Une éditrice partage ses conseils pour se faire éditer (Les éditions Jets d’encre)

Sophie Lamy a lancé sa maison d'édition de livres en ligne : Les éditions Jets d'encre. Dans une interview donnée au site "L'Internaute", elle prodigue ses conseils pour se faire éditer, les pièges à éviter et analyse l'avenir du livre ou encore le développement de l'édition en ligne...

La jeune femme défend notamment le modèle de la diffusion des livres en ligne puisqu' ainsi "la maison d'édition en ligne est accessible de n'importe où et à n'importe quelle heure, que ce soit pour un auteur qui transmet son manuscrit ou un lecteur qui achète un livre".
Elle cite à ce sujet une édude de la FEVAD datant de 2005 indiquant que "le nombre d'acheteurs en ligne augmente 3 fois plus vite que celui des internautes" et que "près d'un internaute sur 2 achète via la vente à distance dans les univers : produits culturels, produits techniques, tourisme, habillement ". D'après l'étude "Le Comportement d'achat de livres des Français" faite par Livres Hebdo en mars 2006, "Internet recueille près de 20 % des citations lorsqu'il s'agit d'effectuer des recherches ou achats sur les livres".

Parmi ses conseils aux auteurs recherchant un éditeur, elle conseille notamment de cibler ses envois aux maisons d'édition. En cas de refus répété, elle recommande les maisons d'édition dites à compte d'éditeur (sérieuses) qui donnent ainsi "une chance à son œuvre d'être lue". Elle appelle toutefois à la prudence : "Je conseille vraiment aux auteurs de fuir toutes les maisons d'édition qui font miroiter des tirages et donc des ventes importantes (par exemple 3 000 exemplaires) ou un enrichissement personnel sensible. Une certaine humilité et de la lucidité mettront l'auteur à l'abri de pratiques abusives."

Parmi les pièges à éviter, elle note l'importance de la plus-value éditoriale de l'éditeur qui ne doit pas être "un simple imprimeur". Cela englobe le travail des textes, la correction, les conseils ou encore la mise en page (des services qui seront facturés en cas d'édition à compte d'auteur). Les prix ne doivent être ni trop élevés ni trop bas : "Une correction de textes sérieuse, c'est du temps humain.", précise-t-elle. Côté paiement elle prescrit de ne pas se faire payer en droit d'auteur sur les ventes, une pratique qu'elle juge "abusive".

Enfin, elle voit l'avenir du livre sous la forme d'une cohabitation entre papier et numérique qui sont complémentaires (l'un pour son confort de lecture et l'autre pour ses possibilités de recherche et d'archivage).

A lire aussi : l'article sur l'autopublication sur Lulu.com

(19 commentaires)

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  1. D’accord sur rien avec cette charmante dame, m’enfin, elle vend sa tambouille. ça veut d’ailleurs pas dire qu’on pourrait pas s’entendre sexuellement.

    Bisous.

    • Andalouse on 18 juillet 2007 at 12 h 20 min
    • Répondre

    Parfaitement inutile. Si on veut des lecteurs, autant envoyer un fichier pdf à ses amis ou fabriquer le livre soi-même avec l’aide d’un imprimeur qui fait du numérique. Ces éditeurs ne vivent pas grâce aux ventes mais grâce aux services qu’ils proposent aux auteurs en herbe. Il n’y a pas de raison que leur promo fonctionne davantage que celle des éditeurs traditionnels et l’on sait combien c’est difficile en ce moment. Par ailleurs, lorsqu’on a édité à compte d’auteur, on est "marqué". Les éditeurs traditionnels n’aiment pas trop. Cela devient encore plus difficile de se faire publier. A fuir. Il vaut mieux miser sur les revues, sur les contacts et sur le travail du texte.

  2. Les amis,
    Conseil pour être édité : écrire un bon manuscrit
    je vous en prie c’est tout naturel

  3. Oh la la mais que dis tu malheureux Easy ! tu vas t’attirer les foudres des wanna-be : tout le monde sait bien que les éditeurs ne sont que des vendus qui publient des nullités voyons ! 😉

    Sinon pour rebondir sur ce que dit la madame, on remarque que beaucoup de jeunes auteurs se plaignent de ne pas avoir de retour argumenté des éditeurs auxquels ils envoient leur manuscrit. On peut bien sûr demander à ses amis (mais oseront-ils vraiment te dire en face les défauts de ton oeuvre et en seront-ils capables ?) C’est un vrai métier. En ce sens la plus value éditoriale de la maison d’édition semble intéressante.

      • Nado on 10 novembre 2019 at 10 h 34 min
      • Répondre

      Bonjour moi j ai envoyé mon manuscrit à 3 maisons d’edition dont Baudelaire ,les 3 colonnes ,et Verone ils m m’ont tous donné une réponse favorable. Je me pose des questions……??????

  4. Dans le décor idyllique décrit par Alexandra, il serait des comités de lecture qui apporteraient une plus value éditoriale aux jeunes (de préférence) auteurs. Comme chacun le sait, il existe des écoles privées distillant une formation de lecteur de comité de lecture, au même titre que celles de journalisme, car bien entendu c’est un métier (lecteur).
    Les élèves en ressortent avec un clinquant diplôme qui leur permettent d’intégrer pour les meilleurs les comités des grandes maisons d’éditions et pour les un peu moins meilleurs les dernières pages de quelques souffreteux journaux et magasines de la presse écrite.
    Reste que pour ce faire publier, mieux vaut écrire un bon manuscrit, comme le souligne avec juste raison easywriter… au fait, de quelle promotion es-tu ? 😉

    Amicalement,

    MonsterJack

  5. Il me semble qu’il existe des diplômes des métiers de l’édition…
    Au-delà du diplôme (de nombreux éditeurs sont d’ailleurs des autodidactes), je pensais plutôt à l’expérience (et la passion) qui font la différence ainsi que le regard extérieur qui permet à l’auteur d’avoir un avis objectif et prendre du recul sur ses écrits. Quelqu’un qui va prendre le temps d’étudier un texte et d’en fournir un avis détaillé. Pour un auteur qui accumule les refus répétés sans comprendre pourquoi cela peut être intéressant (sans constituer pour autant une solution miracle).

    Maintenant on peut aussi s’en référer à ses amis… Pour avoir été sollicitée par des amis/connaissances justement pour leur donner mon avis sur leurs romans (publiés), je peux te dire que l’on ne m’y reprendra plus ! Mais bon à chacun son truc.

  6. "Par ailleurs, lorsqu’on a édité à compte d’auteur, on est "marqué". Les éditeurs traditionnels n’aiment pas trop. Cela devient encore plus difficile de se faire publier"
    disait Easywriter.
    En fait, c’est comme cesser d’être vierge sans être mariée au pays des talibans. Mort (littéraire dans un cas, réelle dans l’autre) garantie. Et preuve de la même ouverture d’esprit.
    Bon, moi, j’arrive à mon 3.750.000ème visiteur en 3 ans et demi (plus ceux de mes blogs où je présente mon bouquin en feuilleton quotidien), alors, je regarde ça sans m’émouvoir.

  7. <em>"Par ailleurs, lorsqu’on a édité à compte d’auteur, on est "marqué". Les éditeurs traditionnels n’aiment pas trop. Cela devient encore plus difficile de se faire publier"
    disait Easywriter.</em>

    J’aurais pu écrire cela – pourquoi pas – mais ce n’est pas le cas, l’article n’étant pas de moi. Je constate simplement que la profusion des maisons d’édition (et la peur de louper THE manuscrit) permet globalement d’être édité si on a un bon manuscrit. Bien sûr, certains textes qui ont une grande force littéraire mais détonnent trop risquent de passer à la trappe – mieux vaut attendre d’avoir déjà publié pour être plus crédible et…meileur – pour se lancer.
    Quant au web s’il permet aux auteurs nons publiés de toucher un public il n’a pas encore permis d’accoucher de formes littéraires réellement novatrices. Sur le plan de la diffusion, il pourrait avec avantage à mon avis être un lieu de publication feuilletonesque, dans la lignée de ce qui se faisait dans les journaux il y a un siècle et qu’ils ont abandonné. Pour l’heure le mode participatif autorisé par la Toile n’a pas non plus accouché de quoi que ce soit de bien bandant. C’est peut être simplement parce que je deviens un vieux con que j’écris cela.

  8. Pour un article, je cherche des témoignages et portraits de gens qui envoient leurs manuscrits et ont été refusés, si l’un d’entre vous est dans ce cas et volontaire, merci de m’écrire à simonadelaide@yahoo.fr
    ( la revue est http://www.lesmusesatremplin.com)

  9. Deux remarques d’Easywriter, et mes réponses

    "Sur le plan de la diffusion, le web pourrait avec avantage à mon avis être un lieu de publication feuilletonesque, dans la lignée de ce qui se faisait dans les journaux il y a un siècle et qu’ils ont abandonné."
    Mais c’est ce que je fais, entre autres sur le jdd (aube-saga.lejdd.fr), où je présente mon roman historique dans un blog-feuilleton quotidien. Et j’en ai une demi-douzaine comme celui-ci.
    Mais comme c’est un roman historique, classé maintenant comme sous-roman de gare, je ne me fais aucune illusion. Je ne suis pas un exemple à donner

    "Quant au web, s’il permet aux auteurs non publiés de toucher un public, il n’a pas encore permis d’accoucher de formes littéraires réellement novatrices."
    Depuis la création et la diffusion du web, je n’ai pas non plus l’impression que cela a été le cas pour l’édition sur papier.

  10. Une fois un éditeur m’a refusé un texte en me disant que c’était pas mal mais qu’il y avait trop de cul dans le 2ème partie… je crois que c’est même mieux que d’être édité !

  11. Marc, pour info ce n’est pas Easywriter qui a écrit cela mais Andalouse mais bon c’est pas bien grave…

    Sinon pour en revenir à cette histoire d’auteur "marqué" par l’auto-édition, Antoine Dole pourrait en constituer le contre exemple puisqu’après avoir publié chez le Manuscrit il est parvenu à se faire éditer aux éditions du Cygne puis aux éditions Sarbacane.
    Voir sur son blog :
    antoinedole.hautetfort.co…
    antoinedole.hautetfort.co…

  12. Oui enfin sauf respect, les éditions du Cygne ou Sarbacane, ça ne va pas chercher loin…ça fait combien, 150, 300 exemplaires? Peut-être moins qu’à compte d’auteur…Confidentiel pour confidentiel, je ne vois pas trop la différence.
    Ca n’a quand même pas le même effet que de ce faire éditer par une maison dont les livres se trouvent sur les présentoirs des librairies…Et il y a beaucoup de livres de jeunes auteurs de talent qui sont publiés par ces éditeurs…Voir notamment à chaque rentrée littéraire…

  13. @alexandra
    ben non les deux dernières remarques commentées par Marc sont de moi pour le coup
    et oui effectivement les formes littéraire n’ont pas plus évolué ne dehors du web qu’en son sein mais n’empêche, un nouveau support (surtout offrant de telles possibilités notamment en matière d’interactivité ou de mélagne textes/ilages/son) pourrait susciter des expérimentations plus audacieuses non ?

  14. en revanche comme on le voit le web me procure une incontestable audace en matière orthographique….
    désolé pour les coquilles

  15. A Monster : mais c’est pas toi qui disais que c’était bien de commencer par une petite maison d’édition… ?
    Du reste on sait que beaucoup d’auteurs ont commencé ainsi avant d’être "débauchés" par les grandes….

    • Un Auteur on 30 octobre 2009 at 22 h 15 min
    • Répondre

    Eh bien moi, j’ai une aventure peu commune à raconter.

    En 2007, j’ai envoyé un manuscrit au comité de lecture de nombreuses maisons d’édition.
    Je n’ai reçu que des refus ; un certain nombre d’éditeurs n’ont tout simplement pas répondu à cet envoi, parmi lesquels “Les Éditions du Bord-de-l’Eau”, sises dans le sud-ouest de la France.
    Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, quelque temps après, sur le blog de cet éditeur, un éloge de mon manuscrit par le directeur de cette maison, M. Dominique-Emmanuel Blanchard :

    « J’ai noté que ça arrivait souvent comme ça : après des semaines d’indigences littéraires surgissent, deux, trois manuscrits qui m’enchantent.
    Hier c’était “Malateste”, aujourd’hui c’est “Apostrophe aux contemporains de ma mort”.
    Que l’on ne s’y trompe pas : il s’agit d’une œuvre réjouissante malgré son titre. À commencer par son style.
    L’ai-je assez déplorée cette pauvreté du style dans ce qui tombe dans la boîte postale et sur les messageries de BDL !
    Et voilà que coup sur coup le style renaît, ne cesse de renaître de ses cendres (je vous épargnerai le cliché du Phénix, enfin, presque).
    Voulez-vous un exemple de ce fameux style dont il m’arrive de rebattre les oreilles des incrédules ? Oui, n’est-ce pas ?
    Voici donc :
    “Ensuite je ne sais plus, j’ai un trou de mémoire. Je crois que les événements se sont précipités. Qu’on sache seulement que d’assis je me suis retrouvé couché sur le dos, qu’il n’était plus à côté de moi, mais sur moi, et que de paroles entre nous il ne pouvait être question, car il s’affairait à rendre la chose impossible à lui comme à moi.” »

    domi33.blogs.sudouest.com…

    Je n’ai jamais eu de nouvelles de cet éditeur. (Heureusement j’ai trouvé il y a peu un autre éditeur).

    • Romalio on 29 juin 2010 at 2 h 29 min
    • Répondre

    GAG.
    Mais si, mais si, il y a encore des maisons d’édition qui retournent à leurs frais les manuscrits non sollicités et refusés. Même à destination de l’étranger ! Et en tarif rapide, comme j’ai pu le constater sur l’enveloppe …
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