« Sous le manteau » : Delphine de Vigan, Anna Rozen, Philippe Jaenada, Serge Joncour revisitent l’érotisme des années folles

Un beau livre illustré, au titre suggestif « Sous le manteau », mêlant nouvelles inédites de plusieurs écrivains contemporains (Delphine de Vigan, Anna Rozen, Philippe Jaenada, Serge Joncour) et cartes postales érotiques du début du XXe siècle vient d’être publié aux éditions Flammarion. Un concept original qui a inspiré des nouvelles pleines d’humour, de malice sensuelle et de fraîcheur aux auteurs du XXIe siècle !

Après le style strict et bienséant (mettant en scène les hommes bravement partis au front et des dames aux pourtours vertueux attendant leur retour) pendant la 1e guerre mondiale, la carte postale devient plus audacieuse et s’encanaille de charmes féminins et sensuels. Jeunes femmes, de la bourgeoise à la soubrette, aux courbes généreuses et aux airs ingénus se montrent dans des poses aguichantes et souvent saphiques sur ces rectangles de papier sépia. Un charme suranné, à mille lieux de la pornographie actuelle, qui émeut et fait sourire aujourd’hui.

« Sous le manteau » est un recueil qui nous invite à plonger dans ce passé érotique à travers une centaine de photos (tirage argentique baryté, au gélatino-bromure d’argent), rassemblées par le collectionneur de photos érotiques Alexandre Dupouy, en compagnie des textes de 4 écrivains bien d’aujourd’hui (chacun inspiré par une carte postale de leur choix) : Philippe Jaenada dresse ainsi le portrait de « Muguette », une épave bien mystérieuse qu’il croise chaque jour au Saxo bar et qui va lui révéler son passé de « drôle de souris » (« C’était comme si un lave-linge m’annonçait tranquillement qu’il avait été danseuse étoile« .) tandis qu’Anna Rozen se fait son cinéma en « noir et blanc » en fantasmant sur une relation saphique mais encore Serge Joncour et Delphine de Vigan.

Extrait de la nouvelle « Cœur ouvert » de Delphine de Vigan :
«…mon coeur enflait, palpitait, mon coeur était vivant.Alors j’ai senti sa bouche sur mon coeur, ses lèvres d’abord, et puis sa langue, dans les replis humides de mon coeur, sa bouche qui aspirait, sa langue qui caressait mon coeur, doucement, sa langue qui explorait mon coeur trempé (…) Alors mon coeur est devenu liquide, et brûlant à la fois, alors mon coeur s’est diffracté comme la lumière et j’ai crié. »

A lire : notre dossier Le potentiel érotique de la littérature

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