Auteur : Yann Moix

Quand les écrivains célèbrent « la passante » (du mythe littéraire de la passante au harcèlement de rue)

Il fut un temps où l’on ne parlait pas encore de « harcèlement de rue » mais de jeux de regard, de séduction innocente et espiègle, où les passantes, (agréablement ?) surprises, conscientes ou non, devenaient les insaisissables muses des poètes et des écrivains qui leur rendaient hommage dans leurs œuvres. En 1857, Baudelaire inaugurait le mythe de la passante, cette « Fugitive beauté » dans la nuit, à « la douceur qui fascine et le plaisir qui tue« . Aujourd’hui le débat féministe divise*: en effet, où commence et s’arrête la limite entre harcèlement et compliment ? Face à l’évolution du regard social sur ces pratiques (et à leur condamnation), il est amusant de se retourner sur des œuvres antérieures -ou pas- à ce mouvement comme des extraits issus de l’étonnant et désormais un peu tombé dans l’oubli roman « Anissa Corto » de Yann Moix, mais aussi plus récemment de Philippe Vilain (« Pas son genre ») ou de Jérôme Attal, ainsi que de l’essai « Galanterie française »…, après avoir évoqué le mythe littéraire de la lectrice dans le train

Yann Moix viré de Facebook…

On se souvient il y a quelque temps du départ (volontaire) avec fracas de Frédéric Beigbeder du réseau social qu’il accusait de tous les maux. C’est désormais Yann Moix qui en disparaît, éjecté pour cause de propos racistes :

Yann Moix défend Polanski dans un nouveau livre…

Après Michael Jackson, l’écrivain Yann Moix va publier, en mars prochain, un livre où il prend la défense du réalisateur Roman Polanski, poursuivi par la justice américaine pour avoir abusé d’une jeune mineure, il y a plus de trente ans.

Après Cloclo, Yann Moix disserte sur le « King of the pop »

L’auteur de Podium publiera chez Grasset le 8 septembre un ouvrage sur le destin de Michael Jackson. Grasset diffusera le 8 septembre un essai de Yann Moix sur les symboles que la star récemment disparue cristallisait.

« Podium » de Yann Moix, Vivre (et mourir) à travers l’Autre

Qui n’a pas entendu parler de « Podium », le grand succès de Yann Moix paru en 2002 et adapté au cinéma (par lui-même) en 2004 avec force matraquage médiatique ? Vu de l’extérieur, l’ensemble laisse redouter la grosse comédie de boulevard à grosses ficelles commerciales. De plus, « une histoire de sosies de Claude François » n’est pas forcément très attrayante… Sans être un chef d’oeuvre, « Podium » est un roman bourré d’énergie et d’inventivité qui explore sous ses apparences burlesques et parfois un peu excessives, les thèmes de l’identité, du fanatisme, des rêves d’enfance et de la nostalgie…

« Avoir trente ans » par Yann Moix (extrait n°2 d’Anissa Corto)

La trentaine marque certainement un cap, la fin d’une ère, l’adieu à sa jeunesse et une certaine angoisse pour les plus nostalgiques qui refusent de grandir : les fameux « adulescents ». La littérature dite « trentenaire » incarne ces paradoxes d’une génération plus « flottante » et indécise que jamais. Dans son troisième sublime roman, Anissa Corto, le portrait terrifiant et fascinant d’un trentenaire prisonnier de son enfance et de ses obsessions d’amour idéal, Yann Moix écrit de très belles lignes sur ce passage à la trentaine qui incarne une nouvelle vision de la vie, du présent, de l’avenir et surtout du passé. Un âge de prise de conscience où les priorités peuvent aussi changer à l’aune d’une jeune expérience et des premières désillusions déjà déterminantes…

Les « mecs », ces rivaux insupportables (extrait d’Anissa Corto de Yann Moix)

Voici un petit extrait tragicomique du superbe troisième roman de Yann Moix, Anissa Corto: le portrait poignant d’un trentenaire victime de ses obsessions amoureuses et du monde de souvenirs et d’illusions dans lequel il s’enferme. Au cours d’un des chapitres laissant libre cours à ses monologues et pensées, il livre sa vision des « mecs » alors qu’il craint qu’Anissa Corto, la femme qu’il convoite en secret, soit pourvue de l’un des représentants de cette « caste » qui lui sont si douloureux. Un moment savoureux d’humour noir et caustique dans ce roman tragique (à noter qu’il reprend cette diatribe dans son 4e roman « Podium ») :

Lectures et influences littéraires de Yann Moix

Divers entretiens fournissent des renseignements intéressants sur les références littéraires de l’écrivain et réalisateur Yann Moix (« Podium », « Anissa Corto »…), grand lecteur de Spirou à Charles Péguy ! De son enfance à l’âge adulte en passant par son adolescence, il revient sur les grands auteurs qui l’ont marqué, lui qui dit « fonctionner par admiration ». Et livre quelques commentaires, plutôt sévères, sur ses confrères écrivains contemporains et la littérature moderne française :

Anissa Corto de Yann Moix, La science amoureuse des femmes

Le troisième roman de Yann Moix, Anissa Corto, qui l’avait déjà fait connaître du grand public en 2000, fait partie de ses meilleurs livres, l’un de ses plus « violents » selon ses propres termes, écrit en trois ans, dans la droite lignée de ses deux précédents « Jubilations vers le ciel » et « Les cimetières sont des champs de fleurs » (qui forment une trilogie sur l’amour fou : un de leurs chapitres respectifs reprend d’ailleurs à chaque fois le titre du roman précédent). On connaît Yann Moix principalement comme l’auteur de « Podium », son livre à succès sur le monde des sosies et de Claude François en particulier, adapté au cinéma avec Benoît Poelvoorde.

« Jubilations vers le ciel » de Yann Moix, Septième ciel apocalyptique

On pourrait dire qu’avec « Jubilations vers le ciel », paru en 1996 (et vendu depuis à plus de 15 000 exemplaires), le jeune Yann Moix âgé de 29 ans, fait ses premières gammes tel un cheval fou lancé dans la prairie des lettres et des métaphores grandiloquentes ! Il se prépare pour ce qui sera son chef d’oeuvre (Anissa Corto, 1997) et qui clôturera sa triologie sur l’amour fou (et impossible) composé en outre de « Les cimetières sont des champs de fleur » (2000). Une trilogie dont la bande son pourrait être « Love me » de Michel Polnareff, un titre qu’il cite de roman en roman d’ailleurs. Bien que le roman ait obtenu le prix Goncourt du premier roman, ce n’est pas le plus réussi même s’il contient déjà en effet les grands thèmes que l’auteur développera et affinera par la suite : la cristallisation amoureuse, les sentiments extrêmes ou encore l’idéalisation de l’enfance. Son style émotif à la sensibilité fiévreuse et précieuse, où l’audace et les références littéraires abondent, attire les connaisseurs et s’impose. Il obtiendra également la bourse Lagardère (Fondation Hachette) qui lui permettra d’écrire son deuxième « Les cimetières sont des champs de fleurs » :