cette intéressante enquête intitulée "Écrivains, vos métiers !", Christian Authier fait remarquer que nombre d'écrivains oeuvrent en parallèle dans la sphère journalistique mais également dans l'édition ou l'enseignement. Des milieux littéraires par excellence et donc plutôt situés dans le prolongement naturel de leur activité d'écriture. Plus inattendus, certains auteurs ont été bûcheron (comme Jacques Perret) ou encore maçon (comme Yves Bichet auteur des "Terres froides") ou facteur (comme Olivier Maulin)...

Le primo-romancier Nan Aurousseau auteur du très remarqué Bleu de chauffe en 2005 a, lui, exercé tous les métiers ! De ferblantier, serrurier, maçon, peintre, charpentier, soudeur, chaudronnier, plongeur, cuisinier, chauffeur ou encore plombier-chauffagiste... L'article cite encore Robert Piccamiglio et enfin Jean-Baptiste Gendarme qui rédige des textes touristiques pour des catalogues et des brochures, afin de « faire rêver les gens sur des destinations où je ne suis jamais allé » dit-il. Et pour le détail qui tue : "Jean-Baptiste Gendarme a horreur des voyages. Ne le dites pas à son patron, il ne le sait pas…"

L'auteur américain de comics Harvey Pekar évoque aussi cette difficile conciliation entre aspirations artistiques et la nécessité d'un travail alimentaire pour payer ses factures, notamment dans son chef d'oeuvre American Splendor.

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Photo : Jean-Baptiste Gendarme

(2 commentaires)

  1. oui et Chuck Palahniuk était mécanicien. Il ne pouvait pas vivre de sa plume alors il réparait des camions diesels pour payer son loyer…
    C’est peut être ça le secret ? avoir une (vraie) vie à côté ou avoir connu autre chose que sa page blanche et sa bibliothèque 🙂

  2. Oui en effet un exemple de plus ! Il n’a désormais plus besoin de mettre les mains dans le cambouis… Même s’il les met toujours au sens figuré 🙂
    Autre exemple : Tonino Benacquista (Saga, Malavita) qui a enchaîné les petits boulots (accompagnateur de nuit aux wagon-lits (dont il s’est inspiré pour La Maldonne des sleepings), accrocheur de toiles dans une galerie d’art contemporain (qui lui a servi pour Trois carrés rouges sur fond noir) ou…parasite mondain (Les Morsures de l’aube, 1992), avant de vivre pleinement de sa plume de romancier et de scénariste (avec Jacques Audiard).

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