Tranches de livres

Partage d'extraits choisis... au gré des pages des livres contemporains "nouvelle génération" ou classiques-modernes. Descriptions, opinions marquantes, truculentes, émouvantes ou iconoclastes, il suffit parfois de quelques lignes pour vouloir en savoir plus !

Les derniers instants de « Cloclo » vus par Yann Moix (extrait de « Podium »)

A l’occasion des « spécial Cloclo » qui fleurissent sur tous les écrans pour commémorer le 30e anniversaire de la disparition du chanteur qui aura traumatisé des milliers de fillettes ayant eu le malheur d’être baptisées « Alexandra » dans les années 70 et 80…, voici un extrait du fameux roman « Podium » de Yann Moix (une histoire déjantée au pays surréaliste des « sosies professionnels » de Claude François, succès ciné de l’année 2004 avec Benoît Poelvoorde). Il y imagine notamment avec la minutie et l’humour (noir) qui le caractérise, les « dernières heures de Claude François ». Il reconstitue quasiment minute par minute, qu’il étire sans fin, son dernier (mythique) bain avant de se rendre à une émission TV de Drucker… Un bel exercice de style littéraire sur une pop icone hautement romanesque ou quand la fiction dépasse la réalité…

« Un bref instant de romantisme » de Miranda July et « Les trophées de Constance… » de Nathalie Cachin : extraits

Après vous avoir vanté les mérites du très joli premier recueil de nouvelles de Nathalie Cachin « Les trophées de Constance et autres objets de désir », un autre recueil dans la même veine féminine et intimiste est aussi à l’honneur en cette rentrée littéraire de janvier, celui de la californienne de 33 ans, Miranda July (également réalisatrice du film « Toi, moi et les autres », caméra d’Or au festival de Cannes en 2005), dernière sensation littéraire Outre-Atlantique (Frank O’Connor award), répondant au titre attirant d’ « Un bref instant de romantisme ». Amusante coïncidence : en plus de partager des thémes proches, les deux auteurs ont aussi une couverture de lit, pardon de livre, très complémentaire ! Préférerez-vous le style fantasque et décalé de l’américaine ou la sensibilité douce de la française pour cette Saint-Valentin 2008 ?

Top 5 subjectif des meilleures scènes/répliques d’American psycho (le livre) de Bret Easton Ellis

Parmi les 500 pages foisonnantes et haletantes du roman culte de Bret Easton Ellis, American psycho, voici une petite sélection de 5 scènes et répliques (un peu inhabituelles de ce que l’on retient d’ordinaire du livre) qui interpellent plus particulièrement par leur humour (ultra-noir et cynique), étrangeté, originalité ou puissance émotionnelle… Extraits :

Les « mecs-à-vélo » vus par Candace Bushnell (auteur de « Sex and the city », extrait)

Extrait choisi de « Sex and the city » de Candace Bushnell: si à Paris le vélo devient relativement tendance avec l’invasion des « Vélibs » dans la capitale, particulièrement d’actualité en ces période de grève RATP et SNCF, à New-York il n’a pas encore gagné ses lettres de noblesse auprès des New-yorkaises branchées de Manhattan ! La pétillante et impitoyable Candace Bushnell trace dans l’une des chroniques de son excellent recueil « Sex and the city » , ayant inspiré la série à succès du même nom, un portrait drôlatique de cette espèce particulère des « mecs-à-vélo ». Une vraie petite sociologie du guidon masculin en milieu urbain :

Citations d' »Au secours, pardon » de Frédéric Beigbeder

Quelques citations, déjà cultes, d’« Au secours, pardon » ou les tribulations d’Octave Parrango (le célèbre publicitaire de 99 francs) à Moscou ou comment (tenter de) se refaire une virginité, en chapka, au pays de la vodka et des jeunes beautés blondes de 14 ans, à la recherche du visage idéal, pour une marque cosmétique du même nom…

Extraits choisis « Le moral des ménages » d’Eric Reinhardt (La figure du père, les rapports de filiation, le narcicissime, l’individualisme, le matérialisme, les ambitions artistiques…)

En complément de la chronique sur le troisième roman, « Le moral des ménages« , d’Eric Reinhardt, l’ayant révélé en 2002, voici quelques extraits de passages marquants tour à tour poignant, violent et sordidement lucide sur la famille et la société moderne :

Le novlangue en entreprise ou le no man’s langue (extrait de « Bonjour paresse » de Corinne Maier)

Les dérives bureaucratiques en entreprises peuvent donner naissance à divers phénomènes en particulier celui de dénaturer le langage jusqu’à ce qu’il ne veuille plus rien dire, pour un peu plus d’aliénation quotidienne. Sous la houlette d’Orwell, Corinne Maier décrit cette abberation :

Extraits du roman « Hell » de Lolita Pille, Manifeste de la jeunesse dorée parisienne

Extraits choisis du roman phare de Lolita Pille, « Hell », sur la jeunesse dorée parisienne du début des années 2000 (publié en 2002)… Sa jeune héroïne aux portes de l’âge adulte affiche -déjà !- son désenchantement sur les sentiments amoureux et le monde factice des relations dans le milieu clinquant et glamour des nuits parisiennes du …

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Plage à la page : L’été, les vacances vus par les écrivains (Frédéric Beigbeder, Yann Moix, Jérôme Attal, David Foenkinos, Michel Houellebecq…)

Quelques citations et extraits autour du thème des vacances estivales, de la plage et de ses corps « empilés », blafards ou bronzés, aux jambes fraîchement épilées, entre odeurs de monoï et d’esquimeau à la fraise… Tour à tour cruel, cynique, frustré, tendre, pathétique ou nostalgique… Très belles vacances à toutes et à tous !

Extrait de « Nouvelles sous ecstasy » : « L’homme qui regardait les femmes » par Frédéric Beigbeder :
« L’hymne des plages, selon moi, n’est pas Sea, Sex and Sun de Serge Gainsbourg mais plutôt J’aime regarder les filles de Patrick Coutin. C’est une chanson magnifique : « J’aime regarder les filles qui marchent sur la plage / Quand elles se déshabillent et font semblant d’être sages. » Chaque fois que je m’allonge sur du sable, j’entends cette ode à la frustration sexuelle, cette apologie du voyeurisme balnéaire. Je pense à ces milliers d’après-midi écrasants, passés à observer les demoiselles dorées, en monokini, à Bidart, Biarritz ou St Tropez, sans jamais oser les aborder. Je suis convaincu que ces inombrables heures de contemplation timide ont fait de moi l’ignoble obsédé sexuel que je suis devenu.

La séduction ou comment réduire les distances, par Frédéric Beigbeder (extrait de « L’amour dure 3 ans »)

Et si séduire dans une fête n’était qu’une question d’arithmétique… A vos double-décimètres !

Message à l’enfant qui ne doit pas naître, (extrait du Journal d’Anaïs Nin, 1932-1934)

Dans l’un des sept tomes les plus passionnants de ses journaux, dans l’entre deux guerres, marqué de ses rencontres et amours avec des figures mythiques de la littérature allant d’Henry Miller à Antonin Artaud (ou encore sa correspondance avec D-H Lawrence sur qui elle a rédigé un essai) et de de la psychanalyse (René Allendy, Otto Rank…), dans le Paris montparnassien des années 3O, Anaïs Nin, alors âgée de 30 ans va également faire la douloureuse expérience de l’avortement. Celle qui disait « J’ai déjà trop d’enfants. Il y a trop d’hommes sans espoir et sans foi dans le monde. Trop de travail à faire, trop de monde à servir, aider. J’ai déjà plus que je ne peux porter. » , va devoir se résoudre à faire disparaître, par amour des hommes et de l’art, ce petit être qui vit déjà en elle. Elle écrit à ce sujet un monologue poignant pour cet enfant qui ne doit pas naître :

« Merde à la dictature du Vrai roman » par Guillaume Dustan (extrait de « Nicolas Pages »)

Dans son quatrième roman, « Nicolas Pages », récompensé par le prix de Flore 1999, Guillaume Dustan régle son compte aux préjugés sur l’autofiction. Qualifié par un critique « d’alter Angot », il notait alors : avec Christine Angot, « on ne nous aime pas. Parfois si, mais bon, localement, c’est plutôt la haine et le souhait de mort qui prédominent. Bon pourquoi ? Parce qu’on parle de notre vie, je pense. Si j’écrivais de la fiction, je crois qu’il n’y aurait pas ce truc. Je me révèle ». D’après lui écrire sur soi est en effet la seule façon d’atteindre une véritable profondeur littéraire. Sa thèse, même si elle peut sembler excessive, reste assez cohérente. Les journalistes (et lecteurs) ne posent-ils pas de façon récurrente la question de « la part autobiographique dans le roman » ? Cette recherche de justesse et de sincérité par l’implication personnelle de l’auteur dans ses écrits se retrouvent aussi dans les blogs qui rencontrent un large succès.

L’entreprise, le travail et les « prometteurs » vus par l’écrivain Yann Moix (extrait n°3 d’Anissa Corto)

Traumatisé par ses études de maths (imposées par ses parents) qui se sont soldées par un échec cuisant puis par des études en école de commerce, Yann Moix ne manque jamais, dans ses divers romans, de tourner en ridicule le monde de l’entreprise, l’absurdité de sa hiérarchie ou de son fonctionnement bureaucratique ou encore le bûcher des vanités du monde médiatique. Pour notre plus grand plaisir ! Voici quelques extraits choisis de ces joutes cyniques, extraites de son troisième roman Anissa Corto où le héros a choisi de se cantonner à un job alimentaire de personnage déguisé (« Donald ») pour le parc d’attraction Disney :

« Avoir trente ans » par Yann Moix (extrait n°2 d’Anissa Corto)

La trentaine marque certainement un cap, la fin d’une ère, l’adieu à sa jeunesse et une certaine angoisse pour les plus nostalgiques qui refusent de grandir : les fameux « adulescents ». La littérature dite « trentenaire » incarne ces paradoxes d’une génération plus « flottante » et indécise que jamais. Dans son troisième sublime roman, Anissa Corto, le portrait terrifiant et fascinant d’un trentenaire prisonnier de son enfance et de ses obsessions d’amour idéal, Yann Moix écrit de très belles lignes sur ce passage à la trentaine qui incarne une nouvelle vision de la vie, du présent, de l’avenir et surtout du passé. Un âge de prise de conscience où les priorités peuvent aussi changer à l’aune d’une jeune expérience et des premières désillusions déjà déterminantes…

Les « mecs », ces rivaux insupportables (extrait d’Anissa Corto de Yann Moix)

Voici un petit extrait tragicomique du superbe troisième roman de Yann Moix, Anissa Corto: le portrait poignant d’un trentenaire victime de ses obsessions amoureuses et du monde de souvenirs et d’illusions dans lequel il s’enferme. Au cours d’un des chapitres laissant libre cours à ses monologues et pensées, il livre sa vision des « mecs » alors qu’il craint qu’Anissa Corto, la femme qu’il convoite en secret, soit pourvue de l’un des représentants de cette « caste » qui lui sont si douloureux. Un moment savoureux d’humour noir et caustique dans ce roman tragique (à noter qu’il reprend cette diatribe dans son 4e roman « Podium ») :

« Nous ne sommes pas les docteurs, nous sommes la maladie », extrait de « Nihil Inc » par Sylvain Courtoux (in « Raison Basse »)

Un extrait de l’excellent recueil collectif « Raison Basse » qui sera présenté très prochainement sur le Buzz littéraire au sujet d’une mystérieuse organisation « Nihil Inc » qui vise à faire « fructifier votre capital-destruction » : « On commence par rêver au surhomme et on finit par étaler sa merde sur les murs de sa chambre ». Prophétique ?

Extraits choisis de « Du bruit » (sur le groupe NTM) de Joy Sorman : « AU XXe siècle on inventa le flow… » & « La belle langue française jetée dans le coffre d’une grosse bagnole américaine – vitres fumées… »

Comme présenté précédemment, le nouvel opus de Joy Sorman, prix de Flore 2005 pour « Boys, boys, boys », « Du bruit« , raconte sa passion pour le groupe de rap NTM, le pouvoir quasi-hypnotique de leurs paroles et de leur son, « de leur débit et de leur flow acéré » sur elle depuis leurs premiers concerts furieux à Mantes la jolie jusqu’au Zénith ou encore le choc de l’album « Paris sous les bombes » à la fin des années 80. Elle y analyse aussi la portée politique et littéraire de leurs textes tout en rendant un hommage sans réserve à son « idole » JoeyStarr, un « mélange de speed et de flegme », « énervé et fluide, hargneux et souple, ultrarapide et amorti, agressif et malléable. » Pour vous faire une idée un peu plus précise de cet ouvrage porté par le verbe nerveux de l’auteur aux raccourcis parfois néanmoins simplistes, avant de vous présenter prochainement une interview de Joy Sorman réalisée sur le Salon du livre à Paris en mars dernier, voici un extrait choisi qui aborde le phrasé rap et l’influence de cette « langue » à part entière sur l’auteur :

Le besoin irrépressible d’être aimé par Philippe Djian (extrait « Zone érogène »)

« Je me suis arrêtée sous un palmier pour essayer de repérer le buffet, je voyais tous ces connards déambuler avec des verres pleins, il faisait une chaleur orageuse, je me sentais énervé. Les femmes lançaient des rires aigus et les types transpiraient sous le soleil, ils se tenaient par petits groupes colorés et discutaient et …

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« L’homme de trente ans » vu par Frédéric Beigbeder (extrait de « L’amour dure trois ans »)

30 ans, un âge charnière qui marque la fin d’une certaine insouciance et l’adieu à la jeunesse… Frédéric Beigbeder l’analyse à sa façon, mi-amer mi-nostalgique….

Ecrivain et lecteur : une histoire d’incompréhension ? (citation Pierre Bayard)

« Tout écrivain qui a discuté un peu longuement avec un lecteur attentif connaît cette expérience d’inquiétante étrangeté où il se rend compte de l’absence de correspondance entre ce qu’il a voulu faire et ce qui en a été compris. » (Pierre Bayard)