Quels sont les meilleurs livres d’enfants… d’hier et d’aujourd’hui ?

Avec près de 60 millions d’ouvrages vendus en un an, les livres jeunesse ont dopé le chiffre d’affaires des éditeurs français d’après une récente étude de GFK. Un livre sur quatre vendu en France en 2009 est un livre d’enfant ou d’ado (le secteur « jeune adulte », qui explose plus particulièrement, avec ses titres phare d’Harry Potter à « Twilight » ou encore « Journal d’un vampire »), soit 17 % du marché. Mais en quelques décennies, les « belles histoires » ont évolué, au gré des mœurs et des modes. Un recueil « Les 1001 livres pour enfants qu’il faut avoir lus pour grandir » remonte le temps des livres cultes de l’âge tendre tandis que le Salon de Montreuil décernait ses prix aux nouveaux auteurs jeunesse :

La nouvelle anthologie, « Les 1001 livres d’enfants qu’il faut avoir lus pour grandir », publiée par Flammarion (dans la lignée des 1001 livres à avoir lus dans sa vie) nous rappelle ces merveilleuses heures passées auprès de personnages et mondes imaginaires.
Dans son introduction, Julia Eccleshare qui a dirigé l’édition originale de l’ouvrage et journaliste pour la rubrique littérature enfantine du Guardian, souligne à juste titre que « peu de choses nous marque autant que les histoires lues dans notre enfance« .
A la question « Qu’est ce qu’un livre d’enfant ? », la préfacière répond : « C’est un livre racontant une histoire que les enfants aiment et dont l’un des personnages est généralement un enfant, souvent un animal. Cette définition convient jusqu’à un certain âge, mais il y a aussi des livres d’adulte qui peuvent être lus par les enfants et des livres d’enfants que les adultes apprécient. » Puis plus loin elle estime qu’ils « comblent l’espace existant entre le monde des enfants et celui des adultes« . Elle note également que « la condition préalable au succès des grands livres de littérature enfantine est presque toujours l’absence d’adultes et la présence d’enfants qui s’en sortent seuls. » Parmi leurs missions ? « Divertir mais aussi éduquer et cultiver. »

De quoi réconcilier François Busnel, directeur du magazine « Lire » et de l’émission « La grande librairie » sur France 5 qui qualifiait la littérature jeunesse d’« invention marketing destinée à écouler une production souvent mièvre et à soutenir des maisons en mal de chiffre d’affaires » et l’écrivain Valérie Zenatti qui lui rétorquait dans un billet sur Mediapart : « La littérature dite « jeunesse » est un espace de création où des écrivains (et parfois des « faiseurs », mais ni plus ni moins qu’ailleurs) interrogent la perception si singulière que les enfants et les adolescents ont de la vie et du monde, en s’adressant à leur intelligence et à leur sensibilité, à leur humour -qui fait défaut à tant d’adultes -, et à leur curiosité. » Busnel estimait aussi « qu’il faut donner aux jeunes des lectures qui ne sont pas de leur âge ».

En raison de sa nationalité anglaise, l’ouvrage fait bien sûr comme toujours la part belle aux livres anglo-saxons mais également de tous pays et pour tous les âges. Rappelons que les pays maîtres de la littérature jeunesse sont en Europe, la France, la Grande-Bretagne (propulsée par son « Alice au pays des merveilles »), et l’Allemagne. Des livres universels et éternels, précise aussi la préface.
De 1930 à 2007, l’ouvrage, présenté chronologiquement et par âge (de 0 à 12 ans), débute avec « Ti train » (inspiré du catéchisme américain) et « Lapin câlin (1e livre tactile) et se referme sur « Le combat d’hiver » du français Jean-Claude Mourlevat (un récit fantastique où 4 ados luttent contre la barbarie de leur pays totalitaire) et « Ma rencontre avec Violet Park » de Jenny Valentine. Tous les grands conteurs, d’Andersen à Grimm en passant par Perrault ou même Shakespeare sont bien sûr en bonne place mais également les fameux contes du chat perché de Marcel Aymé.
Sans oublier Roald Dahl dont la célèbre Matilda trône en page de couverture de l’ouvrage, dessinée par Quentin Blake.

Côté français, on retrouve le mignon « Petit ours brun » concurrencé par l’anglais Winnie (et toute une cohorte d’oursons et autres nounours comme le fameux Michka, la peluche qui décide de reprendre sa liberté, souvent étudié à la petite école de même que Marlaguette du même auteur, Marie Colmont) ou encore les facétieux Tom-Tom et Nana qui rappelleront de bons souvenirs aux abonnés de Bayard presse. Par ailleurs les classiques, de la comtesse de Ségur (Les malheurs de Sophie) à Pierre Gripari (Les contes de la rue Broca) en passant par « Sans famille » d’Hector Malot, « Poil de carotte » de Jules Renard et « Vingt mille lieues sous les mers » de Jules Verne sont aussi référencés.
Mais encore « Boucle d’Or », « Babar » ou « Barbapapa », tous adaptés en dessin animé ayant fait ou faisant encore les beaux jours des émissions TV ! L’album d’Adèle de Claude Ponti, Le petit Nicolas de Sempé sans oublier le prince de Motordu, le premier prince parodique de la littérature, signé Pef et bien sûr « Le petit prince » de Saint Exupéry font aussi partie de la sélection.

On croise aussi la suédoise Fifi Brin d’acier, peut-être l’ancêtre de Dora l’exploratrice ?!
On découvre aussi une « Mireille l’abeille » moins célèbre que Maya, ou encore de la manga tel que le fameux Dragon Ball, publié en 1984.

Pour les plus grands, on remarque quelques grandes œuvres telles que « L’Attrape-coeurs », « La lettre écarlate » d’Hawthorne ou encore « Zazie dans le métro ». On pourra s’étonner de ne pas y trouver en revanche Emily Bronte et ses Hauts du Hurlevent, en particulier depuis qu’ils ont été remis au goût du jour par l’héroïne de Twilight.

Le fantastique est également bien représenté. Il serait même aujourd’hui l’attrait majeur des ados post 11-Septembre, qui après les sorciers, les vampires et les loups garous, seraient devenus accros aux dystopies (monde régenté par un pouvoir totalitaire après une catastrophe) selon une enquête de l’AFP. Le dernier succès en date illustrant cette tendance se nomme « Hunger Games » de Suzanne Collins, autour d’un jeu de télé-réalité « Le jeu de la faim ».

On remarque enfin notre Anna Gavalda nationale, également présente, avec « 35 kilos d’espoir » sur le thème du rejet et de l’inadaptation à l’école.

De son côté le Salon du livre et de la presse jeunesse – dédié au thème des princes et princesses – a décerné six prix en 2010 :
Le 11e Baobab de l’album, a été décerné au superbe « La règle d’or du cache-cache », de Christophe Honoré, illustré par Gwen Le Gac publié chez Actes Sud Junior. Katell s’imagine des trucs, qu’elle aimerait peindre ou raconter. Las, ses parents braillent, ses cousins moquent… la petite fille serait-elle maboule ? Une histoire singulière sur l’art de la singularité, superbement illustré.

Le prix du premier album revient à « Monsieur cent têtes » de Ghislaine Herbéra paru aux éditions MeMo. Comment faire bonne figure quand on a le cœur en berne ? En changeant de mine pour plaire à sa douce. Oui mais pas facile de choisir la bonne tête, surtout quand les masques viennent du monde entier. Un album toqué.

Le prix de la presse des jeunes a récompensé « Des hommes dans la guerre d’Algérie », d’Isabelle Bournier, illustré par Jacques Ferrandez, aux éditions Casterman. Un album documentaire accessible et juste, richement illustré qui narre sans partu pris la guerre d’Algérie, vue par les hommes et les femmes qu’ils soient combattants, civils, français ou algériens.
Une mention spéciale a aussi été attribuée à la collection « Français d’ailleurs », coéditée par Autrement Jeunesse et la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Le prix « Terre en vue » a couronné pour la seconde fois un documentaire sur l’écologie et le développement durable: « Petites et grandes histoires des animaux disparus », d’Hélène Rajcak, illustré par Damien Laverdunt chez Actes Sud Junior. Sur les traces du castor géant, de l’éléphant nain de Sicile ou de l’oiseau-éléphant… Un livre docte et curieux dont la seule ambition est de « Faire oeuvre d’inventaire et de mémoire ».

Le prix « Coup de coeur », décerné pour la première fois par l’équipe du Salon a salué: « Le petit Gibert illustré », de Bruno Gibert (Albin Michel Jeunesse). Un bon moyen de faire aimer les dictionnaires. Poétique, absurde, métaphorique… l’écrivain Bruno Gibert a rhabillé pour l’hiver plus de 500 mots. Mais d’ailleurs qu’est ce qu’un dico ? « Les gros dictionnaires servent à caler les portes, à aplatir les feuilles mortes et à rehausser les fesses des petits enfants attablés. C’est pour cela qu’ils s’en vend autant chaque année« .

Le prix à l’Abord’art, remis pour la première fois à un livre d’art pour les enfants, revient à « La petite galerie d’Andy Warhol », de Patricia Geis édité aux éditions « Palette, La petite galerie ». Entrez dans la  » Factory « , l’atelier pop art d’Andy Warhol ! Un parcours initiatique plutôt ludique.

Et aussi deux coups de coeur… « La grande dame et le petit garçon » de Geert De Kockere et Kaatje Vermeire aux Editions Rouergue. Une vieille dame aux allures d’ogresse, un petit garçon un brin poltron… Une mise en scène graphique des peurs infantiles parfaitement narrée et agencée, ce qui en la matière n’est pas franchement donné. Sans guimauve ni pathos.
« Alice au Pays des Merveilles » de Lewis Carol, illustrations de Rébecca Dautremer publiés chez Gautier-Languereau. Un classique revisité avec originalité. Adieu boucles blondes, robe à smock et tablier blanc. Fidèle à la gouache, l’illustratrice enrichie ici sa palette de styles… Bienvenue dans un pays des Merveilles audacieux et… humanisé. (source : Metro)

(4 commentaires)

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  1. Pour moi, incontestablement, les meilleurs livres pour enfant étaient Le Petit Nicolas ET Les contes de la rue Broca, qui m’habitent un peu moins mais dont j’ai un souvenir extraordinaire.
    http://www.jesuisvenuetelire.fr

    • s0 on 17 décembre 2010 at 15 h 42 min
    • Répondre

    Je viens de le commander pour m’y plonger au plus vite! J’espère qu’ils ont fait la part belle aux albums de toutes les nationalités, qui sont souvent de pures merveilles tant au niveau du graphisme que du texte.

    s0-and-so.blogspot.com/

  2. Pour moi, ce fut Eloise, l’enfant terrible du Plaza !

    http://www.enfantsbienvenus.com/...

    • enparenthese on 23 janvier 2011 at 16 h 38 min
    • Répondre

    Je valide absolument "les contes de la rue broca" beau souvenir d’enfance ! Plus récemment, j’ai découvert de très beaux livres soit très drôles, soit touchant. Et notamment un très beau recueil "petits contes rigolos et farfelus" pour les 2/4 ans et "les trésors de l’enfance" pour des 2/8 ans. Pour en savoir plus, une petite vingtaine de mes livres préférés enfants sont chroniqués ici, bonne découverte
    enparenthese.wordpress.co…

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