Tranches de livres

Partage d'extraits choisis... au gré des pages des livres contemporains "nouvelle génération" ou classiques-modernes. Descriptions, opinions marquantes, truculentes, émouvantes ou iconoclastes, il suffit parfois de quelques lignes pour vouloir en savoir plus !

Le complexe de l’écrivain « génial » par Charles Bukowski (extrait de « Women »)

Vous avez dit problème d’égo ?

Le dilemme de « la bonne éducation »

Dans son chef d’oeuvre « Tendre est la nuit », Francis Scott Fitzgerald s’exprime à travers la voix de son héros Dick Diver, au cours d’une discussion mondaine avec sa belle-soeur Baby Warren sur les inconvénients des gens « bien élevés ». Mais réalise ensuite qu’hélas « être bien élevé » est souvent préférable à l’honnêteté pure et directe…

A propos d’un (premier) baiser : Nicolas Rey, Arnaud Cathrine, Niccolo Ammaniti, Anna Rozen, Lola Gruber, Jeffrey Eugenides, Matzneff, Fitzgerald, Bukowski, Djian, Sagan…

A l’occasion de la Saint Valentin, fête des amoureux, commerciale certes mais à laquelle on aime se prendre au jeu, Buzz… littéraire s’intéresse plus particulièrement au (premier) baiser, version littéraire. Celui sur lequel une existence peut basculer. Un homme, une femme, un premier rendez-vous et l’espoir brûlant de lèvres qui se scellent et se goûtent enfin. Mais avant ce baiser décisif, le prélude délicat et sensuel, hésitant, timide, maladroit ou au contraire fougueux, brutal… Des préliminaires qui s’éternisent parfois avant « d’oser » : Les écrivains « nouvelle génération » et leurs prédecesseurs nous offrent quelques belles scènes « d’avant baiser » et ses conséquences… Lyrique, blasé, émouvant ou poétique. Florilège :

De l’art de dévorer les livres ou Gastronomie littéraire (extrait blog Satinella, « Je veux devenir un livre, un jour »)

Les lecteurs boulimiques se reconnaitront probablement dans cette description savoureuse, aussi comique que tragique, dressée par la talentueuse blogueuse Satinella dont nous vous parlions dans un autre post !

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Le goût des jeunes filles (extrait de « Le goût des femmes laides » de Richard Millet)

Le désir des jeunes filles hante les écrivains et les poètes (voir sur ce thème le dossier : « Les écrivains et la tentation des adolescentes »). La quête d’une beauté gracile qui leur rappelle leur propre jeunesse ? C’est en tout cas la théorie de Richard Millet (déjà auteur en 1993 d’un ouvrage « Le chant des adolescentes », galerie de portraits de jeunes filles dont la beauté fascine et trouble leur professeur) qui tente de s’expliquer son attirance irrépressible même si peu avouable pour ces femmes-enfants :

« La vie à deux » et l’obsession des femmes vue par Charles Bukowski (extrait de Women) et Philippe Djian (Zone érogène)

Dans son roman sulfureux intitulé « Women », publié en 1978, Bukowski alias le « vieux dégueulasse », figure majeure de la Beat generation, passe en revue ses conquêtes dans l’Amérique des années 60. Mais derrière le prédateur sexuel se cache aussi un grand sentimental… Voici un petit extrait touchant où il évoque ses compagnes sous un jour plus tendre. En écho, un autre extrait de « Zone érogène« , 2e roman de Philippe Djian, paru en 1984, grand lecteur et disciple de Bukowski :

Those dancing days are gone de William Butler Yeats (album « No promises » de Carla Bruni)

Le nouvel album « No promises » de Carla Bruni nous fait (re) découvrir les poètes romantiques anglo-saxons du XIXe siècle.
Le premier single « Those dancing days are gone » (dont l’air ne nous quitte plus une fois écouté !) est l’un des deux poèmes de Yeats choisis par l’artiste qui lui évoque la perte irrémédiable de la jeunesse (son frère et son père sont morts emportant avec eux sa jeunesse sous terre rappelle-t’-elle à ce sujet). Pour vous donner un avant-goût en voici les paroles en anglais avec leur traduction française :

Extrait de « La fabrication d’un mensonge » d’Audrey Diwan (Flammarion)

Dans ce premier roman, Audrey Diwan entraîne son lecteur dans une plongée, a priori anodine, dans l’univers des boutiques de mariage pour mieux dériver sur un récit en forme de road-movie urbain au féminin. Une amitié profonde entre vendeuses de robes de mariées qui a priori tout oppose se transformera en croisande inattendue, contre le mariage, ce mensonge social et cruel pour les âmes romantiques que sont les jeunes femmes élevées au mythe du prince charmant…

Trente ans vu par Francis Scott Fitzgerald (Gatsby le Magnifique)

« Trente ans – promesse de dix années de solitude, d’une liste d’amis célibataires qui n’ira qu’en s’amincissant, d’une réserve d’énergie qui n’ira qu’en s’appauvrissant, de cheveux qui n’iront qu’en s’éclaircissant. Mais Jordan était à côté de moi. Contrairement à Daisy, elle était assez sage pour ne pas s’encombrer, d’âge en âge, de rêves oubliés. Quand la voiture s’est engagée sur le pont, son visage s’est posé contre mon épaule avec lassitude, et le contrecoup des trente ans s’est apaisé sous la calme pression de sa main. Et dans le crépuscule qui nous apportait un peu de fraîcheur, nous avons roulé vers la mort. »

« Gatsby le magnifique » et regard sur la littérature contemporaine par Haruki Murakami (La ballade de l’impossible)

Dans son chef d’oeuvre « La ballade de l’impossible », Haruki Murakami décrit longuement les nombreuses références littéraires (américaines) de son narrateur, double à peine voilé de lui-même, qui ont bercé sa jeunesse. Il exprime aussi un certain état d’esprit face à la littérature contemporaine à travers la voix de l’un de ses personnages…

Un homme d’affaires respectable (extrait Le démon – Hubert Selby)

Dans son chef d’oeuvre « Le démon« , un magistral et douloureux portrait masculin dans l’Amérique puritaine et sclérosée des années 70, Hubert Selby démontre comment un jeune cadre brillant et ambitieux de Manhattan sera victime des modèles dans lesquels la société tente de l’enfermer tandis que le démon gronde en lui…

L’âge des possibles, extrait de « L’élégance du hérisson » de Muriel Barbery

Salué par la critique et véritable succès d’édition, ce deuxième roman écrit par une prof de philo est une leçon de vie à deux voix que tout opposent, Renée, une concierge de 54 ans, « petite, laide, grassouillette, des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth », d’un immeuble chic parisien et Paloma 12 ans riche petite occupante de ce même immeuble aux tendances suicidaires. Démontant les clichés, ce roman démontre que la finesse d’esprit n’est pas toujours là où on l’attend. Emouvant, étonnant, bouleversant… Empli de petites sagesses qu’il fait bon de ré-entendre comme cet extrait choisi :

« King Kong théorie » de Virginie Despentes (4) : 2e extrait

Quelques citations supplémentaires extraites de ce « manifeste pour un nouveau féminisme » signé Virginie Despentes : du métier « d’écrivain-prostitué » jusqu’au bourrage de crâne social ou encore « la looseuse de la féminité »… Un livre plus dense et riche qu’il n’y paraît au premier abord :

« Rhésus » d’Héléna Marienské, prix du « 15 minutes plus tard » (extrait)

Suite à la remise du premier « prix du 15 minutes plus tard« , voici un extrait de ce roman de la rentrée littéraire 2006, salué unanimement par la critique et les lecteurs. Dans son épilogue intitulé « D’après moi », Héléna Marienské exprime, dans son style malicieux et poétique, ce que signifie pour elle l’acte d’écrire : l’oubli de son moi, si pesant. « Je non-suis avec passion », décrit-elle avec humour…

Extrait de « Indécision », de Benjamin Kunkel (prix du premier roman étranger 2006)

Un long extrait offert par son éditeur Belfond de ce jeune romancier new-yorkais, plébiscité par la critique américaine (“Le plus drôle et le plus intelligent des romans sur la crise de la post adolescence”, affirme Jay McInerney), et française (en particulier pour l’impact du 11 semptembre subtilement abordé dans le roman), qualifié de « nouveau Douglas Coupland » (voir aussi notre chronique). A vous de vous faire votre opinion…

« Une femme diplômée et qualifiée » vue par Bernard Mourad (« Les actifs corporels »)

La redoutable Laurence qui jette son dévolu à la manière d’un prédateur sur son collègue Alexandre Guyot dans l’excellent premier roman de Bernard Mourad « Les actifs corporels », est une figure féminine -romanesque- peu habituelle. Celle de la working-girl, diplômée hautement qualifiée, qui a géré sa carrière « comme un homme » et qui bien sûr en paie le prix (cliché ?). Un petit extrait corrosif et cruel qui brosse son portrait (et jette un regard fort lucide sur le diktat physique imposé aux femmes) alors qu’elle s’apprête à fondre sur sa proie sexuelle :

Extrait King Kong théorie de Virginie Despentes (3) : l’idéal féminin

Un petit extrait du dernier roman de Virginie Despentes, « King Kong théorie », permet de se plonger dans l’ambiance de ce pamphlet à la fois féministe et féminin…

Le sexe est l’acte qui nous sépare de nos parents… et attise le pouvoir (Survivant, Chuck Palahniuk)

Dans son deuxième roman  » Survivant« , publié en 2001, Chuck Palahniuk exprime à travers son personnage Adam, frère aîné du héros Tender Branson, maintenu dans une virginité maladive, sa vision du sexe et analyse ses incidences sur la maturité et le désir de pouvoir qu’induit l’appétit sexuel…

L’aura aphrodisiaque de l’écrivain, par Vincent Ravalec (roman « L’auteur »)

Dans ce court récit paru en 2002, Vincent Ravalec revient avec humour et lucidité sur son parcours d’écrivain où en dix ans, il a publié près de 20 titres, après avoir débuté comme apprenti menuisier ! Du dépôt de son manuscrit chez l’éditeur (allant jusqu’à subtiliser le papier en-tête d’une chaîne de télévision afin de se confectionner une fausse lettre de recommandation auprès d’un éditeur !) jusqu’à la consécration. Il nous entraîne dans les coulisses « du cercle des auteurs de la Nouvelle vague » dont il a fait figure de chef de file après avoir obtenu le prix de Flore en 1994 (pour Cantique de la racaille). De la partie de foot auteurs contre journalistes avec Poivre d’Arvor à l’avant-centre, la foire du livre de Coudekerque-Branche (Nord), l’atelier d’écriture « Jeux d’enfant et tragédie antique » en costumes de Winnie l’Ourson et Coco Lapin à sa remise du prix de Flore entre Jean Edern et Enrico Macias, les romans volés par les directeurs de collections jusqu’aux enquêtes dans les lieux chauds pour le magazine « Couples »… Il dépeint le métier d’auteur publié dont l’apprentissage peut conduire à bien des aventures rocambolesques… Et croque d’un trait insolent les coutumes et les rites du petit peuple de l’édition: journalistes, éditeurs, attachés de presse, vedettes littéraires et créateurs de l’ombre… En préambule, il révèle les vertus aphrodisiaques qu’aurait la fonction. Extrait :

« La vie heureuse » de Nina Bouraoui : « Je cherche un visage dans la nuit »

« La vie heureuse » de Nina Bouraoui nous replonge dans la période trouble de son adolescence, agitée par la découverte de son homosexualité à travers sa passion pour la magnétique « Diane », sa camarade de lycée à Zurich en Suisse, Nina Bouraoui convoque (et conjure) nombreuses de ses obsessions : la recherche d’un visage, d’un corps à aimer, d’une bouche à embrasser, la violence du désir, le ballet des garçons et des filles dans les soirées et les boîtes, la nostalgie de l’enfance qui s’éloigne et avec laquelle il faut rompre…