"J'ai choisi les mots comme seule arme, j'ai une confiance tout à fait illimitée en leur pouvoir."
(Michel Houellebecq)
"In the particular is contained the universal."
(James Joyce)

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Les français traduisent l’américain comme des cons ! [Editorialiste invité]

Quand un québecois aux ascendances anisnnabée/algonquine, amoureux de littérature américaine et lui-même auteur de plusieurs récits, s’en prend aux traducteurs germanopratins, cela fait mal !
Avec son franc-parler caustique, notre invité Gaétan Bouchard, créateur du blog(ue) « Simplement » et véritable touche à tout, donne à ces messieurs lettrés de la rive gauche une petite leçon de « slang » américain. D’Hunter S. Thompson à Henry Miller en passant par Kerouac…
Tabernacle !

Alors que je termine la lecture de « Gonzo Highway », une sélection de la correspondance de l’écrivain et journaliste Hunter S. Thompson, je regrette presque de le lire en traduction française. Les Français ne comprennent rien au slang américain. Ils traduisent you’re fucking right man par tu dis foutrement vrai mec. Un Québécois aurait traduit ça par t’as crissement raison man.

Et c’est ainsi tout le long de ma lecture, des bordel de merde, des nom de Dieu, des je pige que dalle. Cela donne l’impression que Thompson est né sur la rive gauche et qu’il allait au Café des Deux Magots fréquenté par la bande de ploucs existentialistes dont seulement Boris Vian mérite quelques éloges.

J’ai eu le même sentiment de manger du caca bouilli la fois où j’ai lu On The Road traduit en français. En anglais, le livre-culte de Jack Kerouac est parsemé d’expressions canadiennes-françaises écrites en phonétique, avec un orthographe approximatif, du genre man je veu du la (maman, je veux du lait). Quand à la langue anglaise elle-même, le niveau de langage de Kerouac est plus près de t’as crissement raison man que de tu dis foutrement vrai mec, qui fait un peu efféminé pour un Québécois.

De plus, quand un Américain écrit He gave me a dime for dinner, ça ne veut pas dire il m’a donné la dîme pour dîner, mais plutôt il m’a donné dix cents pour dîner.

Lire On The Road en version française de Paris, c’est comme lire Gonzo Highway traduit de l’anglais par Nicolas Richard. L’effort est louable mais le résultat est nul à chier. J’aimerais mieux lire Hunter S. Thompson en anglais même si je ne comprenais rien à l’anglais. Je le lirais à voix haute en le traduisant comme bon me semble, quitte à écrire n’importe quoi. Je ferais de Hunter S. Thompson un commis d’un magasin de chaussures bon marché qui s’en prend à Timothy Leary à grands coups de bouteilles de rhum et je serais en plein dans le mille ou presque. En tout cas, ça ne saurait être pire que ces traductions stupides produites par des types qui ont mis les pieds une seule fois aux États-Unis lors d’un voyage organisé de trois jours à Disneyland.

Bref, ma critique de Gonzo Highway doit d’abord passer par celle du traducteur, voire de tous les traducteurs de la Vieille France, qui sont des enculés de première, des types qui font semblant de comprendre quelque chose à l’Amérique juste parce qu’ils ont bu deux gallons de ketchup.

Ça prend plus que d’avoir bu du ketchup ou du café filtre dégueulasse à l’américaine pour comprendre l’esprit américain dans ce qu’il a de plus sublime.

Un autre qui souffre d’avoir été mal traduit est sans doute Henry Miller. Tu lis Miller en français et tu as l’impression d’avoir affaire à Jean-Paul Sartre en plus chauve. Ça ne colle pas du tout.

Les Québécois ont une mission importante à remplir pour sauver la littérature américaine des traductions parisiennes nulles à vomir. Je pense que nous saisissons mieux ce que disent, écrivent ou pensent nos cousins, pas nos cousins français bien sûr, mais nos cousins américains. Le général Lafayette comprendrait ce que je veux dire même si Napoléon a vendu la Louisiane pour payer ses guerres en Europe.

Cela dit, Hunter S. Thompson est l’auteur américain le plus authentique que j’ai lu depuis Henry Miller et Charles Bukowski. Évidemment, je n’inclus pas Kerouac. Kerouac faisait semblant d’être un aventurier alors qu’il a passé 99,9% de sa vie à picoler chez maman, à Lowell. On en a fait une icône mais ça sonne creux un peu quand on le relit à jeun. Kerouac a fait une demie heure d’auto-stop dans sa vie et s’est mis à écrire là-dessus pendant vingt ans.

Henry Miller fait figure de père fondateur d’un type de littérature tout à fait nouveau. L’homme a tenté de décrire ce qu’il ressentait, ce qu’il expérimentait, ce qu’il faisait le plus simplement du monde, et il le faisait parfois en France.

On en a fait une icône du sexe, alors que Miller passerait pour un pudibond de nos jours puisque plus personne ne s’offusque aujourd’hui d’une bite rentrée dans une chatte ou bien de quelques Montréalais minables et désabusés qui participent à des soirées sado-masochistes dans un bar qui sent le plastique frais.

Hunter S. Thompson est un peu dans la lignée de Miller. Mais c’est comme si Henry Miller avait consommé un ou deux buvards de LSD avant d’écrire. Ça décoiffe, mec, même si j’en suis à le lire en verlan grotesque, avec les meufs, les laisse béton et tout le tralala fadasse de Français qui a toujours l’air coincé quand il essaie d’avoir l’air peuple.

Bref, je vous déconseille de lire Gonzo Highway en français. Lisez-le en anglais. Ou bien lisez des romanciers québécois subventionnés à l’os pour s’assurer que notre littérature soit toujours terne, nulle et non avenue, piquée de vacuité et de fatuité, bref de la copie pour parlementaires.

Pour ce qui est de Thompson, il s’est tiré une balle dans la tête il y a peu de temps. Je ne sais pas s’il faut tracer un lien entre son décès et sa parution en traduction française. En fait si, on l’a traduit après qu’il se soit suicidé. On n’attendait que ça pour livrer aux locuteurs francophones ces traductions qui ressemblent toutes à des chansons ennuyantes de Renaud. On voudrait lire le type qui disait fuck you, you’re just a fuckin’ ass hole! Et, par le manque de génie des éditeurs, on découvre un type qui fréquente des loubards tout à fait nazes qui ont cramé la dellechan par les deux tubes, putain d’enfoirés de merde!
Tabarnak! Traducteurs français, apprenez donc le Québécois! Ça vous aidera pour traduire l’américain. [Gaétan Bouchard]

A propos de l’auteur :
Gaétan Bouchard alias Makwa Grizzli est un écrivain québécois, artiste-peintre et auteur-compositeur-interprète né à Trois-Rivières en 1968. C’est un métis d’ascendance qui habite l’Île de la Tortue, la terre comprise entre l’Alaska et la Terre de Feu.
Bloguiste impénitent, il est l’auteur de plusieurs centaines de récits d’événements inhabituels qui rappellent un peu l’univers de ses auteurs préférés: Charles Bukowski, Mikhaïl Boulgakov, Hunter S. Thompson, Henry Miller, Anton Tchékov, Nicolas Gogol.
Il a beaucoup vadrouillé entre l’Alaska et Terre-Neuve et rapporte dans ses récits des tas de rencontres inopinées. Il raffole de mettre en scène de petites gens dans lesquelles il voit surtout des personnes vraies.
Gaétan Bouchard a été le premier directeur de la programmation de la radio communautaire CFOU 89,1 FM, radio qui a profondément modifié le paysage sonore trifluvien.
Il a aussi participé activement à la création du premier journal de rue de Trois-Rivières, Le Vagabond, qui suscita de vives polémiques. En plus d’y occuper les fonctions de rédacteur en chef, il y exerçait la profession de travailleur de rue auprès de jeunes chômeurs.
Il se définit lui-même comme un «jack-of-all-trade», un type qui pratique tous les métiers.
Gaétan Bouchard a été successivement commis d’épicerie, caricaturiste, préposé aux bénéficiaires, concierge, travailleur dans une fabrique de supports de bois, aide-cuisinier, croupier, organisateur communautaire, musicien de rue, artiste-peintre, directeur des communications, directeur de radio, journaliste, rédacteur en chef, transcripteur, traducteur, infographiste, portier: vraiment, un type qui pratique tous les métiers.
Dont celui d’écrivain. (présentation transmise par l’auteur via Wikipédia)

(12 commentaires)

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  1. LeReilly

    Possédant une licence de traducteur anglais et étant consterné par le travail souvent de piètre qualité de gens qui sont payés pour faire ça, je ne peux qu’applaudir des deux mains.

    Surtout qu’à mon petit niveau, et celui de mes camarades de promo, il nous est impossible de comprendre comment il est possible d’être aussi mauvais, même en le faisant exprès.

    Une nouvelle énigme de l’univers, résolue par l’association de cours d’anglais et des librairies en ligne.

  2. Joest

    Moi, je pense que les traductions sont surtout guidées par le temps (quitte à bâcler.) Pour le dernier Dan Brown, l’éditeur a mis dessus deux tacherons et au bout d’un mois, la V.F. était prête!
    Au moins, cela explique pourquoi Google traduction ferait mieux que les traductions d’Harry Potter ou de Jurassic Park.

    Pour des romanciers moins à la mode, là, il n’y a plus d’excuse. C’est ridicule de trouver des "boites à ordures", des "trou du cul" (en guise d’insulte) et plein de faux-amis (cf. "collecter" à la place de "collectionner".)
    Parfois, j’ai l’impression que le traducteur n’avait pour langue maternelle ni le français, ni l’anglais!

    Remarquez, moi qui parle également (un peu) allemand et japonais, j’ai pareillement vu des traductions très approximatives de ces langues et j’imagine que c’est pareil dans toutes les autres langues…

  3. Nadj

    MERCI ! Enfin je rencontre quelqu’un de mon avis ! J’ai voulu lire Kerouac en français pour que mon mari (qui ne comprends pas l’anglais) puisse le lire aussi, et je me suis endormie avant d’avoir lu dix pages. En anglais, ça passe tout seul ! Du coup, je m’étais mise en tête de le retraduire… Gros défaut des traducteurs débutants qui veulent retraduire les classiques… J’ai commencé et vite abandonné, trop ardu pour moi pour l’instant ! Mais qui sait, un jour… Mais il est clair que ce livre a crissement besoin d’être retraduit !

  4. Paul

    Les traducteurs français traduisent en français, c’est peut-être ce qui chagrine Gaétan Bouchard.

    1. Henri THEUREAU

      Bien jeté Paulo! Je ne connais pas un Français de France qui comprenne l’adverbe « crissement »…

  5. Billy Budd

    Vous critiquez les traducteurs, cher monsieur, mais "la critique est aisée, et l’art est difficile". Cela étant, ne vous donnez point la peine de traduire aucune oeuvre que ce soit. Apprenez d’abord que "crissement" n’est point un adverbe, pas même en français canadien, et que l’on parle non pas d’un, mais d’une orthographe approximative, au féminin. Vous propos trahissent une ignorance de la langue que la toile vous permet d’étaler. N’en abusez pas. Et au lieu d’insulter les traducteurs, contentez-vous de peindre, c’est plus simple.

  6. vivelestraducteurs

    Pour ma part, j’ai lu Fear and Loathing in Las Vegas en français… je partage votre sentiment sur pas mal de choses que vous avez vues dans Gonzo Highway (le traducteur, je crois, n’est pourtant pas le même). Je n’ai pas trouvé la traduction de Fear and Loathing vraiment exceptionnelle… ce livre méritait mieux.
    Ce que j’ai le moins aimé, c’est l’emploi du passé simple (toujours un choix arbitraire pour nous, traducteurs, et qui, lorsque le récit est à la première personne, ne fonctionne à mon avis que rarement pour des textes de facture moderne).
    Les traductions de slang, comme vous en faites la remarque, sont souvent bancales et souvent pour les raisons que vous évoquez. Mieux vaut avoir vécu une langue pour bien l’appréhender, on peut sans doute difficilement faire de bonnes traductions, surtout de langage parlé, en n’ayant qu’une connaissance universitaire ou livresque de la langue que l’on traduit.
    Cela étant, vous oubliez un petit détail : le Québécois n’a plus grand chose à voir avec le Français de France. J’ai pu m’en rendre compte il y a quelques années quand j’ai passé quelques semaines à Montréal. Je ne comprenais foutrement rien au langage des jeunes (qui avaient pourtant mon âge).
    Lors de mes années américaines, j’ai beaucoup pratiqué au quotidien le slang américain. Slang qui n’a souvent, comme les slangs de France et d’ailleurs (cf le commentaire sur Faiza Guene), pas d’équivalent exact en langues étrangères. Si "tu dis foutrement vrai, mec" n’est peut-être pas idéal car peu de gens diraient ça en France, je vous garantis qu’un "You’re fucking right man" ne peut en aucun cas se traduire en français de France par "t’as crissement raison, man" à moins de vouloir arracher des larmes à un lectorat français et foutre en l’air sa carrière de traducteur.
    Pour le reste, une traduction c’est surtout "dire presque la même chose" dans une langue ETRANGERE. Le mot étranger a ici un sens essentiel, car les langues, déplorons-le peut-être, ou réjouissons-nous en, sont étrangères les unes aux autres. … Elles fonctionnent selon une appréhension du réel différente… Nous, traducteurs, nous trouvons souvent confrontés à de l’intraduisible et devons faire avec… c’est à dire en gros aller au plus proche en termes de sens… avec les outils de notre langue telle qu’elle est pratiquée dans NOTRE pays… et via le prisme de notre propre subjectivité (dont nous ne pouvons pas complètement nous défaire). Plus le traducteur est consciencieux d’ailleurs, et plus il est apte à "vivre" la langue qu’il traduit, plus il sera frustré par son travail, par cette impossibilité qu’il y a souvent à dire exactement la même chose. Et plus parfois, il donnera au lecteur l’impression d’avoir trahi le texte en s’éloignant du mot à mot original… pour au final mieux le servir dans sa globalité (en essayant d’en conserver l’énergie, le ton).
    Il existe des mauvaises traductions (surtout parce que cette énergie, ce souffle du texte original a disparu) comme il en existe d’excellentes. Et la plupart sont sans doute simplement moyennes, mais elles ont le mérite d’exister. Mais dans un sens comme dans l’autre, vous n’avez de toute façon pas de légitimité à faire le procès de traductions américaines vers le français de France. Tapez plutôt sur les éditeurs québécois qui préfèrent, questions d’économies sans doute, publier des traductions d’oeuvres américaines destinées à un public français. Si ces éditeurs faisaient bien leur travail, des Québécois traduiraient pour des québécois et tout le monde s’en porterait mieux… notamment le marché de la traduction au Québec.
    Ce qui est con, ce n’est pas la manière dont les Français traduisent l’Américain. Ce qui est con, c’est davantage de s’en prendre à la mauvaise cible.
    Cordialement,

  7. Alexandra

    Merci de vos avis de professionnels.
    Je salue aussi au passage le travail du traducteur sur le livre de Safran Foer (Tout est illuminé) où l’un des personnages (le traducteur du héros justement dans l’histoire !) parle un mauvais anglais, du moins un anglais ampoulé avec des termes inappropriés et qu’il a fallu transposer en "mauvais français", gros challenge qui m’apparaît bien restitué même s’il faut s’accrocher pr le lire.
    La même difficulté se trouvait dans le livre de Junot Diaz à base de "spanglish".

    A l’heure où les langues se métissent de plus en plus, la tâche se complique un peu plus pr les traducteurs !

  8. Jeremy

    Alexandra, le lien sur votre prénom renvoie à la page d’accueil de ce site; je déduis que vous en êtes l’administratrice.
    Je me permets donc de vous dire que je trouve votre attitude pathétique.
    1) En ne vous désolidarisant pas plus clairement des propos tenus sur cette page, vous apportez votre caution aux délires d’un illuminé panaméricaniste (pardon, à son franc-parler caustique, comme vous dites).

    2) Lorsque des "enculés de première" expliquent que leur boulot, c’est d’écrire en français, ça n’a rien d’un "avis de professionnel", c’est simplement le rappel d’une évidence.

    3) Quitte à saluer "le" traducteur de Tout est illuminé, autant citer leurs noms: Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

  9. Alexandra

    Oui je suis bien la responsable du site mais je n’ai pas à me désolidariser ni à me solidariser de l’auteur de l’article ci-dessus.
    Cet article a été publié parce que c’est un point de vue intéressant (certes un peu virulent mais je crois qu’il faut le prendre avec un peu de second degré et d’humour) et qui pose quelques questions quant à la traduction de certains types de textes, notamment slang américain, après on est libre de partager ou non cet avis, ou d’apporter son éclairage/expérience au débat.
    Buzz littéraire est d’ailleurs tout à fait ouvert à ouvrir ses pages à la publication d’une réaction, en contrepoint, d’un traducteur à cet article 🙂

  10. Jeremy

    Je crois que si: vous devez vous désolidariser de ces propos car ils sont diffamatoires.

  11. Christian Mistral

    Ce vieux Butch (Bouchard) aborde en fait trois aspects différents de la question, celle de la traduction hexagonale de l’anglo-américain.

    Primo, et c’est celui qui fait réagir ici, il tranche net en faveur de l’expression québécoise pour rendre le slang. C’est difficilement défendable. Notre version argotique ne vaut ni plus ni moins que la parisienne, ou que celles de toutes les langues en lesquelles ces livres sont traduits. De plus, le cas de Kerouac est atypique et ne peut servir d’exemple: Jean-Louis, né à Lowell, n’entendit ni ne lut un traître mot d’anglais avant l’âge de dix ans, quand la loi du Massachussets le mit à l’école de la langue officielle, sans se douter en tentant de l’assimiler qu’il deviendrait Jack et bouleverserait la prose états-unienne. Les bribes de canadien-français qui émaillent ses romans (pas tous, mais plusieurs) sont ce qui lui reste d’une enfance d’exilé de naissance, sa langue littéralement maternelle puisque celle dont il use toute sa vie avec sa mère, unilingue. Bref, un cas à part.

    Deuzio, il évoque le cas Miller, qu’il veut exemplaire, pour déplorer une traduction sonnant comme «Jean-Paul Sartre en plus chauve». Il n’a pas tort, mais là n’est pas la question. Il se trouve que nombre d’oeuvres sont pour ainsi dire impossibles à rendre en traduction sans adapter la forme originale: Dostoïevski, par exemple, serait illisible en français si l’on collait à son style en russe; il en va de même de Mishima. Miller, le plus européen des écrivains américains, interdit de publication aux States jusqu’en 1961, fit quand même paraître Tropic of Cancer à Paris en 1936, et fut reconnu en tout premier lieu par Blaise Cendrars: je crois qu’il s’agit là en tout état de cause d’une caution suffisante pour les traductions subséquentes faites en France. D’ailleurs, il n’y a pas vraiment moyen de le traduire très différemment.

    Tertio, et là Butch a tellement raison que ce n’est même pas ouvert à discussion, il évoque le problème de la méconnaissance du sens et du contexte. Son exemple («He gave me a dime for dinner»), il y en a comme ça dans pratiquement toutes les traductions, comme dans les doublages de films d’ailleurs. Naturellement, un traducteur Québécois sera considérablement moins enclin à ce genre de méprise, et celles qui surviendraient échapperaient difficilement à l’oeil du correcteur. Honnêtement, tout Français de bonne foi comprendra ce que les fautes de cette nature peuvent avoir de frustrant, voire de choquant aux yeux de lecteurs avisés, surtout qu’elles seraient si faciles à éviter, simplement en faisant réviser le texte traduit par un littéraire d’Amérique, proofreader et fact checker, rompu aux deux langues.

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