Le malaise pédophile et la littérature (autour de Gabriel Matzneff, Marie Darrieussecq, Garcia Marquez…)

Mise à jour 20/11/09 : la chronique (polémique ?) de Frédéric Beigbeder, « De la pédophilie en littérature » (ci-dessous en commentaire n°13)
Le 2 octobre dernier, l’émission « Vous aurez le dernier mot » animée par Franz-Olivier Giesbert recevait l’écrivain Gabriel Matzneff boycotté depuis des années par les plateaux TV, et dans une moindre mesure par la presse écrite. J’ai découvert cet écrivain il y a quelques années par l’intermédiaire de quelques voix, celles de Frédéric Beigbeder ou encore Nicolas Rey qui l’ont toujours défendu, avec un certain enthousiasme je dois bien l’avouer. Sa pensée vivifiante et iconoclaste (fortement nourrie des philosophes antiques, de Schopenhauer ou encore de Nietzsche en passant par Dumas ou Dostoïevski….) servie par une plume sensible et poétique, un certain humour, m’a beaucoup touchée, secouée même. Je le compte parmi les auteurs qui m’ont vraiment fait avancer.

Etrangement, bien que n’ayant a priori rien de commun avec lui -hormis une origine russe dans laquelle je n’ai en revanche jamais baigné-, je me reconnais ou j’adhère souvent à ses idées, son approche de la vie, du monde professionnel, ses analyses sur la religion, l’humain ou la société. Je rejette en revanche irrémédiablement sa part obscure (et criminelle d’ailleurs) : son penchant, son obsession même pour la jeunesse, l’extrême jeunesse. Je suis régulièrement choquée, dégoutée lorsque je lis les passages qu’il consacre à cette « passion » dans tous ses ouvrages, journaux, romans ou essais. Et ce malgré l’admiration que je peux lui porter par ailleurs (mais qui reste difficilement conciliable avec le dégout de sa pédophilie qu’il va jusqu’à revendiquer et défendre!).

L’émission de Giesberg avait pour thème l’évolution des mœurs et plus particulièrement « les nouveaux tabous ». Il est vrai que dans les années 70, l’auteur pouvait librement défendre sur une émission à grande écoute telle qu’Apostrophe, l’amour fait à des enfants. Matzneff y disait notamment « Il y a beaucoup d’autres façons de pourrir un gosse que de coucher avec » (voir ci dessous la vidéo de cette émission, esprit sensible s’abstenir !). Aujourd’hui dans un climat hautement sensible, ses propos sont bien sûr beaucoup plus modérés.

En 2009, appelé à venir réagir sur l’affaire Polanski, il s’est contenté d’évoquer son amour avec Francesca (adolescente pubère qu’il dit consentante -MAJ 2019: mais on voit que cette notion peut être assez compliquée comme en témoigne le livre publié par Vanessa Springora autre de ses anciennes amantes/victimes mineures), rien à voir avec le reste donc, mais qui ne peut néanmoins devenir un argument pour faire des généralités) ayant inspiré son roman « Ivre du vin perdu », son journal « La passion Francesca » et un recueil de poèmes. Elle aurait aussi inspiré son essai « Les moins de seize ans » selon l’auteur (même si elle se situe plutôt au-dessus de cette limite lors de leur relation : 15-18 ans). Il a aussi appelé à ce que le public laisse la justice faire son travail en ce qui concerne l’affaire Polanski.

Ce qui m’est intolérable dans le discours de Gabriel Matzneff, c’est tout d’abord cet amalgame et cette ambiguïté qu’il entretient entre les termes « gosses », « petits garçons » et « adolescent(e)s », ce n’est quand même pas la même chose. D’autre part il y a sa définition plus que contestable de la notion de « libre consentement », de « réciprocité » avec ses très jeunes amant(e)s, en particulier lorsqu’il s’agit de gamin(e)s démuni(e)s dans les pays défavorisés.

Dans son œuvre, il élude souvent la question monétaire de ses rapports, mais quelques indices fusent parfois et l’on comprend de toute façon fort bien, à moins d’être d’une mauvaise foi abjecte, l’exploitation qui les sous-tend.
Enfin, son talent d’écrivain et d’orateur qui lui permet d’esthétiser et de défendre l’indéfendable (en se réfugiant notamment derrière une argumentation régressioniste détestable basée sur les pratiques de la Rome antique), en entretenant une certaine hypocrisie, en jouant sur les mots (notamment sur la notion « d’amour » très équivoque) et se plaçant en victime « des dévots et autres moralisateurs de la vertu ».

A son éloge de l’amour entre « gosses » et adultes, fait face paradoxalement son propre dégout qu’il évoque notamment dans « Cette camisole de flammes », son journal de jeune-homme, des hommes d’âge mûr. Ne s’est-il jamais demandé si les très jeunes qu’il draguait ne l’éprouvait pas également ?

Pour autant, je crois qu’il est très important que notre société permette que de telles idées soient exprimées, par le biais de la littérature, qu’il s’agisse de fiction ou non, d’émissions de débat… Car ces idées, ces pulsions, ces actes existent et ce n’est pas en les censurant qu’ils seront combattus mais uniquement en les expliquant, critiquant, contredisant, en les mettant en échec.

Dans une interview donnée aux Inrocks, Marie Darrieussecq avait à ce titre une réflexion intéressante en prenant pour exemple l’affaire de l’expo de Bill Henson attaquée en justice : « Les juges et une partie du public confondent imaginaire, fantasme, passage à l’acte. Ca c’est vraiment contemporain. On n’a plus le droit d’avoir des colères, des imaginaires. L’artiste a vu son exposition envahie par la police à cause de photos de pré-adolescentes nues, c’est hallucinant. La galerie a été fermée. Je pense qu’on a le droit de regarder des photos d’enfants nus et y compris de se branler devant. Cela ne regarde que l’imaginaire privé des gens. Je ne fais pas l’apologie du viol des enfants. Mais je pose la question: peut-on encore écrire des romans où il se passe des choses illégales ? Je crois que la peur de ses fantasmes, pulsions est de plus en plus répandue. Alors qu’on sait très bien les contrôler. On essaie de faire croire aux gens qu’il faut avoir peur des autres, et aussi de soi-même: « Restez à la maison, dehors c’est dangereux…« .
Cette dérive s’est encore illustrée à l’encontre de l’écrivain nobélisé Gabriel Garcia Marquez accusé, par une ONG, de faire l’apologie de la prostitution infantile, à l’occasion de l’adaptation à l’écran en cours de son roman « Mémoires de mes putains tristes ».
Ce roman met notamment en scène un vieillard de 90 ans qui décide de s’offrir une vierge de 14 ans pour son anniversaire. Ce qui rendrait l’écrivain coupable « d’un délit d’apologie d’un délit ». Terez Ulloa, directrice de la Coalition régionale contre le Trafic de Femmes et de Fillettes en Amérique latine et aux Caraïbes, lui reproche de « banaliser le phénomène et de placer en situation de risque tous les enfants, filles ou garçons pauvres d’Amérique latine et des Caraïbes », et cherche ainsi à empêcher le tournage, initialement prévu entre octobre et novembre.

Ces amalgames de plus en plus fréquents ne doivent pas nous faire oublier que la condamnation des actes de l’homme est bien distincte de la condamnation d’une œuvre (y compris dans le cas autobiographique).
Je me répète mais on ne peut pas juger avec les mêmes critères l’un et l’autre.
C’est ainsi que je suis reconnaissante à Matzneff d’avoir osé publier son essai « Les moins de seize ans » car il m’a permis de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête d’un pédophile ou « pédéraste » comme il se qualifie (au sens latin, « celui qui aime les enfants » selon sa traduction et interprétation). Je ne sais pas s’il est représentatif mais dans son cas on se rend compte qu’il considère tout cela comme très naturel et n’a absolument pas conscience de faire quelque chose de grave envers autrui (ou du moins essaie de s’en convaincre ainsi qu’autrui…). Et je crois que sur ce point il est de bonne foi, la preuve il n’a jamais cherché à se cacher de ses attirances -jusqu’à les consigner noir sur blanc- et a toujours crié à la persécution. Il pense sincèrement « faire du bien » quels que soient les arguments qu’on peut lui opposer (voir vidéo Apostrophe ci-dessous).

Pour finir, il est un peu triste que l’on ne parle de (et que l’on ne « ressorte ») Matzneff uniquement que pour cet aspect de son œuvre, et je le déplore aussi à mon encontre avec ce billet, alors qu’elle est tellement riche d’autres sujets (voir liens ci-dessous). Toutefois, il est important hélas de toujours le rappeler et que cela ne tombe pas dans l’oubli comme trop de journalistes ou admirateurs de l’écrivain ont tendance à l’occulter. Ces actes sont criminels. [Alexandra Galakof]

A lire aussi :
« Ivre du vin perdu » par Gabriel Matzneff : Pladoyer pour le souvenir amoureux
« De la rupture » de Gabriel Matzneff, Hommage à la « rupture féconde »
« Cette camisole de flammes » de Gabriel Matzneff : journal d’un jeune-homme rebelle [1953-62]
L’esprit Matzneff et les jeunes auteurs

Ci-dessous l’émission d’Apostrophe de 1975. J’ai eu vraiment du mal à aller au bout. Très dur cette désinvolture comme s’il s’agissait d’une blague anodine…

31 Commentaires

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    • Philippe sur 14 octobre 2009 à 9 h 58 min

    "Mais je pose la question: peut-on encore écrire des romans où il se passe des choses illégales ?"

    –> Qui ne se souvient pas à ce propos de la polémique qui avait suivi la parution du roman "Rose bonbon" de Nicolas Jones-Gorlin ?…

  1. oui je n’ai pas re-cité ce brave Jones Gorlin qui a en effet été l’une des premières victimes de ces amalgames. Du reste le roman n’était pas extraordinaire selon le bouche à oreille…
    Petit dessin humoristique qu’avait publié Télérama sur l’auteur à l’époque du buzz autour de son livre attaqué par l’association l’Enfant bleu:

    • Dahlia sur 14 octobre 2009 à 19 h 48 min

    Alexandra, dans le titre de ton post, tu dis "Matzneff, Garcia Marquez, Darrieussecq" mais tu n’as pas parlé de la dernière… C’est l’objet d’un prochain post?

    • bruno sur 14 octobre 2009 à 22 h 14 min

    Je n’ai pas lu ses carnets, je me suis contenté de ses classiques, "Ivre du vin perdu", "La prunelle de mes yeux", et un autre dont le titre m’échappe… En fait Matzneff est d’un romantisme absolu, et en même temps carrément extrême dans sa vie affective, à la limite de l’acceptable (non, au-delà de la limite, clairement) ; mais finalement c’est très cohérent, peut-être choquant, mais très cohérent…

    • Dahlia sur 15 octobre 2009 à 8 h 32 min

    @Alexandra: autant pour moi, le passage concerné m’avait échappé 😉

    @Bruno: ce que vous citez, ce sont ses carnets, puisque ce sont les volumes de son journal ^^

    • AK sur 15 octobre 2009 à 12 h 25 min

    Ce qui est affligeant, c’est de tout mettre dans le même panier. Matzneff lorsqu’il évoque ses relations amoureuses avec des jeunes filles consentantes est parfait, je me fiche qu’elles aient ou pas la majorité sexuelle requise, du moment qu’elles ont du poil au cul, la capacité de jouir, de prendre du plaisir et d’être amoureuse. Cessons de déresponsabilier, et pire de considérer comme non sexuelles des ados, c’est pénible pour eux surtout.
    Par contre lorsque Matzneff, écrit qu’il se tape de jeunes garçons en Asie, on parle d’autres choses, cela n’a plus rien à voir. Cet amalgame est insupportable et en cela, Polanski semble le penser d’ailleurs, avoir Matzneff pour te défendre, c’est le pire service amical que l’on peut te rendre, cela ne fait que mettre de l’huile sur le feu.
    En Suède, les femmes ont tellement pris le pouvoir qu’elles ont interdit la prostitution, je trouve cela navrant. Deux poids, deux mesures en toute choses. Avoir un peu de jugeotte. Un peu de bon sens. C’est cela qui manque le plus dans ces affaires de moeurs. Tout mettre dans le même panier et quelqu’un comme Matzneff malheureusement est le premier parfois à se mélanger ses propres pattes. Au fond, s’il y a désir réciproque, tout est bien, s’il y a amour tout est bien, dès que le désir ou l’amour sont absents, dès que l’argent prend le pas, c’est autre chose.
    Cependant, la défense des pédophilies, c’est de dire que le monde laisse les enfants crever et que eux au moins en leur donnant du fric s’en occupent déjà plus. C’est atroce, mais ce n’était pas si faux que cela, en Roumanie, lorsque des enfants crevaient dans le froid des gares dans l’indifférence générale. Que vaut-il mieux? Mourir de froid et de faim, ou être recueilli par un touriste sexuel? La question se pose. Malgré tout. Dans le domaine de la survie, ces questions là se posent.
    Crever pour vivre de Klaus Kinski, un livre que je trouve admirable. Qui pose et repose à plat tant et tant de sujets fascinants; vendre son cul lorsque l’on est très jeune et pas gay, baiser sa soeur, sa mère, etc. Tant d’intelligence dans ce livre, tant d’humanité. Tu ne jugeras point, c’est un précepte si compliqué à mettre en application.
    Tu ne jugeras point car tu essayeras de comprendre avant tout, de te mettre à la place de l’autre. En matière de pédocrimalité, c’est ce qui manque le plus. On juge, on sanctionne, sans traiter le problème à la racine comme par exemple: L’absence totale de culpabilité des pédocriminels qui a souvent ses origines dans leur propre enfance, l’absence totale de formation ou de cours sur ce problème dans les écoles pour les ados, pourtant futurs parents pour apprendre à un jeune homme que si une petite fille de 5 ans se masturbe devant toi et te prend la main pour la poser sur son sexe, cela ne signifie pas qu’elle ait la maturité pour une relation sexuelle, etc. AUCUN COURS SUR CE SUJET, ce serait bien plus utile pour la société que le bassin houiller du Brésil…

  2. oui Bruno, ce sont ces paradoxes qui me fascinent, me passionnent chez le "personnage Matzneff", à la fois son romantisme absolu, la lutte contre ses démons intérieurs notamment son casanovisme (il développe d’ailleurs des théories intéressantes là-dessus versus le donjuanisme, à ce sujet j’aimerais bp découvrir l’oeuvre de Casanova abondamment citée dans les journaux de GM, mais bon de là à ingurgiter les 14 volumes, alors si quelqu’un a des conseils sur lequel lire en particulier je suis preneuse !) et puis donc cet abject tourisme sexuel sur les enfants, les "plaisirs mercenaires" comme il les appelle.

    Jusqu’à présent, je me suis plus intéressée aux journaux qu’à ses romans, mais je vais peut-être essayer de lire Isaïe, réjouis-toi qui met en scène la (très jeune) femme avec laquelle il s’était mariée.

    Ce qui est intéressant c’est de voir aussi comment journaux et romans se répondent (les premiers contenant le making-of des deuxièmes).

    AK, j’avoue que ton message m’interpelle, tu remues bp de choses. je partage entièrement ta position de début, comme je l’indique ds mon billet, il y a un pb d’amalgame (volontaire ?) de Matzneff sur les ados et les enfants.

    Par contre, sans vouloir entrer dans le débat de la pédophilie pure (en dehors de tte considération littéraire j’entends), je ne partage pas ton point de vue sur la misère "soignée" par le touriste sexuel. Pas du tout même…
    J’ai tendance à penser qu’un gamin abusé est un gamin détruit à vie, il ne meurt pas au sens clinique, mais il devient une sorte de mort-vivant.
    Je me souviens d’avoir entendu cet auteur, Christophe Tison, évoquer il y a qques années, à travers son livre "Il m’aimait", sa relation avec un pédophile. Sans avoir lu l’ouvrage, je crois qu’il exprimait assez bien le malaise insoutenable qui s’installe chez un enfant victime de ses pratiques, cette espèce d’ambiguité insupportable sur le terme "d’amour" qu’aime à employer Matzneff. Un enfant veut qu’on l’aime. MAIS PAS COMME CA !

    Pour ceux que cela intéresserait, voici le résumé de l’éditeur de ce livre paru en 2004 :

    Difficile actuellement d’échapper au livre-témoignage de Christophe Tison, succès de librairie, succès médiatique. Pourtant, cet ouvrage n’a rien de racoleur ni de facile. À la lecture de Il m’aimait, on comprend le besoin vital qu’a Christophe Tison de s’exprimer, de raconter ces années noires.
    Tout commence pendant les vacances, quand Didier, animateur socio-culturel et ami de la famille, rejoint Christophe et son petit frère partis camper près de Beaune où ils viennent d’emménager. Cet homme "aime les enfants". Il les gâte, s’en occupe comme un père… ou un amant ! "J’avais l’impression qu’il était le seul être au monde qui se préoccupait de moi et j’y courais plein de joie et la mort dans l’âme". Viennent très vite les premiers attouchements, puis la "chose sans nom". Et très vite, la culpabilité. Nous sommes dans les années 70. La libération sexuelle, les barrières de l’éducation traditionnelle ont explosé et personne ne trouve à redire quand un homme s’installe quasi officiellement avec un gamin d’à peine dix ans ; quand il l’emmène en vacances sur l’île du Levant. Pas même l’enfant, qui vit cette relation partagé entre la violence, le dégoût de lui-même et de l’autre et le lien affectif (appelle-t-on cela de l’amour ?) à l’adulte. Et pourtant, le mal-être transparaît dans cette description d’enfants livrés à eux-mêmes, dont les parents, comédiens divorcés, ne voient rien, presque soulagés qu’un ami prenne en charge l’aîné, l’éduque, le familiarise au monde de la musique, de la culture. Mais le prix à payer est cher, très cher, et l’enfant se considère vite comme "une petite pute". Cette histoire durera presque six ans. Entre résignation, amour et rejet. La séparation est violente, Didier déclare son amour à l’adolescent, et on comprend toute l’ambivalence de ce rapport. Pervers diront certains. Encore maintenant, Christophe Tison n’en semble pas totalement convaincu.
    Son récit ne peut laisser indifférent car rien n’y est simpliste. Derrière les phrases vives, percutantes, derrière les chapitres courts, on entend un cri. Ni d’amour ni de vengeance, mais de souffrance. Un cri libératoire que Christophe Tison aura mis presque trente ans à pousser… –Marine Segalen

    Extrait :
    « Je ne pouvais pas parler, je n’y avais même jamais pensé tellement tout cela était de ma faute, tellement j’étais compromis et depuis si longtemps. Et puis, au fond, je l’aimais bien, Didier. Depuis plusieurs années, je m’étais habitué à lui. A sa présence, à ses cadeaux et à son amour des enfants ». Le narrateur est aujourd’hui un adulte. Pendant toutes ces années, il a caché – par honte, par impuissance, par culpabilité ? avoir été la victime d’un ami de la famille, Didier, un adulte « gentil » et affectueux, qui pratiqua sur lui des attouchements sexuels permanents, jusqu’à l’adolescence, jusqu’à ce que les femmes le sauvent malgré lui, et le libèrent de ce poids de chagrin. Mais tout n’est pas si simple dans ce récit serré, calme et dévastateur à la fois, où Christophe Tison ne s’épargne guère. Et si la victime n’avait pas que du dégoût pour son bourreau ? Et si le pédophile aimait l’enfant qu’il pollue et abîme pour le reste de sa vie d’homme ? Et pourquoi les adultes, les parents, ne comprennent pas qu’on ne doit pas laisser libre, trop libre, un être qui ne sait pas se défendre ?

    • laruence.biava sur 15 octobre 2009 à 14 h 31 min

    Ak et ALEXANDRA ; j’adore vos posts. Meric pour ces moments littéraires. A bientôt.

    • Ak sur 15 octobre 2009 à 15 h 45 min

    @Merci Laurence. Je voulais ajouter que contrairement à Alexandra, j’ai beaucoup aimé le livre de Nicolas Jones Gorlin, sur la pédophilie, car il décrit très bien l’attrait quasi insurmontable, des hommes attirés par les enfants. Si bien qu’il a été pris lui-même pour un pédophile! Quiproquo épouvantable. Un écrivain est en droit de décrire le pire meurtrier, mais pas des scènes de pédophilie, pourtant cela se discute. Gallimard a eu du courage de publier ce livre et en a manqué de ne pas le défendre suffisamment et surtout de ne pas publier le très beau Mérovée, histoire d’amour gay que j’ai trouvé magnifique.

    Alexandra. Faut-il un enfant mort ou un enfant abusé, je ne sais pas. Certaines victimes à l’âge adulte déclarent qu’elles préfèreraient être mortes, cependant j’ai remarqué que ce sont des victimes souvent d’inceste par le père. Par contre, des ados qui se vendent, par eux-mêmes, par survie, leur point de vue est différent, et assez troublant. Je me souviens d’entretiens avec ces jeunes garçons roumains qui assimilaient pour eux les pédophiles à une drogue. Car ceux-ci payaient la chambre d’hôtel chauffée, de la bonne nourriture, des habits chauds, des dessins animés, de l’argent, et dehors, c’était tout simplement la mort dans l’indifférence générale. Donc oui la question se pose, et je conseille la lecture du live de Klaus Kinski qui m’a beaucoup fait réfléchir sur ce sujet. Que cet homme a pu souffrir de la pauvreté étant enfant! En Pologne. Des hivers terribles, rien à manger pendant des jours parfois. Pas de chauffage, pas de bois, rien. Et oui, alors tout est bon pour survivre.

  3. Ak vraiment ta position n’est pas tenable. Certes ses enfants ont besoin d’aide et leur offrir un pue de réconfort est une chose tout à fait louable.
    Maintenant se servir de la misère humaine pour soulager ses pauvres pulsions pathétique me semble en dessous de la plus simple définition de l’humain.
    A un moment il faut arrêter de tout mélanger, tout confondre.

    a+

    yann

  4. comme je le disais, je n’ai pas lu le livre de N.Jones Gorlin car le bouche à oreille que j’avais eu dessus n’était pas bon (et le sujet ne me passionne pas non plus). merci de ton avis en tt cas.

    sinon, je n’ai pas lu Klaus Kinski dc je ne peux pas juger.
    Néanmoins pr faire une image peut-être pas très juste, si tu es en train de t’asphyxier et que l’on te tend de l’oxygène, tu l’inspireras par réflexe instinctif même si la main qui te le tend est meurtrière. Même si tu en souffriras ensuite toute ta vie, au moment où tu l’acceptes c’est par pur instinct de survie (en particulier pour un enfant, avec tte la naiveté qui va avec, et l’impossibilité de se laisser mourir).
    Néanmoins ce que tu dis me fait aussi penser à un autre livre, celui de Christiane F. (droguée, prostituée…), dans ce récit bien connu cette jeune allemande raconte son expérience de la prostitution pr se payer ses doses d’héro sur le "baby tapin" avec d’autres jeunes et assez étrangement on se rend compte qu’avec certains clients elle parvient à tisser une relation non pas "amicale" mais pas non plus détestable, presque blasée. Néanmoins tout ceci est rendu possible par la drogue avec laquelle elle se défonce avant et qui la rend presque inconsciente des actes auxquels elle se livre.
    Ce n’est aussi pas une enfant mais une adolescente pubère à ce moment là. Encore une fois à ne pas confondre même si les ravages ne sont pas moindres à un âge comme à un autre.

    • Ak sur 20 octobre 2009 à 11 h 44 min

    Je repasse encore une fois pour répondre à Yann: Ce que je voulais dire, c’est que les pédophiles ne ressentent pas de culpabilité le plus souvent, car ils se construisent leur propre moralité, dans le monde que nous avons créé pour les enfants. Un enfant perd la vue toutes les 30 secondes parce qu’il n’a pas de vitamines A, etc. Un enfant népalais de dix ans, à mon avis est tout à fait capable de juger par lui-même s’il préfère voir sa mère mourir de la lèpre ou vendre son cul. Et il vend son cul. Et voir sa mère perdre son nez et ses oreilles, ou les perdre soi-même, ce n’est pas drôle non plus. Je ne justifie pas le tourisme sexuel, mais j’écris simplement que les touristes sexuels ne ressentent pour la plupart aucune culpabilité de leurs actes, car souvent ils connaissent des tas de détails de la vie de ses enfants. Et oui certains sont peut être méchants, sadiques mais d’autres aussi aiment sincèrement les enfants même s’ils ressentent du désir sexuel pour eux (""") et vont faire peut être plus pour les aider, que des touristes non sexuels qui ne vont pas les baiser mais pas les sauver non plus de la maladie, de la mort, etc. C’est complexe. Je ne sais pas aujourd’hui mais il y a à peine dix ans, 300 000 personnes attrapaient la lèpre chaque année en Inde, et au Népal avec la révolution, je doute que la situation se soit beaucoup arrangée au Népal. De toutes façons, ces enfants là choisissent tout seul. C’est la survie. Et il faut se dire que même les flics les abusent, que tout le monde tout le temps les abuse. Pas seulement les touristes. J’avais une amie qui avait été prostituée dès l’âge de 9 ans, et ce qui l’a le plus traumatisé à vie, ce sont les religieuses qui l’avaient recueillie à 11 ans et qui l’avaient maltraitée de façon inouïe sans abus sexuels pour autant. La réalité parfois est très différente de ce que l’on imagine. Cela n’empêche pas que les abus sexuels soient un crime odieux contre l’humanité et bien sûr à combattre.

  5. A signaler la chronique de Frédéric Beigbeder dans le magazine Lire intitulée "De la pédophilie en littérature" :

    "Depuis l’affaire Marc Dutroux (1996), la pédophilie est le sujet tabou par excellence. Tout écrivain qui s’avise d’y toucher risque d’être victime d’un lynchage immédiat. Puis-je rappeler, avant de me griller complètement, deux principes de base ? 1) Il existe une grande différence entre le fantasme littéraire et le passage à l’acte criminel. 2) On doit pouvoir écrire sur tous les sujets, surtout sur les choses choquantes, ignobles, atroces, sinon à quoi cela sert-il d’écrire ? Voulons-nous que les livres ne parlent que de choses légales, propres, gentilles ? Si l’on ne peut plus explorer ce qui nous fait peur, autant foutre en l’air la notion même de littérature. Ces deux principes étant posés, il est temps de susciter ma levée de boucliers. A mon avis, l’écriture doit explorer AUSSI ce qui nous excite et nous attire dans le Mal. Par exemple, il faut avoir le courage d’affronter l’idée qu’un enfant est sexy. La société actuelle utilise l’innocence et la pureté de l’enfance pour vendre des millions de produits. Nous vivons dans un monde qui exploite le désir de la beauté juvénile d’un côté pour aussitôt réprimer et dénoncer toute concupiscence adulte de l’autre."

    (bon j’avoue que j’ai un peu (voire bp) de mal sur l’idée "qu’un enfant est sexy" posé comme une généralité…)

    Liste des auteurs cités dans l’article :
    Le blé en herbe de Colette, Si le grain ne meurt d’André Gide, Lolita de Nabokov, Il entrerait dans la légende de Louis Skorecki, Au secours pardon de votre serviteur, Rose bonbon de Nicolas Jones-Gorlin, Les 120 journées de Sodome du marquis de Sade, Ivre du vin perdu de Gabriel Matzneff, Les amitiés particulières de Roger Peyrefitte, La ville dont le prince est un enfant d’Henry de Montherlant, Il m’aimait de Christophe Tison, Le roi des Aulnes de Michel Tournier, Pour mon plaisir et ma délectation charnelle de Pierre Combescot, Journal d’un innocent de Tony Duvert, Mineure de Yann Queffélec, Les chants de Maldoror de Lautréamont, Microfictions de Régis Jauffret, Moins que zéro de Bret Easton Ellis, Mémoire de mes putains tristes de Gabriel García Márquez, Enfantines de Valery Larbaud, Histoire de ma vie de Casanova ou même, quoique en version platonique, Mort à Venise de Thomas Mann et "Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation" (1926) de Pierre Louÿs : "A partir de l’âge de huit ans, il n’est pas convenable qu’une petite fille soit encore pucelle, même si elle suce la pine depuis plusieurs années."

    Le Nouvel Obs a publié une réaction à cette chronique : « Pourquoi Beigbeder trouve les enfants «sexys» »

    https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20091120.BIB4463/pourquoi-beigbeder-trouve-les-enfants-sexy.html

    • laurence.biava sur 20 novembre 2009 à 15 h 45 min

    Ravie que tu aies mis le sujet à jour. Intéressant l’article du Nouvel Obs, non ? bon week end

    • AK sur 20 novembre 2009 à 17 h 19 min

    Désolée j’interviens encore. Lourde la fille.

    Le meilleur livre non pas sur la pédophilie mais sur l’inceste; Jean Paul Roger, L’inévitable et son livre suivant, que honteusement on ne trouve pas en France, je le mets en lien sous AK.

    Nicolas Jones Gorlin a le chic pour fort bien décrire les réseaux, la fascination, les influences.

    Beigbeder, je lui pardonne tout, Au secours! C’est du Séguéla! Les enfants sont sexys, c’est tellement bête que c’est drôle. Un enfant de 6 mois et un enfant de 13 ans, c’est pas pareil, ensuite il y a des tas d’enfants moches mon cher Frédéric (rires), et SURTOUT même si les femmes abusent aussi des enfants (on n’en parle pas assez de cela, 10% des incestes sont commis par la mère, sur des garçons ou des filles), la plupart des femmes ne trouvent pas les enfants sexy du tout. C’est quand même un truc de mecs à la base. Un truc de chimpanzé. Les chimpanzés mâles se masturbent sur des nouveaux nés et les tuent souvent aussi. Testostérone. J’ai trouvé pour la première fois de ma vie, une petite fille sexy cette année, elle avait 6 ans, était nue devant moi, et j’ai effectivement (ENFIN) compris la pédophilie, mais avant non, je n’avais jamais trouvé un enfant sexy. Certains enfants le sont plus que d’autres. Mais ce n’est pas parce que l’on reconnait qu’un enfant puisse être sexy, que l’on est attiré sexuellement par lui. Je peux être attiré par des hommes que je trouve à la base, tout sauf sexy. Non? Pas vous? Et ne pas être attirée par des hommes objectivement sexy. Mais bref, FB me fera toujours rire. C’est tellement con que c’est bon.

    Je relis ma participation, et je dois dire que j’ai été très impliquée dans la lutte contre le pédocriminalité mais que certaines associations fanatiques ont fini par me sortir par les oreilles. Je ne vois pas de juste milieu dans tout cela, et au final si peu d’humanité autant dans un sens que dans l’autre. Un film très bon sur le sujet, Little children de Todd Field.

    • AK sur 20 novembre 2009 à 18 h 02 min

    Je me relis encore que de fautes, et puis oups, oups, je donne tout de même le nom d’une association qui ne m’a jamais déçue:

    http://www.criphase.org, pour les hommes victimes d’abus. Cela vaut le coup de faire le voyage pour les rencontrer!

    Et aussi celle-ci: aivi.org

    Et d’autres aussi, tout de même.

    Mais bon, il y a vraiment deux camps, les victimes, il est vrai, Alex, je vous donne raison mille fois, souvent détruites à vie, et de l’autre côté, les abuseurs, complètement inconscients de la gravité de leurs actes.

    Que je tente parfois de comprendre!

    On pourrait donner une liste de livres oubliés par FB! Et une liste de films. Happiness par exemple. Mysterious skin. Les damnés. Le prince des marées. Un livre différent: J’ai commis l’inceste de Gilles David.

    Je suis en ce moment amoureuse d’un homme qui a été violé de 4 à 10 ans par son oncle qui en avait la garde avec son ami (les homosexuels abuseurs d’enfants sont rares, il faudrait le dire malgré tout, le plus souvent ce sont des hétérosexuels mariés), et qui va peut être mourir dans les prochaines semaines, totalement directement à cause de ces abus qui l’ont détruit à jamais (en plus de l’abandon de la mère à 4 ans, des sévices du père de 10 à 14 ans et de la maison de redressement dès l’âge de 14 ans, et du fait que la société est débile mentale pour des gens comme lui, il ne sait pas lire et écrire, personne ne lui a jamais appris, surtout pas en prison, car il se drogue bien sûr et qu’en UK on prend des années de taule pour simple possession d’héroïne et quoi, il est supposé ne pas se droguer avec tout ça mais que c’est con). Donc je ne voudrais pas que les visiteurs pensent en me lisant que je suis pro-abuseur, je ne le suis pas du tout, mais parfois j’essaye de comprendre les abuseurs, leur psychologie. Et ce n’est qu’ainsi que l’on fera avancer la connaissance et l’information dans ce domaine. Selon moi. Désolée pour toutes ces interventions. Oups.

    • Laurence.biava sur 20 novembre 2009 à 19 h 10 min

    Non, non pas désolée, très intéressantes vos interventions, je vous rejoins à peu près sur tout,les victimes, les abuseurs, sauf que moi, alors, par contre, je ne trouve sexy aucun enfant. Je peux les touver jolis, mignons, à croquer. Mais sexy, non, cela me choque assez je dois dire, je ne trouve aps que cela soit le terme qui convient. Un enfant n’a pas pour moi de sex(appeal.

    • AK sur 20 novembre 2009 à 19 h 39 min

    Je trouve certaines femmes très sexy, sans ressentir aucune attirance sexuelle pour elles, ni aucun sentiment amoureux étant lamentablement hétéro, et peut être que FB l’a dit dans ce sens là. Sans réaliser. Comme la Rolex pour truc muche. C’est ce qui me fait rire. L’énormité.

    • l'orphelinat de Pattaya sur 20 novembre 2009 à 21 h 56 min

    tiens dans la série des références bibliographiques, j’aimerais bien ajouter la marchande d’enfants de gabrielle wittkop.
    Le point de vue "économique" de la maquerelle, en échos aux commentaires que je viens de lire plus haut sur la pratique de la philantropie à pataya.
    De mémoire, cette petite chose horrifique se terminait sur une justification du même ton.

    • AK sur 21 novembre 2009 à 1 h 13 min

    http://www.youtube.com/watch?v=O...

    J’ai trouvé un reportage sur les enfants de Roumanie en extrait. Il faut se le prendre cela aussi; les gamins qui se font battre par les flics, le petit gosse qui attend son pédophile comme le messie, et qui crève en attendant. Cela existe, on ne peut pas le renier même si cela n’arrange pas notre moralité bien proprette alors que la plupart de mes amis même riches, ne donnent rien pour les enfants défavorisés. Au Brésil, la police tue les enfants des rues.

    Il a l’air très bien le livre de Wittkop, il se déroule pendant la révolution française. Mais là, ce que l’on voit en Roumanie, c’est qu’il n’y pas de proxénètes. Ce n’est pas un détail.

    • frocks sur 21 novembre 2009 à 10 h 21 min

    pendons les par les couilles, Cohn Pédo et Gabrielle Matztouf

  6. Attention encore une fois de ne pas amalgamer littérature/fiction/fantasmes et réalité/politique.

    Pour en revenir à F.Beigbeder, je partage ton avis Laurence mais je crois qu’il nourrit une grosse ambivalence sur ce sujet, perceptible dans son roman "Au secours, pardon", entre dénonciation du diktat de (l’extrême) jeunesse et penchant obsessionnel…

    • folantin sur 21 novembre 2009 à 12 h 38 min

    Merci de me rappeler que la vie est dure et qu’il ya de la misère de par le monde, j’ai trop souvent tendance à l’oublier.
    Vois tu il me semble que l’obscenité est là : quand sous couvert de dépasser une "moralité bien proprette" on profite de la misère comme une opportunité. Et que, non content de ça, on se rengorge de notre "pragmatisme", qui nous permet de contruire une "relation win win"… l’éternelle dialectique du maître et de l’escalve au secours de l’ordre établi.
    C’est a priori paradoxal de voir que quelqu’un qui, je n’en doute pas, n’a jamais profité de l’industrie du tourisme sexuel, éprouve le besoin de la justifier. En y regardant de plus près pas tant tant que ça : toute l’économie mondiale est construite sur ce modèle. Nous sommes tous, à des degrès divers tapins proxénètes et pédophiles. L’économie du tourisme sexuel est partie intégrante de l’économie mondiale, raison pour laquelle lorsque l’on veut condamner la pédophilie, il est beaucoup plus conséquent de fustiger le vieux beau qui subvertit des jouvencelles que l’allemand en short qui fait ses courses à l’orphelinat de pattaya.

    • Dahlia sur 21 novembre 2009 à 14 h 13 min

    Alexandra, je te conseille la lecture de Toute nue de Lola Beccaria. Ce roman à dominante érotique aborde le point de vue d’une certaine pédophilie, à savoir celui de la femme qui se souvient de cet élément déclencheur de sa sexualité dans son enfance avec un ami de la famille, mais qui en garde un souvenir ému, émoustillé pour ne pas dire le reste. A vrai dire le texte est très troublant, fascinant même.

    • Interprétation sur 21 novembre 2009 à 18 h 04 min

    Je sais pas si Beigbeder a voulu dire que les enfants étaient sexys au sens érotique du terme. D’après le contexte, il a plus l’air d’utiliser l’adjectif pour faire allusion à leur potentiel attractif utilisé par exemple en pub. On dit souvent en agence qu’un produit est "sexy" pour dire qu’il fait vendre.

  7. Je répète tout de même pour éviter toute confusion, à mes yeux rien, aucune considération économique ou autre, ne justifie la pédophilie.
    La pédophilie n’est et ne sera jamais une solution ou un remède (sinon empoisonné).
    Mais je pense qu’il est néanmoins important de laisser les auteurs s’exprimer sur ce sujet à travers des fictions ou témoignages, essais, etc.

    Merci Dahlia de ce conseil, mais j’avoue que le sujet me met très mal à l’aise et que je l’évite autant que possible (cf : ce que je disais sur Matzneff en préambule).
    J’ajoute cette phrase d’Ivre du vin perdu que j’ai retrouvée et qui démontre bien que l’auteur est conscient, malgré tout, du mal qu’il fait (le héros Nil se trouve au début du roman aux Philippines pour du tourisme sexuel pédophile, avec son ami Rodin. Il retrouve l’un de ses anciens prostitués enfants qui a un peu grandi):

    "Lacksman attend Nil sur la plage. Il est vêtu de blanc, et regarde la mer. Il a laissé pousser ses cheveux et porte des bagues aux doigts. Il a toujours son air de petit prince mais, avec déjà, un je ne sais quoi de flétri. Flétri, à quatorze ans ? Depuis le dernier voyage cinghalais de Nil, Lacksman n’a pas cessé d’aller de touriste en touriste, de lit en lit. Cela laisse des traces." (p128, Folio)

    • Ak sur 24 novembre 2009 à 14 h 12 min

    Je viens de lire en fait l’article entier de Beigbeder, et je suis déçue. Beigbeder identifie son avant dernier livre, Au secours pardon, comme étant un ouvrage pédophile, alors qu’il ne l’est pas. Cette jeune fille de 14 ans, le protagoniste en est amoureux, et si elle a 15 ans moins une semaine, il lui suffit d’attendre quelques jours pour être dans la légalité, il peut même l’épouser un an après si cela lui chante. Les propos de Louÿs, lancés en l’air, gratuitement, c’est un manque de respect pour les victimes. On ne peut pas prendre à la légère des sujets aussi douloureux. C’est la première fois que je trouve FB à côté de la plaque, d’habitude il est plus subtil.

    • christian sur 16 juillet 2011 à 0 h 00 min

    cela fait depuis un certain temps que je remarque que le monde est pourri des que une personne est attire par des sentiments contraire
    a nos gout laisser ceux qui aimes les enfants tranquille laisser leur vivre leur passions avec des jeunes
    qui on consciences de ce qui et avec qui il le font je me revolte quand des abrutis dise que une adolecente n est pas reponsablle
    elle save ce quelle font
    j ai connu des jeunes de 11 ans se faire sodomiser et se marier avec a leur majoriter avec la meme personne a l age egale
    non etre pedo n est pas une defaillance ni une maladie
    c est une orientation comme celle d etre homo .pour ma part je trouve degueulasse ceux qui viole les moins de 10ans mais a pres cela peut etre une veritable histoire d amour mais les gens sont tellement con que des que on dit c est pas bien il dise non cc est pas bien j ai etait une fois amoureux vriment et elle a 15 ans de moins que moi j ai passe de r tres bon moment avec elle et il ,est inutile d avoir des rapport sexuelle pour avoir des sentiments
    mais la vie a voulu que cette amour ne marche pas et j ai retablie les contacte avec cette personnne 25 ans apres on a garde de bonne relation
    je me refere a 100% au propos de Gabriel car lui au mpin il assure ses penchants et tout amoureux de plus jeune que eux et endessous de la majorite devrait faire de meme et surtout de peter la gueule a ceux qui les critique
    et qui sont meme pour tetablir la peine de mort
    et c est beau de tomber amoureux
    de plus jeunes qjue soit

    christian

    • AK sur 16 juillet 2011 à 16 h 39 min

    @Christian, j’ai suivi un cours en Grande-Bretagne il y a de cela deux semaines, j’ai eu la sensation de revenir vers une période proche de l’Inquisition. En Angleterre, les moins de 16 ans entre eux, n’ont pas le droit de faire l’amour ensemble!!! Résultat de cette politique désexualisant d’office les moins de 16 ans; grossesses multiples avant 16 ans! L’exploration sexuelle entre enfants est aussi mal vue! Au Japon on est mineur sexuel avant 13 ans tout comme en Espagne. A 12 ans je lisais SAS et j’aimais cela, certaines personnes sont plus en avance que d’autres. Je lisais aussi Cocteau et Sartre vers 11 ans, j’aimais Visconti et Fellini… Si la personne avec qui vous avez vécu votre histoire de sexe et d’amour visiblement en a gardé un bon souvenir, gardez l’esprit en paix.

    fr.wikipedia.org/wiki/Maj…

    • christian sur 17 juillet 2011 à 0 h 29 min

    [Commentaire modéré – BUZZ… littéraire] :
    Pour des questions de déontologie, merci de bien vouloir poursuivre votre dialogue en privé en échangeant vos e-mails respectifs. Vous remerciant de votre compréhension.

    • Isabelle sur 5 avril 2013 à 16 h 05 min

    Personnellement, j’ai un peu de mal à me positionner sur cette question, épineuse pour le moins.
    Je suis d’accord avec Christian sur le fait que la pédophilie n’est pas un choix, mais plutôt une orientation (selon ce que j’ai pu en lire dans des témoignages, analyses psychiatriques) et ceci se voit dans les suicides de pédophiles incapables d’assouvir leurs fantasmes et donc de vivre pleinement ainsi que dans certains ouvrages littéraires, notamment chez Quéffelec (Mineure). On sent chez cette personne la conscience et le poids du tabou, car on ne peut s’avouer pédophile sans être rejeté de la société, sans recevoir quelque forme d’aide ou de soutien. Je ne pense pas que ce soit « de leur faute », en tout cas à ce qui à trait aux fantasmes.
    Maintenant, c’est vrai qu’il y a tout un fossé entre ceci et le passage à l’acte, car je suis d’accord avec plusieurs commentaires; la relation pédophile, même consentante (mais l’enfant peut-il vraiment être consentant?) laisse des traces et peut être et est souvent très nuisible pour le jeune partenaire.
    Le problème pour moi est que je ne trouve pas de juste milieu. Dans cette perversion, quelqu’un souffre, que ce soit le pédophile qui se retient jusqu’au point insoutenable où la vie n’est plus possible, ou l’enfant. Je n’arrive pas à prendre parti. Je ne suis pas pro-pédophile, mais j’essaie aussi de comprendre cette psychologie particulière dans laquelle je ne vois, finalement, aucune porte de sortie.
    Pour ce qui est de la littérature, je ne trouve pas du tout déplacés les propos de FB, même en ce qui concerne la citation de Pierre Loüys, car en littérature, on peut, on doit pouvoir tout dire, même crument. Je pense que c’était le but de cette phrase de conclusion, de choquer, mais ce n’est « que » de la fiction. J’aurais pu écrire moi même le Trois filles de leur mère du même auteur tout en étant ni homme ni pédophile. C’est du fantasme et tant que ça le demeure, pourquoi pas, même si ça choquera certains. (On a d’ailleurs vu pire dans Les 120 jours de Sodome). Il ne faut pas confondre pédophilie et littérature pédophile. Celle-ci peut d’ailleurs être cette « porte de sortie » dont je parlais, une façon de parler tout en demeurant caché par la fiction…
    Je travaille en ce moment sur la pédophilie féminine, tabou encore plus grand. J’aurais aimé connaître vos opinions là dessus et si vous connaîtriez des écrivain(e)s qui en auraient traité. Merci en tout cas, de ces commentaires pertinents.

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