Régis Jauffret couronné de prix pour Microfictions

Le Grand Prix de l'humour noir a été décerné à Régis Jauffret pour son livre "Microfictions" publié chez Gallimard, le 21 février dernier. Il vient aussi de recevoir le deuxième prix France Culture-Télérama, qui sera remis lors du Salon du livre. Ajout 27/03 : Télérama consacre à son lauréat un riche dossier dont un portrait qui retrace son "œuvre à la narration décapante, à la construction extravagante" qui fait "naître des déflagrations, du brut, de l’authentique". A propos de son art, l'auteur déclare : "Je ne veux pas faire le trottoir (entendez : écrire des livres insipides) pour que les gens me lisent. Si je devais répondre au besoin du lecteur lambda, j’entrerais alors dans l’industrie éditoriale, je répondrais aux études de marketing. La littérature, c’est tout le contraire. L’art ne va pas vers les gens, c’est à eux de faire le pas vers lui. Pour lire, il faut être volontaire." Pourtant l'auteur révèle qu'il ne lit plus aujourd'hui que de la philosophie et dénigre les auteurs qui écrivent leur propre souffrance : "C’est indécent.", juge-t-il. (portrait à lire ici)

Il succède ainsi respectivement à Serge Joncour qui avait obtenu ce prix l'an passé pour son roman "L'idole" et à François Bégaudeau, qui avait reçu le prix en 2006 pour "Entre les murs". La première récompense confirme la nouvelle orientation de registre de l'auteur, entamée depuis "Asiles de fou".

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Une lecture de Régis Jauffret en vidéo sur Télérama
Pour en savoir plus sur le "Grand prix de l'humour noir" qui existe depuis 1954

(12 commentaires)

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  1. Pour info, Regis Jauffrey vient de signer un superbe texte sur François Bayrou dans Libération.
    Voici le lien:
    http://www.liberation.fr/transve...
    Le meilleur portrait jamais lu dans Libé. Superbe…

  2. Oui merci Florent, les lecteurs en avaient discuté ici :
    buzz.litteraire.free.fr/d…

    J’ajoute pour ma part 2 lients intéressants pour les "Jauffretistes" :
    Le Figaro s’interroge : Régis Jauffret : chef-d’oeuvre ou coup de bluff ?
    Un article plutôt acide (et pas entièrement faux) :
    Depuis qu’il a reçu le très distingué prix décembre pour Univers univers en 2003, Régis Jauffret est la coqueluche de ceux qui jugent que les mauvais sentiments font forcément de la bonne littérature et qui confondent verve et style.

    ou encore "Il y a quelque chose de sadique dans la manière systématique dont il campe chacune de ces images d’Épinal du XXIe siècle. Mais pourquoi diable s’acharner à en rajouter dans l’horreur, jusqu’à la caricature, quand on ne demande qu’une chose au roman : laisser battre le coeur du réel où le beau et le laid, le bien et le mal, la joie et le désespoir sont inextricables ?"

    A écouter aussi sur Libération : des lectures de l’auteur
    http://www.liberation.fr/multime...
    (pas les microfictions les plus réussies…)

    • folantin on 24 mars 2007 at 11 h 53 min
    • Répondre

    mince l’article du fig n’est pas en ligne ? Je vais quand même pas acheter ce canard… d’autant que maintenant c’st trop tard.

  3. Voici ce qui arrive quand on est pressée… (ce qui est encore le cas aujourd’hui !), go amigo !
    http://www.lefigaro.fr/litterair...

    PS : Folantin, as tu été "folatré" (super jeu de mot hein !) du côté du stand de Mr Jauffret en ce salon du livre ?

    • folantin on 27 mars 2007 at 13 h 47 min
    • Répondre

    rhaaa mais non mais il est tout pourri cet article

    ça m’énerve j’ai pas le temps là

  4. Bah oui, j’ai pas dit que c’était un article cool, j’ai dit qu’il était "acide"…
    Je partage quand même assez la 2e citation mise plus haut mais la conclusion sur les ventes est assez vicieuse.
    ceci rejoint également cet autre avis : http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/03/25/mille-pages-de-trop.html
    J’attends ton avis alors…

    • folantin on 27 mars 2007 at 19 h 38 min
    • Répondre

    bon, je la fait courte :

    L’article du fig d’abord, n’est pas une critique de microfiction (dont tu sais que je suis pas trop fan) mais une critique qui peut trouver à s’appliquer à n’importe quel bouquin de Jauffret ou d’un quelconque autre "professeur de désespoir" selon l’expression de Nancy Huston.

    D’ailleurs, comme chez Huston, je relève l’ouverture : "Il n’est pas question ici de nier le talent de cet écrivain « haut de gamme"… puis suit le cortège de la discalification morale : "fonds de commerce" "complaisance" etc.

    Complaisance : le mot dit assez la dimension morale de la critique portée. Selon le dico, on définit par là une sympathie coupable. S’agissant de littérature, on pourrait demander coupable de quoi ?

    Bref, nous dit le fig, il n’est pas question de contester le talent de l’écrivain à écrire ce qu’il écrit, on lui reprochera en revanche le fait de l’écrire. Et ici le jugement moral de la critique rejoint l’opinion du grand public. Je parle d’expérience, pour avoir pas mal colporté les bouquins du monsieur autour de moi, surtout du temps ou il n’était pas encore trop connu. L’opinion la plus fréquement émise n’est pas tant que c’est MAUVAIS, mais que c’est MAL (cette opinion se retrouve exrpimée sous cette forme chez des gens d’autant plus sincères dans leur opinion qu’ils ne sont pas forcément férus de littérature).

    Bref – malgré tout le battage de la critique qui s’apperçoit après 15 livres que peut être on avait là un écrivain important – je ne suis pas trop surpris par la révélation finale de l’article : "la meilleure preuve que c’est pas bon, c’est que les gens n’aiment pas ça".

    Et encore je reste convaincu que microfoctons est un livre beaucoup plus grand public que ne l’était prommenade (avec son coté psychiquement intrusif et destructeur).

    Bon évidemment il faudrait encore parler du blog de l’autre idiot qui prend la pose avec ses regards par en dessous et du gel fixation béton approuvé par M.

    Mais évidemment il commence son papier en se référant à l’essai Tvetan Todorov, lequel n’est autre que Madame Nancy Huston à la ville, laquelle n’est autre que l’innoubliable auteur de l’essai sur les "professeurs de désespoirs" dont au sujet duquel j’avais déjà chié une tartine il y à quelques années – 30 ans putain, l’âge où tu réalises enfin que t’as fait le tour et que tout le reste ne sera plus qu’une répétition-rengaine à te prendre le chou avec les mêmes faciès de connards – d’avance ça me fatigue.

    J’avais dit que je la faisais courte et c’est déjà raté (effet de style bien sûr). Ma critique de l’essai de Huston doit moisir quelque part sur un vieux forum qui devrait pas tarder à fermer faute de combattants. A la rigueur je pourrais la réimporter ici, sous forme de tribune libre ?

    • folantin on 27 mars 2007 at 20 h 08 min
    • Répondre

    "Nous ne discutons pas le talent de M. Huysmans, qui est trè réel, très originale et très curieux à étudier; nous contestons seulement le système que nous croyons déplorable. M. Huysmans, qui a fait de bons romans naturalistes – nous pourrions en citer au moins deux – a sans doute voulu faire dans sa nouvelle oeuvre la charge de genre auquel il doit ses succès: ce serait de l’ingratitude. Peut être est-ce simplement aussi l’exagération d’un principe qui a produit cet étrange ouvrage ?"

    – critique de A vau-l’eau parue dans "le Livre" – 1882.

  5. (Folantin a toujours LA citation qui tue au bon moment et est même capable de ressortir des critiques du XIXe siècle… Seigneur !)
    Je suis contente : je connais enfin l’origine de ton pseudo (un peu bête, je l’assmilais à un feu-follet ou quelque chose dans le même esprit).
    Bien sûr, je n’ai pas lu "A vau-l’eau" mais cela me semble très intéressant (je ne sais pas pourquoi ça m’évoque le journal d’un fou de Gogol, rien à voir ?)

    Pour en revenir aux critiques faites à Jauffret, je suis d’accord avec toi sur le principe mais la 2e citation que j’ai mises en exergue est assez précise tout de même :
    "Il y a quelque chose de sadique dans la manière systématique dont il campe chacune de ces images d’Épinal du XXIe siècle. Mais pourquoi diable s’acharner à en rajouter dans l’horreur, jusqu’à la caricature, quand on ne demande qu’une chose au roman : laisser battre le coeur du réel où le beau et le laid, le bien et le mal, la joie et le désespoir sont inextricables ?"

    Pour en revenir à "Professeurs du désespoir" que je voulais lire d’ailleurs mais à la réflexion non, je ne pense pas que cela m’apporte qqc. Je n’aime pas la littérature qui se regarde le nombril de tte façon. La Tribune libre accueillera avec plaisir ta critique ! Un ami (Raphael) devait d’ailleurs s’y coller, j’attends toujours son txte anyway…

    J’aime bien sinon Nancy Huston. Ses histoires m’intéressent rarement mais son style est envoûtant. Oui je savais que l’autre énergumène était le Monsieur de la dame grâce à l’itv du Dilettante sinon je ne suis guère ces choses là… 🙂

    Sinon oui en effet partir de Todorov pour justifier ses griefs n’était peut-être pas la meilleure idée, néanmoins je partage, dans une certaine mesure sa vision des choses en particulier quand il parle du "caractère absolument artificiel de cette noirceur" ou encore "Régis Jauffret passe, depuis ses premiers livres, pour un écrivain à l’écoute des vies ordinaires, mais je vois de plus en plus, pour ma part, dans sa vision de la réalité, la seule projection systématique d’une maussaderie dépressive qui réduit ses personnages à des schémas, voire à des clichés."

    Disons que par rapport à ses romans précédents, l’oreille littéraire a perdu de son acuité d’où une certaine déception (enfin pour ma part en tout cas).

    Tu dis : "un vieux forum qui devrait pas tarder à fermer faute de combattants. "
    > il faudra que tu me dises lequel ! l’expression "combattants" est drôle et assez symptomatique du bidule.

    • folantin on 28 mars 2007 at 13 h 25 min
    • Répondre

    Bon je reviens au fig :

    "Il y a quelque chose de sadique dans la manière systématique dont il campe chacune de ces images d’Épinal du XXIe siècle"
    de même que pour Huysmans :
    "Nous contestons seulement le système que nous croyons déplorable"

    Le procès du systématisme est toujours une vaste fumisterie. Partout ou il y à art il y a style et donc système. Sinon effectivement on peut se demander pourquoi diable Bouvard et Pecuchet devraient rester éternellement deux pauvres imbéciles, pourquoi l’arpenteur arpente sans parvenir au chateau, pourquoi vladimir et estragon ne tapent pas une belotte en attendant godot. Même en barbouillant tout l’arc en ciel de sa palette, un babouin ne fera pas un portrait plus fidèle de la réalité que Pierre Soulages. Ni plus ni moins fidèle d’ailleurs, je ne comprends pas depuis quand la finalité de l’art est de restituer exactement la réalité qui nous entoure.
    S’il y a une déperdition (ou tout au moins une évolution) dans le style de Jauffret, je ne la mettrait jamais sur le compte du systématisme, qui est un épithète aussi vide et polyvalent que celui de complaisance.

  6. Yes, zut en fait c’était surtout la 2e phrase qui m’interpellait :
    « Mais pourquoi diable s’acharner à en rajouter dans l’horreur, jusqu’à la caricature, quand on ne demande qu’une chose au roman : laisser battre le coeur du réel où le beau et le laid, le bien et le mal, la joie et le désespoir sont inextricables ? »

    Je suis bien sûr d’accord qu’il ne s’agit pas de verser dans un naturalisme et une véracité parfaits. Mais là (parfois) ça sonne faux ou impression de « tirer sur l’ambulance »/ « enfoncer porte ouvert », etc, c’est ce qui gêne…

    + autres éléments pointés par ailleurs.

    • Gerondeau on 20 octobre 2010 at 11 h 11 min
    • Répondre

    Comment avez vous pu lire jusqu’au bout Jauffret ?je suis soulagée de lire ce lien (1000 p de trop). je commençais à me poser de sérieuses questions : Sais-je lire ? quand j’entends les éloges sur ce monsieur, sur ma radio préférée, dans "mon" telerama auquel je m’abonne juste pour lire les articles et être certaine que je loupe rien sans posséder de télé, dans les articles du monde publiés sur le Net…. et Regis par ci et Regis par là. Parmi les français j’aime Echenoz par exemple, et il est nulle part dans les medias. Je vais essayer les auteurs que vous citez ici. J’aime découvrir. merci de ces commentaires utiles et constructifs.

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