Tous les moyens sont-ils bons pour créer le buzz ? Les éditions Michel Lafon réagissent à la polémique

Le bouche à oreille, le buzz littéraire, est bien entendu déterminant pour faire connaître un livre et donner envie de lire. Néanmoins, lorsque celui-ci est créé artificiellement par des méthodes marketing plutôt douteuses, l'effet obtenu peut s'avérer complètement contraire à celui attendu...

C'est la mésaventure qui est arrivée aux éditions Michel Lafon qui avaient envoyé à un ensemble de blogueurs, un message d'une certaine "Chloé Nolife". Celle-ci demandait de l'aide pour ouvrir un blog.
Nous avions reçu également cet e-mail auquel nous n'avions pas donné suite, flairant malheureusement la supercherie au vue du patronyme de cette prétendue jeune-fille.
Les blogueurs ayant tenté de l'aider se sont ensuite trouvés ensevelis sous un ensemble d'e-mails de ladite Chloé racontant sa "life" et ses problèmes d'ado en crise.
Pour finir, ils ont appris qu'en réalité Chloé n'existait pas et qu'il s'agissait d'un teasing éditorial pour annoncer la sortie d'un livre ayant pour thème le mal-être des adolescents : "Les Enfants du néant", le dernier thriller d’Olivier Descosse.

La démarche quelque peu maladroite a suscité une polémique au sein de la blogosphère. Les éditions Michel Lafon ont souhaité y réagir en nous adressant un communiqué que voici :

"À travers la démarche réelle de la « fausse » Chloé, nous sommes au cœur des sujets abordés dans Les Enfants du néant, le dernier thriller d’Olivier Descosse.

Cette fiction romanesque met en scène le mal-être et la part d’ombre qui sommeille chez des adolescents victimes de maux bien réels liés à notre époque : anorexie, influence des images et des jeux vidéo, confusion entre le monde réel et virtuel, dangers d’Internet…

Chloé aurait pu être l’un des adolescents du livre d’Olivier Descosse au même titre que les autres protagonistes du roman que sont Lucie, Pierre, Natacha et Charlotte.

En ce sens, l’invention du personnage et la mission de Chloé sur les blogs procèdent d’une démarche purement éditoriale : cette démarche est unique et non modélisable, elle n’aurait pu être inspirée par aucun autre livre. L’intention était de plonger dans l’univers des Enfants du néant, de sensibiliser aux sujets contenus dans ce livre. En l’occurrence Internet permet à n’importe qui de prendre une fausse identité et d’abuser son interlocuteur, danger qui est précisément dénoncé dans le thriller d’Olivier Descosse.

Car il s’agit bien de cela, un livre. Nous ne vendons pas des « produits ». Notre passion d’éditeur est aussi de faire partager au plus grand nombre le talent d’auteurs en lesquels nous croyons, en assurant la promotion de leurs œuvres. Et même si les moyens utilisés ont pu faire débat, ils sont le fruit d’une décision collégiale. Il s’agissait de trouver des moyens originaux et innovants pour émerger au sein d’une production littéraire toujours grandissante.

Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, nous avons décidé de rendre publique la trame scénaristique des cinq mails que Chloé a adressés aux blogueurs sur lesquels elle a jeté son dévolu… Retrouvez la retranscription à cette adresse : http://www.lesenfantsduneant.com/affaire-chloe_reponse-editeur.pdf"

(7 commentaires)

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  1. J’ai également reçu ce mail et je dois dire qu’en lieu et place du mea culpa qu’on était en droit d’attendre, les éditions Michel Lafon nous ont offert cette piètre auto-justification. Je crois qu’ils n’ont vraiment pas pris la mesure de la colère que leur plan marketing foireux a provoqué chez de nombreux blogueurs, dont je fais partie.

    Quant à l’intérêt de dévoiler ces cinq mails, et bien je n’en vois tout simplement aucun… A mes yeux ce mail ne fait qu’aggraver leur cynisme…

    Et vous les filles du Buzz, qu’en pensez-vous?

  2. j’adore ce passage, surtout :

    "cette démarche est unique et non modélisable, elle n’aurait pu être inspirée par aucun autre livre".

    ah, ils sont forts, chez michel lafon, quand même.

  3. je viens de lire les mails de «Chloé» et c’est….. pitoyable.
    Si encore les textes avaient été rédigés avec du style ou de l’originalité, mais c’est pire que du sous-skyblog!! Je ne sais pas si c’est inspiré du style de l’auteur ou pire écrit par lui-même mais c’est vraiment pas lui rendre service…..

    Super le [INTEL] pour désigner les blogueurs :)) Pourquoi montrer tout ça ?

    • yann frat on 30 mai 2009 at 13 h 52 min
    • Répondre

    Et ben moi je n’ai reçu aucun mail rien… Je suis peanuts dans la galaxie robert Lafon…

    NAAAAAAN C’est trop dur à vivre quand même…

    ;))))

    a+

    yann

  4. "Notre passion d’éditeur est aussi de faire partager au plus grand nombre le talent d’auteurs en lesquels nous croyons, en assurant la promotion de leurs oeuvres."… quitte à prendre des bloggueurs pour des gogos. Une communication enrichissante que celle du "Coucou, c’était pour du semblant, vous vous êtes fait avoir !"
    Vraiment, je n’ai qu’une hâte : lire ce livre qui doit être empli d’une grande humanité et d’une générosité qui transpire la sincéritude.
    (ça se voit que moi aussi c’est pour du semblant ?)

    • laurence.biava on 31 mai 2009 at 0 h 00 min
    • Répondre

    J’ai lu les 5 e-mails et je désapprouve totalement la stratégie des éditions Michel Lafon.
    Le procédé est proprement pitoyable et scandaleux. Quant à la façon dont cette jeune CHloé écrit et tient son blog, c’est d’un indigeste…! Heureusement qu’une partie de la jeune génération écrit mieux que ça (même en texto trashverlan). Là c’est du sous sous blog. Honteux.

    • Un passant sachant passer on 15 octobre 2009 at 1 h 27 min
    • Répondre

    De passage sur votre site et ayant moi même travaillé dans la promotion d’ouvrage (et connaissant ainsi ces pratiques), je tiens à apporter mon soutien aux bloggeurs piégés. En effet, si je trouve déjà que l’idée du faux blog manque d’éthique, je critique essentiellement la forme qui n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle forme de spam répétitif et anonyme aux antipodes de ce que devrait être la promotion d’ouvrages culturels. Sans parler de la mauvaise communication post-opération. Un magnifique cas d’école de tous ce qu’il ne faut pas faire en Marketing / Communication!!
    Cela m’attriste car bien souvent ces politiques se font indépendamment de l’avis de l’auteur, qui en sera au final le seul à en pâtir.

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