De « Mille morceaux » à « L.A Story »: James Frey, écrivain de la modernité et des névroses urbaines

« Mille morceaux » de James Frey a rendu célèbre son auteur, porté aux nues suite à l’émission d’Oprah Winfrey en 2003, célèbre talk show américain réputé pour son effet prescripteur, avant d’être traité comme un pestiféré. James Frey est en effet avant tout connu par le scandale qu’il a suscité lors de la sortie de son premier roman. Objet du courroux : l’histoire de sa rehab pour sortir de sa double dépendance à l’alcool et au crack, qui serait trop librement inspirée de la réalité. En résumé, l’écrivain est condamné parce qu’il aurait « trop romancé»… Au-delà de cette polémique stérile, il est intéressant de se pencher sur l’œuvre de cet écrivain considéré comme « le livre sur la toxicomanie le plus intense de sa génération » par Bret Easton Ellis himself, dont certains le considèrent comme son digne héritier. Entre calomnie et éloge, tous deux disproportionnés, revenons sur cette première œuvre controversée jusqu’à son dernier opus paru en cette rentrée littéraire L.A Story :

« – Comment vous sentez-vous ?
– Mal.
– Mal à quel point de vue ?
– A tous les points de vue.
»

James a 23 ans et déjà un lourd CV derrière lui. Il est « Alcoolique, Toxicomane et Délinquant » comme il se présente lui-même sans fards.
L’avenir ? Il ne l’envisage plus depuis longtemps. Ses perspectives se résument à mourir ou aller en prison. Et ce jusqu’à ce que ses parents le traînent de force dans un grand centre de désintoxication, suite à un grave accident lié à l’un de ses « trous noirs ». C’est donc la gueule cassée, sa « tronche de Frankenstein » comme il l’appelle, et dépendant au dernier degré qu’il débarque dans cet univers clinique très codifié et rigide censé le « sauver ».
Sa dernière chance de s’en sortir en somme. Mais parviendra-t-il à faire partie des 15% de patients qui décrochent et deviennent « abstinents » ? Parviendra-t-il à s’adapter aux règles drastiques de cette Cure et à lutter contre le démon de la dépendance ? A vaincre son esprit et son corps et à ressusciter.

C’est au fond le récit d’une lutte et d’une quête de lui-même. En nous plongeant au cœur de sa cure de désintox, il nous fait vivre de l’intérieur sa souffrance, le manque, ses interrogations, ses doutes, sa vision de la dépendance ou encore les rapports humains très forts qui peuvent s’y tisser…
Dans un style cru qui n’épargne aucun détail, il nous décrit son calvaire physique, des vomissements quotidiens jusqu’aux hallucinations qui le torturent la nuit. On est aussi saisi par ses descriptions hallucinogènes : « Je me recroqueville sur le sol, terrassé par les images et les bruits. Des choses que je n’ai jamais vues ni entendues et dont j’ignorais l’existence. Elles sortent du plafond, de la porte, de la fenêtre, de la table, de la chaise, du lit, du placard. Elles sortent de ce putain de placard. Des ombres noires et des lumières vives et des éclats bleus, jaunes, rouges comme le rouge de mon sang. Elles s’approchent de moi et elles crient et je ne sais pas ce qu’elles sont mais je sais qu’elles aident les bestioles. Elles me crient dessus. »

Le récit est organisé selon les rituels de la Cure, un quotidien très balisé et structuré pour des êtres qui justement n’ont plus aucun repère : la douche, l’eau chaude qui ruisselle, le réfectoire, les plateaux repas, le Tableau des tâches, des objectifs, la Conférence, les entretiens médicaux… « Je passe le reste de la journée à dormir et à fourrer de la nourriture dans mon gosier, à faire la queue et à prendre des cachets. » ou encore « Les échappatoires que j’ai trouvées, qui m’aident à survivre et auxquelles je suis accro ont disparu, remplacées par des Médecins et des Infirmières et des Thérapeutes et des Régles et des règlements et des Cachets et des Conférences et des Repas obligatoires et des Tâches Quotidiennes et ces conneries m’apportent que dalle. Que dalle. »

Peu à peu il se retrouve : le goût des aliments et surtout des autres, son corps qui se répare, ses forces, sa volonté qui reviennent. Il redevient « humain » progressivement comme il l’écrit. Par réminiscence, il dévoile aussi sa vie d’avant, et en particulier une rupture amoureuse qui le hante : une fille « aux yeux d’arctique » dont il se remettra peu à peu avec Lily, belle droguée du centre, aux yeux « clairs comme l’eau » (toujours les yeux !).

« Les dépendances ont besoin de carburant »

Ce qui frappe dans ce récit, c’est sa critique (plutôt pertinente, lucide et originale) des méthodes utilisées par l’équipe soignante. En effet, il rejette les « Règles » qui lui sont édictées qu’il qualifie de « foutaises ». Il tourne ainsi en satire la bible des Alcooliques anonymes (AA) ou encore la méthode dite des 12 étapes à tendance mystique : « Ces individus ne boivent plus ne se droguent plus, mais ils continuent de vivre avec cette obsession. Ces individus sont abstinents désormais, mais leurs vies se fondent sur l’évitement, la critique et la diabolisation des produits qu’ils aimaient et dont ils dépendaient auparavant. S’ils arrivent à fonctionner (…), c’est grâce à leurs Réunions, à leur Dogme, à leur Dieu. Enelvez-leur leurs Réunions et leur Dogme et ils n’ont plus rien. Enlevez-leur leurs Réunions et leur Dogme et les revoilà à la case départ. Ils sont dépendants. » Après avoir répondu aux questions d’un test psychologique, il conclue avec un certain humour cynique : « Je réponds oui à chacune des 27 questions, ce qui selon le résultat à la fin du questionnaire signifie que j’ai atteint le stade ultime d’un Alcoolisme dangereux et chronique. Ca alors, pour une nouvelle, c’est une putain de nouvelle. » !

« Je refuse d’être dépendant de quoique ce soit si ce n’est de moi-même. »

Il décide plutôt de puiser en lui la force de s’en sortir en s’appuyant sur l’amitié et le soutien de ses compagnons d’infortune (aussi bien truand –en particulier le personnage de Léonard qu’il reprend dans son 2e livre- qu’ancien juge) ou encore l’amour de Lily ou encore sur un livre (Le Tao, dont il livre d’ailleurs divers passages, peut-être trop au point de verser dans le manuel de développement personnel…). On pourra aussi regretter que sa galerie de personnages (entre « gros durs » et « mauviettes », le personnage de John, violé par son père, en est peut-être le plus juste et poignant) soit un peu caricaturale tandis que les moments de tendresse (étreintes et effusions à tout va) finissent par tomber dans la mièvrerie. Sa relation avec Lily pêche un peu par le même défaut ; elle n’en reste pas moins émouvante et témoigne du fait que pour lui l’amour est plus fort que la drogue (même s’il peut aussi en devenir une !) et donc que la mort qui le menace : « Quand tu t’en vas le monde se remet à tourner, mais ça ne me plaît plus autant.. j’arrive à y vivre, mais ça ne me plaît pas. Je m’y promène, j’attends de te revoir, j’attends qu’il s’arrête à nouveau. J’adore ça, quand il s’arrête. Putain c’est la plus chouette chose que j’ai jamais connue ou ressentie, la plus chouette chose et voilà, belle Fille, pourquoi je te regarde. »


James Frey lors de la fameuse émission d’Oprah Winfrey

Il livre aussi sa vision du mécanisme de la dépendance qu’il ne considère pas comme une maladie, s’opposant encore ici à l’approche médicale : « Je ne crois pas que la Dépendance soit une maladie. Le Cancer est une maladie. Il s’empare du corps et le détruit. L’Alzheimer est une maladie. Il s’empare du corps, de l’esprit et les démolit. Le Parkinson est une maladie. Il s’empare du corps, de l’esprit, il les ébranle, il les ravage. La Dépendance n’est pas une maladie. Certainement pas. Les Maladies provoquent une dégradation de l’état physiologique général que les êtres humains ne peuvent contrôler. Ils ne choisissent pas de tomber malades, ils ne choisissent pas de s’en débarrasser. Ils ne choisissent pas le type de maladie qui leur plairait ni le moment où ils aimeraient en souffrir. (…) La Dépendance, c’est un choix. Si un individu cherche à se procurer un truc, quel que soit ce truc, il fait le choix de se procurer ce truc. Une fois qu’il se l’est procuré, il fait le choix de le prendre. S’il le prend trop fréquemment, cela devient incontrôlable, il s’agit désormais d’une Dépendance. A ce stade, le choix devient plus difficile mais ça reste un choix. »

« J’ai l’impression que mon corps essaie de se débarrasser de lui-même. Il essaie de se débarrasser de moi. »

A tout moment, il fait preuve d’une grande lucidité sur son état : « Je suis profondément, physiquement, mentalement et émotionnellement dépendant de ces deux substances. Je suis profondément, physiquement, mentalement et émotionnellement dépendant d’un certain mode de vie. Je ne connais rien d’autre, rien de plus, et je ne me souviens de rien d’autre. Je ne sais pas si je peux faire quoi que ce soit d’autre à ce stade. J’ai la trouille d’essayer. J’ai une putain de trouille bleue. J’ai toujours cru que j’avais le choix entre la prison et la mort. Je n’ai jamais songé que je pouvais avoir le choix d’arrêter parce que je n’ai jamais cru que je pouvais y arriver. J’ai une putain de trouille bleue. » Il nous en explique aussi les conséquences les plus tragiques : « J’en connais un rayon sur la perte de dignité. Je sais quand vous enlevez sa dignité à un homme, il ne reste qu’un trou, un énorme trou noir rempli de désespoir, d’humiliation et de haine de soi, rempli de néant, de honte et de déshonneur, rempli de ruine et d’abandon et d’Enfer. Il y a un trou noir, profond, un horrible putain de trou, et les gens de mon espèce grouillent dans ce trou, mènent leur petite vie indigne de crevards, leur petite vie bousillée et inhumaine, puis ils y meurent, seuls, malheureux, dévastés, oubliés. »

Avec une écriture organique, presque primitive (voire naïve parfois), il se situe au plus prés de la sensation physique et psychique qu’il restitue avec acuité. En particulier la douleur qu’il nous fait presque ressentir comme dans cette scène choc de son opération dentaire, sans anesthésie sur plusieurs pages : « La douleur est fulgurante, c’est une décharge de trois millions de vlts, c’est blanc, ça brule. (…) Jamais je n’ai connu de douleur si terrible et elle est plus terrible que tout ce que j’aurais pu imaginer. Elle terrasse le moindre muscle et la moindre fibre et la moindre cellule de mon corps et tout devient flasque. Je gémis et l’instrument s’en va, mais la douleur reste. » puis plus loin « Je commence à tomber dans un état de conscience blanche, je me déconnecte de ce que l’on me fait. Mes bras ne sont plus mes bras, mes jambes ne sont plus mes jambes, mon torse n’est plus mon torse, mon visage n’est plus mon visage, mes dents ne m’appartiennent plus. Mon corps n’est plus mon corps. Il y a du blanc. Partout il y a du blanc. Il y a la douleur. Une douleur insondable. »

Un style original brut voire saccadé ou syncopé, entrecoupé de longues enfilades de dialogues sans ponctuation, de répétitions, de litanies, de majuscules… Qui peut ennuyeux à la longue…
Ce qui donne parfois une impression de vertige hypnotique comme l’obsession de la drogue et de l’alcool qui habite le narrateur. La descriptions des effets psychotiques sont aussi percutantes comme dans ce « rêve de consommateur » : « Je garde la fumée et la montée devient plus vive et plus forte et elle enfle, me consume, me terrasse. Je me sens à nouveau bien, parfait, magnifique et invincible, comme si la puissance de chaque orgasme que j’ai jamais eu, pourrai jamais avoir, aurai jamais s’était concentré en un seul instant. (…) ça repart aussi vite que c’est arrivé, et je sais que maintenant ça s’est barré pour de bon, laissant place à la peur, l’effroi et une rage meurtrière. (…) Je ressens une rage meurtrière et j’ai besoin de tuer. Tuer mon cœur, tuer mon esprit, me tuer moi. »

Si le récit sait happer le lecteur, il est néanmoins alourdi par quelques longueurs (entretiens médicaux notamment qui s’éternisent un peu parfois…). L’ensemble reste intéressant avec un regard original sur la drogue et la dépendance qui vient compléter les œuvres d’un Burroughs, Thompson, Genet ou même d’une Christiane F. ! Mais contrairement à ces derniers, il parle pour la première fois de la rédemption et délivre un certain message d’espoir (ce qui aura contribué à son succès). Entre désir de reconstruction et tentation d’autodestruction, il nous raconte avec rage comment il fait le choix du premier.

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L.A Story de James Frey : Une fresque entre bitume, océan et combats humains

En 2006, James Frey publie chez Belfond « Mon ami Leonard » mais c’est son dernier ouvrage « L.A Story », sorti en cette rentrée 2009, qui signe réellement l’éclatant retour de l’écrivain sur le devant de la scène littéraire.

C’est la cité des anges qui l’inspire aujourd’hui : l’histoire d’une ville tentaculaire, baignée de soleil, d’excès et de contradictions. Los Angeles, ville de tous les possibles. Bien plus qu’un cadre, la folle ville de la côte Pacifique, dévore le récit. Les parcours des protagonistes s’imbriquent dans le destin dicté par la mégalopole. Leurs errances les promènent dans les artères du centre ville, sur les plages de Venice Beach, dans les flamboyantes rues de Beverly Hills, dans les coins sinistres de la proche banlieue. L.A est omniprésente, vivante. Les choix de vie des quatre personnages centraux, leurs virages existentiels ou leur quotidien sont en grande partie dictés par les promesses de L.A comme des réponses à ses légendes urbaines. Chacun cherche à Los Angeles le chemin de son propre bonheur.

Dans sa version originale « L.A Story » est titré « Bright Shiny Morning ». Si cette réalité d’une ville brillante, reluisante existe en partie et est évoquée par le romancier, il n’en oublie pas moins la violence, la mixité, les disparités, les chaos qui la constitue également cette ville au passé encore récent. Cette multiplicité des facettes d’un même lopin de terre, James Frey la dessine par une construction fragmentée de son récit, avec une plume nourrie de détails, de descriptions précises des lieux. Ce roman a quelque chose du road-movie, un rien de Kerouac aussi. Les phrases relativement privées de ponctuation (notamment des virgules) s’enchaînent telles des voitures lancées à vive allure sur une des trente-sept autoroutes sillonnant L.A, dans une course folle.

Un récit fragmentaire pour un portrait d’ensemble
L’écrivain a choisi de raconter l’existence de plusieurs personnages, écartant d’emblée une linéarité inadaptée à la foisonnante et changeante L.A. Il complète le tableau par de réguliers intermèdes informatifs : repères historiques, constats actuels sur la ville, sa géographie, sa population, ses extensions, ses ressources, son marché de l’emploi, ses inégalités sociales…
En alternant les passages de narration et les renseignements « officiels » (qui seraient inventés pour la plupart), l’écrivain retrace à la fois les origines et esquisse le quotidien de la cité. Littéralement, il donne à voir. Histoires de la construction de la ville -de sa création en 1781 jusqu’à aujourd’hui-, liste des gangs, anecdotes comiques sur les lois en vigueur, énumération des autoroutes quadrillant la mégalopole, listing des catastrophes naturelles ou encore évocation de tous les gens qui viennent tenter leur chance sur la côté ouest concourent à donner vie à Los Angeles. Le résultat est un monstre d’une beauté impitoyable. C’est assez réussi, même si par moment, ces informations viennent trop brutalement ou trop longuement rompre le fil des chroniques des êtres.

De l’archétype à l’individualité : L.A Stories
Dans cette grande course au rêve américain, plus que jamais incarnée par Los Angeles, James Frey a choisit de braquer les projecteurs sur quatre étoiles. Dylan et Maddie fuient l’Ohio, veulent échapper à la vie de leurs parents, rêvent d’une maisonnette en bord de mer, d’un nouvel horizon pour un nouveau départ. Vieux Joe, à peine quarante ans et déjà l’allure d’un vieil homme, vit sur la jetée huppée de Venice Beach, dans les toilettes d’un troquet miteux pour touristes. Amberton et Casey, un couple d’acteurs richissimes partagent un secret aux airs de supercherie. Esperanza, née à la frontière de parents mexicains, établie avec eux aux USA, aspire à devenir quelqu’un, se débat avec une tare physique et la contingence de sa situation d’immigrée. Autour d’eux une kyrielle de personnages, plus ou moins de passage.
« L.A Story » est une fresque entre bitume, océan et combats humains. Récits de minorités représentatives dans l’histoire de la ville. Tous les personnages tiennent du cliché, certes. L’échantillon est très représentatif de la population de Los Angeles. Pour autant, l’auteur a su suffisamment les en départir pour leur donner assez de caractère, de force, d’unicité. Cela passe, dans le texte, par une multitude de détails, de descriptions, une finesse dans l’approche psychologique de chaque protagoniste. Les personnages ne sont ainsi pas réduit à une étiquette. En outre, chacune de leur histoire pourrait faire l’objet d’un roman entièrement centré sur eux.
En achevant la lecture de cet opus, il est aisé de comprendre ce que la cité des anges porte en elle de lumineux, de démesurée et de violente décadence. Pourtant, une fois encore, même sous la plume acérée et critique de l’auteur, elle demeure attirante. Effrayante, mais terriblement séduisante, peuplée de « clochards célestes » et de riches paumés, d’aventures. C’est la lueur à l’ouest symbole du désir de changer de vie et de croire en un une 2e chance, un nouveau départ possible à L.A.
Avec son style unique, mêlant dialogues bruts, répétitions et enchaînements descriptifs directs, James Frey poursuit une œuvre originale qui rend hommage aux exclus du rêve américain, dans la tradition des grands auteurs américains. [Anne-Laure Bovéron]

Extrait choisi de « L.A Story »:
« Ils habitaient une petite ville dans un Etat de l’Est c’était quelque part comme n’importe où partout, une petite ville américaine pleine d’alcool, de violence et de religion. Il travaillait dans un magasin de pièces détachées elle comme vendeuse dans une station service ils allaient se marier acheter une maison essayer d’être meilleurs que leurs parents. Ils avaient des rêves mais c’étaient des rêves parce qu’ils n’avaient pas de lien avec la réalité, c’était lointain inconnu – une impossibilité – qui ne se réaliserait jamais.
Il retourna chez ses parents ils étaient dans un bar au bout de la rue. Il verrouilla les portières l’embrassa lui dit que tout irait bien entre chez lui. Il alla chercher de l’aspirine et des pansements dans la salle de bain, il alla dans sa chambre et sortit une boîte de jeu vidéo du tiroir. La boîte contenait toute sa fortune les 2100 dollars qu’il avait économisés pour leur mariage. Il les sortir les mit dans sa poche attrapa quelques vêtements et quitta la maison. Il monta dans la camionnette, elle avait cessé de pleurer. Elle le regarda et elle parla. Qu’est-ce qu’on fait ?
On s’en va.
Où on va ?
En Californie.
On peut pas y aller comme ça.
Si.
On ne peut pas quitter nos vies comme ça.
On n’a pas de vies ici. On est juste coincés. On finira comme tous les autres, alcooliques méchants et malheureux.
Qu’est-ce qu’on va faire ?
On trouvera.
On va juste partir pour aller en Californie et trouver quelque chose à faire ?
Ouais, c’est ce qu’on va faire.
Elle rit, essuya ses larmes.
C’est dingue.
C’est rester qui est dingue. Mais partir, ça c’est malin. Je ne veux pas gâcher nos vies.
Nos ?
Ouais.
Elle sourit.
Il démarra vira à l’ouest commença à rouler en direction de la lueur. Elle était à des milliers de kilomètres. Il se mit à rouler en direction de la lueur.
»

(3 commentaires)

    • Lyak on 9 décembre 2009 at 1 h 20 min
    • Répondre

    ça y est je viens de finir "L.A. Story" !

    Je ne connaissais pas du tout l’auteur avant ce roman, et je suis un peu mitigée.
    L’histoire est bien, le croisement entre les histoires et les personnages, agrémenté de passages historiques, est entrainant.
    Un peu comme une série télévisée qui nous donne une interrogation à chaque fin d’épisode.

    Cependant je ne suis pas fan du style. Le manque de ponctuation est perturbant. j’ai du arriver à la page 140 avant de me dire "ah, enfin, je suis dans le livre.." On prend beaucoup d’information en même temps, devant des fois relire le paragraphe comme un livre de proust alors qu’au fond il n’y avait rien de compliqué à comprendre…
    l’autre défaut est qu’une fois le livre fermé, je n’ai pas spécialement renssenti d’exaltation, comme certains me font, ni ne m’a poussé à réfléchir…

    En clair, très bon livre pour se divertir, apprendre un peu sur la folle vie californienne mais un style épuisant qui enlève un peu de réel à la lecture.

    • manon22 on 17 décembre 2009 at 12 h 39 min
    • Répondre

    pour moi, c’est simple, tout le monde peut en tirer une leçon!
    Enfin un auteur d"voilant la VRAIE réalité (horreur et bonheur de la vie)

    • zorrorodriguez on 18 janvier 2010 at 12 h 51 min
    • Répondre

    Roman au récit déglingué mais happant.
    Informatif, parfois désespérant,néanmoins reflet et vision des mégalopoles en devenir.

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