Emue, nouvelle maison d’édition 2.0 multiculturelle

Etablie en Australie, une nouvelle maison d’édition a vu le jour en 2010, sous l’impulsion d’une française expatriée à Melbourne, ancienne journaliste et éditrice chez Lonely Planet. Signes particuliers : la recherche de nouveaux talents de langue française, une forte dimension multiculturelle et une vraie culture des nouvelles technologies (l’un de ses premiers auteurs, Emilio Sciarrino*, a d’ailleurs reçu le Prix du livre numérique) :

La fondatrice des éditions Emue (Éditions Multiculturelles Équitables), Sophie Marozeau ambitionne de « faire souffler un vent nouveau sur l’édition » en tablant notamment sur le numérique et l’édition à la demande (Print on Demand).
« Expatriée depuis huit ans (en Italie, aux États-Unis et aujourd’hui en Australie…), j’ai toujours trouvé difficile de lire en français. Lorsque je vivais à Boston, j’ai travaillé pour une grande librairie française du groupe Gallimard. La sélection était excellente, mais les livres, trois fois plus chers qu’en France ! Si la radio, la télévision, la musique voyagent aujourd’hui facilement par le web à travers le monde, le livre reste encore trop engoncé dans sa matérialité. Pourtant, un livre, ce sont juste des mots. » raconte-t-elle.

Après un poste chez Lonely Planet où elle s’occupe de la numérisation des guides, elle réalise que l’heure du livre numérique est arrivée. « Sceptique au début, je me suis équipée d’un Kindle, et, comme tout le monde, j’ai été conquise ! Il me semble aujourd’hui impossible de ne pas apprécier tous les avantages de l’ebook (petits prix, voire gratuité, des livres, encombrement réduit, instantanéité des achats, possibilité de lire les premiers chapitres avant de choisir, confort de lecture, amoindrissement de la douleur du poignet pour les pavés…). »

C’est aussi l’envie de faire découvrir de nouveaux talents qui la motivent à se lancer dans l’édition : « En matière de livres, je suis plus gourmet que gourmande. Je suis très difficile. Il y a dix ans, lorsque j’ai découvert les éditions Au diable Vauvert, j’ai eu comme une révélation : c’est un label de qualité. Puis, avec le temps, le Diable a cessé de nous étonner, c’est devenu un grand, bien installé, dont les pépites sont, un peu trop souvent à mon goût, des traductions. J’ai senti que, dans un tout autre style, moins trash, plus féminin, il y avait une place pour un nouveau label « décomplexé ». »

C’est ainsi que son catalogue compte aujourd’hui ses premiers auteurs, recueils de nouvelles et même une pièce de théâtre satirique : venus de partout, français ou non, ils ont la langue française et le goût du voyage comme dénominateurs communs. Et c’est sur le web, grâce aux blogs et forums, qu’elle rencontre des auteurs et des passionnés de livres, intéressés par le numérique, avec qui monter son projet.
« L’équipe éditoriale travaille dans le nuage (par le biais d’un blog/wiki interne et des réseaux sociaux) depuis Londres, Melbourne, Paris, Madras… Les livres sont diffusés sans verrous ni tatouages (DRM), par respect pour les lecteurs. Diffusés d’abord en numérique, sur les plateformes Immateriel, ePagine, Amazon et sur le site Emue.fr, les livres sortent en format papier, dans un deuxième temps. », explique-t-elle.

L’éditrice revendique enfin un « label équitable » au sens où