Hell, le roman culte de Lolita Pille made in Paris 16 devient film

« Hell » de Lolita Pille, livre culte (publié en 2002) pour certains (en général parisiens et vivant à l’Ouest de Paris), coup marketing pour d’autres, une chose est certaine le roman de « la pétasse » la plus célèbre du XVIe arrondissement, n’a pas laissé indifférent. Et a marqué, à sa façon, la nouvelle scène littéraire française. Le 1er mars 2006, son héroïne, peste à la fois détestable, émouvante et attachante, s’incarne au cinéma sous les traits de Sara Forestier, accompagnée de Nicolas Duvauchelle dans le rôle d’Andrea, le séducteur dont s’éprend Hell. Mise à jour avril 2008 : voir aussi l’article sur le 3e roman de Lolita Pille : « Crépuscule Ville »)

« On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l’amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu’on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l’accident. On prend trop de coke, on frôle l’overdose. Ca fait peur aux parents, des gènes de banquiers, de PDG, d’hommes d’affaires, qui dégénèrent à ce point là, c’est quand même incroyable. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d’autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du mois. Et on les déteste parce qu’ils donnent tant et si peu. Tant pour qu’on puisse se foutre en l’air et si peu de ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites s’estompent. On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du cœur, on va en boîte plus qu’on ne va en cours, on a plus de maisons qu’on a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre répertoire qu’on appelle jamais. On est la jeunesse dorée. Et on a pas le droit de s’en plaindre, parce qu’il paraît qu’on a tout pour être heureux. Et on crève doucement dans nos appartements trop grands, des moulures à la place du ciel, repus, bourrés de coke et d’antidépresseurs, et le sourire aux lèvres… »

Rappel des faits (pour ceux qui n’auraient pas lu l’opus sorti en 2002) : Ella, surnommée Hell, jeune fille des beaux quartiers parisiens, noie l’ennui de ses journées dans un tourbillon de shopping (Gucci, Prada…) et de soirées mondaines dans les clubs huppés de la capitale. Sa devise ? « Sois belle et consomme ».
Sa fierté ? « Dépenser l’équivalent de votre salaire mensuel en une heure sur l’avenue Montaigne. » Mais derrière son arrogance se cachent une fragilité et un profond mal-être. Sa rencontre avec l’ombrageux Andrea redonnera, un temps, un sens à sa vie avant de sombrer de nouveau.

Scénario efficace, écrivain charismatique jouant volontiers la carte de la provoc’, en en rajoutant une couche à chaque interview, le roman s’arrache et Lolita Pille, à l’âge de 18 an