« Je trouve la chanson d’Orelsan très bien, efficace, drôle et bien foutue. » (Virginie Despentes)

Dans une interview au journal Les Inrockuptibles, Virginie Despentes, particulièrement discrète ces derniers temps après le succès de King Kong Théory, donne de ses nouvelles en direct de Barcelone où elle s'est installée : entre la finalisation de son nouveau roman et sa réaction à la polémique autour des paroles de la chanson "Sale pute" d'Orelsan (elle qui a été au cœur de la polémique avec son roman "Baise-moi")...

Extraits choisis :
Sur son nouveau roman en préparation : "Je suis dans le cycle des dernières relectures. C’est un roman un peu plus long que ce sur quoi je travaille d’habitude et ça me prend un temps fou alors qu’il fait très beau dehors, les gens semblent faire un tas de choses intéressantes et moi j’ai l’impression d’être cloîtrée depuis des siècles. C’est un roman autour d’une détective, l’histoire se déroule entre Paris et Barcelone (il y a été beaucoup question de Led Zeppelin, dans les premières versions, mais tout ça vient d’être coupé au montage et ne reste qu’une courte mention, au final)"

Au sujet de la chanson "Sale pute" d'Orelsan :
"Je trouve la chanson très bien, efficace, drôle et bien foutue. Dans d’autres communautés, on parlerait, je crois, d’un texte traitant avec une certaine efficacité le « désarroi amoureux » : je t’aime, tu ne m’aimes pas, je suis désespéré, je vais te niquer ta race. Sur le sujet, on doit pouvoir trouver quelques lignes autrement plus violentes chez Racine ou Shakespeare. Je veux dire : ça serait pas genre un thème classique de la littérature, la déception amoureuse ? Bon, mais on parle d’un gouvernement qui en avait déjà après Madame de La Fayette, donc on finit pas se demander s’ils n’ont pas un problème, global, avec le dépit amoureux… De là à penser qu’ils pressentent quelque chose, dans leur propre rang, qui pourrait déconner de ce côté là… va savoir." (...) Evidemment, ça me rappelle "Baise-moi", ne serait-ce qu’à cause de la taille des pincettes que prennent les gens pour condescendre à admettre que, éventuellement, même pour un texte de ce genre, il n’est peut être pas normal d’imposer la censure directe, en ignorant les cadres prévus à cet effet. C’est les serviettes obligées de s’occuper des torchons. Ça me rappelle quelque chose. J’ai lu dans Les Inrocks que Dominique A. se sentait obligé de nous dire ce qu’il pense de la qualité du texte, et que ça « ne faisait pas de mal » à Orelsan, de se faire remonter les bretelles. Et j’ai trouvé cet édito autrement plus violent que le texte d’Orelsan, parce que je doute qu’il ait été écrit au deuxième degré."

Source : Lesinrocks

(2 commentaires)

  1. Ahhhh enfin quelqu’un pour défendre Orelsan et la liberté artistique…

    Sinon l’histoire semble prendre des proportions gravissimes, qui pourrait aller jusqu’à un projet de loi : http://www.liberation.fr/societe...

  2. Ouh là même pas en rêve que je recommence. Et puis vous avez raison, ce texte n’est pas un banal ramassis d’injures sans talent mais bien la victime d’un large complot liberticide anti rap (au moins).

    🙁

    yann

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