Auteur: Virginie Despentes

Baise moi de Virginie Despentes : Sexe, flingues et girl power…

C’est en 1993 que « Baise moi » de Virginie Despentes a déboulé dans le paysage plutôt bourgeois de la littérature française. On a tout entendu au sujet de ce premier opus « choc » : trash, sordide, malsain, cru, ultra-violent, porno, outrancier, amoral, dérangeant… Ecrit d’une traite (en 3 semaines), dans un moment de haine totale, il impose une voix puissante et authentique, sans volonté esthétisante, bien loin de Saint Germain des prés… Refusé par sept éditeurs, seule la maison d’édition Florent Massot l’acceptera.

Virginie Despentes saluée pour sa lutte contre l’homophobie.

Virginie Despentes vient de recevoir le Prix Pierre Guérin contre l’homophobie. L’écrivain revendique en effet depuis quelques année son homosexualité, exprimée haut et fort dans son oeuvre récente (comme dans sa dernière adaptation ciné de « Bye bye Blondie » transposée en version homo). Le Prix Pierre Guérin,du nom du pionnier de la presse gay en France, a été créé en 2009 et doté de 4000 euros. En 2010, il récompensait le film «Le baiser de la lune», de Sébastien Watel,

La guerre contre les « couillidés » : de Virginie Despentes à Chloé Delaume et Véronique Ovaldé…

« Un couillidé » : c’est le surnom imaginé par Chloé Delaume, jamais à court de néologismes pour désigner les hommes dans son dernier opus « Une femme avec personne dedans », déjà usité dans son premier roman « Les mouflettes d’Atropos ». Cette fatigue des hommes voire ce dégoût ou colère, du moins de certains hommes – les salauds-, se ressent étrangement chez plusieurs romancières contemporaines ces dernières années :

Virginie Despentes (et Charlotte Roche) vue(s) par Nelly Arcan (et retour sur un Renaudot très chahuté…)

Depuis son arrivée fracassante sur la scène littéraire en 1993 avec le célèbre et tonitruant « Baise-moi », Virginie Despentes n’a cessé d’être tour à tour fustigée ou adulée. Inaugurant une nouveau style (qualifiée de « trash » alliant oralité nerveuse, sulfureuse et réalisme urbain) puisant dans les milieux underground, celle qui aura « donné un coup de pied à la littérature bourgeoise » ne fera jamais l’unanimité. Et ce n’est pas l’obtention du prix Renaudot en cette rentrée littéraire 2010 qui fera changer d’avis ses détracteurs toujours choqués par « sa vulgarité » ou son image trop « négative » de la société… Yann Moix lynchait son travail dans le magazine Transfuge (« Elle bâcle avec effort, dans un souci de plaire déguisé en mépris de crachat, des romans où les hommes et les femmes n’existent que sous forme de femmes, elles-mêmes cadenassées dans de simples figurations schématiques relevant, au mieux, du spectacle de marionnettes. ») tandis qu’Edouard Nabe furieux que le prix lui passe sous le nez commentait au Nouvel Obs « Sacrer le couple Houellebecq-Despentes, c’est dramatique ». Christophe Ono-dit-Biot, écrivain et directeur adjoint du Point saluait au contraire sa plume qui a « fait entrer la modernité dans la littérature » et signe « l’avènement d’une nouvelle génération » avec laquelle nous avons « réappris à lire ».

Souvent rapprochée de l’auteur d‘Apocalypse bébé, Nelly Arcan qui se déclarait comme l’une de ses « grandes admiratrices », lui consacrait une de ses chroniques dans un journal de Montréal et interrogeait les valeurs de ses nouvelles héroïnes et les stéréotypes féminins (en la comparant notamment à Charlotte Roche, autre défrayeuse de chronique) :

Littérature, autofiction, génération, blog, facebook… vus par Virgine Despentes

A l’occasion de la parution de son nouveau roman « Apocalypse bébé » en cette rentrée littéraire 2010, Virginie Despentes confie ses nouvelles influences littéraires et commente son époque (Internet…) et sa génération… :

« Apocalypse bébé » : Virginie Despentes vire hyène de garde… Prix RENAUDOT 2010

Les années passent et Virginie Despentes à 41 ans ne perd rien de son énergie, fidèle à son univers dit trash, déjanté voire explosif ! Depuis le succès tonitruant de Baise-moi en 1993, l’auteur expatriée à Barcelone et récemment revenue à Paris, n’a eu de cesse d’inventer des héroïnes aussi sulfureuses que révoltées dans un monde misogyne et violent, des personnages à la dérive, extrémistes, prêts à tout pour s’en sortir… Deux ans après son essai féministe « King Kong théorie », pavé dans la mare qui a agité le débat et la fin du tournage de l’adaptation de son roman « Bye bye blondie », elle revient avec un titre qui révèle sa vision toujours aussi aiguisée et noire de notre société. Se disant inspirée par sa lecture de Roberto Bolano, l’auteur nous livre un thriller foisonnant en forme de road book, entre Paris et Barcelone, brodant toujours autour de ses thèmes phare : l’adolescence rebelle et fugueuse, la féminité, les ratés, les clivages sociaux, la sexualité aussi bien homo qu’hétéro…, mais aussi nouveautés les réseaux sociaux ou le milieu littéraire qu’elle brocarde allègrement… Mais quelques longueurs et caricatures homo-féministes nuisent au roman :

Béart et Dalle, amantes pour la caméra de Virginie Despentes (« Bye bye blondie »)

Après le film « Baise-moi » (2000) – adapté de son premier roman éponyme et coréalisé avec l’ex-actrice du X Coralie Trinh Thi –, « Les jolies choses » où elle était scénariste et enfin l’adaptation de «  Teen spirit » réalisé par Olivier de Plas, Virginie Despentes débutera en juin le tournage de l’adaptation de son roman « Bye bye Blondie » en tant que réalisatrice. Au passage, elle transforme l’amour de jeunesse de son héroïne en femme…

Virginie Despentes revient avec un documentaire sur le « féminisme prosexe »

L’auteur de Baise-moi a sillonné les Etats-Unis jusqu’à Barcelone (où elle vit désormais), caméra au poing, afin d’enquêter sur le féminisme prosexe. Un documentaire baptisé « Mutantes » qui invite à la révolution sexuelle.

La nouvelle érotique by Virginie Despentes

On parle beaucoup de nouvelles érotiques ces temps-ci… C’est au tour de Virginie Despentes de prêter sa plume au genre qu’elle connaît bien pour avoir régulièrement flirté avec, depuis son premier roman « Baise-moi« . On la retrouve ainsi cet été, dans le hors série « Les secrets de l’érotisme au féminin » édité par le magazine Psychologies, avec une nouvelle inédite intitulée « I put a spell on you » (titre d’une chanson de Screamin’ Jay Hawkins), aux côtés d’une dizaine d’auteurs et de photographes.

People et littérature : Brigitte Bardot (par S. de Beauvoir), Britney Spears (par V.Despentes, Nicolas Rey), Anna Nicole Smith (par J.Sorman, F. Bégaudeau…)…

Alors que le Grand Palais expose Andy Warhol et que Pompidou propose une conférence sur Britney Spears comme « incarnation des mutations de la culture de masse », quels sont les liens entre les grandes icônes pop et l’art, plus précisément la littérature. La pop lit’ ou comment transfigurer le « people » en matériau littéraire… A l’époque déjà, Simone de Beauvoir avait eu l’occasion de s’exprimer sur le phénomène B.B (le « Lolita syndrom » comme elle l’avait surnommée) car on l’a un peu oublié mais l’actrice était alors l’objet d’une vaste traque oscillant entre haine et adoration (le film « Vie privée » de Louis Malle où elle incarne son propre rôle le montre cruellement allant jusqu’à mettre en scène sa mort due à un flash de paparazzi). La société du spectacle et ses cultes déglingués inspirent régulièrement les écrivains…

« Je trouve la chanson d’Orelsan très bien, efficace, drôle et bien foutue. » (Virginie Despentes)

Dans une interview au journal Les Inrockuptibles, Virginie Despentes, particulièrement discrète ces derniers temps après le succès de King Kong Théory, donne de ses nouvelles en direct de Barcelone où elle s’est installée : entre la finalisation de son nouveau roman et sa réaction à la polémique autour des paroles de la chanson « Sale pute » d’Orelsan (elle qui a été au cœur de la polémique avec son roman « Baise-moi »)…

Des nouvelles de Virginie Despentes : tournage de « Bye-bye Blondie » et décryptage de Britney Spears…

Quelques nouvelles de votre écrivain fétiche : Virginie Despentes qui ne chome pas !

« Teen Spirit » de Virginie Despentes devient une comédie grand public sur grand écran (« Tel père, telle fille »)

Le 1er août 2007 sortira sur grand écran l’adaptation ciné (intitulée un peu plus platement « Tel père, telle fille ») du roman nirvanesque, « Teen Spirit », de Virginie Despentes publié en 2002 chez Grasset. Ce roman, victime de nombreuses critiques négatives -plutôt sévères- lors de sa parution (jugé « vulgaire », « simpliste », « démago », « caricatural » ou encore de « vague clownerie »…) relate l’histoire de Bruno – interprété par Vincent Elbaz -, rockeur et écrivain ratés, la trentaine, glandeur irresponsable et squatteur (chez sa copine Elodie Bouchez), apprenant brutalement qu’il est le père d’une fille de 14 ans au caractère bien trempé (à la mère aussi bourgeoise et overbookée qu’il est oisif et fauché) ! D’abord sous le choc et inapte à gérer une adolescente (incarnée par la toute jeune inconnue Daisy Broom), Bruno fera progressivement son apprentissage de la maturité et de son rôle paternel. Les « blondes » Frédérique Bel et Léa Drucker complètent le casting, tandis que le critique rock et écrivain Patrick Eudeline a joué les consultants artistiques sur le film et servi d’inspiration au personnage principal. Il campe également une sorte de manager défoncé, réduit à vendre des fringues aux puces pour vivre, et incarnant un père d’adoption d’Elbaz.

« Les chiennes savantes » de Virginie Despentes : Sexe et poupées de sang…

Avec « Les chiennes savantes » son deuxième roman, Virginie Despentes transforme en 1995 son fracassant coup d’essai de « Baise moi » et poursuit son exploration des milieux interlopes du sexe et d’une certaine jeunesse en marge, à la dérive. Elle pointe toujours son stylo en forme de flingue sur des personnages féminins forts et fragiles

« King Kong théorie » de Virginie Despentes (4) : 2e extrait

Quelques citations supplémentaires extraites de ce « manifeste pour un nouveau féminisme » signé Virginie Despentes : du métier « d’écrivain-prostitué » jusqu’au bourrage de crâne social ou encore « la looseuse de la féminité »… Un livre plus dense et riche qu’il n’y paraît au premier abord :

Extrait King Kong théorie de Virginie Despentes (3) : l’idéal féminin

Un petit extrait du dernier roman de Virginie Despentes, « King Kong théorie », permet de se plonger dans l’ambiance de ce pamphlet à la fois féministe et féminin…

« King Kong théorie » (2) : une interview de Virginie Despentes

Continuons de nous pencher sur ce nouveau livre qui risque de faire beaucoup parler de lui et attise la curiosité (et perplexité). Une interview de Virginie Despentes permet d’en savoir plus sur en vrac : l’étrange titre de son livre, la « classe dominante » de la féminité, le rapport à son physique, à sa féminité propre, sa nouvelle homosexualité, son opinion à contre-courant sur le viol et la prostitution. Dans les coulisse de King kong théorie, son pamphlet féministe choc…

« King Kong théorie » de Virginie Despentes, interview sur Canal plus

Le plan média « king-konguesque » de Virginie Despentes pour la sortie de son nouvel opus « King Kong théorie » a débuté. Passage TV hier soir sur Canal plus dans le Grand journal, au menu : les relations hommes femmes (décidément très en vogue) et l’analyse de leurs valeurs respectives. Tout un programme… Apparemment réussi, selon les premiers échos qui fusent…

La sexualité féminine selon Despentes, Laurens, Delaume, Angot, Darrieussecq, Nothomb… et une journaliste de presse féminine overdosée…

Mantes religieuses ou castratrices, les femmes et leurs corps sont, selon les deux chercheuses Christine Détrez et Anne Simon, encore victimes de représentations régréssives. Et les nouvelles plumes féminines n’arrangent pas la situation, déplorent-elles… Dans leur essai intitulé « A leur corps défendant », aux éditions du Seuil, elles passent au crible leus écrits pour y débusquer les clichés sur la féminité et dénoncer l’appauvrissement du discours sur la femme. Un diagnostic un peu dur, passablement réac voire exagéré, mais non dénué d’intérêt… De son côté Anne Steiger, ex « Madame sexo » pour Cosmo, Marie-Claire et consorts, relate avec un humour désabusé ses tribulations au pays de la libido version presse féminine où la surenchère aura fini par lui donner la nausée… On craint le racolage mais cela s’avère drôle, sincère…et instructif !

Virginie Despentes : « Je pense que les futurs auteurs importants viendront du blog, assurément. »

Elle a défrayé la chronique et tenu en haleine des milliers « d’internautes-blogonautes » durant des mois, donnant des sueurs froides aux journalistes qui s’aventuraient à l’interviewer et tout simplement beaucoup de bonheur à tous ces lecteurs. Virginie Despentes est l’un des premiers auteurs français à avoir joué le jeu du blog avec authenticité, régularité et vivacité. Mais brutalement, en août 2005, l’aventure s’est arrêtée.
Elle revient avec Buzz littéraire sur cette expérience, dans le cadre de nouveaux blogs d’auteurs apparus récemment sur la toile. Bonne nouvelle : sa souris pourrait bien retâter du web très bientôt !