Manuscrit refusé : Faut-il persévérer ? Conseils d’une lectrice d’édition

Après une réponse négative et la fameuse lettre de refus type de la maison d’édition, est-il utile de retravailler (et comment) son manuscrit refusé et rejeté, avant de le renvoyer à un éditeur ? Une lectrice d’édition professionnelle aborde le délicat sujet du manuscrit refusé et de la recherche d’un éditeur, à travers des exemples d’auteurs qu’elle a pu interviewer :

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Voir son manuscrit refusé par les éditeurs est souvent très démotivant pour les jeunes auteurs. Persuadés de ne pas avoir été lus ou d’être incompris, ces derniers baissent souvent les bras, découragés. Pourtant, certains d’entre eux font fi des barrages et s’accrochent. Prêts à tout, ils continuent à se battre, intimement convaincus qu’ils ont quelque chose à nous dire, à nous transmettre. Et ça marche ! Retour sur les débuts chaotiques, voire rocambolesques, de quelques auteurs célèbres qui ont pourtant eu bien du mal à se faire éditer…

Malgré leur hantise de passer à côté d’un chef-d’œuvre, les éditeurs loupent parfois des talents. Il suffit de se remémorer les premiers pas dans l’édition de quelques grands auteurs du XXème siècle… Proust avait été jugé « incompréhensible », Joyce d’ »immonde », Céline de trop long ou encore Julien Gracq « d’entortillé » ! Mais nous n’avons pas besoin de remonter aussi loin pour trouver des exemples. Nos contemporains en sont encore et toujours victimes. Et ils sont bien plus nombreux qu’on ne le croit ! Pour preuve : voici quelques témoignages que j’ai pu recueillis dans le cadre de mes fonctions au magazine « Lire » auprès de romanciers français qu’aucun éditeur ne souhaitait publier et qui sont pourtant devenus aujourd’hui des auteurs à succès…

Parmi tous les auteurs interrogés, je me souviens tout particulièrement du témoignage d’Anna Gavalda, l’auteur du célèbre recueil de nouvelles « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », devenu un immense best-seller, vendu à des millions d’exemplaires. Et pourtant ! Elle a vu son manuscrit refusé une première fois par l’éditeur qu’elle avait sélectionné puis par une dizaine d’autres éditeurs… Seul Dominique Gautier des Editions du Dilettante lui a finalement proposé un contrat. Mais longtemps après, elle a continué : « à recevoir des lettres de refus, toujours types, me signalant que les nouvelles étaient un genre invendable et qu’ils ne liraient même pas mon manuscrit puisque j’étais une inconnue… » m’avait-elle confié lors d’une interview pour Lire parue dans « Se faire éditer, mode d’emploi ».

Même mésaventure pour Bernard Werber, célèbre auteur de science fiction, qui a lui aussi collectionné les refus pour ses Fourmis, premier volet d’une trilogie vendue à des millions d’exemplaires et traduit dans le monde entier. « J’ai postulé dans une bonne vingtaine de maisons. Mais je n’ai eu que des refus… » se souvenait-il. Autre exemple significatif : Didier Van Cauwelaert. Cet auteur à succès, récompensé notamment par le Goncourt pour « Un aller simple » a lui aussi connu de nombreux déboires avec les éditeurs et du attendre treize ans avant d’en trouver un qui veuille de lui !

Enfin, on pourra aussi citer Olivier Adam qui est passé des refus standards aux refus personnalisés et même s’il les a vu comme « une progression » a aussi ressenti l’attaque plus profonde qu’elle produisait sur son travail telleà la lettre des Editions de l’Olivier, élogieuse jusqu’à sa conclusion assassine : « Une chose vous manque cruellement : le style. » C’était pour Je vais bien ne t’en fais pas, son premier roman finalement édité au Dilettante. « Pour le suivant, j’ai mis mon orgueil dans un mouchoir, oublié cette lettre et je me suis adressé de nouveau à Olivier Cohen : il est devenu mon éditeur. »

Romain Puértolas, heureux auteur du best seller « L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea », son premier roman accepté et publié -in extremis- chez Le Dilettante après 7 refus!

Mise à jour : autre exemple en 2013 toujours chez Le Dilettante avec le best-seller inattendu d’un (alors) jeune inconnu Romain Puértolas et son roman loufoque et fantasque: L’Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea. Il témoignait au Figaro que 7 de ses premiers romans avaient été refusés, ce qui ne l’a pas découragé car il écrivait avant tout pour le plaisir sans rien attendre :
« D’abord, j’écrivais des premières pages, sans arriver à continuer, changeant d’avis, d’idées en permanence. Puis j’ai réussi à finir pour la première fois un roman en 2005. Après cela, j’en ai écrit sept! Tous ont été refusés sauf le huitième, le Fakir. Les deux premiers ont été écrits en espagnol et ont été refusés par les éditeurs locaux. Les cinq suivants ont été également refusés, mais par les maisons d’édition françaises. Je faisais des romans pour le plaisir d’écrire, me disant qu’un jour mes enfants ou mes petits-enfants les liraient, mais je ne pensais pas être publié. J’envoyais mes manuscrits chez les éditeurs, pour le principe, mais ça n’avait aucune importance… J’écris comme d’autres font du golf: vous pouvez très bien être golfeur sans vouloir être champion du monde, non? Je pense parfois aux apprentis écrivains qui n’attendent que d’être publiés et qui ne le seront jamais, et je me dis que ça doit être horrible. Moi, je n’attendais rien

Dominique Gaultier, fondateur des éditions Le Dilettante, qui avait déjà recalé l’un de ses manuscrits (intitulé Le jour où Shakespeare a inventé le moonwalk) tout en l’encourageant à poursuivre, a accepté de publier le manuscrit du Fakir à condition qu’il le retravaille. Il raconte ainsi : « J’ai failli refuser L’Extraordinaire Voyage… La lettre de refus était sur mon bureau, prête à partir. Mais au moment de la signer, je l’ai trouvée trop peu argumentée. Je me suis dit que le manuscrit valait mieux que ce refus très sec. J’ai entrepris une nouvelle lecture. Le livre originel avait certes quelques défauts de construction, mais j’étais sensible à son ton, à sa voix. Alors, j’ai écrit à l’auteur, et je lui ai proposé de faire quelques retouches. Romain Puértolas, qui est très intelligent et très discipliné, a tenu compte de mes conseils. Quelques jours plus tard, il me livrait sa nouvelle version du roman. Il n’y avait plus une virgule à déplacer. »

L’auteur confie d’ailleurs écrire comme on tire le fil d’une pelote de laine « sans plan, sans savoir ce qui allait se passer au chapitre suivant. » Ce qui démontre une fois de plus, si besoin était, qu’il n’existe pas vraiment de recette infaillible en écriture !

Rechercher un éditeur n’est donc pas une mince affaire. Pour les jeunes romanciers comme pour ceux qui ont déjà publié un livre. Garder son éditeur est parfois tout aussi compliqué qu’en trouver un… m’ont confié à l’unisson des auteurs confirmés. Philippe Grimbert, l’auteur d’ « Un Secret », roman récompensé par le Prix Goncourt des lycéens 2004 et adapté au cinéma par Claude Miller, peut en témoigner… Auteur d’essais de psychanalyse, il a un jour écrit un roman, « La petite robe de Paul ». Il en avait écrit plusieurs dans sa jeunesse mais aucun n’avait été publié. Il a alors envoyé ce texte par la poste à toutes les plus grandes maisons d’édition (une dizaine environ) en pensant naïvement que le fait d’avoir été publié en tant qu’auteur d’essais allait lui ouvrir toutes les portes ! « Eh bien pas du tout ! Ces deux univers sont particulièrement étanches… J’ai alors pensé que glisser dans l’enveloppe du manuscrit une petite lettre expliquant que j’avais déjà publié des essais allait me mettre sur le haut de la pile. Mais là encore c’était une erreur ! Puisque j’ai à nouveau commencé à recevoir des lettres de refus. J’étais très déçu »

Autre exemple qui me vient à l’esprit, Régis Jauffret. Lui, n’a pas arrêté de faire le yo-yo dans les maisons d’édition. Son parcours éditorial est totalement rocambolesque ! « J’ai publié trois livres chez Denoël puis ils m’ont refusé le quatrième « Sur un tableau noir ». J’ai donc cherché un deuxième éditeur. Sept ans après c’est Gallimard qui a accepté. Et puis plus rien. J’ai donc changé à nouveau d’éditeur et je suis passé deux ans après chez Julliard. Ils ont accepté « Stricte Intimité » mais ils ont refusé le suivant « Histoire d’amour » ! Je suis donc parti à la recherche d’un quatrième éditeur… Et là c’est Bernard Wallet, qui, après l’avoir refusé quand il travaillait chez Denoël, l’a accepté chez Verticales, sa nouvelle maison d’édition. Une fois le livre publié, la critique m’a couvert d’éloge. C’est à cette époque que j’ai pu observer, sans rancœur mais amusé, que tous ceux qui m’avaient dénigré à mes débuts m’encensaient aujourd’hui ! ». Sans commentaire…

En découvrant tout ce qu’ont subi ces écrivains, on est en droit de se demander comment ils ont finalement réussi à se faire éditer. Où ont-ils trouvé la force de continuer à se battre ? Comment sont-ils arrivés malgré les refus à convaincre ceux qui ne voulaient pas d’eux ?

Régis Jauffret, l'auteur de "Sévère" ou "Microfictions", a aussi connu le yo-yo des éditeurs avant le succès...

Régis Jauffret, l’auteur de « Sévère » ou « Microfictions », a aussi connu le yo-yo des éditeurs avant le succès…

Tout d’abord, tous ces auteurs ont un point commun : aucun d’entre eux n’a baissé les bras. Ils ont continué, malgré les refus, à croire en leur œuvre, en leur talent. Je me souviens à ce propos du très joli conseil que Régis Jauffret m’avait chargée d’adresser aux jeunes auteurs : « n’écoutez pas les éditeurs mais continuez toujours à suivre l’aiguille de votre boussole… ». Philippe Grimbert était lui aussi convaincu qu’un auteur doit absolument s’accrocher : « Je reste persuadé qu’un bon roman peut passer dans les mailles du filet, tomber sur la mauvaise table et ne pas se faire éditer. Il faut savoir que les éditeurs lisent énormément de manuscrits et qu’évidemment il faut qu’ils aient un coup de cœur, que quelque chose les accroche. Il y a une grosse part de subjectivité, mais si vous êtes vraiment fait pour ça, vous ne devez jamais baisser les bras ! Vous devez persévérer ». Même recommandation de Bernard Werber qui a renvoyé son manuscrit des Fourmis pendant 6 ans à tous les éditeurs et qui a quand même reçu trois lettres de refus de son éditeur actuel… Pour lui, « le découragement fait partie du mode de sélection ». 

Retenter sa chance, oui mais comment ?

Certains auteurs ont ensuite choisi de faire des détours avant de retenter leur chance auprès des éditeurs. Philippe Grimbert, pour le reprendre en exemple, écrivait à l’adolescence des romans de jeunesse beaucoup trop ambitieux. « Je voulais tout dire, aborder tous les sujets, tous les thèmes, dans un style volontairement hermétique. J’étais indigeste et donc impubliable. Les nombreuses lettres de refus des éditeurs me l’ont rapidement fait comprendre : « Nous avons lu avec intérêt votre manuscrit, mais malheureusement il ne correspond pas… »  Bref, le coup de poignard dans la poitrine que reçoivent tant d’auteurs qui veulent être publiés. J’ai alors décidé de faire un détour. J’ai mis mon désir d’écrire des romans de côté et j’ai commencé à rédiger des essais de psychanalyse qui est ma spécialité. Et cela s’est passé beaucoup plus facilement ! »
Des années plus tard, il a retenté sa chance du côté des romans en changeant radicalement de style : « un sujet d’une extrême simplicité qui tranchait complètement avec mes folles ambitions d’adolescent !» Malgré les refus, il reçut un jour un appel de Martine Boutang, éditrice chez Grasset qui lui dit : « Je viens de lire votre manuscrit, je l’adore, voulez-vous être publié chez Grasset ? » Comme quoi il ne faut jamais baisser les bras… Le temps l’a aussi aidé à prendre du recul et à trouver son style.

Face aux innombrables refus des éditeurs, Didier Van Cauwelaert s’est lui aussi éloigné du roman pendant de nombreuses années pour se consacrer au théâtre et au métier de journaliste. Mais il ne s’avouera jamais battu et continuera à envoyer régulièrement ses romans aux éditeurs. Il finira par trouver un éditeur, en 1981, après treize ans de recherche ! Son premier roman « Vingt ans et des poussières » recevra le prix de la fondation Del Duca. D’autres prix lui seront attribués comme le prix Roger Nimier en 1984 pour « Poisson d’amour », le prix Gutenberg en 1987 pour « Les vacances du fantôme » et le prix Goncourt en 1994 pour « Un aller simple ».

D’autres ont suivi les conseils de professionnels. Franck Pavloff, auteur de plus d’une vingtaine de romans dont son célèbre « Matin brun », vendu à plus d’un million d’exemplaires, a eu la chance de rencontrer Simone de Beauvoir. Il lui avait adressé personnellement et par la poste son premier roman, « J’écris pour des collines bleues ». Deux mois plus tard, il reçut d’elle une longue lettre dans laquelle elle lui annonçait qu’il avait « l’étoffe d’un vrai écrivain » et lui énumérait ses maladresses. Par la suite, ils se sont rencontrés et cet entretien a changé pour lui sa vision des choses. « Seul un conseil a suffi » m’avait-il précisé encore tout reconnaissant. « Elle m’a dit : si vous souhaitez un jour écrire un bon roman vous devez vous contenter de raconter la vie de vos personnages et non la vôtre. Soyez très attentif à cela. Laissez simplement couler de votre crayon leurs histoires. Quelle leçon ! Le manuscrit n’a finalement jamais été édité, les deux suivants non plus d’ailleurs. Mais mon quatrième roman intitulé « Le vent des fous » a été édité quelques années plus tard chez Gallimard dans la mythique Série noire… Comme quoi c’est parfois payant de suivre les conseils de nos grands anciens ! ».

Christian Oster, l’un des auteurs phares des éditions de Minuit, récompensé par le prix Médicis 1999, a lui aussi suivi les conseils mais cette fois-ci de son futur éditeur… « J’ai envoyé par la poste mon manuscrit aux éditions de Minuit. Jérôme Lindon m’a convoqué, non pour m’accepter, mais pour m’encourager à persévérer. J’ai suivi son conseil et ils ont édité le suivant. »

Annie Ernaux, auteur aujourd’hui encensée par la critique et son fidèle lectorat, se souvient aussi que son premier récit, écrit en 1963, n’avait pas été accepté par les éditeurs. Avec le recul, elle le voit non comme un échec mais comme « une étape nécessaire« . Pour réussir à passer le cap, elle a choisi d’écrire et de poster son deuxième manuscrit, Les armoires vides, dans le plus grand secret en prétendant travailler sur sa thèse auprès de son entourage. Ce roman autobiographique sera retenu par Grasset et Gallimard. Elle va jusqu’à aujourd’hui regretter ses succès et prône la « fécondité de l’échec » :
« Lorsque je reçois un prix littéraire, comme le prix Renaudot pour La Place, ou qu’un livre rencontre du succès, j’ai la nostalgie de ce temps où j’écrivais dans la solitude et le doute, sans savoir ce que deviendra ce que je rédige. J’éprouve même parfois un sentiment d’impureté du succès. »

L’art de retoucher son manuscrit

Les auteurs n’hésitent pas non plus à retoucher leur manuscrit pour être édité. Certaines maisons d’édition leur proposent de les aider à corriger leur texte quand elles voient poindre un auteur à fort potentiel. Et cela ne date pas d’hier ! Jean-Paul Sartre, par exemple, a du réécrire plusieurs fois « La Nausée ». Il a écrit plusieurs versions de ce livre, qu’il a fait toutes lire et annoter par Simone de Beauvoir. Après un premier refus en 1936, les éditions Gallimard ont publié l’ouvrage en 1937. Gaston Gallimard a changé le titre choisi à l’origine par Sartre et « Melancholia » est devenu « La Nausée ».

Romain Gary avait lui aussi connu et accepté des retouches. Lorsqu’il a souhaité faire publier « Gros-Câlin » sous le pseudonyme d’Emile Ajar, à l’insu de son éditeur, celui-ci a fait quelques coupures : un chapitre au milieu, quelques phrases à droite et à gauche ainsi que le retrait du dernier chapitre jugeant qu’il n’était pas dans le ton du reste de l’histoire. Les auteurs d’aujourd’hui peuvent eux aussi être contraints aux retouches. Pour être publié, Bernard Werber a dû réécrire tout son premier livre et couper pratiquement la moitié de son manuscrit… Anna Gavalda est constamment corrigée par son éditeur : « Il lit consciencieusement mes manuscrits, les corrige, m’aide à progresser en écriture» avoue-t-elle.

Attention aux faux départ !

Si certains auteurs se heurtent aux refus catégoriques des éditeurs, d’autres font la douloureuse expérience d’être repérés puis refusés… Recevoir un coup de fil enthousiaste d’un éditeur qui veut vous rencontrer après avoir lu votre manuscrit ne débouche donc pas toujours sur la signature d’un contrat.

Chaque éditeur a sa manière de fonctionner. Certains préfèrent choisir des textes qu’ils publieront sans retouches d’autres signaler ce qui ne va pas dans le manuscrit (orthographe, conjugaison ou encore maladresses stylistiques). Libre à l’auteur d’accepter ou non de corriger son texte. Ce travail de correction peut être aussi pratiqué sur des textes qui ne seront pas édités mais qui intéressent l’éditeur. Il ne faut pas s’attendre à être édité pour autant, même si l’éditeur vous prend sous son aile. Il peut aussi retourner sa veste. Vos corrections l’ont déçu, il a des doutes sur votre motivation, craint que vous ne soyez l’auteur d’un seul texte… Résultat : vous revenez à la case départ !

Lorsque les corrections n’aboutissent pas…

Au cours de mon expérience de lectrice, j’ai rencontré un auteur à qui cette mésaventure est arrivée. Elle avait envoyé son manuscrit à un éditeur qui l’a contactée quelques jours plus tard, très enthousiaste. Ils se sont rencontrés. L’éditeur lui a demandé de faire quelques corrections. L’auteur a accepté sans rechigner. Au terme de ces premières retouches, l’éditeur n’était pas complément satisfait. Il lui a alors demandé d’autres corrections. L’auteur s’est à nouveau exécuté. Et les allers-retours ont continué… pendant quasiment un an ! Au bout de compte, l’auteur ne reconnaissait plus son texte et l’éditeur n’en a plus voulu… Désemparée, l’auteur n’a cependant pas perdu confiance et a renvoyé son manuscrit originel dans une autre maison d’édition. Et rebelote. Une éditrice l’a contacté aussitôt criant au génie ! Rendez-vous immédiat, roman complimenté malgré quelques corrections à apporter… L’auteur s’y attendait. Elle a joué le jeu. Mais l’éditrice n’a pas donné suite. Sans aucune explication. Comme quoi il ne faut jamais crier victoire trop vite…

Publication à retardement

Dernier cas de figure: les éditeurs peuvent aussi accepter votre manuscrit mais mettre des années à le publier ! C’est ce qui est arrivé à Régis Jauffret qui a attendu 2 ans avant de voir son livre en librairie ! « J’avais envoyé mon manuscrit à une dizaine de maisons et c’est Denoël qui m’a fait une proposition de contrat. Néanmoins, mon livre a attendu deux ans dans un tiroir avant de se retrouver en librairie ». Même chose pour Anna Gavalda qui elle aussi a dû attendre « presque un an avant d’être publiée » se remémorait-elle.

Ainsi va le monde impitoyable de l’édition. On peut refuser votre manuscrit pour finalement décider de le publier ou, inversement, envisager de le publier puis le refuser. Il n’y a pas de règles. L’important c’est d’envoyer une œuvre aboutie à laquelle vous croyez dur comme fer !

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📒Vous venez de mettre le point final à vote manuscrit ou vous l’avez déjà envoyé à de nombreux éditeurs sans retour ou uniquement des refus secs et polis : cette expérience peut être frustrante et source de découragement pour les auteurs qui n’en comprennent souvent pas les raisons. Quelle que soit votre situation, bénéficier d’un regard extérieur neuf sur votre texte est toujours utile pour l’améliorer et trouver un éditeur !

📑Notre équipe de lecteurs d’édition chevronnés se tient à votre disposition pour lire vos manuscrits et vous fournir une note de lecture argumentée et objective sur votre roman avec des conseils pour le retravailler le cas échéant. Profitez d’une expertise professionnelle afin de retrouver motivation et donner un second souffle à votre oeuvre !

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(14 commentaires)

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  1. Bonjour,

    Merci pour cet article qui donne beaucoup d espoir, à raison j espère. En attendant d être édité, j’ai décidé de rédiger mon roman sous la forme d’un blog. Ce qui me permet d avoir la satisfaction d être lu, même si l exercice n’est pas simple car je m oblige a publier un chapitre par semaine . Au cas où vous auriez l’envie d’y jeter un coup d oeil : http://30anscelibataireunenfantpermisb.wordpress.com/

    Longue vie à buzz littéraire, j espère lire encore des articles pratiques pour des auteurs en devenir….

    • Bernard- Blaise Posso on 19 mars 2014 at 19 h 06 min
    • Répondre

    Chère madame , Longtemps que je n’ai pas réagi. Sur quelque blog ni ai publié sur quelque forum que ce soit, et pour cause ! Je travaille et lis énormément : comme vous et de manière accessoire si on peut dire, puisque totalement bénévole, pour la passion de la recherche d’ une vraie voix, et ainsi je constate que sur quelques 5000 manuscrits d’ auteurs inconnu par an que je lis en diagonale, faut avouer ( temps de lecture 5 minutes) , je retiens quelques 10 pour cent pour une lecture approfondie voire une ou deux relectures annotées. Je suis admiratif devant votre Passion et m’incline devant votre Experience. Comme vous le suggérerez si bien, c’est au second livre et plus, que le vrai combat commence… Mais revenons a nos débutants : je suis vraiment désespéré de constater d’une part, comme d’ ailleurs tout ce qui peut se lire sur le Web en résonances, la pauvreté du langage, le manque de  » fond ( imagination – transcendance de la fiction auto fictive comme c’est le cas dans de nombreux projets de premier livre ) mais aussi et surtout l’ audace voire l’aveuglement ou encore l’obstination à ne pas tenir compte aucun de vos conseils quand on a décelé un talent certain qui ne demande qu’un peu de travail en plus ! ….. Ainsi j’ai défendu une dizaine de premiers livres en un an (après moults contacts avec l’auteur(e) pour n’en voir finalement que trois finalement publiés. ) …. Nous ne travaillons, nous, qu’en rapport à cette fameuse LIgne editoriale qu’on cite sans cesse ici ou la pur en plaindre, qu’ on décrit comme indéfinissable puisque souvent on a pas pris l’élémentaire décision : la lecture d’au moins un livre de chaque éditeur cible. C’est un drame que l’aspirant auteur suscite lui même. ( veuillez excuser certains manques quant aux accents graves, mon appareil s’obstine à les ignorer !) J’ai publié, voici 15 ans presque , mon premier roman en auto édit version papier , avant que cela ne devienne trop aujourd’hui trop et n’importe quoi . Et parti de cette plateforme, me suis publié à l’étranger ( Russie, Amérique latine) autant pour le premier que pour ce qui a un peu suivi ai hasard de vraies rencontres et d’autres projets gagne-pain ( suis cinevideaste free lance) … Aujourd’hui ( façon de dire) je travaille depuis deux ans sur un roman noir. Et me suis fixé un objectif et un seul : écrire pour un, deux ou trois éditeurs spécialistes du genre et de cette ligne je ne sortirai jamais ! …. Encore une fois, mes félicitations, je reviendrai vous lire et vous adresse affects et tout, Bernie

      • Bernard- Blaise Posso on 19 mars 2014 at 19 h 11 min
      • Répondre

      À me relire la, après publication de ce comm, que de fautes ! Comme quoi! Hein? Mais c’est la faute de ce phone ! Enfin, on va dire ça….

  2. Une autre solution : publier votre livre en auto-édition, commencer à vous faire connaitre, puis retenter votre chance auprès des éditeurs traditionnels avec cette fois dans vos bagages une expérience du monde de l’édition et un réseau ! Pour en savoir plus : http://www.bookelis.com

    • Saxo on 29 avril 2017 at 13 h 53 min
    • Répondre

    J’ai eu beaucoup de plaisir à lire votre article « Manuscrit refusé : Faut-il persévérer ».

    Après l’envoi de mon manuscrit, Albin Michel, m’a rappelé pour savoir si j’avais déjà signé, si je pouvais fournir une petite note autobiographique… Puis plus rien. J’ai retravaillé et amélioré le texte.

    Ma question est plus générale : quand Weber envoie son manuscrit de multiples fois, le fait-il toujours avec le même titre ? Toujours à la même personne qu’il tente de convaincre ou reprend-il son chemin de croix depuis le début : un envoi anonyme par la poste ?

    En vous remerciant par avance !

    Très cordialement,

    • Lectrice édition on 2 mai 2017 at 11 h 58 min
    • Répondre

    Bonjour,
    Il vous faut accompagner votre manuscrit d’une lettre de présentation. Le fait que le services des manuscrits d’Albin Michel vous contacte ne signifie pas forcément que votre texte va être publié mais c’est déjà une étape de passée car si votre texte retient l’attention, ils vont le transmettre avec enthousiasme au bon éditeur qui le lira. Pour Werber, il a beaucoup retravaillé et amélioré son premier manuscrit avant d’être édité… mais il faut tomber sur un éditeur qui vous aide et en qui vous avez confiance. Il donne des conseils aux écrivains sur son site rubrique « Un peu plus » > « écrivains en herbe ».

    Très bonne continuation,
    Bien cordialement,

    • Nazare-Aga on 7 février 2018 at 18 h 38 min
    • Répondre

    J’ai été publiée cinq fois de suite chez le même éditeur (des essais). La première fois, j’ ai d’abord demandé ce que l’éditeur voulait (texte entier? La table des matières? Le premier chapitre?). Je n’envoie pas plus que nécessaire. La correction des fautes d’orthographe et de grammaire est d’abord faite par deux personnes volontaires et instruites de ma connaissance, avant tout envoi à l’éditeur (par mail maintenant). Ainsi, j’évite d’agacer le lecteur professionnel du « comité » de lecture. Faire corriger l’auteur a aussi un coût pour l’editeur (trop d’annotations et de relectures de contrôles). Avec cette rigueur, je n’ai personnellement pas eu à apporter de grandes corrections demandées par l’éditeur. Lorsque j’ai eu à lire par amitié un manuscrit d’un auteur non rigoureux ou non doué en orthographe, j’ai dû stopper ma tâche en moins de 20 pages tant les fautes étaient nombreuses et coupaient la fluidité de la lecture…

    1. Merci de ton retour d expérience Nazare !

    • Julie on 11 mai 2018 at 9 h 29 min
    • Répondre

    Merci pour cet article très intéressant ! Je suis en pleine recherche en ce moment, j’aide ma maman à imprimer et publier son livre. Il est vrai que nous avons quand même tenté de passer par l’envoi classique de son manuscrit à certaines maisons d’éditions, mais nous ne nous faisons pas trop d’espoir…. du coup nous avons commencé à regarder localement ce que nous pouvions faire. Pour l’impression, comme nous sommes de Nice, nous avons trouvé une société locale qui semble le faire Et pour l’édition… C’est encore une autre étape que nous verrons après 🙂 une chose à la fois. Merci encore pour ces informations très précieuses. Julie.

    1. Bonjour,
      Pour ce qui est de l’impression, si vous optez pour de petites quantités, vous pouvez vous tourner vers des plateformes d’autoédition. Il s’agit d’impression numérique réalisée à la demande même pour un seul exemplaire. Certaines on également un site de vente (gratuit pour celle dont je parles sur mon blog)

      ///LIEN SECURITE AKISMET///

    • Karim Tizir on 24 mai 2018 at 16 h 30 min
    • Répondre

    Yasmina Khadra raconte qu’il a brûlé 10 manuscrits avant d’être publié en France. Certes, il s’était fait publié en Algérie avec son propre nom mais son rêve s’était d’être édité en France chez un grand éditeur. Il dit donc qu’il n’envoyait qu’un seul manuscrit à la fois dont il attendait le retour pour le renvoyer à un autre, (en général, je crois qu’il visait surtout Gallimard, le Seuil, Albin Michel), et après chaque trois refus il brûlait le manuscrit et en envoyait un autre, jusqu’à 1997 où son dixième, un roman policier, intéressa un éditeur qui a quand même hésité à le publier pour des raisons politiques, il atterrit donc chez Julliard, et depuis Yasmina Khadra est devenu l’auteur traduit en plus 40 langues qu’on connaît aujourd’hui.

    • Lectrice d'édition on 25 mai 2018 at 13 h 03 min
    • Répondre

    Merci de l’anecdote Karim et de cet exemple supplémentaire, sa persévérance est en effet encourageante au vue de son envergure aujourd’hui 🙂

    • Despland on 22 juin 2018 at 10 h 34 min
    • Répondre

    Tout ce cirque est une défaite de la créativité, de la singularité et une soumission du sensible à une esthétique chloroformée. Les dominants doivent cesser leurs usages faux et qui – sous couvert d’une demande confuse – ne créent plus d’offres. Un livre n’est pas un précis constructiviste et mimétique afin de ressembler à Eric-Emmanuel Schmidt. Un livre est un don de soi, une générosité, peut-être un sacrifice. Accueillir de tels dons avec autant de mépris signale que l’industrie du livre, à force, de s’être rendu « accessible », pour tous, à visée universaliste, à initier chez nombre de personnes l’envie de faire des livres. Cette démocratisation se retourne contre les institutions éditoriales qui ne savent plus comment cribler la demande exponentielle. Il y a une solution: Faire des mauvais livres avec de mauvais auteurs et de mauvais éditeurs, continuer à promouvoir une littérature du soi et de l’auteur visible, médiatique; puis à la surprise générale voire que de plus en plus de personnes n’entendent plus que les discours simplistes, populistes et caricaturaux. Puis, crier « Haro sur le baudet » ce misérable…

  3. Tous ces exemples auraient tendance à nous dépeindre le milieu des éditeurs comme une immense machine à conformer les auteurs.
    Je pense que derrière leur amour des Lettres, il n’en demeure pas moins que ce sont toujours les chiffres des bilans comptables qui signent le verdict de leurs choix.
    Ce qu’il manque peut-être à un bon article comme celui-là, c’est le focus sur l’auto-édition, qui reste un profond tabou.
    Aujourd’hui, les auteurs ont tout à leur disposition pour écrire et publier en toute liberté. Certains le font sans honte, sans complexe, et ce, au détriment de la qualité ne serait-ce que formelle (lorsque l’orthotypographie, par exemple, ne suit pas), et cela s’appelle de l’auto-publication… et d’autres le font le plus sérieusement du monde, en s’entourant de graphistes, de correcteurs, de relecteurs, etc.
    Peu de médias osent s’aventurer dans un reportage soigné du phénomène. Mais il n’empêche que (je baigne personnellement dans ce milieu depuis plusieurs années) je sais que de nombreux éditeurs vont aujourd’hui repérer leurs nouveaux auteurs directement dans le top des ventes sur Amazon, afin de proposer des contrats moins « risqués », en fonction de ce qui émerge naturellement de la masse des livres publiés.
    Du coup, pour les auteurs, c’est une vraie révolution.
    Il n’y a plus besoin d’attendre la bénédiction d’un éditeur pour exister aux yeux des lecteurs.
    Les livres accèdent à leur vie propre dès le moment où ces derniers en ont décidé ainsi.
    Pour la plupart des acteurs de la chaîne du livre, cela fait peur. Normal, le changement fait toujours peur. Mais l’auto-édition pourrait pourtant être une véritable aubaine pour eux… s’ils se donnaient les moyens de l’envisager comme un partenariat plus qu’un secteur concurrentiel 😉

  1. […] via Manuscrit refusé : Faut-il persévérer ? Conseils d’une lectrice d’édition […]

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